C. EOLB DU COOISIHBT PLANTAIRE ET DE 818 BULBBS KBRPLÉS
DANS l'ÉI.ASTICITK.
T. a fonction du coussinet plantaire, proprement dit, est nidiquee par sa structure et sa situation même. Formé d'intersections tibreuses stratifiées, entre les plans desquels est interposée une substance jaune élastique, et placé immédiatement au-dessous du petit sésamoïde, c'est-à-dire au point central sur lequel s'exerce la plus grande somme des pressions, le eounmt phaUaxre fait l'office» comme l'exprime le nom trés-approprié que lui ont donné les anciens anatomistes, de coussin d'amortissement, sur lequel l'effet des chocs vient s'épuiser et s'éteindre.
Ce rôle du eoussinet plantaire, proprement dit, s'explique de soi, rien que par sou aspert ohjeetif, sans de plus amples commentaires.
Mais on comprend moins bien, à première vue, quelle peut être la fonction des hnlbes ren/lés, de celte masse de substance élastique et molle, située tout à fait au-dessus de la troisième phalange, en arrièr$ de la deuxième, et par conséquent en dehors de toute pression dans les conditions ordinaires, puisque l'appui du membre du chef al se fait par Fextrémité de son doigt, c'est-à-dire par la fàce plantaire de Vos du pied.
Ces bulbes renflés du coussinet plantaire ne sont pas destinés, en effet, à fonctionner dans tons les temps de l'appui, mais seulement
dans les degrés extrêmes de flexion du levier phalangien sur le rayon métacarpien ou métatarsien.
Lorsque, euninie cela arrive, par exemple, diins les allures à grande vitesse, le jeu de Tarticulalion du boulet esl tellement oulré, qu'à chaque temps de Tappui, le levier phalangien se trouve en position presque horizontale, les bulbes renflés forment alors aux os et • aux tendons, une sorte de lit élastique qui les soutient en arrière dans ce mouvement extrême de flexion, et s'oppose à ce que la face postérieure des phalanges vienne à toucher le sol.
Vergot, cette sorte d'ongle rudimentaire, situé en arrière de l'a^
ticulation da boulet, et qui semble n'avoîr pas d'usage dans le cheval, remplit cependant, dans les allures extrêmes, un rôle identique à celui des bulbes reuiles et qui est complémentaire de leur propre fonction.
L'ergot et le coussin de substance élastique qui lui sert de base, font, en effet, l'ofOce, en arriére de l'articulation du boulet, d'un tampon destiné à protéger conln; le contact et les heurts du sol, la face postérieure de cette articulation lorsqu'elle est abaissée jusqu'à terre daus les allures excessives*
Celte fonction des bulbes et de l'ergot se montre bien évidente dans les cbevaux de pur sang, ordinairement si tongjointés. On voit, à chaque temps de l'appui dans les allures vives, les phalanges aflàis* scp, en s'inclinent en arrière, le coussin des bulbes renflés, et, chez certains animaux, dont les tendons et les li^amcuts n'ont pas encore une suffisante résistance, l'ergot porte si souvent à terre dans les courses rapides, quUl est usé jusqu'au sang : preuve de la fonction à laquelle il est destinô.
Tel est l'usage, dans la foucUon d'élasticité des membres, de l'appareil cartilagineux et fibreux, si remarquablement dévr^loppé audessous et en arrière de la phalange unguéale du cheval. U fait l'office, dans les monodactyles, des renflements de substance flexible et souple, que la nature a disposés è la région plantaire des animaux dont les doigts sont dépourvus d'enveloppe cornée, et c'est en lut que réside essênfiellêfnent la propriété élastique de la région digitale.
Le sabot, dans la cavité duquel cet appareil est presque complètement renfermé, contribue bien aussi pour sa part au jeu de l'élasticité du membre, mais dans des limites beaucoup plus restreintes, comme la suite de notre démonstration va le prouver.
UI.^DU RÔLE LIE LA BOÎTE CORNl^E DANS LA LOCOMOTION.
