‹ Traité de l'ophthalmie, la cataracte et l'amauroseChapitre 52 sur 70 · GENRE V. AMAUROSE CEREBRALE · texte numérisé non relu

GENRE V. AMAUROSE CEREBRALE

§ 64. — Nous sentons combien est incomplète la description de l'amaurose cérébrale , telle qu'il est possible de Ja présenter dans l'état actuel de la science. Nous nous réservons d'ailleurs le droit d'apporter des changements aux idées que nous allons exposer , dès que nous les trouverons en opposition avec l'expérience. Au reste, nous croyons devoir rappeler ici, qu'en exposant sommairement quelques idées détachées sur l'amaurose , nous avons moins eu la prétention d'offrir à nos confrères un mémoire complet sur cette matière difficile , que d'établir à cet égard un corollaire d'idées qui pût servir de base et de point de départ à des recherches futures , plus consciencieuses et plus fertiles en résultats qu'elles ne l'ont été jusqu'à ce jour. Si l'expérience nous apprenait plus tard que nous nous sommes engagé dans une fausse route, nous serions le premier à adopter les modifications exigées par les progrès de la science.

Quelles sont d'abord les parties de la masse encéphalique qui concourent directement à l'accomplissement de la fonction visuelle? Il existe à ce sujet les opinions les plus divergentes. Nous sommes encore loin de connaître l'origine exacte des nerfs optiques , et les rapports de connexion de leurs fibres avec les ganglions du cerveau.

C'est dans le lieu d'entrecroisement {chiasma , décussation), que les nerfs optiques, selon Buidach, perdent leurs pio-

priétés de nerfs ; toute la partie située en arrière du chiasme est considérée par cet auteur comme la partie cérébrale proprement dite du nerf optique ( tractus opticus ). IL a , suivant Burdach, ses racines 1° dans les cordons antérieurs ou olivaires , et 2° dans les cordons postérieurs , et principalement dans les cordons cunéiformes de la moelle épinière.

§ 65. — L'amaurose cérébrale de même que l'amaurose rétinienne peut être de nature irritative (congestive ou nerveuse ) , torpide ou organique. * ,

Les symptômes de l'amaurose cérébrale sont d'une double espèce : 1° ceux qui se rapportent immédiatement à l'organe visuel lui-même et à sa fonction {symptômes oculaires) ; 2° ceux qui sont relatifs au cerveau et à ses fonctions {symptôm es cérébraux).

L'amaurose cérébrale se caractérise donc par la combinaison des symptômes oculaires que nous avons fait connaître comme signes pathognomoniques de l'amaurose en général, avec des symptômes cérébraux.

Le cerveau étant le centre qui perçoit les sensations visuelles, ses affections peuvent intercepter et abolir l'innervation de l'organe de la vision sans que celui-ci éprouve une lésion directe ; ainsi l'amaurose cérébrale peut exister indépendamment d'une lésion directe de l'œil.

Pour la symptomatologie , nous renvoyons le lecteur à tout ce que nous avons dit relativement aux symptômes oculaires de l'amaurose ; ces symptômes sont absolument les mêmes pour l'amaurose cérébrale et pour l'amaurose rétinienne. Aucune expérience ne nous porte jusqu'ici à croire, par exemple, que les rapports de la mobilité , de la contraction ou de la fixité de la pupille soient différents dans l'une et dans l'autre. Cependant nous sommes loin de dire que ce point ne soit pas digne d'attention et susceptible de nouvelles recherches. Les symptômes oculaires qui indiquent le caractère congés-

tif , éréthique , torpide et organique de l'amaurose cérébrale, ne diffèrent pas non plus de ceux énumérés dans l'histoire de l'amaurose en général. Vouloir les détailler de nouveau serait tomber dans des redites fastidieuses.

Il suffit ici de faire l'exposé rapide des symptômes cérébraux qui , en se surajoutant aux symptômes oculaires , nous permettent de chercher dans le cerveau le siège de l'amaurose.

§ 66. — Dans toutes les affections de l'axe cérébro-spinal, et partant dans l'amaurose cérébrale, souvent les phénomènes morbides des organes périphériques ont lieu du côté opposé à celui du centre de l'innervation où l'altération pathologique a son principal siège. On a désigné ce phénomène, si important dans l'étude des maladies des centres nerveux , sous le nom à! effets croisés. On peut dire en général que, sauf quelques cas rares, les effets croisés ont constamment lieu quand la lésion organique siège au-dessus de l'entre-croisement des cordons pyramidaux de la moelle épinière. Les cas d'exception que nous avons eu l'occasion d'observer ne sauraient infirmer cette règle ) à part leur rareté , ces cas manquent de données positives et précises nécessaires pour pouvoir être opposés au grand nombre d'observations contraires. Nous avons trouvé l'absence du phénomène des effets croisés toutes les fois que la lésion spinale avait son siège au-dessous de cette portion du cordon rachidien.

