‹ Traité de l'ophthalmie, la cataracte et l'amauroseChapitre 46 sur 70 · IR1TIS SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

IR1TIS SYPHILITIQUE

Cependant , peut-on exiger une réfutation plus évidente de cette erreur, que celle qui a été fournie par les essais d'inoculation faite alternativement avec le mucus blennorrhagique et le pus chancreux ? Ces expériences , pratiquées par M. Ricord avec une exactitude qui ne laisse rien à désirer, prouvent incontestablement que le mucus blennorrhagique inoculé au derme ne produit que des boutons ou des pustules qui ne tardent pas à avorter , et ne sont jamais suivis, ni d'ulcères locaux, présentant le caractère syphilitique, ni d'affections générales secondaires qui portent le cachet de la spécificité. Il en est autrement de l'inoculation du pus chancreux . Ce dernier, à quelque partie de la peau qu'on l'inocule , est toujours suivi d'inflammation ulcéreuse, offrant les caractères spécifiques des ulcérations syphilitiques cutanées. Si les ulcères artificiellement produits ne sont pas traités d'après les principes qui constituent la médication spécifique et antisyphilitique , leur effet sur l'économie en général ne tarde pas à se révéler par l'affection secondaire d'autres parties , de la gorge , des os, de la peau, de l'iris, etc., enfin par tous les phénomènes qui dénotent une véritable infection syphilitique.

Si une ophthalmie mérite le nom de spécifique dans le sens que nous attachons à cette dénomination, c'est donc sans contredit l'ophthalmie syphilitique. Toujours la suite d'une affection syphilitique ulcéreuse, cette ophthalmie, qui siège dans l'iris exclusivement, et qui n'occupe qu'accidentellement les autres parties du globe oculaire, présente des symptômes que rien, dans l'état actuel de la science, ne saurait expliquer d'une manière satisfaisante, mais qui sont trop constants pour qu'il soit permis de les regarder comme de simples variétés sans valeur pour le diagnostic; la thérapeutique aussi prouve l'importance des signes différentiels qui caractérisent cette ophthalmie.

L'iris syphilitique se présente, dans la majorité des cas, sous

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la forme de l'inflammation parenchymateuse de cette membrane, et c'est aussi de cette dernière altération dont nous allons nous occuper ici spécialement. Cependant nous avons fourni dans une autre occasion (voir Revue clin, trimestr. Gaz. médic. 1837), quelques exemples, dans lesquels cette phlogose spécifique paraissait se concentrer surtout dans la portion de l'iris qui se trouve en contact avec la cristalloïde antérieure, et même dans cette dernière membrane.

Sans revenir ici sur les symptômes généraux de l'iritis, suffisamment exposés dans le chapitre qui traite de cette inflammation à son état simple, nous n'indiquerons que les modifications de ses phénomènes dues à la nature spécifique de l'espèce qui nous occupe. Nous n'entrerons donc plus dans des détails relativement à la décoloration de l'iris , à l'altération de sa texture radiée, à l'immobilité de la pupille, etc., en ce qui concerne le caractère général de ces phénomènes ; nous ne tracerons que les symptômes qui appartiennent presque exclusivement à l'iritis syphilitique.

La coloration morbide que l'iris a contractée dans le petit cercle présente quelque chose de particulier : elle est d'une teinte livide violacée ou cuivrée, semblable à celle des syphilides du derme ; de même que celles-ci offrent souvent une certaine élévation au-dessus du niveau de 1'épiderme, de même, dans l'iritis syphilitique, le petit cercle de l'iris est plus tuméfié que dans les autres espèces, et forme un anneau élevé , composé de flocons épais ettomenteux.

Cet aspect tomenteux et le gonflement du tissu de l'iris s'étendent même quelquefois au-delà du petit cercle et sur la plus grande partie de cette membrane. L'iris est fortement bombé en avant , sa surface antérieure est très inégale et convexe ; enfin ce diaphragme paraît hypertrophié. Cette altération de sa texture devient surtout remarquable si on la compare à l'aspect offert par l'iris affecté d'un travail patho-

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logique de nature arthritique. Dans ce dernier cas, le tissu de l'iris, au lieu de s'épaissir , paraît au contraire s'amincir; ses rayons s'écartent, et mettent à nu dans les interstices de petites portions de pigmentum ; ou bien la couche pigmenteuse disparaît elle-même de la surface postérieure de l'iris et est remplacée par des plaques nacrées, bleuâtres, ou d'un gris d'ardoise , ainsi que nous l'avons décrit dans l'ophthalmie veineuse. L'épaississement tomenteux de l'iris dans l'iritis syphilitique trouve peut-être une explication dans un développement vasculaire et un épanchement fibro-albumineux particuliers.

La pupille, quelque temps après l'invasion de la maladie, devient irrégulière , et prend le plus souvent la forme d'un ovale oblique de bas en haut et de dehors en dedans, et dont l'extrémité supérieure ou interne est plus ou moins anguleuse, et plus rapprochée de la grande circonférence de l'iris que l'extrémité inférieure ou externe qui est arrondie. Cette extrémité supérieure' et interne de la pupille représente souvent un triangle dont le sommet est tourné en haut, et à la base duquel se trouve d'ordinaire sur les deux côtés une petite exsudation membraniforme qu'on reconnaît à l'œil nu, ou à la loupe.

Nous avons déjà dit, dans plusieurs parties de cet ouvrage, que nous n'attribuons pas une valeur absolue aux différences de forme que la pupille affecte dans telle ou telle espèce d'iritis. Nous sommes loin de considérer ce phénomène comme un signe pathognomonique qui seul puisse faire déterminer la nature de la cause qui a donné naissance à la phlogose ; les faits recueillis à cet égard jusqu'à ce jour ne nous paraissent nullement concluants. C'est donc avec une grande réserve que nous adoptons ce symptôme comme un signe différentiel de l'iritis syphilitique ; mais comme, dans un grand nombre de

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circonstances, il ne nous a point trompé sur la nature de l'affection , nous devions signaler à l'attention du lecteur ce caractère, qui, s'il existait constamment, serait d'une haute importance pour le diagnostic. Ce point de nosologie sera éclairé par des recherches ultérieures.

Nous devons ajouter que si cette forme particulière de la pupille n'est pas constante dans l'iritis syphilitique, et si même les exceptions paraissent être fréquentes, c'est qu'il est probablement rare que l'on rencontre l'iritis syphilitique, à son début, dans son état de pureté, et sans complication avec uue ophthalmie rhumatismale ou arthritique, car l'observation démontre que la forme pure et simple des maladies est moins fréquente que leur état compliqué. S'il en est ainsi, il est peu philosophique de rejeter légèrement des signes dont l'évidence et la valeur ont été constatées par des observations dignes de foi ; l'on devra plutôt s'attacher à découvrir dans une série complexe de symptômes ceux qui appartiennent à l'un ou à l'autre des éléments dont la maladie se compose. Nous reviendrons sur les modifications que les combinaisons de l'iritis syphilitique peuvent faire subir à la configuration de la pupille.