Le sabot remplit un triple offlce à l'extrémité de la colonne de soutien :
!• n lui sert de point d'appui snr le sol ; S« Il protège les parties vivantes contre le contact des corps qui pourraient les blesser;
3» Il contribue aussi, de concert avec l'appareil flbro-cartilagincux de la troisième dange, au développement de celte propriété d'élasticité, dont les conditions se trouvent réunies avec tant d'art dans la construction de la colonne locomotrice^
?HTAieL06I£*
Examinofis-te aous oe triple ra^ort :
4 • Intermédiaire entre le sol et les premières assises du squelette,
le sabot sert de point d'appui aux leviers de la colonne locomotrice.
C'est donc à lui (pi'aboutissenl, en dernier résultat, tous les efforts des puissantes nnisculaires dans les diliei t nts iiKnivements de déplacement; et l'on peut eoncevoir ce que doit être la somme do ces efforts, lorque l'on réfléchit aux effets qu'ils produisent dans les différentes allures, celles surtout où la masse entière du corps est mue avec un degré extraordinaire de vitesse, comme dans les eeurses aa trot rapide ou au galop à fond de train.
Il fUlait, pour que le sabot f&t susceptible de réaister à des aetion» aussi violentes, que ses moyens d'attache aux parties qu'il recouvré lussent doués de ia plus force tésislance. C'est ce qui est efl^tuépar l'engrenure réciproque des lames podophylleuses et kéraphylleuses, • et par rcngaîneraenl des viliosilés eulidurales et solaires dans les tubes cornés qui leur correspondent. Et, telle est la solidité de l'union qui résulte de celte rceiproeité deréreplion, que si éner^i:iqiie que soit l'action musculaire d'un cheval, si puissants les efforts à l'aide desquels il se cramponne au sol pour déplacer les masses pesantes qu'il doit vaincre, jamais la résistance des attaches du sabot n'est surmontée dans ces circonstances.
Il n'y a d'exemples d'arrachement duaahot par Peffort de l'aelioa musculaire, que dans les cas où ie pied est fortement engagé dans mi obstacle qui détermine^ par son action violente, u^ douleiir excessive. Bans dételles eondftions, l'animal dont les forées sont exaltées par celte douleur même, fait un effort suprême pour dégager son membre, et il peut arriver, si la pression que supporte le sabot est extrême, que cet effort soit suûisaût pour rompre les adhérences des parties vivantes avec l'ongle.
Et encore, n'est-ce pas là, à proprement parler, cë que l'on doit appeler uq véritable désengrenemeut, car souvent, dans de tels accidents, les lames podophylleuses demeurent attachées sur tine grande étendue de surface aux feuillets héraphyUeux^ M la déÉiaioD ne se produit que par la déehirure du réUcvhm proteisf^mm,
La pratique des opérations chirurgicales faites sur le pied, fournit* du reste, journellement des preuves de la solidité de l'union qui lé* suite de l'engrenure du sabot avec les parties vivantes. 11 ne faut rien moins, en effet, à l'opérateur, pour la vaincre, méiiic dans unepetitô étendue de surface, que l'action combinée du levier et des pinces à
arraobement, elseiiTeiit enoore» il est forcé d'y revenir à plusieurs fols avant de la surmonter.
