FIBRO-CARTILAGINELX ÉLASIIQLE DE LÂ TROISIÈME PHALANGE
Le coussinet plantaire occupe le vaste espace borné de chaque cAlé par les apophyses rétrossales de l'os du pied et les idaques cartilagineuses qui les dominent; en avant par la Ibce postérieure des deux dernières phalanges et les tendons qui les revêtent y en arrière par la peau, et en dessous parle rétîeutum ûbreux qui double la membrane veloutée et sert de support au plexus veineux solaire.
Considéré dans son ensemble» !e coussinot plantaire représente une masse [lolyédrique, logée, à la manière d'un coin, dans cet espace anguleux, et dont on peut facilomeiit concevoir la torme générale et la disposition en faisant une coupe verticale des dernières phalanges et du sabot dans le sens du plan médian.
On peut reconnaître à cette masse fibreuse cinq fiices distinctes l'une de l'autre par les rapports qu'elles contractent, et trois bords.
a. Face antérieure (Pl. X, i, Pl. XI, f). » La face antérieure et supérieure, étendue d'une plaque cartilagineuse à l'autre, et depuis
le milieu de la deuxième phalange jusqu'à la crête semi-lunaire qu'elle déborde dans son plan médian (d), est concave de haut en bas, et moulée sur le coude que forme le tendon perforant lorsqu'il quitte la lace postérieure de la ds uxicme phalange pour s'infléchir au-dessous de la troisième et atteindre la crête semi-lunaire.
Lorsque cette face est désunie des parties auxquelles elle adhère, elle présente en relief la saillie d«< deux bulbes du coussinet, séparés l'un de l'autre par une dépression médiane (Pi. }U« p).
Elle est revêtue d'une membrane cellulo-flbreuse, tumqv^ propre du coussinet plantaire, qui foit continuité par aa face interne aux cloisons fibreuses dont la substance de ce coussinet est traversée et adhère par sa face externe à la gaine de renforcement interposée entre elle et le tendon perforant. ,
Au-dessus des bulbes renflés du coussinet plantaire, celte membrane se prolonge sur la tunique fibreuse delà grnntle gaine sè?amoidieruie, jusqu'en arrière des sésamoides , point où elle se confond avec le fascia d'enveloppe propre à la région supra-phalangtenne.
De chaque côté, cefle (unique propre du coussinet plantaire est bordée sur sa marge d'une longue bande ligamenteuse, qui lui forme dans toute son étendue une espèce d'ourlet, dont la couleur blanche
APPARBIt. OSSEUX.
nacrée et ia grunde deiisilé contraste avec la teinte mate et la laxilé du restant de la membrane.
Celle bride ligamenteuse est divisée à son extrémité supéneure en deux branches; Tune, plus large et moins épaisse, converge à la face postérieure de l'arUcuIation mélacarpo-phalangieQiie vers la branche du côté opposé et sert, avec elle, à maintenir fixée sur Ja face postérieure du tendon perforé, à son passage sur la grande poulie sésamoidiennc, la pelote de tissu cellolo-flbreux jaune sur laquelle s'appuie l'ongle rudimentâire que Ton désigne sous le nom û^ergot.
L'autre branche de celte bride lipraraenleusc suit une direction ascendante, d arrière en avnnl, et va s'implanter au boulon du péroné.
De ces deux points d'altathe supérieurs, la bride-ourlet de la tunique du eoussincl plantaire descend dans une direction oblique d'arrière en avant, et en auj^inentant de force et de volume, jusqu'à la face interne de l'apophyse rélrossale, où elle s'allaehe en dehors des points d'insertion ûqs renflements funiculaires delà gaine fibreuse du tendon perforant.
Le prolongement supérieur de la tumque propre du coussinet plan* taira forme ainsi, en arriére des phahinges et par-dessusles tendons fléchisseurs, une gaine d'enveloppe qui, par ses brides latérales de renforcement, peut être considérée comme un appareil ligamenteux complémentahw.
La face antérieure du coussinet plantaire déborde un peu, de chaque côté, le tendon perforant, en dedans de la plaque du cartilage latéral.