Si tel est le rapport existant entre les organes sensoriaux et les centres nerveux en général , il existe cependant pour l'organe de la vision une disposition anatomique qui ne permet pas que l'on étende sans restriction cette règle pathologique à l'amaurose cérébrale. L'entre-croisement des fibres des nerfs optiques , qui mérite, à cet égard, une considération particulière, au lieu d'être complet, comme celui des pyramides, n'est qu'une semi-décussation.

Tel est , du moins , le résultat principal des recherches ana-

yOQ, ÀMAUROSE.

tomicrues, zootomiques, physiologiques et pathologiques faites jusqu'ici sur ce sujet. Sans vouloir entrer plus loin dans cette question, si souvent discutée et non encore épuisée, sur l'entrecroisement des nerfs optiques, nous croyons pouvoir formuler nos conclusions de la manière suivante :

1° Chez certains animaux, l' entre-croisement des nerfs optiques est complet , de telle sorte que ces nerfs ne sont pas même réunis par du tissu cellulaire , et que sur des individus de la même espèce , tantôt le nerf de l'œil droit passe au-dessus de celui de l'œil gauche , et tantôt ce dernier, au contraire, passe au-dessus du premier ;

2° Sur d'autres animaux les nerfs s'entre-croisent d'une manière plus fixe , et sont réunis plus ou moins étroitement par du tissu cellulaire;

3° Sur d'autres encore , l' entre-croisement des fibres des nerfs optiques est complet , de manière que de la section du nerf du côté gauche , derrière sa décussation , résulte la cécité de l'œil du côté opposé , et que l'atrophie de l'œil d'un côté produit le marasme du nerf du même côté , au-devant du chiasma et de celui de l'autre côté , derrière l'entre-croisement ;

4° Chez l'homme , une portion de ces fibres s'entre-croise , et une autre se dirige depuis leur point d'origine dans l'un des hémisphères jusque dans l'œil du côté correspondant , et sans nullement dévier du côté opposé. En outre, il existe, d'après les recherches récentes de M. Cruveilhier , une espèce de commissure transversale au-devant de la partie antérieure du chiasma.

5° Par suite de ces dernières dispositions anatomiques du nerf optique de l'homme , dans l'amaurose cérébrale , l'œil d'un côté est tantôt paralysé simultanément avec les extrémités du côté opposé , et tantôt avec celles du même côté, et l'atrophie d'un œil est tantôt accompagnée de celle du nerf op-

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tique dans ses deux portions du même côté , et tantôt de celle de sa portion antérieure du côté correspondant, et de sa portion postérieure du côté opposé.

Dans l'amaurose spinale, ces circonstances restent les mêmes, que la moelle allongée soit affectée au-dessus ou au-dessous de rentre-croisement des pyramides. L'explication apparente de cette anomalie devient facile quand on se rappelle les circonstances suivantes : les fibres de la moelle épinière qui concourent à la formation des racines du nerf optique , venant des cordons olivaires (olives) , et non pas des cordons pyramidaux (pyramides), ne subissent, par conséquent, aucun entre-croisement; les impressions seront donc directement transmises du côté affecté de la moelle épinière à l'hémisphère correspondant du cerveau; de là elles se transmettent indifféremment tantôt à l'un des yeux , tantôt à l'autre , comme dans l'amaurose cérébrale.

Des recherches ultérieures doivent venir confirmer ou modifier ce que nous venons de dire ; nous sentons fort bien que nous sommes encore très loin de la solution définitive de cette question intéressante.

ESPÉCK I. — ÀMÀUBOSE CÉRÉBRALE CONGESTIVB.

§ 67. — De toutes les amauroses cérébrales , celle-ci est la plus fréquente. Elle précède même le plus souvent l'amaurose cérébrale torpide et organique.

La congestion est active ou passive ; elle peut tenir à un afflux trop violent du sang vers le cerveau, ou à quelque obstacle qui s'oppose au reflux régulier de ce liquide.

