‹ Traité de l'ophthalmie, la cataracte et l'amauroseChapitre 18 sur 70 · Q2 IRI1IS · texte numérisé non relu

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enfin quand on fait usage d'instruments grossiers dans ces opérations délicates, etc., etc.

Les enfants semblent moins sujets à l'iritis que les adultes ; le sexe féminin paraît moins prédisposé à cette maladie que le sexe masculin.

Traitement. — Il n'est guère d'affection où les effets d'une médication énergique et rationnelle soient aussi manifestes et aussi incontestables que dans l'iritis ; abandonnée à elle-même cette inflammation ne manque jamais de produire des conséquences plus ou moins fâcheuses pour l'intégrité de la fonction visuelle.

Le traitement qui doit lui être opposé se résume dans les indications suivantes :

i° Combattre la congestion sanguine.

2° Modifier la tendance plastique de l'inflammation , et empêcher la formation d'exsudations albummeuses.

3° S'opposer au rétrécissement et à l'atrésie de la pupille.

4° Affaiblir la violence des paroxysmes douloureux , toujours accompagnés d'une nouvelle exsudation au bord pupillaire.

5° Enfin stimuler la résorption là où un commencement d'exsudation a eu lieu.

Les indications sont les mêmes pour l'iritis séreux que pour l'iritis parenchymateux; l'emploi plus ou moins énergique des moyens curatifs doit être modifié d'après l'exigence et le danger de chaque cas individuel , d'après sa marche plus ou moins rapide, etc.; l'iritis parenchymateux étant une phlegmasie plus intense que l'iritis séreux, exige conséquemment une médication plus active.

Nous avons dit que la première indication qui doit être remplie est de combattre la congestion sanguine. La vascularité du tissu de l'iris et la promptitude avec laquelle l'inflamma-

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tion fait naître des accidents funestes et souvent irréparables dans une membrane si importante pour l'accomplissement de la fonction visuelle, doivent nous faire une loi de ne pas être sobre dans les émissions sanguines. Nous engageons les praticiens à faire assez généralement précéder les saignées locales par une ou plusieurs saignées générales.

Il est difficile d'ailleurs de déterminer la dose des évacuations sanguines ; dans cette maladie comme dans les autres la constitution du sujet, son âge et la véhémence de l'inflammation nous serviront de guides.

Les émissions sanguines seront puissamment secondées par les pédiluves irritants , les sinapismes , en un mot par les révulsifs d'action rapide et transitoire ; une dérivation énergique et souvent répétée sur le tube intestinal , à l'aide de purgatifs drastiques, imprimera une efficacité plus grande à cette première partie de la médication.

Il faut, avons-nous dit, en second lieu, modifier la plasticité du sang • la matière médicale nous fournit un agent héroïque pour cette indication , c'est le mercure , auquel toutefois il ne faut pas manquer d'associer les saignées générales ou locales, si le besoin s'en fait sentir. Nous avons déjà fait connaître la manière dont on doit employer en pareil cas les mercuriaux. Sil'iritis est simple et dans sa première période, vous aurez recours aux pilules bleues ou au calomélas seul ou associé à une certaine quantité d'opium. Comme il importe surtout, lorsque l'iritis est aigu , de mettre le plus promptement possible l'économie sous l'influence d'une quantité suffisante de mercure, des doses petites de calomélas devront se succéder avec rapidité , savoir d'heure en heure ou de deux heures en deux heures. N'oubliez pas non plus de prescrire des frictions avec l'onguent napolitain qui seront pratiquées sur le front et les tempes de deux en deux heures.

Dans les cas où les mercuriauxne peuvent pas être mis en

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usagé , on a cherché, en Angleterre , à leur substituer Un autre médicament, et on a proposé l'huile essentielle de térébenthine administrée à l'intérieur, à la dose d'un gros , trois fois par jour, sous forme d'émulsion. Nous n'avons jamais expérimenté cette substance dans une circonstance pareille , car il ne nous est point encore arrivé dans un traitement d'iritis d'être obligé de renoncer au mercure pour implorer le secours d'un autre agent thérapeutique. L'huile essentielle de térébenthine est d'ailleurs d'un emploi difficile dans la pratique des pauvres à raison du prix élevé des émulsions , le goût détestable de cette substance s' opposant à son administration sous des formes moins coûteuses.

