PI. XX
La plaque des cartilages sert de support, par ses deux faces et par les foramens canalieulés dont elle est traversée, à un massif de veines convergenles très-serrées et très anastomotiques, que Ton peut distinguer d*après son siège sous le nom de plesm eartUagmuœ,
Ce plexus cartilagineux est formé par deux coucbes de Taisseaux, Tune super pcUHk et Tautre profotkde»
APPAREIL VASCULAIRE. 69
Couche super jictelle du plemt cartilagineux ou plexus cartilagimux 9upmrfimi, — La couche superflcielto (Pl. XX, dc) étendue sur la surfaoeexterne des plaqaee et des bulbes cartilagineux, prend son origine, par des racines innombrables, aux veines de la partie du réseau podopbylleux correspondante à la superficie qu'elle ooeope. Ces racines, massées en réseau très-dense, convergent vers les parties supérieures, en diminuant de nombre et en augmentant de volume, et finissent par se fondre, à l'aide d*anastomoses successives, en dix ou douze rameaux principiiux, lesquels se réunissent eux-mêmes à deux liraaclies considérables (g g') situées sur la limite supérieure du plexus. Ces branches, enflfi, par leur fusion dernière (en g) au niveau de l'extrémité inierieurc delà première plialange, constituent la veine digitale satellite de Tartère du mémo nom (Pl. XX, F).
Considérée de bas en haut et sur un pied préalablement préparé par iiyection, là veioe digitale divisée en deux branches, subdivisée elle-même en rameaux et en ramuscules divergents et épanouis à la surface convexe du cartilage et du bourrelet, rappelle bien la disposition des arbres taillés en espalier, dont les branches étalées sont fixées aux murailles sur lesquelles elles se ramifient.
Les deux hvd^wcXiQS périphériques du plexus cartilagineux superficiel établissent, Tune et l'autre, des voies de communication avec le plexus cartilagineux opposé, en contractant des anasiomosesà plein canal avec les branches de ce plexus qui leur sout symétriques.
Les voies anastomotiques antérieures sont doubles et superposées Tune à l'autre.
La plus inférieure et la plus superficielle est constituée par cette grosse veine (Pl. XX, h) Jetée en écharpe d*un plexus à l'autre, dans le plan médian, à la surface externe du tendon extenscar, et qol sert de canal de décharge à une multitude considérable de ramasenles veinenx émergeant de la partie antérieure du plexus podo* pbylleux.
Cette première veine communiquante réunit Tune à l'autre les branches antérieures du plexus cartilagineux.
La seconde veine communiqmnle, située à 2 centimètres au-dessus de la première et aii-dessous du tendon extenseur (Pl. XX, c), est jetée ti'ansversalcment d'une branche antérieure du plexus à l'au- . Ire. Elle s'abouche avec l'une et l'autre de chaque côté, au point môme où vient aboutir la première veine «ommwitgftia»^ (n)»
Sinueux daos son trajet, quelquefois double, quelquefois formé de plusieurs veines confluentes, conu&e dans la Pl. XX, ce canal anat* tofflotiqae sort de déversoir à quelques vtinee iirofoiuies*
L*anas(<MDose eofre les branches pér^kériptêi postérieures (Pl. XIX, D) dn plextis cartilagineux, est constUuèe par une longue veine de gros calibre irrégulièreinent coutte, sinueuse on brMe dans son pareours, mais toujours d'une longueur beaucoup plus considérable que la distance mesurée entre les deux plaques cartilagineuses entre lesquelles elle est étend ne .
Celle veiîio couinniniquanle postérieure sert de confluent à des (•aiiniix émer^^entt* des bulbes cartilag:ineux, et à la partie posL i ieure du plexus solaire qui s'y dégorge pai' cinq ou six veines afférentes assez développées (Pt. XIX, cO*
Coueh profonde dupUmts eartUagitma ou plexus earlilagmew profond, ^ La coucbe profonde du plexus cartilagineux est formée :
4° Par d'assez forts rameaux ascendants de la partie postérieure des plexus podopbylloux et solaires ^
2* Par l'appareil veineux intérieur de la troisième phalange-,
Et 3° par les veines profondes qui proviennent de Tos de la courenue, des ligaments et des tendons qui Pentourent.