Plus tard il se forme quelquefois sur le bord pupillaife du petit cercle ou sur le bord ciliaire du grand, une ou plusieurs élévations jaunâtres, roussâtres, circonscrites, du volume d'une tête d'épingle jusqu'à celui d'une lentille, et même plus considérables, à surface inégale, bosselée, floconneuse, qu'on a comparées à des condylômes ou à des végétations syphilitiques. Ces élévations finissent par se résoudre à l'aide d'un traitement convenablement administré -7 n'ayant pas eu l'occasion d'en disséquer, je ne puis donner d'autres détails sur leur nature et leur structure intime. Sont-ce là des végétations semblables à celles que la syphilis produit aux parties

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génitales ? Est-ce un développement vasculaire qui entoure une exsudation fibro-albumineuse? C'est ce que nous ne saurions, quant à présent, déterminer.

Aucune injection des autres membranes n'accompagne essentiellement cet iritis ; un cercle d'un rouge pâle , livide , d'une couleur violacée, large d'une ligne à peu près, que nous avons déjà signalé sous le nom de cercle dysermique dans la description de l'ophthalmie scrofuieuse, entoure d'ordinaire la cornée , et semble avoir son siège dans le tissu cellulaire sous-conjonctival, sans présenter des vaisseaux visibles à l'œil nu, distincts ou séparés par des interstices, comme dans la conjonctivite ou la sclérotite. La cornée et l'humeur aqueuse sont quelquefois légèrement troublées. Je n'ai jamais observé l'injection particulière des membranes externes, signalée par plusieurs auteurs, et entre autres par M. Juengken; dans quelques cas où ses élèves me l'ont fait remarquer, je n'y ai pu voir qu'une injection catarrhale, rhumatismale ou autre, peu développée et due à une complication accidentelle.

La faculté visuelle est plus ou moins altérée. Le malade est en proie à de violentes douleurs qui occupent surtout la région fronto-orbitaire du côté affecté, et qui quelquefois s'irradient à la tempe, à l'occiput, dans la joue. Ces douleurs s'exaspèrent pendant la nuit et offrent les caractères de douleurs ostéocopes, elles sont plus violentes vers minuit , et perdent de leur intensité vers les heures du matin. La photophobie, le larmoiement, et d'autres symptômes que les auteurs ont énumérés parmi les signes de l'iritis syphilitique, manquent toutes les fois que cette phlegmasie ne présente point d'autre complication, comme celle de rétinite ou de sclérotite.

Au nombre des symptômes différentiels de l'iritis syphilitique, on a aussi indiqué la couleur constamment brune ou roussâtre des exsudations plastiques qui peuvent se former dans la pupille par suite de l'action phlogistiqtie. D'après

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notre expérience, l'inflammation syphilitique de l'iris ne peut nullement revendiquer pour elle seule cette couleur de la matière fibro-albumineuse déposée dans l'ouverture pupillaire. Ce phénomène dû , comme nous l'avons déjà fait remarquer dans notre mémoire sur l'iritis simple , au plus ou moins de pigmentum qui enduit les adhérences de l'iris , se rencontre également dans d'autres espèces de cette inflammation. D'autre part, il n'est pas moins commun de voir dans l'iritis syphilitique se déposer sur la marge pupillaire et sur la cristalloïde antérieure des filaments ou des plaques , blanchâtres ou grisâtres, de fibro-albumine.

Causes. — L'iritis syphilitique est une affection syphilitique secondaire. Nous avons vu survenir cette ophthalmie huit jours après un coït impur. Le plus souvent on constate , sur le même individu , d'autres affections syphilitiques des parties génitales j de la peau , de la muqueuse du palais et du pharynx , etc. L'iritis peut être le premier indice de l'infection générale par le virus vénérien. D'autres fois cette phlegmasie annonce , par des caractères incontestables , son origine longtemps après que la dernière trace du virus semble avoir disparu. Nous n'avons vu survenir cette phlegmasie oculaire qu'à la suite d'ulcérations chancreuses ; quelques auteurs l'indiquent comme pouvant être consécutive à des écoulements de l'urètre ; nous n'en possédons aucun exemple.

Observons en passant que nous avons vu beaucoup moins de cas d'iritis syphilitique sur des personnes du sexe que sur des hommes.

L'iritis syphilitique ne se développe pas toujours d'emblée avec les phénomènes qui le caractérisent ; souvent cette ophthalmie ne survient que secondairement , et après une inflammation catarrhale , rhumatismale ou traumatique des tuniques externes de l'œil. Les phénomènes de l'iritis , produits par la dyscrasie vénérienne, se joignent alors à ceux de la conjonc-

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tivite ou de la sclérotite antérieures. Dans ce cas , les influences atmosphériques ou les lésions traumatiques peuvent jouer le rôle des causes occasionnelles de cette ophtlialmie spécifique.

Marche et terminaisons. — L'inflammation syphilitique de l'iris a une grande tendance à se transmettre à d'autres tissus de l'œil. Souvent cette ophthaimie est accompagnée de sclérotite , complication qui est presque toujours de nature rhumatismale. Dans ces cas, et quelquefois sans qu'une cause autre que celle de l'action du virus syphilitique puisse être découverte , des symptômes d'irritation rétinienne , des photopsies insupportables, enfin les phénomènes incontestables d'une amblyopie congestive , se joignent aux phénomènes primitifs de l'iris, et persistent même pendant quelque temps après que la phlegmasie de l'iris est presque entièrement éteinte.

L'iritis syphilitique suit d'ordinaire une marche chronique qui se rapproche de l'état sub-aigu. Sa durée 'moyenne est , en général , de trois à quatre semaines.

Un traitement sagement combiné , et dirigé en même temps contre le travail phlogistique et le travail spécifique , qui a donné naissance à l'irritation locale , triomphe , en général , avec promptitude de cette affection quand elle est prise à temps. L'iritis syphilitique peut laisser des exsudations peu considérables dans la pupille de l'œil affecté sans que la vision en éprouve beaucoup d'altération. Si , au contraire , cette affection est négligée, la pupille ne tarde pas à s'oblitérer complètement.

L'iritis syphilitique a une grande tendance à se terminer par la désorganisation de l'iris. Non seulement l'altération de sa couleur et de sa texture reste alors permanente , et des vascularités se développent en plus grand nombre à sa surface; mais encore le tissu de l'iris s'épaissit de plus en plus , et présente souvent un aspect bizarre et bariolé. A sa surface se forment des élévations comme fongueuses ou tuberculeuses ;

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la pupille s'oblitère complètement ; le tissu irien , éprouvant une tension extraordinaire dans quelques parties , peut se déchirer dans d'autres , et par l'effet de la désorganisation surviennent ainsi des pupilles nouvelles, situées le plus souvent près du ligament ciliaire , mais qui , à cause de l'altération des tissus profonds de l'œil, ne rétablissent jamais la faculté visuelle du malade.

Traitement. — Malgré l'assertion de quelques auteurs , il serait imprudent de vouloir se borner à l'emploi des moyens spécifiques pour combattre l'iritis syphilitique. Dans un organe où la moindre exsudation, dans l'ouverture pupillaire,a pour effet un trouble plus ou moins grave de sa fonction , il mporte de prévenir par un traitement énergique les conséquences immédiates du travail local de l'irritation , tout en employant en même temps les moyens propres à détruire la cause première et principale de l'affection.