Si d'une part les mei curiaux ont pour effet de diminuer la plasticité du sang , et de prévenir ainsi l'exsudation d'une matière fibro-albumineuse dans la pupille , d'autre part certains narcotiques, tels que la belladone , la jusquiame et le datura stramonium jouissent de la propriété de maintenir l'ouverture pupillaire dans une dilatation permanente qui s'oppose à l'oblitération complète de cette ouverture , et détruisent même quelquefois , par les mouvements qu'ils impriment à l'iris , les adhérences légères qui ont pu se former.

On obtient assez facilement la dilatation de la pupille quand l'iritis est séreux. L'effet de la belladone n'est pas aussi prompt, lorsque le parenchyme de l'iris est affecté ; dans ce cas , la pupille reste roide et immobile jusqu'au déclin de l'inflammation, et la belladone n'agit en général qu'après que l'inflammation a été méthodiquement combattue par les saignées et les préparations hydrargyriques. La certitude que nous offre l'action niydriatique de la belladone nous fait préférer cette substance à la jusquiame et au stramonium. On peut l'employer de trois manières , en frictions sur les régions voisines de l'œil affecté , en instillations entre les paupières , enfin à l'intérieur. Dans les jritis légers on peut se contenter de pratiquer des fric-

tions avet Une pommade composée ae parties égales (Tex* trait de belladone et d'ongUent napolitain, frictions que Von répète de deux en deux heures , sur le front et sur la tempe du côté malade. Mais quand la totalité de l'iris est affectée, on doit avoir recours à la belladone tant en frictions qu'en instillations , et souvent même à l'intérieur ; les instillations d'une solution filtrée d'extrait de belladone doivent être pratiquées trois ou quatre fois dans la journée , excepté lorsqu'un état inflammatoire violent de la sclérotique contre-indique ces instillations. On peut combiner, pour l'usage interne , chaque dose de calomélas avec un quart ou un huitième de grain de poudre de belladone. Dès que l'inflammation a perdu son acuité et que les fibres de l'iris commencent à se dégager, la pupille se dilate. Nous avons même vu plus d'une fois des phlegmasies anciennes de l'iris, avec obstruction presque complète de la pupille, s'améliorer d'une manière notable sous l'influence de la belladone , dont l'usage continué pendant quelques mois finissait par triompher de la contraction pupillaire et était suivi d'un changement favorable dans la faculté visuelle.

Telle est la manière de remplir la troisième indication que nous avons annoncée, et qui consiste à s'opposer au rétrécissement et à l'atrésie de la pupille. Nous ajouterons qu'en même temps la belladone est un puissant moyen pour affaiblir la violence des symptômes nerveux, tel que la douleur sus-orbitaire périodique, et pour calmer l'irritation rétinienne.

Nous avons dit en quatrième lieu que le médecin doit atténuer, autant qu'il est en son pouvoir, les paroxysmes douloureux de l'iritis , et s'efforcer d'en prévenir le retour; car dans cette affection chaque paroxysme de douleur est accompagné d'une nouvelle exsudation plastique sur le bord pupillaire. L'action salutaire de l'opium appliqué en friction sur le front se fait rarement attendre dans cette circonstance, et les paroxys-

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mes douloureux apparaissant vers le soir , comme nous l'avons fait observer , on doit remplacer alors la belladone par l'opium. On peut employer pour chaque friction un à deux grains d'opium brut en poudre, toutes les heures , de demiheure en demi-heure , ou même de quart-d'heure en quartd'heure , selon la violence et la durée des paroxysmes. On retirera de grands avantages d'un mélange de parties égales de calomelas à la vapeur et d'opium. Lorsque ce dernier médicament est employé seul , il est avantageux de joindre à chaque grain quelques grains de sucre , car l'opium seul ne peut être que difficilement réduit en poudre fine.

Nous devons dire enfin que, quand l'iritis dure depuis quelque temps ou qu'il a passé à l'état chronique , le traitement que nous venons d'exposer est souvent insuffisant pour triompher des exsudations qui se sont formées dans la pupille. Dans cette circonstance , l'usage interne de toutes les espèces de préparations hydrargyriques , et surtout du sublimé , a quelquefois amené des résultats merveilleux. On devra employer en même temps les frictions mercurielles sur le front , et les pommades ophthalmiques ; le traitement sera accompagné de tous les moyens propres à stimuler la résorption , tels que les purgatifs , les révulsifs énergiques , et surtout une diète sévère. Le repos complet de l'œil et du corps, une lumière douce , etc. , secondent puissamment la médication.

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