Les rameaux ascendants du tissu podophjlleux s'inbroduisent par les nombreux Isramemi dont est traversée la base de la plaque oarlïlaginenae et la coque fibreuse inffrieure du coussinet pûntaire, suivent les otMux qiti eontlnuent ces foramens dans l'épaisseur du carUlage, et viennent à sa face interne, de concert avec les rameaux qui preeident du système vëneux inlra-osseux e( ceux qui viennent des tendons et des ligaments, former un faisceau de cinq à six grosses veines coiivci geiites , qui so réunissent en deux fortes branches ascendantes, lesquelles s'anaslomoseiU elles-mêmes, avant leur réunion déûnitive, aux deux branches péripiit^riques, résultantes du plexus cartilagineux superficiel, et concourent avec elles à constituer la veine digitale.
IL — Appareil veineux interne ou IxMra-osseux.
(Pl.V,Fifi.a}.
Girard Uls et Rigol ont nié <tue l*artère plantaire eût, dans Phitérleur de la pbalange, un système veineux satellite. CTM une erreur échappée à cH deux savants anaioniisUM. •
APPAREIL VASCULA»E.
La disposition de l'appareil veineux dans Tinlérieur de la phalange» est absolument identique à celle de Tappareil artériel.
Les veinules radieulaires satellites des artérioles terminales eonvergent, en formant des anastomoses sueoessives, vers le sinus semilunaire, dans lequel elles se rendent par les canaux osseux antérrieurs» asoendants et descendants» que pareoureat les artères émern gentes de l'anastomose semi-lanalrB* Là« elles se déversent dans un canal veineux demi-circulaire, aatellitedecetleanastomo8e(Pl«V, s)^ lequel se continue en arrière par deux veines effôrentes (s m) qui suivent les canaux postérieurs du sinus serai -lunaire, sortent par les foramcns planiau es, s'engagent dans la scissuro du même lioui, moiilciU en deiicins de l'apophyse basilaire, s'appliquent à la lace interne de la plaque cartilagineuse dans une des anfractuosilés dont elle est sculptée, et concoureut à la furiuation de la coucbe proloode du plexus cartilagineux.
En outre de ces veines convergentes vers le plexus cartilagineux, il en est d'autres divergeutesi en très-petit nombre, qui suivent le triyet des artères et vont se rendre dans le plexus podopbyileux, à travers Içs porosités antérieures de la pbalange.
La dissection des pièces injectées par- les veines» met hors de doute celte dispesition de Pappareii veineux dans Tintérieur de l'os du pied. '
Haisost-ceà ce groupe de vaisseaux satellites des artères que se borne ce système veineux intérieur» ou bien n*eet41 paséteAdu sur ^
une plus vaste surface, et toutes les aréoles du tissu spongieux de l'os ne peuvent elles pas en être considérées comme une dépendance?
Cette manière de voir semble être appuyée par le résultat de certaines injections, où l'on voit la matière introduite par les voies veineuses remplir toutes les spongioles intérieures du tissu osseux j mais, ce n'est probablement là qu'un accident de l'opération ellemême, et il est présumable que le passage direct de l'injection des voies veineuses dans les aréoles du tissu spongieux, tient à la rupture des parois vasculaires, car si le tissu de la phalange formait une sorte de diverticulum du système veineux, comme l'admet Popinion que nous exposons» les opérations folles sur le vif où le tissu de Tos est profondément intéressé, devraient être suivies d^bémorrbagie par les orlOces béants des aréoles, fait qui ne se produit pas.
U ne nous paridt donc pas qu'il y ait» à cet égard, dans la structure éb la troistae pbalange, dérogation au plan g^éral sûr lequel
78 ANATOMIK.
les os sont construits, et nous pensons que son système veineux intérieur csl borné à l'ensemble des vaisseaux, du reste, très-nombreux, qui accompagnent les divisions artérielles.