Nous débutons donc toujours par opposer à l'iritis syphilitique l'appareil antiphlogistique dans toute son étendue , et d'après les règles que nous avons exposées en traitant de l'iritis en général. Les émissions sanguines , générales et locales , pratiquées avec énergie , les purgatifs , les révulsifs , les frictions mercurielles et belladonisées , appliquées sur le front et sur les tempes , et le calomélas à l'intérieur , sont les moyens les plus propres à diminuer l'intensité des symptômes phlegmasiques. Mais l'effet de la médication antiphlogistique seule, quelle que soit d'ailleurs son énergie , n'est que transitoire. Tant que le virus vénérien n'est pas entièrement détruit par la médication spécifique , le travail phlogistique peut se réveiller de nouveau à chaque instant et sous l'influence de la moindre cause excitante.

Ce sont les préparations hydrargyriques qu'il faut mettre en usage immédiatement après les déplétions sanguines les plus urgentes, Nous ne nous fions presque jamais, dans ces cas, aux

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préparations faibles et antiphlogistiques de mercure , et nous préférons d'administrer , dès le principe , les préparations plus énergiques et plus pénétrantes , principalement le deutochlorure à l'intérieur ( un 1/8 de gr. jusqu'à 1 gr. par jour), ou bien nous prescrivons l'onguent napolitain à grandes doses (plusieurs gros par jour) en frictions sur différentes parties de la surface du corps. L'emploi de ces moyens est continué jusqu'à l'apparition des prodromes de salivation. On pourra y revenir dès que les effets des mercuriaux, sur les organes salivaires, ont cessé, et tant qu'il existe encore des soupçons de syphilis. Enfin ce traitement doit être dirigé absolument d'après les principes connus de la médication antisyphilitique. L'effet des mercuriaux sera secondé par l'usage de boissons sudorifiques , de tisanes de salsepareille , par le séjour du malade dans un atmosphère de 15-18° B.., et par une diète très sévère, poussée quelquefois jusqu'à l'inanition.

Les auteurs anglais ( Monteath , Mackenzie) font mention d'une variété d'iritis qui accompagnerait, selon eux, les affec; tions pseudo-syphilitiques. Cette espèce d'iritis, quant aux symptômes , ne différerait pas de la véritable inflammation syphilitique de l'iritis ; mais , après avoir duré pendant deux ou trois semaines , l'affection disparaîtrait sans que les malades eussent pris un seul grain de mercure , et quelquefois presque sans aucun traitement. Nous avouons que nous n'avons pas encore rencontré dans notre pratique des cas qui eussent mérité cette distinction. Nous citons ci-après (observ. 2) une observation où l'iritis a présenté tous les caractères de l'origine syphilitique, d'ailleurs incontestable à cause d'autres affections de la peau, de la gorge, etc., de la même nature; et cependant le malade nia obstinément toute sorte de communication avec des personnes suspectes , et toute affection vénérienne primitive. Dans ce cas même , que d'autres regarderaient peut-être comme un exemple de pseudo-syphilis, le traitement non mer-

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cuikl , employé pendant plusieurs mois, resta tout-à-fait impuissant , tandis que la maladie générale céda promptement à l'usage interne du sublimé.

Première observation. Chancres au pénis. — Iritis parenchymateux syphilitique. — Traitement combiné. — Guérison rapide et complète.

M. B. .. (Louis), domestique, âgé de trente-six ans, d'une constitution sanguine et vigoureuse, a déjà été affecté de plusieurs écoulements de l'urètre , mais il n'a jamais eu ni chancres ni bubons. Il reporte l'invasion de l'affection actuelle à trois semaines avant le jour (25 janvier 1837) où il vient nous consulter. Nous trouvons la surface externe du prépuce entourée d'une espèce de couronne formée de larges ulcères végétants et saillants au-dessus du niveau du derme , à bords durs et calleux et tendant à dégénérer en condylomes. D'après le dire du malade , huit jours se sont écoulés entre l'apparition des chancres de la verge et celle de l'affection de l'œil droit, qui présente l'état suivant :

Injection variqueuse de la conjonctive, pointes vasculaires qui de la conjonctive scléroticale se prolongent à un dixième de ligne au-delà du bord de la cornée ; teinte rose pâle de la sclérotique, visible au-dessous du plan de l'injection conjonctivale. Iris de l'œil sain gris-verdâtre ; teinte rousse du petit cercle. Iris de l'œil malade offrant une couleur verte très prononcée , avec teinte cuivrée du petit cercle ; aspect tomenteux et inégal de la surface de l'iris ; pupille contractée, immobile, difforme, offrant une déviation anguleuse en haut et en dedans ; la moitié inférieure de l'ouverture pupillaire est remplie d'une couche mince de lymphe plastique , exsudée à la surface antérieure de la cristalloïde. Les douleurs de tête, violentes surtout pendant la nuit , privent le malade du sommeil, et se concentrent principalement dans la tempe du

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côté affecté. Il n'éprouve aucune souffrance clans l'œil ; mais il est tourmenté par la vue de flammes et d'éclairs et par la photophobie. La faculté visuelle de cet œil est presque nulle.

Prescription : Saignée du bras de cinq palettes ; le lendemain application de vingt sangsues derrière l'oreille droite, frictions avec un mélange de parties égales d'onguent napolitain et d'extrait de belladona, qui seront faites de deux en deux heures sur le front du côté affecté -, à l'intérieur un huitième de grain de deutochlorure de mercure avec un demi-grain d'opium par jour. On ne prescrit aucune application aux parties génitales.

30 janvier* Amélioration frappante. L'injection conjonctivoscléroticale est presque nulle ; l'œil n'est plus sensible à la lumière ; la couleur de l'iris a pâli ; la teinte du petit cercle ne diffère pas de celle de l'œil sain. La pupille est moins difforme , bien qu'on y reconnaisse encore la déviation d'un angle en haut et en dedans. L'épanchement plastique à la surface capsulaire est complètement résorbé; la pupille est parfaitement noire. Les douleurs de tête ont cessé j la vision est presque tout-à-fait rétablie. '

Prescription : Continuation des frictions mercurielles. A l'intérieur, un tiers de grain de sublimé par jour ; tisane de salsepareille.

f-- 9 février. Le malade a pris en tout deux grains de deutochlorure de mercure. Les ulcères du pénis sont complètement cicatrisés sans le secours d'applications topiques. L'œil ne conserve plus de rougeur. L'iris a repris sa teinte et sa texture normales; ses rayons paraissent être tout au plus un peu tendus. La partie supérieure de la marge pupillaire est légèrement échancrée et bordée d'un petit segment concentrique de matière plastique, couverte de pigmentum. Cette légère exsudation n'obscurcit pas la pupille. Le malade voit presque aussi bien de cet œil que de l'œil gauche. On lui re-

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commande de continuer encore pendant quelque temps l'usage des pilules hydrargyriques et de la tisane de salsepareille.