Là, la marge extrême de cette surface est libre d'adhérence et limite en arrière la cavité cclluleusc étroite dans laquelle est loj^é le renflement de la capsule articulaire de la deuxième et de la troisième phalanjre.
b. Faces latérales. — Les faces latérales du coussinet plantaire sont en rapport de contact et de continuité avec la face interne delà plaque cartilagineuse, à laquelle elles s'unissent dans sa région postérieure, ainsi que nous Tavons indiqué, d*abord par un tissu cellulaire assez lâche ^ puis par des brides fibreuses qui s'étendent de Tune à l'autre; puis par des colonnes flbro-cartilagineuses qui s'élèvent de la trame de la plaque pour plonger dans celles du coussinet où elles se confondent ; puis enfin vers le bord inférieur, par une véritable continuité de texture.
iG AIHAIUMIE.
En outre» runion des faces latérales do oonsaiiiet avec Pappendiee cartilagineux est consolidée par rinaertiou, au bord supérieur de cet appendice et à son angle postérieur, de cette membrane fibrocelluleuse épaisse qui est interposée entre le tendon perforant et la foœ antérieure de la masse du coussinet plantaire.
c. Face postérieure. — La face poslériciire du coussinet plantaire présente deux renflements hémisphériques {bulbes renflés du ' coussinet plantaire), séparés dans le plan médian par une dépression iongiludinale.
Elle est revêtue, comme la face antérieure, d*une tmUque propn flbro-oelluleuse élastique, qui 8*implante de chaque côté au bord postérieur de la plaque cartilagineuse et se prolonge, en avant, sur la grande gaîne sésamoidienne, en doublant la membrane de la face antérieure qui sert à cette gaine de premier revêtement. >
Cette nietiiijraue d'enveloppe des bulbes du coussinet est unie par sa face externe avec la peau du paturon qu'elle applique et maiûtieot sur les reliefs des bulbes et dans leur siliou de séparation.
d. Facb iKFjianimB (PU YU), — - La face inférieure du coussinet plantaire correspond à ce que nous avons appelé la couche inférieure, à ce que les anciens désignaient sous le nom impropre de fourdiêtte ie «Aoar et, mieux, sous celui de corps pynmidai. Convexe dans le sens antéro-postérieur, elle présente deux reliefe arrondis <b b) qui procèdent des bulbes cartilagineux (c c) dont ils ne sont qu'une continuité; décriveiil à leur naissance un contour saillant (e e) dont la convexité est tournée en dedans 5 puis convergent en ligne droite l'un vers l'autre pour se rencontrer au niveau fi peu près delà crête semi -lunaire, où ils se fondent Tun dans l'autre et iormeiii une saillie conique (f) qui se projette en avant, au delà du centre de la face plantaire.
Ces deux reliefs saillants de la coucbe inférieure du coussinet plantaire sont connus communément sous le nom de branches de la fourchette de chair, et Ton appelle corps de la fourchette déchoir la saillie conique qu'ils forment en se réunissant. Nous avons désigné cette projection en relief de la fiace inférieure du coussinet ptentaira sous te nom de renflement pyramidaté
Les deux branches du renflement pyramidal interceptent entre elles, avant de se rencontrer, une cavité anguleuse proionde (m) (la' cune médiane du coussimt plantaire), et circonscrivent de chaque
eôté deux autres ktotmet connoes sous le nom de lacunes latérales (L L),
Bords ou marges du coussinet plantaire,
a» Mabgb AinnfiRiEURB. — La marge antérieure du coussinet plantaire présente un angle saillant dans sa partie médiane, et de chaque côté deux courbes régulières« convexes en avant.
Elle s*implante par la convexité de ses courbes à la ligne âpre' et rugueuse de la crête semi-lunaire, en avant de Tinsertlon du tendon perforant, avec les fibres duquel elle confond les siennes; et par sa saillie médiane elle se prolonge sur le plan antérieur de la troisième phalange, auquoi elle adhère à la inMiiicrc d'un tnndon.
b. Marces latérales. — Les marges iutéraîos de la couche inférieure, parallèles à la ligne de direction des exliémiU's postérieures de la troisième phalan5:'^ ^ont iniiiîM ment unies au bord inférieur des appendices cartilagineux, ou, pour mieux dire, n'en sont que la continuité réfléchie, au-dessous des apophyses réirossales qu'elles enveloppent de leurs fibres et auxquelles elles adhèrent solidement.