âlo Le sabot sert de revêtement protecteur aux parties vivantes avec lesquelles il contracte uoe adbémoce d'une si intime espèçe. fiàtiêre inerte, très-dure, très-résistante, très-tenace, ét cependant douée d'une certaine élasticité, la corne esl parfailcmcut adaptée par les pi upiiciés qui lui sont inliérenlcs à celte l'onction toute raécanlquc. Sous son épaisse enveloppe, les parties si cxquiseniciM . rganisées que reurerme lu boite cornée, peuvent supporter avec iuipuuitQ lés cédunotioos qui leur sont incc^saalme^t impriniées par les percussioos des pieds sur le soi, dans lei^ mouvements de déplacement de la machine. Hais il ne faut pas croire que Tépaisseur et là dureté âàl^ôngle empêchent toute transmission des sensations à travers sa sttË^iadcé. t^ènéirée de partout par les proiongements papillaîres et iarnineux de la peau, la matière cornée, bien que dépourvue des propriétés de la vie, scml)lo posséder en propre, comme nous le verrons au chapitre de rinviervalion , un pou de celle sensibilité laclile dont les organes qu'elle recouvre sont doués à un si haut degré. Or, celte sensibilité, non jjas inbérenle au sabut lui-même, mais qui transsude, pour ainsi dire, à travers son épaisseur, est justement la condiiioa ^ùî fait de l'euveloppe cornée un appareil si eMcacement prolecleur des parties vivantes. Car, non-seulement, cette enveloppe ainsi con- Altttéé (àMe à ces parties une égide dense et résistante, et les prè- sélf^ âid^ ëoiiire la violeiice des chocs; mais elle leur peréet, en pins» de percévour à travers son épaisseur et de mesurer Pinten^tè dê'céiS chocs, et d*envoyér au centre régulateur des sensations qui le mettent, pour ainsi dire, sur ses ;;.irdcs cl raverlisscnl de proportionner l'énergie des actions musculaires à lu lorco de rcsistancé des parties sur lesquelles elles s'exercent ;
S*" Le sabot compicle, par sou jeu, le mécanisme générai de l'éiasUciié dd tkiembre.
DIousallens consacrer à cette prepositioni tous les déveldpjlënients qttnMIé «emporte.
DU M£UNlSiM£ DU SABOT COMiMË APPAREIL D'ÉLASTICITÉ.
L'élasticité» ou en d'autres termes, la propriété d'amortir et d'ês
teindre les commotions causées par les [percussions du pied snr ic sol, est produite, dans la boite cornée, parles propriétés mêmes de la substance qui la constitue^ par la grande étendue relative
496 PHYSIOLOGIE
de la surbce qu'elle présente à l'appui ^ 9* et par l'arrangement mécanique des différentes parties qui la composent.
1* DBS PROPRliT^S ÉLASTIQDKS nv. LA SUB$TA?(CF. DC SABOT.
L'enveloppe cornée de la ri'ginn digitale complète, parles qualités de sa substance, Tensemble des ressorts élastiques si parfaileaieot agencés dans la construction des colonnes locomotrices, pour la destruction des effets des chocs.
 l'intérieur, elle est souple* molle, flexible, comme onctueuse an toucher, tant ses lamelles cèdent facilement sous le doigt qui les presse, en sorte que la commotion transmise de l'extérieur vers les parties profondes, doit être considérablement amoindrie par la mollesse même (les couches cornées, en riipport avec les tissus vivants.
A Textérieur, au contraire, la sub-tance du sabot est dure, résistante, tenace, douée, en iiu mot, des qualités nccessaires pour faire obstacle à l'usure, et servir de point d'appui aux leviers locomoteurs-, mais ces qualités n'excluent pas en elle une certaine élasUcité de la fibre, qui lui permet de fléchir sous le choc dans une certaine limite, et de n'en transmettre les effets que décomposés et amortis.
Cette propriété d'élasticité n'existe pas, toutefois, au même degré dans toutes les parties de la boîte cornée; elle est plus développée à l'origine de l'ongle, à la région des glômes, dans la masse de la fourchette, que dans la sole^ et plus, dans celle dernière, que dans la paroi qui devait être pins inflexilde et plus résistante, pour fournir un point d'appui plus luunulable à la colonne locouiolricc.
Les conditions hygrométriques influent, du reste, beaucoup sur les qualités élastiques de la corne; d'autant plus souple qu'elle est plus imprégnée d'humidité, elle devient, au contraire, d'autant plus dure, rigide et cassante, qu'elle en est plus dépouillée par l'évaporatlon.
2° on VOLDMK DU SABOT COMMB CONDITION d'ÉLASTICIT6.