La nature syphilitique de l'iritisest incontestable dans le cas qui précède. Tout vient confirmer cette opinion : commémoratif, affections concomitantes et identiques dans des parties du corps autres que l'œil , caractères anatomiques et spéciaux dans cet organe. Le succès surprenant de la médication antiphlogistique combinée avec la médication spécifique vient enfin ajouter la dernière évidence aux preuves qui démontrent la nature spéciale de la pblegmasie. Dans ce cas , avant même de nous être informé des causes de l'affection et de l'état des parties génitales du malade , l'aspect seul de l'œil et l'examen des signes objectifs présentés par cet organe nous a suffi pour nous faire présumer la nature syphilitique de Tiritis. Nous devons dire cependant que c'est toujours avec une certaine réserve que nous regardons les différentes formes que peut offrir la pupille comme un signe qui puisse nous indiquer la nature de l'inflammation de l'iris. Toutefois il n'est pas douteux pour nous que dans un grand nombre de cas d'iritis syphilitique, rhumatismal ou arthritique, l'ouverture pupillaire affecte une forme constante , et que les variations dans ce phénomène dépendent, de même que les variations dans les injections de la conjonctive , plutôt de quelque complication accidentelle que de toute autre cause. Or, si nous rencontrons la forme spéciale de la pupille, forme caractéristique pour telle ou telle espèce d'iritis, elle est pour nous, jointe aux autres circonstances , un signe précieux , et qui ajoute beaucoup à la certitude du diagnostic.

Cet exemple d'iritis parenchymateux nous offre une teinte d'un vert prononcé, caractéristique dans la membrane phlogosée, une difformité permanente de la pupille , des douleurs de tète caractérisées par leur redoublement nocturne et annonçant que les tissus profonds de l'œil ont été envahis par la

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plilegmasie. Il existe encore ici , comme nous l'avons déjà fait remarquer , un iritis syphilitique compliqué d'une irritation rétinienne; cette complication s'est manifestée par les photopsies et la photophobie. Notons la rapidité avec laquelle la cristalloïde s'est affectée simultanément avec l'iris , et la promptitude non moins grande avec laquelle s'est effectuée la résorption de l'épancliement plastique déposé sur la capsule. Citerons-nous un fait pareil comme un cas de cataracte guéri sans opération ? Je crois que nous en aurions le droit, si nous admettions comme exemples analogues les cas rapportés par M. Gondret. L'irritation de la rétine nous semble , dans cette circonstance , avoir été secondaire à la conjonctivo-sclérotite; celle-ci était. probablement due aux vicissitudes de la température atmosphérique, très grandes lors de l'invasion de la maladie , et auxquelles , en sa qualité de domestique , le malade était fort exposé. C'est cette irritation des membranes externes de l'organe visuel qui probablement le rendit sujet à devenir le centre d'attraction du travail syphilitique.

Y a-t-il un plus beau triomphe de l'art que l'effet prompt et merveilleux du traitement dans un cas où l'expérience nou autorise à prédire avec assurance que la force médicatrice de la nature , abandonnée à ses propres ressources , sera impuissante, et ne pourra s'opposer à des conséquences fâcheuses et probablement irrémédiables pour l'état de la vision ? Voyez encore la connexion étroite qui existe entre la plilegmasie de l'iris et l'état général du malade; à l'aide du même traitement, vous guérissez l'affection de l'œil et celle des parties génitales. La disparition de cette dernière , dont nous avons évité d'altérer la marche par des modificateurs topiques , nous sert même en quelque sorte de réactif indiquant l'extinction complète du virus qui a occasionné l'une et l'autre maladie. Ajoutons que la non- réussite complète du traitement non mercuriei dans les iritis syphilitiques que nous avons pu observer,

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nous fait donner la préférence à l'emploi du mercure ; ce médicament n'est pour nous qu'un moyen antiplastique et propre à combattre victorieusement les phlegmasies et la syphilis , maladie accompagnée d'une augmentation pathologique de la plasticité et de la végétation , et d'une tendance à produire des hypertrophies dans les tissus existants (exostoses, tophus, etc. ) et des tissus nouvellement développés et parasitiques (végétations, condylomes, etc.).

Deuxième observation Iritis syphilitique invétéré de l'œil droit avec désorganisation de l'iris. — Amblyopie congestive de l'œil gauche.

M. G. J..., cocher, âgé de quarante-un ans, d'une constitution forte, d'un tempérament sanguin, cheveux bruns, peau brune, iris bleu , est affecté depuis deux ans d'une éruption cutanée qui s'est répandue sur tout le corps , et dont on voit encore les traces ; il offre au dos et aux extrémités des taches très grandes, d'un rouge cuivré, irrégulières, couvertes dans quelques endroits (au coude, aux jambes) de croûtes très épaisses et verdâtres ; ses cheveux sont tombés en grande partie. Le palais et la portion supérieure du pharynx sont le siège d'ulcères qui présentent tous les caractères connus des ulcérations syphilitiques secondaires des muqueuses ; cependant le malade , qui est marié, et dont les assertions paraissent dignes de foi, prétend qu'il n'a jamais eu d'affection vénérienne, ni de communication avec des personnes suspectes. Il a été soumis pendant long-temps à un traitement dépuratif et à l'usage des préparations d'or.

Ses yeux ont commencé à souffrir vers le mois d'août 1836 ; il ne voit plus de l'œil droit depuis six semaines; cet œil présente l'état suivant : la conjonctive et la sclérotique sont presque sans injection ; on n'y voit que quelques ramifications légères d'un aspect variqueux qui proviennent de la circonfé-

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rence oculaire , et se prolongent vers la cornée ; le centre de cette membrane est légèrement trouble ; à son côté externe la cornée est entourée d'un petit cercle veineux bleuâtre ; la couleur de l'iris malade est d'un vert brillant, tandis que l'iris sain est d'un beau bleu. Dans l'œil affecté on ne distingue qu'imparfaitement les rayons de l'iris à sa circonférence ; le reste de cette membrane n'offre plus rien qui ressemble à sa texture naturelle. Sa face antérieure présente un aspect uniforme et tomenteux ; le petit cercle a disparu ; la surface de la membrane malade est marquée de petites taches jaunes et roussâtres, et elle est comme marbrée ; on voit ramper sur elle des vaisseaux d'un rouge pourpre, très déliés, qui, provenant du bord ciliaire , s'étendent en ligne droite au bord pupillaire sous forme de rayons qui convergent vers le centre. Arrivés à la pupille, ils se réunissent en un cercle vasculaire d'un rouge foncé, qui limite le bord pupillaire, surtout à sa partie externe. La pupille , dont les contours ne sont pas bien dessinés , a presque une forme pentagone ; elle est un peu oblongue ; un de ses angles est tiré en haut et un peu en dehors ; elle est remplie d'une matière plastique , uniforme , grisâtre , ressemblant à une fumée épaisse , plus foncée près du bord pupillaire qu'au centre; cette matière plastique ressemble à une membrane percée d'une ouverture. La cécité de cet œil est complète , le malade ne distingue même plus la lumière. Dans le principe de l'affection , il éprouvait la sensation d'un poids qui pesait sur son œil , voyait des flammes et saignait souvent du nez. Les émissions sanguines ont fait disparaître tous ces symptômes. L'œil gauche ne présente rien d'anormal, sinon qu'il porte le caractère de la constitution nerveuse oculaire ; l'iris est d'un beau bleu ; l'exhalation est très active à la surface conjonctivale ; la pupille est assez contractée. Depuis que l'œil droit est affecté , la vue de l'œil gauche s'est également affaiblie ; le malade voit de cet œil une espèce de papil-

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Ion blanc-bleuâtre qui voltige devant lui. La vision est meilleure le soir que pendant le jour ; il ne voit pas d'aussi loin qu'autrefois. Quand il conduit une voiture , il ne peut plus distinguer exactement les distances.