Les symptômes qui font connaître cet état du cerveau sont : constitution pléthorique de l'individu ; coloration et injection rouge de la face ( d'un rouge vif ou livide , selon le caractère artériel ou veineux de la congestion ) ; battement des artères

704 AMÀTJROSE.

carotides et temporales -7 pesanteur et douleurs plus ou moins violentes de la tête ; tantôt la tête parait aux malades comme serrée par une bande^ tantôt la céphalalgie se circonscrit aux tempes, au front, à la région sus-orbitaire ; l'orbite paraît être trop étroite pour le globe oculaire , et celui-ci augmente de volume ; les maux de tête sont continus ou rémittents ; ils s'aggravent par l'action des causes stimulantes, après un repas un peu abondant, par des boissons excitantes , le vin , le café, par des marches fatigantes, par les grandes chaleurs; l'affection est aggravée par .tout ce qui augmente la congestion cérébrale, par une position déclive de la tête , par les efforts pour aller à la garde-robe. Le malade se plaint de somnolence ou d'insomnie , ou bien le sommeil est agité par des rêves. Des étourdissements ; des vertiges obligent quelquefois le malade de se soutenir pour ne pas tomber ; des tintements et des bourdonnements d'oreilles , des palpitations de cœur ou d'autres symptômes, trahissent l'orgasme et la pléthore générale du système sanguin.

Les symptômes de pléthore ou de congestion cérébrale que nous avons indiqués sont compliqués de symptômes d'amblyopie ou d'amaurose irritative.

La congestion cérébrale peut exister, quoiqu'on n'observe aucun signe de pléthore générale. Souvent il paraît s'établir dans l'encéphale une espèce d'attraction morbide qui y appelle l'abord trop grand de la masse sanguine ; la circulation n'est pas uniforme comme elle devrait l'être, Il est d'autres cas où la pléthore locale du cerveau dépend d'une accumulation passive du sang en dedans du crâne , par l'effet d'un obstacle qui s'oppose à son reflux par les veines jugulaires. La congestion cérébrale et l'amaurose, occasionnées par la grossesse, par des tumeurs du col , par des goitres , des anévrismes carotidiens, etc. , en fournissent des exemples.

§ 68, — \J origine de l'amaurose cérébrale congestive est

AMAURObli. yo5

souvent due à l'action simultanée ou successive de plusieurs causes.

On peut ramener ces causes à deux chefs principaux , relatifs à la nature active ou passive de la congestion cérébrale qu'elles provoquent.

Dans la première série de causes, nous comprenons :

1° L'état de pléthore générale, soit qu'il tienne à une constitution originairement athlétique du malade , ou qu'il soit la suite d'une architecture particulière du corps, connue sous le nom d'habitude apoplectique, et se caractérisant par une taille petite , ramassée , par le développement démesuré de la tête , par le peu de longueur du col , la largeur des épaules et de la poitrine , le grand volume de l'abdomen , etc.

2° La pléthore morbide et accidentelle, suite de la suppression de l'une ou de l'autre évacuation devenue habituelle pour l'économie , telles que les pertes menstruelles ou hémorroïdales , les épistaxis , les saignées négligées après avoir été long-temps faites régulièrement à certaines périodes de l'année , etc. .

3° La congestion cérébrale produite par des travaux intellectuels prolongés , par des veilles , surtout quand il s'y joint des fatigues de l'organe visuel , des travaux microscopiques ? une vie sédentaire , des pleurs continuels , etc. -

4° La congestion cérébrale occasionnée par l'action trop intense de la chaleur , pendant des marches faites à l'ardeur du soleil ou dans une saison excessivement chaude.

La congestion cérébrale peut être passagère ; souvent alors l'amaurose, qui en dépend, l'est également. Boerhaave raconte le cas d'un homme qui fut atteint d'amaurose chaque soir qu'il s'enivra de vin ; la vue s'abolit, en raison de la quantité prise des boissons : l'ivresse passée, la vision se rétablit.

Le pouls est plein et dur ; les excrétions se font tardivement ; les malades sont ordinairement constipés; les excréments sont

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durs et d'un brun foncé ; les urines sont plus rouges que dans l'état naturel. ""

Cette espèce d'amaurose est souvent produite par une affection organique du cœur, ou par une impulsion du sang trop violente, due tantôt à un état d'hypérémie daus les organes thoraciques en général , tantôt à une irritation sub-inflammatoire chronique de l'organe central de la circulation, avec tendance à l'épaississement de ses parois. L'autopsie ne constate pas rarement l'hypertrophie du ventricule gauche , etc. Il ne faut donc jamais oublier l'examen des fonctions du cœur et l'auscultation.

g 69. — La congestion cérébrale passive peut dépendre :

1° De la compression des veines jugulaires par des tumeurs situées au col , des goitres , des tumeurs anévrismales , des kystes, et par des cravates trop serrées , etc. -

2° De la gêne de la circulation chez des personnes qui sont obligées de porter sur la tête ou sur le dos des fardeaux lourds.