Le sabot tonne, à la troisième phalange et à son appareil complémentaire, une enveloppe, dont les dimensions sont plus considérables que celles que mesure le volume de ces parties , en sorte que la surface d'assise de la colonne locomotrice est, par ce fait, augmentée dans une assez grande étendue, principalement dans le sens du diamètre antéro-postérieur, en arrière des rayons orseux. Cette disposition est favorable, à la fois, à la solidité et à l'élasticité de la colonne, car l'étendue de la surface par laquelle elle rencontre le soi»
atténue Ténergie des percussions, en raison de la multiplicité des points de contact, d'autant, surtout, que c*est par rintermédiaire de parties molles que Tongle fait continuité à la colonne osseuse. Le sabot contribue donc, par sa masse seule, indépendamment
des propriétés qu'il lient de sa substance, h amoindrir les efl'ols des commotions. Mais c'est siirloiiL à l'arrangement mécanique des différentes parties qui le composent, qu'un rôle principal a été assigné, par les pliysiologisles, dans la fonction d'élaslicilé da memiire. Abordons celte imporlaule question.
Goinu Goin>iTioir D^àLAimcvri,
Nous avons fait connaître, dans Tanatomie, le mode d^agencemant, entre elles, des difTérentes parties constituantes du sabot. Il nous fout rechercher quel est, dans les vues de la nature, le but de
cette construction si complexe.
r.'est ce que nous allons essayer dans les considérations qui vont suivre.
Nous diviserons ces considérations en deux parties. La première sera consacrée à l'exposé historique des différents syst ' mo> qui ont été proposés jusqu'à aujourd'hui, pour expliquer l'élaslicité de la boite cornée. Dans la deuxième, nous formulerons notre manière de Toir sur cette Importante question.
PaSMiEas PAaTXBi — Hûtorique de l'élasticité du ««bot*
Systèm de La fosse pire. ^ Lafosse père, le premier des hippia* très, a émis Topinion que le sabot jouissait d'une flexibilité propre ; mais, dans la pensée de cet auteur, cette flexibilité n'est qu'une propriété inhérente à la substance même de la corne, qui la rend apte à
céder sous les pressions aux points où elles s'exercent, à s'adapter ainsi aux irré{,nilarités du terrain et à servir d'appareil protecteur aux parties qu'elle enveloppe.
C'est ce qui résulte, Irès-explicitenient, des passades suivants tfa la nouvelle pratique de ferrer les chevaux, (Paris 4754.)
« Les fers longs et forts d'éponge, aux pieds qui ont des talons « bas, y est-il dit, les écrasent et les renversent, les foulent et font « boiter le cheval, quoiqu'on relève l'éponge et qu'on voie du jour « entre l'éponge et le talon en levant le pied. Mais dès qu'il est à « terre, le talon m chercher l'éponge parce que le sabot est /lessible, »
£t ailleurs : « On pense que les fortes éponges soulagent les ta*
198 BHYSIOLOGIE.
f Ions faibles, en ce que Id corps du fer même se plie pour aller « chercher le taloo; dans cette idée, on relève Téponge et on laisse c nn vide entre elle et le talon. Cependant tout le oontraire arrive : c 4« C'est le sabot quU par sa flexibilité, m trowm t éponge du
% fer qui ne plie jamais ; € Pius réponge est épaisse et plQs tiVt le talon la rencontre. »
Dans un autre passade, LaTosse parle âu Nant et âu moeUew^ la solo de corne, quaud clic esl épaisse, et de la durelé que lui donna sa dessiccation quand elle esl mince.
Et plus loin, il revii^nt t\\cc. insistance sur ce poiul : «Les coma pressions si daii;^orcuH^s qui causent rinflaniinalion ne seraient % plus à rraindre, si on laissait la sole de corne, les arcs-bontants et f( la fourciiette ïcur entier. Par leur iïant, leur épaisseur, leur « fleaikilité, leur contexture et le lieu qu'ils occupent, ils semblent « uniquement destinés, par lu nafnre, à senir de défense à ta sok m darnue, comme en particulier la fourchette sert de ewtsinel au c tendon d'Achille, le tout afin d'amortir h heurt d'un pmé, diim «K m d'un u^ieot, »
Hi)ifi c'est surtout dans les passages où il est question delà stpueture et des fonctions de la fourchette, que ridée que Lafosse s'est f^i» de la flexibilité de la corne, se dévoile plus claîrement.