A l'âge de vingt-un ans , le malade a eu une éruption au menton (probablement une sorte de mentagre) ; sa santé, du reste, a été assez bonne.

On commença par pratiquer une saignée de trois palettes , qui fut suivie de l'application réitérée de sangsues au-devant des oreilles et au fondement; des frictions de belladone et d'onguent mercuriel furent ordonnées sur les tempes et le front ; plus tard on prescrivit les frictions avec la pommade de tartre stibié à la nuque et entre les épaules. Le malade fut en même temps soumis à l'usage interne des pilules de deutochlorure de mercure , d'abord à la dose d'un huitième de grain par jouir, quantité qui fut insensiblement élevée à celle d'un quart de grain. L'administration de cette préparation mercurielle fut secondée par l'emploi des tisanes sudorifiques. Ce traitement fut parfaitement bien supporté par le malade ; il prit jusqu'à dix grains de sublimé , sans qu'il se manifestât cbez lui les moindres signes du côté de la bouche et des glandes salivaires ; sa santé , au contraire , s'améliora sensiblement. A peine cinq grains environ de deutochlorure de mercure furentils administrés, qu'il ne resta presque plus de traces de syphilides sur la peau ; la gorge était entièrement guérie ; les photopsies de l'œil gauche avaient considérablement diminué , et cet or? gane était près de recouvrer son intégrité parfaite, Peu de changements avaient eu lieu dans l'état de l'œil droit, si toutefois nous exceptons une diminution notable dans la vascularité de la surface antérieure de l'iris désorganisé. La couronne vasculaire dont le petit cercle avait été le siège , avait disparu.

Le malade n'échappa pas à l'épidémie de grippe qui régnait alors. Après six semaines de traitement , il fut atteint

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d'une bronchite qui le retint au lit pendant plusieurs semaines. Quand il revint se présenter de nouveau à la Clinique , au mois de mars 1837, nous fûmes surpris de trouver la chambre antérieure de l'œil droit remplie presque à moitié d'un sang liquide Qiypoacma) et séparé en deux couches, l'une inférieure et d'une couleur foncée, et l'autre supérieure, et d'un rouge plus vif. L'absence des phénomènes d'une nouvelle irritation nous fit attribuer la cause de cet épanchement sanguin à la rupture de l'un ou de l'autre des vaisseaux variqueux de l'iris déterminée par des efforts de toux; les vascularités étaient moins nombreuses qu'avant l'invasion de l'affection bronchique. Le malade n'accusait pas de douleurs dans l'œil droit ; il se plaignait encore de photopsies dans celui du côté opposé. La guérison des syphilides cutanées et des ulcérations du palais était permanente.

Nous citons ce cas moins comme exemple d'iritis syphilitique, que pour servir d'argument aux conclusions suivantes :

1° Cette observation, comme nous l'avons déjà fait remarquer , pourrait être considérée comme un exemple d'iritis pseudo-syphilitique puisqu'il fut impossible de remonter à Ja source de l'infection vénérienne. Cependant l'inefficacité du traitement non mercuriel se trouve en opposition directe avec cette manière d'envisager la nature du cas précédent ; tandis que, selon l'assertion des auteurs anglais, les effets de cette médication constituent précisément un caractère différentiel des affections syphilitiques et pseudo-syphilitiques.

Notons encore la promptitude avec laquelle dans l'œil gauche les phénomènes de congestion rétinienne se sont améliorés sous l'empire de la médication spécifique, qui en même temps a rapidement fait disparaître l'affection de la muqueuse buccale et pharyngienne et l'éruption syphilitique de la peau ; tandis que le traitement non mercuriel , loin d'avoir été suivi de

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résultats avantageux, n'a pu empêcher la phlegmasie de l'œil droit de se terminer par la désorganisation de l'iris.

2° Les caractères spéciaux de l'iritis syphilitique étaient presque effacés et difficiles à reconnaître dans ce cas, mais" aussi ne le vîmes-nous qu'à une période très avancée de l'affection, et lorsqu'elle avait produit des altérations permanentes. Il résulte de là que les caractères diagnostiques de cette phlegmasie n'offrent une certaine évidence que dans les cas où on est à même de les saisir de prime abord, et quand ils n'ont pas encore subi de modifications, soit par des complications accidentelles, soit par la désorganisation des tissus que la phlegmasie a produite elle-même. En est-il autrement de la phlogose d'autres organes ? Qui pourra reconnaître, par exemple, le véritable caractère d'un ulcère syphilitique , après qu'il a duré long-temps et étendu ses ravages sur une grande partie de la peau ?

3° La congestion rétinienne, due à la même cause que l'iritis, a été secondaire à cette dernière dans l'œil droit; elle a été primitive dans l'œil gauche. Ici il n'y eut point encore la moindre altération dans la texture et dans la couleur naturelle de l'iris. Elle a dû être combattue par les mêmes moyens, qui en ont fait disparaître une grande partie des symptômes alarmants.

Troisième obsbryation. Iritis rhumatismo-syphililique. — Guérison. ( Planche II , fig. a. )

Cette figure représente l'œil gauche d'un militaire en congé, âgé de trente-deux ans; cet œil a été dessiné le 9 avril 1834. Huit jours auparavant, il s'était présenté ayant un iritis avec difformité de la pupille, dont la partie supérieure interne forme un angle aigu dirigé fortement en haut et en dedans. L'iris , par cela même, est devenu très étroit dans sa partie supérieure et

IRITIS SYPHILIIIQUE. 44^

interne ; à la base de l'angle formé par la pupille , existe une petite adhérence blanchâtre entre la marge pupillaire et le feuillet antérieur de la capsule cristalline. Tout l'iris est décoloré et a perdu sa structure striée ; le petit cercle a pris une teinte cuivrée très prononcée , et sur le bord pupillaire inférieur on reconnaît une élévation jaunâtre , semblable à ce qu'on a appelé condylome de l'iris. La cornée , la conjonctive et la sclérotique sont saines ; il n'y a pas de photophobie. Le malade a tous les soirs , depuis neuf heures jusqu'après minuit , des accès de douleur très violente dans l'arc surcilier et le front , au-dessus de l'œil malade.

Ces symptômes ne permirent pas de méconnaître un iritis syphilitique , c'est-à-dire une syphilide chancreuse inflammatoire de l'iris. Ce diagnostic fut confirmé d'une manière fort positive par le commémoratif et par l'inspection oculaire du pénis ; à la couronne du gland on reconnut plusieurs restes de petits chancres incomplètement guéris par un traitement non mercuriel.