Richter rapporte le cas d'une personne pléthorique qui, lorsqu'elle retenait l'haleine en fixant des objets éloignés, voyait une espèce de réseau disparaissant et reparaissant alternativement avec les mouvements de systole et de diastole du cœur. Le même auteur raconte le cas d'un homme frappé subitement de cécité pendant que \ chargé d'un fardeau lourd , il montait un escalier.

3° De l'obstacle opposé au reflux tta sang de la tète par différentes maladies du cœur, et principalement par les altérations de l'orifice auriculo-ventriculaire de la cavité droite de cet organe.

4° De la compression des grosses veines par l'utérus dans l'état de grossesse ; par des tumeurs contenues dans les cavités abdominale ou thoracique , par les intestins distendus par des excréments durs et volumineux , etc.

Il est même possible que des lésions organiques du cerveau,

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pas assez considérables pour se trahir par des symptômes faciles à reconnaître, irritent les parties adjacentes de l'encéphale ou de ses méninges , et donnent lieu à des contestions cérébrales plus ou moins violentes. L'amaurose cérébrale congestive est souvent un des premiers symptômes qu'on observe dans le principe des tubercules, du fongus , et d'autres tumeurs qui se développent dans les organes intra-cràniens.

§ 70. — Tcrmî/iaLsoïK. L'amaurose cérébrale congestive, qui ne dépend pas de causes irrémédiables et qui est d'origine récente , offre assez de chances de guérison. Souvent aussi tous les symptômes de congestion ont disparu, et la cécité persiste. Alors la congestion a ordinairement donne lieu à des altérations organiques inaccessibles aux ressources de l'art , à des épanchements sanguins, séreux, etc. L'amaurose prend le caractère d'une affection toipide ou organique, transition dont nous avons décrit la marche et les phénomènes.

Souvent la congestion cérébrale passe inopinément à l'apoplexie ou à l'inflammation encéphaio-méningienne ; les symptômes de ces affections s'ajoutent alors à l'amaurose. Cependant il nous semble que Demours s'exprime trop généralement lorsqu'il répète d'après Boerhaave : « L'amaurose , due à une pléthore sanguine , cet constamment une annonce d'apoplexie imminente. »

Sois- espèce I. — Amauroie cérébrale apoplectique.

§71. — L'apoplexie cérébrale est ordinairement accompagnée d'une espèce cTamaurosè, qui diffère de l'état que nous avons fait connaître sous le nom d'apoplexie rétinienne. La première dépend de la compression soudaine qu'exercent sur la masse encéphalique des vaisseaux cérébraux énormément distendus, ou l'épanchement d'une plus ou moins grande quantité de sang , ou de sérosité à la surface ou dans l'intérieur de l'organe cérébral. L'amaurose . qui constitue un symptôme de

cette affection , est l'effet naturel de l'obstacle opposé par la lésion cérébrale à l'innervation de l'appareil optique. Cette espèce d'amaurose peut devenir torpide , si la compression persiste au-delà d'un certain temps. Le plus souvent les pupilles sont fixes et immobiles , et toute sensation de lumière est abolie. Lors même que les symptômes oculaires sont ceux qui caractérisent l'amaurose torpide, le traitement doit être basé sur la nature de la cause et de l'affection cérébrale. L'amaurose, qui n'est ici qu'un symptôme , n'exige pas de traitement à part et différent de celui de l'apoplexie. Les terminaisons de l'apoplexie ( épanchements , kystes , suppurations , tubercules, etc., etc.) rentrent dans l'ordre des affections organiques. Toute trace de congestion peut avoir disparu ; ce n'est qu'alors qu'il est permis de traiter l'amaurose, d'après la nature spéciale des phénomènes oculaires.

Nous ne savons rien encore de précis sur l'ordre dans lequel se succèdent les symptômes de l'apoplexie , tant au moment où l'affection ne fait que naître, que lorsqu'elle est prête à disparaître. C'est ainsi que l'amaurose peut être un des premiers phénomènes qui annoncent la menace d'apoplexie , et un des derniers qui cèdent au traitement.