« La fourciiette, dit-il, est une corne mollasse et compacte de
« la nature d'une éponge elle doil porter à terre, uuLanl pour la
« JacilUé que pour la sûreté du cbeval dans sa marche elle est le
« point d'appui nalurel du tendon (lin liissenr.
« Le fer tronqué en éponges, faisant marclier le cheval sur
« la 1 lUK'hetle et en ])arlic sur les talons^ celle-là se trouvant râpée
parle frottement qu'elle éprouve sur la terre et sur le pavé, s'im- « prime par le poids du corps dans les petites cavités et interstiees c qu'elle y rencontre.
« Par sa flexibilité, elle en prend pour ainsi dii« Pempreînte et le « contour, de sorte que le pied portant en bien plus de parties qui se < soulagent mutueliement, en multipliant le point d'appui, donne à € ranimai plus d'adhérence au plan sur lequel il marche.
« La fourohette est une substance matelassée, spongieuse
« flexible, qui, /7or son ressort naturel , cède au poids du corps dans « t instant que le cheval appuie le jued contre le pavé et se remet « promplement. »
Ces deroicres lignes bout très-explicites.
^Yidemment, pour Lafosse, la Ucxibilité dont jouit la «^orne, est une propriété analogue à oelledu caoutchouc rtïni cède sousia pres- ^ôu et revient, quand elle cesse, à sa forme première.
Ëi) ^i^n, il y a loin do cette manière de voir, à celle que Bracy Çkfffl^ a sî bien développée daas son femarquiible traité sur i^orga* 9i$»t|Qft.du pied du oUevaU
Pour le savant vétérinaire anglais, Pélastleité est une propriété de jqifte lu lioîte pornée, qtii résulte, non-seulement des qualités inbé- «(Hiles À sa substance, qiais surtout et principalement de Tarrangement mécanique de ses différentes parties constituantes. Dans la conception de Bracy Clark, le saboL est un vériiabie appareil mécanique, aduiirablemeiit disposé pour réagir, à ia luanière d'un ressort élastique, sous l'effort des prossious, et compléter ainsi l'ensemble des ^uagcs du système locomoteur.
Or, cette conception est de beaucoup supérieure à celle de Lafosse, efi IIP (m'elie est plus large et plus comprébensive , et qu'elle d^g^ nnn idé9 plus suffisante de l'organisation du sabot et de ses
,',}jiQm n9 saurions mieux faire, pour monti^r la diflërence qui les StoWft.* et Aussi pouf rendre» à firaçy Qark ia justice qui lui est due, que de présenter ici, en regard des idées de l'hippiatre français, l'exposé résumé de la théorie sur Tcla^ticité du vétérinaire anglais.
Pour être aussi exacts que possible, nous ferons, pour Bracy Clai k, ce que nous avons fait pour Laiosse, nous reproduirons exactement ses propres expressions, que nous extrairons de la seconde édition dô f>n livre, dont la traduction n'a po& été laite ea France K
Théorie de Èracy Clark swr VUasUdté du sahoU — « L'élasti-
« cité, suivant Bracy Clark, est cette propriété précieuse {ifmtima- « ble) qui permet au pied de s'adapter, en cédant, aux différents « degrés de pression et d'efforts qu'il doit supporter^ qui le garau- « tit contre la violence du choc et préserve le corps des réactions, « des commotions, et de toutes les injures qui seraient résultées « d'une trop grande solidité de Textrémilé du membre. Probable- « ment aussi elle favorise le mouvement impulsif do l'animal, p^r le < letour du pied à sa (orme première après la distension. »
* Uipp^oionomia , or the true Hructure , laws and ^conomy of |Ac horse" foot, etci par Bracy Clark, membre de l'inslitui de France. V édilion ; Loiidres, 18t0.
fOO raYSiOLoeu.