Une saignée de quatre palettes , une application de vingt sangsues à l'apophyse mastoïde gauche , des frictions mercurielles sur le front et la tempe gauche ; l'usage interne du calomélas à dose non purgative , avec addition d'opium brut , de six à huit fois par jour, et la diète, sont ordonnés au malade, avec injonction de revenir dans quelques jours.

Huit jours après , un changement avait eu lieu. Pour bien faire saisir les caractères de la maladie, nous avons fait représenter à part l'iris de l'œil sain (placé à côté de la fig. 2 de la pi. II), dont nous donnerons d'abord la description.

Grand cercle bleu un peu grisâtre , petit cercle d'un gris d'acier ; leurs limites sont nettement dessinées par des échancrures concaves , dirigées vers le bord ciliaire du diaphragme oculaire ; entre elles existent des prolongements en forme de

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pointes , ce qui donne à la circonférence du petit cercle un aspect étoile.

La structure fibrillaire de l'iris est fortement marquée , tant dans les fibres rayonnées que dans les fibres circulaires ; elles sont séparées par de petits sillons placés entre elles. La pupille est d'un noir foncé , et d'une exacte régularité dans sa figure ronde, la marge pupillaire est nettement coupée.

La fig. 2 représente l'état dans lequel l'œil se trouve le 9 avril.

La conjonctive est très légèrement injectée. La sclérotique présente un cercle de vaisseaux d'un rouge carmin , fins , serrés , parallèles entre eux , longs d'une ligne et un quart à peu près , s'avancant jusqu'au bord de la cornée sans en être séparés par aucun interstice , et l'entourant dans toute sa circonférence sans interruption , de manière à produire une figure semblable au disque d'une fleur radiée ; photophobie; larmoiement.

Tous ces symptômes n'existaient pas lorsque le malade vint pour la première fois réclamer nos conseils. Dans les symptômes primitifs , un changement notable a eu lieu.

L'altération de la couleur et de la structure de l'iris est devenue plus intense. Le grand cercle a pris une couleur verdâtre , le petit est d'un rouge cuivré bien tranché ; leur teinte a perdu son éclat vif , et est devenue terne ; leurs confins , qui présentent des lignes sinueuses au lieu de la forme étoilée , sont à moitié effacés , de même que leur structure fibrillaire : leur surface est devenue presque lisse et uniforme; les interstices sous forme de sillons qui les séparent , ont presque entièrement disparu, et ne sont que faiblement reconnaissables çà et là. Des flocons minces et nuageux semblent les couvrir par plaques. La lymphe fibro-albumineuse , épanchée à leur surface et dans leurs interstices, est cause de ce changement de tex-

IRITIS SYPHILITIQUE. 447

ture et en partie du changement de couleur, qui est complété par l'abord et l'épanchement de sang rouge dans leur substance. L'élévation jaunâtre , existant sur le milieu du bord pupillaire inférieur, persiste; elle est moins circonscrite, plus floconneuse ; d'une teinte jaunâtre plus claire, et ressemble plutôt à un abcès de l'iris qu'à une végétation syphilitique (condylome) de cette membrane. Mais la forme de la pupille est notablement changée : bien que l'iris soit encore plus étroit en haut et en dedans que partout ailleurs , l'angle pointu que l'on voyait en haut et en dedans a disparu; la languette pseudomembraneuse adhérente à la capsule existe encore à sa base ; la forme de l'ouverture pupillaire a totalement changé , elle est devenue transversalement ovalaire , c'est-à-dire disposée de manière à former un ovale couché , dont la limite et le bord inférieur seulement sont masqués par ce que nous soupçonnons être un abcès ; sur plusieurs endroits du bord pupillaire , mais principalement en haut et en dedans , et directement en haut, en face de la languette pseudo-membraneuse, la marge iridienne est bordée de stries blanches irrégulières , produites par l'épanchement d'une matière fibro-albumineuse sur la capsule du cristallin, et à la surface postérieure de l'iris. La douleur frontale nocturne a diminué , mais point encore d'une manière mn$f#juable. La vue est toujours très trouble , presque nulle.

Diagnostic. -— Un refroidissement accidentel a probable-' ment produit une complication d'ophthalmie rhumatismale. La pupille, dans l'iritis rhumatismal , affectant une forme plus ou moins perpendiculairement ovalaire , la configuration que l'iritis syphilitique avait imprimée à la pupille a été modifiée, et une nouvelle forme intermédiaire aux deux autres a été le résultat de la complication ; il y a ophthalmie rhumatismosyphilitique.

Commémoratifr — Le malade s'est en effet exposé à un cou-

448 IRITIS SYPHILITIQUE.

rant d'air , et a d'autant plus dû être affecté de sclérotite rhumatismale que les personnes soumises à l'action du mercure sont facilement accessibles aux irritations rhumatismales des membranes fibreuses et fibro-séreuses, quand elles s'exposent à l'abaissement subit de la température atmosphérique.

Traitement. — On associe l'extrait de belladone à partie égale d'onguent napolitain pour diminuer la photophobie et faire cesser promptement la douleur qui favorise l'épancheuient de la lymphe j on ordonne une tisane sudorifique (salsepareille et tiges de douce-amère ); on continue l'emploi du calomélas.

Les symptômes ne diminuèrent que lentement. L'élévation, présumée être un abcès , ne se rompit point , elle diminua insensiblement de volume. Après quelques semaines de traitement on prescrivit des pilules de deutochlorure de mercure (gr. 1/8, jusqu'à gr. 1/2 par jour) pour accélérer la guérison et empêcher la rechute. Le malade ne revint plus.

Un an après , il était parfaitement guéri ; le bord supérieur interne de la pupille seule présentait quelques inégalités blanchâtres. Ayant continué le traitement et s'en étant bien trouvé , il avait cru pouvoir se dispenser de consulter ultérieurement.

Les nombreux détails à représenter iLjm^J'iris ayant beaucoup fatigué l'œil malade , affecté d'une violente photophobie, il a été impossible de rendre parfaitement la sclérotite rhumatismale , et on n'a pas cru devoir faire rien dessiner de fantaisie.

;QoATaiiMB OBSBavATiON. Traces laissées par un iritis syphilitique guéri et reconoaissables au simple aspect.

En passant , le 29 novembre 1832, avec M. Bérard , devant le n° 21 de la salle Saint-Eloi de l'hôpital Saint-Antoine , je

IRITIS SYPHILITIQUE. /,4<)

m'aperçus que la pupille gauche du malade avait une forme différente de celle de la droite. A peine eus -je examiné cet œil , que je fis observer à M. Bérard que je croyais y remarquer, pour la première fois depuis long-temps , un produit caractéristique d'un iritis syphilitique. Nous avons fait remarquer que le signe pathognomonique principal de cet iritis est la difformité de la pupille , qui est oblongue de bas en haut et de dehors en dedans, et qui forme en haut un angle plus ou moins pointu dirigé en dedans , par suite d'une infiltration de lymphe plastique dans la partie supérieure interne de l'iris, et d'adhérences partielles avec la capsule du cristallin. Chez ce malade , il n'y avait aucun symptôme d'iritis; la couleur brune et la texture de l'iris étaient les mêmes aux deux yeux ; mais la pupille gauche avait la forme que nous venons d'indiquer ; seulement l'angle formé par sa partie supérieure était un peu moins dirigé en dedans qu'en haut. Quelques fausses membranes minces et blanchâtres bordaient les marges pupillaires externe et interne dans une grande partie de leur étendue ; le jeu de l'iris était moins libre, et la dilatation de la pupille nécessairement incomplète , puisque dans l'endroit où les fausses membranes et l'angle pointu de l'iris existaient , l'altération de son tissu par l'infiltration de matière plastique et les adhérences devaient retenir l'iris. La pupille devenait donc plus large dans sa partie correspondante aux points non adhérents de l'iris , ce qui faisait encore mieux ressortir sa difformité caractéristique. La vue était plus faible dans l'œil gauche que dans l'œil droit.

