OPHTHALMIE CATARRHALE
cace dans le traitement du catarrhe des voies lacrymales } et qu'il est convenable d'associer aux agents thérapeutiques que nous avons indiqués, est la révulsion sur la pituitaire que l'on opère à l'aide de poudres sternutatoires. On recommandera donc au malade de renifler une fois par jour une petite quantité d'une solution de manne ou une prise d'une poudre composée d'un tiers de calomélas préparé à la vapeur et de deux tiers de sucre. Si le gonflement de la muqueuse lacrymale augmente au lieu de disparaître sous l'empire de cette médication, on passe à l'application de deux à quatre sangsues dans les narines , application que l'on peut réitérer plusieurs fois ; on emploie les purgatifs et les vésicatoires ; enfin, on a recours au traitement dont les détails seront prochainement exposés dans un mémoire sur les maladies des voies lacrymales.
Nous nous résumerons en peu de mots sur les caractères de l'ophthalmie catarrhale , et sur le sens que nous attachons à ce nom.
Nous appelons catarrhe une irritation sanguine particulière , pouvant devenir inflammatoire , mais ne l'étant point dans le plus grand nombre de cas ; irritation ayant pour siège une membrane muqueuse , pour symptôme pathognomonique le plus saillant une augmentation de la sécrétion muqueuse , et pour cause un refroidissement , soit du corps en général , soit des parties les plus voisines de la membrane affectée , ou de cette membrane elle-même. Tous ces caractères existent dans l'oplithalmie que nous venons de décrire sous le nom de catarrhale ; aussi lui conserverons-nous cette dénomination , que depuis long-temps on lui a donnée à juste titre. Irritation plus fréquemment congestive que véritablement inflammatoire , elle se localise dans la portion essentiellement muqueuse de la conjonctive, dans celle qui est le plus éloignée du bord de la cornée , dans cette partie enfin qui , d'après les recherches anatomiques et microscopiques les
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plus récentes, possède un épithelium , un corium et un corps papillaire, à l'instar des autres membranes muqueuses.
Constamment accompagnée d'une sécrétion muqueuse plus ou moins abondante , produite aussi constamment que les autres catarrhes par le refroidissement , soit de tout le corps, soit de l'organe affecté, cette phlegmasie peut être regardée comme catarrhale et désignée par le nom qu'on lui a donné depuis long-temps et que nous lui conservons.
Nous avons déjà dit que dans un certain nombre de cas d'injection catarrhale -accompagnée des autres caractères anatomiques et physiologiques de l'oplithalmie catarrhale, l'on en trouve quelques uns dans des proportions numériques extrêmement exiguës , où, de l'examen des antécédents, il ne résulte pas que la maladie ait été produite par les causes dites catarrhales. Dans un certain nombre de ces cas exceptionnels , ces causes ont agi sans que leur présence ait été autrement remarquée que par la production de la conjonctivite, de même qu'un coryza ou un autre catarrhe existe souvent sans que sa cause puisse être positivement découverte. Dans d'autres de ces cas exceptionnels il existe bien une affection de la partie muqueuse de la conjonctive , mais elle est survenue sous l'influence de causes occasionnelles autres que le refroidissement. On doit concevoir qu'une congestion ou une légère inflammation peut se fixer dans cette membrane , sous l'influence d'agents morbifiques autres que les causes catarrhales, et revêtir l'aspect que la lésion présente dans le cas où elle a été déterminée par les causes qui la produisent le plus ordinairement. Mais ces cas étant exceptionnels , on peut, avec une entière convenance , assigner à la maladie un nom générique emprunté à sa source la plus habituelle.
Ainsi, chez les individus affectés d'amblyopies congestives ou de congestions cérébrales, chez les personnes qui fatiguent beaucoup l'organe de la vision , ou chez lesquelles , enfin ,
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les yeux ont été exposés à une irritation quelconque , on rencontre quelquefois une injection catarrhale accompagnée d'une partie ou de l'ensemble des autres symptômes de i'oplithalinie que nous venons de décrire, sans que l'on puisse constater Inaction d'une cause catarrhale. Cette injection doit dans ce cas être regardée comme une simple congestion sanguine dans. la tunique oculaire externe, consécutive à l'afflux trop abondant du sang dans l'intérieur de cet organe. De même que d'autres membranes muqueuses peuvent se congestionner et même s'enflammer sous l'influence de causes irritantes non spéciales; de même qu'un coryza , par exemple , suit l'application de substances irritantes sur lapituitaire, bien que le plus souvent il soit causé par le refroidissement subit du corps ; de même la muqueuse oculaire peut, dans certains cas , être le siège d'une hyper émie ou d'une phlegmasie produite par d'autres agents irritants que le changement de la température atmosphérique.