Cette propriété, iobéreote aux pieds de tous les animaux, Bracy Clark la retrouve aussi dans le sabot du cheval, mais à un degré inférieur, chose qui ne doit pas étonner, « si l'on fait attention, que € dans la construction de cet ranimai, se trouve résolu Tun des « problèmes les plus dildciles de la mécaaique, à savoir : la faculté « donnée à un corps très-volumineux et très-lourd, de se mouvoir « avec un dégré extraordinaire de vilessse, »
Il fallait, pour que cette dtfflcaltô mécanique fût surmontée, que le pied du cheval trouvât, dans une enveloppe cornée d'une seule pièce, de telles conditions de solidité, qu il n'y eût ricu de perdu de raciion des puissances musculaires sur les leviers osseux.
C'p^l cette fri ande solidité du sabot qui a fait mocouuailre pendant si longleuips ia propriété élastique dont il jouit.
Pour ]a démontrer, Bracy Clark commence par décomposer le sabot en trois parties constituantes, chose qui, avant lui, n^avaitpas encore été faite, et qu'il revendique avec justice comme son invention.
« Après les avoir considérées isolément, nous les examinerons en- « suite réunies, dit-il, afin de démontrer qu'elles forment, par leur < 9ssemblage, non-seulement une botte cornée destinée à protéger c le pied, comme on Ta considérée jusqu'à présent, mais encore « une magnifique machine possédant de remarquables propriétés, « et le pouvoir presque indélini de céder sous le poids, faculté aussi « indispensable que celle de défendi eel deprolég^er les parLies. »
(jjniiiic nous ne nous proposons, par cet exposé du système de liracy Clarli, que de mettre en évidence les idées qu'il a émises sur l'élasticité du sabot, et de prouver qu'à lui seul revient l'honneur de sa découverte et de sa première démonstration, nous ne citerons id que les passages de son ouvrage qui ont trait à cette propriété.
Si Ton voulait reproduire tout ce qui est remarquable dans le livre de cet auteur, il faudrait le traduire.
La propriété d'élasticité existe surtout, suivant Bracy Clark, dans, les parties postérieures de l'ongle, sur lesquelles le poids est rejeté en vertu de rinclinaison de la surface arliculaii e de la troisième phalange, et dont il détermine la dilaïaiiuii et l'expansion eu arrière.
Là, sont réuuies toutes les conditions de l'élasticité.
D'abord, le sabol est comme fendu dans celle partie par le repli, en dedans de sa cavité, des extrémités convergentes de la paroi; 4t disposition méconnue par les anciens écrivains, qui n'ont eu au* « cune idée de la grande simplicité et de la puissance de cet arran-
DB tà LOCOMOTIOff. 201
c gemcnt mécanique d'une seule pièce, si digne d'exciter notre ad* c mlration pour le suprême archUecle qui Ta conçu.
« Ces parties ainsi infléchies^ ou les barres forment, en dedans de c récbancrure de 1a sole, une sorte de muraille inlérieure qui, par c sa projection hardie, protège la sole ou la fourchette contre la € pression du terrain qu'elles ne dowent pas supporter,
« Elles sont inclinées en bas et en dehors, afin que toute pression c exercée sur elles par le sol, les force à s'ouvrir et à s'éearler de la « foiirclicltc^ qu'elles suivent ainsi la dilalalion générale de la mu- « raille et des quartiers, et qu'e!le<i orévic^nnent de celte mauière la « compression trop forte et la couiubtoo 'li [);uiies sensibles.
« Enfin, on peut admcKre, sans trop d'invraisemblance, que lors- « que la Jeune animai est dims une très-forte action, et qu'il s élance m en avant avec une vélocité presque égal(ï à celle de i'oiseau qui « vole» ces parties postérieures de la muraille du sabot cèdent sous « Pimpressiou de sou poids, aussi librement que lés faibles branches m d$ tasier /léchissenl sous le vent; et que, par leur retour souc dain à leur première position, elles contribuent à igouter à la ra- « pidité du mouvement qui l'anime. »
Tel est, d'après liracy Clai k , l usage des barres dans i'claslicilé. Voyons celui de la iourcbolte.