Le traitement de l'amaurose cérébrale congestive ne diffère pas de celui indiqué pour l'amaurose congestive en général ( § 24 ) } nous croyons inutile d'en exposer une seconde fois les détails.

Socs-espècs II. — Amaurose cérébrale imflammatoire.

§ 72. — La congestion et l'inflammation du cerveau et de ses enveloppes se présentent avec des caractères qui se confondent tellement , qu'il nous paraît presque impossible de bien préciser les phénomènes qui appartiennent à l'un et à l'autre de ces états.

Après avoir indiqué les caractères de l'amaurose congestive

cérébrale , il ne nous reste rien à ajouter pour l'espèce inflammatoire , sinon que dans cette dernière les symptômes cérébraux sont un peu plus intenses , un peu plus constants et moins variables.

La congestion se transforme aisément en inflammation ; de transitoire ou passagère qu'elle était, elle devient permanente» La plasticité du sang augmente ; des exsudations de matière plastique ont lieu; il se forme des suppurations, des fausses membranes , des épanchements lymphatiques , séreux , des tissus de nouvelle formation , etc. , etc.

L'inflammation , qui occupe ou avoisine les parties de l'encéphale destinées à innerver l'appareil optique , produit nécessairement l'amaurose. C'est à ce symptôme, faisant partie d'une affection étendue au-delà de l'appareil optique , que nous donnons le nom d'amaurose cérébrale inflammatoire.

Un enfant est atteint d'encéphalite aiguë ou de ce qu'on -a appelé fièvre hydrocéphalique aiguë; il se plaint de maux de tête, auxquels succèdent des convulsions et l'abolition de la vision, un strabisme , la fixité et la dilatation des pupilles, et enfin le coma. La congestion encéphalique , suivie d'épanchement soudain et séreux dans les ventricules ou dans la cavité arachnoïdienne donnent la raison de la succession de ces phénomènes. L'amaurose dans ces cas fournit un exemple de l'amaurose cérébrale inflammatoire.

Il est des cas où l'enfant ne succombe pas à l'acuité de l'inflammation ; les symptômes d'irritation ont disparu , et la cécité persiste; il en est d'autres où l'hydrocéphale et la cécité se sont développées lentement ; dans la majorité de ces cas l'amaurose , qui a été d'abord congestive , devient torpide et organique.

Quand bien même nous parviendrions à distinguer en théorie l'amaurose cérébrale congestive de l'amaurose cérébrale inflammatoire , cette distinction serait de fort peu de

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valeur pour le praticien. Les mesures thérapeutiques qu'il doit mettre en action sont les mêmes pour l'une et l'autre espèce. Elles ne varient que d'api -es l'intensité des phénomènes , les causes qui ont provoqué la maladie, la période à laquelle elle est arrivée , la constitution de l'individu malade , etc.

Sols- espèce III. — A/nàmoac cérébrale traumallque.

§ 73. — La cécité que déterminent certaines lésions du crâne se classe naturellement parmi les ainauroses cérébrales congestive , inflammatoire et asthénique. La secousse du cerveau a-t-elle été considérable , y a~t-il eu véritable commotion de l'encéphale , l'insensibilité est ordinairement générale , et s'étend aussi bien à la vision qu'aux autres fonctions sensoriales. Immédiatement après l'accident, le système nerveux est comme frappé de stupeur; l'amaurose dans cette période est de nature torpide; cet état est quelquefois permanent. Les cas de cette nature sont cependant rares ; le plus souvent, l'insensibilité, la stupeur instantanée, ne tardent pas à faire place à une réaction plus ou moins intense ; le sang se précipite avecviolence vers les parties offensées, il s'y établit un état congestionnaire, phlogistique. L'amaurose partage le caractère de l'affection cérébrale. Souvent elle disparait en même temps que celle-ci , et sous l'influence du traitement qu'on oppose à cette dernière. D'autres fois, elle persiste après que les autres symptômes alarmants se sont dissipés, et malgré les moyens les plus énergiques, elle devient torpide ou organique.

Souvent quand on croit avoir combattu avec succès les effets immédiats des lésions externes du cerveau et avoir prévenu leurs funestes conséquences , il arrive que long-temps après la disparition des phénomènes primitifs, la vue commence à s'affaiblir; le malade se plaint de céphalalgie , quelquefois très circonscrite; il s'y joint des mouvements convulsifs, des symptômes de paralysie, des accès épileptiformes, etc. Le cerveau

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