Le commémoratif constata le diagnostic d'une manière très positive. Le malade, que je voyais ce jour-là pour la première fois , avait un rétrécissement de l'urètre et des ulcères syphilitiques aux jambes ; il avait été traité successivement dans quatre hôpitaux de Paris pour des affections vénériennes qui ont presque ruiné sa constitution. L'affection de l'œil

45© ,- iniTlS SYPHILITIQUE.

n'indiquait point de traitement particulier ; les brides et l'infiltration fibro-albumineuses étaient trop anciennes pour qu'on eût pu espérer de les déchirer par l'instillation d'un extrait narcotique qui dilaterait la pupille , ou pour qu'on tentât d'en provoquer la résorption par l'emploi de moyens généraux et locaux qui stimulent le système lymphatique ; il n'était pas probable non plus qu'un traitement général , dirigé contre l'affection constitutionnelle , pût modifier la difformité de la pupille.

Cinquième observation. Suites d'iritis syphilitique.

Chez le malade couché salle Saint-François , n° 16 , j'ai découvert, le 3 février 1833, une difformité semblable de la pupille gauche ; elle est moins pointue en haut, mais sa direction en dedans est beaucoup plus marquée ; on remarque chez lui les mêmes phénomènes que chez le malade de l'observation précédente , à cette différence près , que l'iris gauche , de la même couleur que celui de l'œil sain , c'est-à dire d'un bleu grisâtre , se dilate plus complètement et moins inégalement. Un fait singulier , mais qui trouve une explication assez naturelle , si on admet qu'il a peut-être été affecté d'un très léger degré d'iritis syphilitique commençant , c'est que la pupille de l'œil droit, en se dilatant, devient, elle aussi, un peu ovale et dirigée en haut et en dedans.

Ce malade, charretier de profession , dit n'avoir jamais eu mal à l'œil qu'une fois , il y a six ans ; du sable et une pierre que son cheval lui envoya d'un coup de pied lui frappèrent l'œil, qui fut douloureux et enflammé pendant quatre à cinq jours ; jamais , d'après ses allégations , il n'aurait eu d'affection syphilitique , ni suivi par conséquent un traitement antivénérien.

Mais en examinant la verge , f ai trouvé à gauche 7 sur la

IÏUTIS SYPHILITIQUE. 4^1

couronne du gland et sur la partie voisine de la surface préputiale interne, une dépression as§ez creuse, surmontée d'une petite bride que je crois, ainsi que M. Bérard, la cicatrice d'une ulcération syphilitique , dont le malade ignorait l'existence , attendu qu'elle était placée dans un endroit assez caché , et que ces ulcérations sont souvent peu douloureuses.

Sixième obseûvation. Iritis rhumatismo-arthritique avec complication syphilitique.

Madelaine S., journalière, âgée de quarante-cinq ans , fut reçue à l'hôpital Saint-Antoine le 15 février, et couchée salle Sainte-Marthe, n° 21.

L'œil droit de cette malade présentait à un très haut degré les caractères d'une ophthalmie rhumatismo-arthritique, avec iritis. Nous répartirons en trois groupes les phénomènes que l'œil de l'observateur pouvait saisir :

Premier groupe : Phénomènes arthritiques. — Dans la sclérotique, autour des bords externe et interne de la cornée, se dessinaient deux demi-cercles bleuâtres, larges d'une demiligne à peu près. L'injection arthritique entourait ces cercles, et cessait d'une manière brusque à son point de contact avec ces derniers.

Second groupe : Phénomènes rhumatismaux. — En bas seulement et en haut , là où le cercle arthritique n'existait pas , les vaisseaux se prolongeaient en petites pointes droites, très fines et serrées, longues d'une demi-ligne à peu près, qui passaient sur le bord de la cornée, en y formant un demi-cercle. (Ces pointes appartiennent exclusivement à l'ophthalmie rhumatismale, dont elles indiquent une grande intensité ; bien souvent quand elles existent, il y a tendance à l'ophthalmie arthritique ; au plus haut degré, ces pointes couvrent tout le bord de la cornée et y forment une petite couronne vasculaire).

452 IRITIS SYPHILITIQUE,

L'épiphora était modéré, la photophobie très peu considérable, et ne se manifestait guère que pendant l'exploration de l'oeil et au grand joui*. Comme nous l'avons déjà fait observer, à l'exception de l'ophthalmie traumatique (dont tous les caractères ressemblent le plus à ceux de l'ophthalmie rhumatismale), cette dernière seule est accompagnée à un très haut degré de larmoiement et de la sensibilité à la lumière ; l'ophthalmie arthritique pure n'en présente que rarement, et, dans le cas présent, ces phénomènes, dus à la complication rhumatismale , étaient nécessairement moins saillants que dans l'ophthalmie rhumatismale pure.

Les bords palpébraux étaient légèrement gonflés, comme infiltrés de sérosité , ce qui leur donnait un aspect luisant, d'un rouge bleuâtre et un peu transparent

Troisième groupe •• îrïtïs. — Les couleurs de l'iris sont changées ; le petit cercle, d'un brun jaunâtre dans l'oeil sain, est d'un brun rougeâtre dans l'œil malade • le grand cercle, d'un gris verdâtre dans l'autre œil, a perdu sa teinte grisâtre, et ne présente plus qu'une couleur d'un vert sale ; quelques teintes d'un brun foncé se trouvent sur le bord externe du grand cercle de l'œil sain ; les taches correspondantes de l'œil malade sont d'un brun plus clair , roussâtre. La structure radiée de l'iris commence déjà à s'effacer ; la pupille, tout-àfait immobile pendant les changements les plus brusques de la lumière , est ronde et très étroite. Le liquide contenu dans la chambre postérieure est trouble ; près du bord pupillaire, il est plus épais et jaunâtre; il semble qu'il est sur le point de se concréter pour former une petite fausse membrane adhérente au bord pupillah e. On voit, en effet, à l'aide de la loupe, que cette teinte jaunâtre appartient à une substance molle, sécrétée en nappe, à une couche mince de matière plastique, en un mot , à une fausse membrane naissante. La cornée est terne, sans éclat, mais sans antre signe d'inflammation.

IRITIS SYPHILITIQUE. /joT)

La vision est nulle ; la sensation de la lumière existe seule.