Une multitude d'ouvertures vasculaires traversent en ce point, de dessous en dessus, leur trame raréfiée.
e, Marak FOSTiRiEURB. — La marge postérieure présente de chaque côté UQ relief arrondi, saillant en arriére, un peu- contourné de dehors en dedans et de baut en bas, qui a pour base Tangle de réunion du bord poalérleuT de la plaque cartilagineuse avec son bord inférieur, et qui constitue ce que nous avons appelé avec Clarck le bulbe cartilagineux (Pl. VII, c c).
Entre ces deux bulbes existe lu commissure postérieure de la cavité anguleuse {lacune médiane) qui sépare i'une de l'autre les deux branches du renflement pyramidal.
d. Marge supérieure. — Quant à la marge supérieure du coussinet plantaire, elle est Inillée en biseau très-mince, rcctiligne, jetée d'une plaque cartilagineuse à Taulre, comprise entre les membranes d'envçloppe des faces antérieure et postérieure du coussinet plantaire et maintenue immédiatement appliquée contre le tendon perforant par ces membranes superposées,
B« l'appâreil fibro^artilagineux élastique de la lroiaièm« phalange
eoDiidét4 dam *on etuemble*
Il ré&ttitedes considérations dans lesquelles nous venons d'outrer que l'appareil flbro-cartilagineux élastique forme un tout continu,
28 A>ArOMIE.
indivis, que i*OD ne peut séparer en ees diflérentes parties que nous y avons distinguées que par un arUQce anatomtque.
Si, pour se faire une idée complète de cet appareil considéré dans
sou eiiscaible, on isolo, par une dissecliou couveuable, la troisième phalange de la deuxième et du petit schamoïde, ainsi que de l'expansion tendineuse du perforant, en ayant soin de ménager Tappareil libro-carlilagineux, on obtient ainsi une préparation qui permet parfaitement d'eu concevoir la forme général'» et aussi les usages, comme nous le verrons plus tard lorsque nous traiterons la question physiologique.
On voit, dans celle préparation, que la troisième phalange constitue avec Tappareil flhro-cartilagineux qui la continue de chaque côté, en arrière et en dessous, une sorte de hassin, partie osseux, partie fibro-cartilagineux, bordé en avant par l'apophyse pyramidale (Pl. Yl, k), de chaque côté par les plaques scuti formes des cartilages (c c) et, en arrière, par le bord supérieur du coussinet plantaire.
Le fond de cette sorte de coupe prcsenle deux pians inclinés, opposés Pun à l'autre ; Tun, antérieur, sur un niveau plus élevé, est formé par la table supérieure de la troisième phalange -, l'autre, postérieur, oblique d'arrière en avant, plus étendu, et inférieur par rapport au premier, est représenté par la faee antérieure du coussinet plantaire (Pl. XI).
C'est sur ce double plan que se trouve répandu et divisé lé poids
de la masse entière du corps, lorsqu'il lui est transmis par la continuité des colonnes de soutien duni la deruière assise repose dans le fond de cette cavité fibro-osseuse que nous venons d'essayer de décrire et de faire comprendre.
Dans la description que nous venons de donner de Tappareil fibreux complânentaire de la troisième phalange^ nous n'avons pas considéré comme un corps & part la partie saillante à la tàce planuûre du pied, que les anatomistes qui nous .ont précédé ont appelée corps p^amidal ou fourchette de chair, et qu'ils considéraient comme constituant exclusivement le coussmetplantake, car pour eux cette dernière expression était synonyme des deux premières.
Cette distinction des anciens anatomistes avait, à nos yeux, le tort d'impliquer une délimitation qui n'est pas dans la nature, pl aussi une diftéreuçe de texture et de fonctions entre des parties parlaiie;
Digitizca by Liu..- . «v.
APPAUfiti. osseux. â9
mont continues à elles-mêmes et destinées à remplir 1p<^ mêm(»s usages* Ce que l'on appelle le corps pyramidal ne constitue que le plan le plus iulérieur du vaste appareil que nous avons décrit plus haut; anatomiquement, il n'est que la continuation des fibro-cartilages réfléchis au-dessous du pied par leur bord inférieur; physiologique* ment, ses fondions sont intimement associées à celles de tout Tappa* reil fibro-cartilagineux ; enfin, sous le point de vue de la pathologie, leurs maladies ont entre elles la plus grande affinité, ets*engendrent ruoe par Taulre.