Il n'y avait, d'après ce qu'on vient de lire, aucun caractère spécifique dans cet iritis. D'après le caractère de l'injection, nous nous étions attendu à une déformation de la pupille, qui, dans l'ophtlialmie arthritique, est toujours oblongue, soit transversalement dans le plus liant degré , soit perpendiculairement dans les degrés moins forts de cette inflammation, ou quand il y a complication rhumatismale. L'aspect de l'œil sain nous fit supposer une cause de cette anomalie , que la marche ultérieure de la maladie démontra fondée. La pupille gauche avait une forme tout-à-fait irrégulière, ovale de bas en haut et de dehors en dedans, très pointue en haut; sa marge interne dans sa partie supérieure était bordée par une adhérence d'un brun très foncé, qui la réunissait à un point blanc et opaque de la capsule antérieure du cristallin. La couleur et la structure de l'iris étaient, du reste, normales, et l'iris mobile dans toute la partie extérieure et inférieure de son bord , c'est-à-dire là où. il n'y avait point d'adhérence. Nous n'hésitâmes pas à déclarer que cette difformité était le résultat d'un iritis syphilitique , et nous nous crûmes fondé à penser qu'une complication syphilitique , en ayant produit des adhérences, ou une infiltration de matière plastique dans la partie interne de l'iris de l'œil droit, était la cause qui avait empêché la pupille de prendre la forme caractéristique de l'iritis arthritique.

Sous le grand angle de l'œil gauche, existait en outre une cicatrice provenant d'une ancienne affection du sac lacrymal.

Commémoratif. — Il y a neuf à dix mois que la malade n'a plus ses règles. Sa maladie a commencé, il y a huit mois, par un point de côté, des douleurs d'estomac et un fort dévoiement. A cette affection succédèrent des douleurs dans les jambes, qui augmentaient vers les cinq heures du soir, et qui ne la quittèrent qu'après trois mois, pour se fixer d'abord

454 IlUTiS SYPHILITIQUE.

dans les bras et disparaître peu à peu. L'affection de l'oeil droit existe depis six mois ; des sangsues appliquées à plusieurs reprises n'ont pas produit de changement. Il y a quatre mois, une tumeur lacrymale se forma à l'œil gauche ; l'opération fut faite par M. Dupuytren, et une canule introduite à demeure ; la plaie guérit promptement. La malade ne se rappelle pas avoir jamais eu mal au globe de l'œil gauche; elle ne croit pas non plus avoir été affectée de syphilis ; cependant, questionnée ultérieurement, elle avoue qu'elle a eu , il y a neuf mois, des fleurs blanches avec démangeaison et quelques boutons aux parties, pour lesquels elle n'a fait aucun traitement, et dont elle n'a, par conséquent, pas soupçonné la nature.

Depuis dix jours à peu près elle éprouve des douleurs fortes dans la région sus et sous-orbitaire du côté droit • ces douleurs ne manquent presque jamais dans l'iritis arthritique. Il existe également encore quelques douleurs rhumatismales dans le bras droit.

D'après les faits que nous venons de rapporter , la malade doit. donc avoir été atteinte d'un iritis syphilitique de l'œil gauche, qui a suivi cette marche chronique que l'on remarque si fréquemment dans les maladies syphilitiques, mais qui, pour l'iritis, est assez rare.

Prescription : Application de vingt sangsues à la tempe droite ; onguent mercuriel , demi-gros par jour en friction au-dessus de la tempe; tisane de salsepareille et de douce-amère.

L'emploi de ces médicaments fit diminuer l'injection de l'œil droit , mais elle ne se dissipa pas entièrement. Les douleurs sus et sous-orbitaires cessèrent après quelques jours de traitement.

Le 26 février, la teinture de semences de colchique fut substituée à la tisane , et portée peu à peu à la dose de soixante gouttes par jour. La pupille était devenue plus claire dans son centre ; la malade commençait à reconnaître les doigts qu'on

IRITIS SYPHILITIQUE. l\Z?>

lui montrait , et bientôt elle parvint à pouvoir les compter ; mais, malgré la continuation de l'emploi de l'onguent mercuriel, les fausses membranes adhérentes au bord pupillaire, qui d'abord avaient semblé rester stationnaircs dans leur développement, devinrent plus blanches et plus fermes, et menacèrent de s'organiser de plus en plus.

Depuis le 26, on fit instiller journellement et à plusieurs reprises dans l'œil malade une forte solution d'extrait de belladona , pour tâcher de déchirer les fausses membranes, ou au moins d'agrandir le champ de la pupille avant que les fausses membranes ne fussent devenues trop fermes. Ce dernier but fut en partie atteint, et c'est ici qu'un phénomène très curieux vint confirmer notre supposition ; l'iris et les fausses membranes cédèrent partout à l'action de la belladona, excepté dans la partie interne et supérieure ; la pupille fut dilatée, mais inégalement , de manière qu'elle prit une forme ovoïde et pointue en haut et un peu en dedans , comme dans l'iritis syphilitique.

Le 6 mars , quelques douleurs passagères dans les gencives nous engagèrent à discontinuer les frictions, d'autant plus que la malade était déjà en état de reconnaître des objets placés au bout de la salle. L'injection de la conjonctive et les douleurs du bras avaient complètement disparu. La teinture de colchique fut continuée , elle ne produisit qu'une selle régulière par jour; avant son emploi, la malade avait été constipée pendant dix-sept jours.

Le 8 , les frictions mercurielles furent recommencées et continuées pendant six jours; une légère injection qui se montra le 14, après que la malade fut sortie de la salle par un jour très froid , disparut à l'aide d'un purgatif.

La pupille se dilata encore un peu par l'emploi de l'extrait de belladone, sans cependant perdre sa forme pointue; son centre devint tout-à-fait noir, mais sa marge resta bordée d'une

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petite fausse membrane très étroite, d'une couleur blanchebleuâtre, attachée au bord de l'iris par des filaments bruns , disposés en plaques et composés d'une matière fibro-albumineuse, couverts d'un enduit du pigmentum del'uvée. La malade voyait parfaitement bien de cet œil pour se conduire et pour reconnaître de petits objets, comme des pièces de monnaie. Elle sortit le 16 mars , guérie en un mois d'une ophthalmie violente et compliquée, qui existait depuis six mois. Nous l'avons revue depuis -, l'œil n'a plus souffert, et aucun symptôme d'irritation ne s'est montré dans l'iris ou dans les autres membranes.

Dans les iritis arthritiques, où la pupille au lieu d'être ovale est ronde , on a toujours quelque raison de soupçonner une complication syphilitique. 11 est d'autant plus nécessaire de faire bien attention à cette complication, que ses suites sont très gra ; l'ophthalmie résiste d'une manière opiniâtre au traitement antiphlogistique et antiarthritique, et si un traitement antisyphilitique ne vient pas à temps pour combattre l'affection , la pupille est d'ordinaire obstruée par des fausses membranes. Peu de temps après que nous eûmes donné nos soins à la malade , dont nous venons de rapporter l'observation, nous avons vu un cas semblable où nous avions soupçonné une complication de cette nature, et où la malade n'a avoué l'infection que quand de larges et nombreux condylomes la tourmentaient tellement, qu'elle fut forcée de chercher remède à ce mal.

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