La fourclielle, suivant lui, n'est pas destinée à supporler les [)i essions dans les conditions ordinaires de Tappui, et à agir sur les bariFies pour en opérer la dilatation.
•« A .première vue, on serait porté à croire qu'elle corrospond au c oouasiA central du pied des animaux digités^ mais cette manière
< de Toir n'est pas correcte, puisque le coussinet de la patte du chien
< et dn chat, est destiné à s'imprimer tout d'abord sur le sol, et à « servir de point d'appui au corps dans les mouvements impulsifs « (ù dêsigned for a primary impression on tbe ground for the inipul' * sien of the oninial), tandis qu'il n'en est p.is de même de la lour- « cliette du cheval. El, en eflel, un animal d'un Ici poids et destiné « à se mouvoir avec une si j^raudi l 'irèrelé, iif» pouvait pas dépen- « drc des parties molles pour sa pic;iiuere impuisiun. Le peu de ré- « sislauce du j)oiutd'appuiaurait certainement paralysé, sinon com- « plétement détruit, les effets de la contraction niusculuirc. Il était
< donc nécessaire qu'il y eût des points de support plus solides, et
< cette condition est parfaitement remplie par la résistance et l'è- « ' teadae de surface que présente le sabot. »
PBYSIOLOCIS.
Braoy Ciark revient plusieurs lois, et avec insistance, contre cette idée, que la fourchette est destinée à être comprimée dana Tappoi du pied sur te sol* idée qui est la base piiQoipale de tottt te syslèflie de LaiDsse, et qui était si elièro à CoieaiaB,
Suivant iui, c la masse trianipikiire de la fourobette Mi VMob « d'une clef de voûte élastique au sonnet d'nne arelM élastique oUB' € Blême, communiquant dans quelques cas les mouvements à cette « arche, et la suivant dans tous ceux qu'elle subit. Sa base, en rai- « son de sa lar;?eur et de sa masse, est la partie qui possède le plus « d'apUlude à seiaonvoir, de conserve avec les barres-, mais, vers le « centre du pied, elle devient moins mobile, parce qu'il y a là moiQS « de causes qui délerininenl le mouvement. »
Cependant, la fourchette n*est pas exempte de toute pression. Sa position même sous le pied indique qu'elle est destinée à en suppor« ter^ mais dans quelles limites? C'est ce que Bracy Clark établit de la manière suivunte : ^ La partie inférieure du pied s'adapte, par sa « conformation, aux dUlérents terrains sur lesquels elle doit poser* « Lorsque le cheval progresse sur un terrain dilr, tel que le roeher « ou le pavé, c'est le bord inférieur de la muraille seul qui porte ^ a corps dur coutre corps dur {hayd lo hard). Mais, si le sol est plus « mou et pour ainsi dire brisé, tel que le sable ou le gravier, la mu- « raille s'enfonce un peu et do nouvelles parties servent à l'appui, a c'est le bord exifirne de la sole et les barres. Enfin, sur un sol « très-mou, comme celui d'une prairie ou d'un champ labouré, la •t muraille s^eufonce plus profondément, le bord externe de la sol^et c les barres pénélrisnt aussi» et un troisième ordre de parties con- « court à l'appui, savoir : te cousain de la feurohette d'abovd, et sa
< base ensuite; ainsi, parties molles sent opposées à parties molles,
< et aucun dommagfe ne peut être produit. »
Tel est, d'après Bracy Clark, Tordre dans lequel la fdurcbeUe vient à l'appui. Il est conirairo, suivaiù lui, aux saines idées de mé» canique de croire que ce corps qui consutue une sorte d'arche creuse renversée, formée d'une corne qui a presque la consistance du caoutebouc, soit susceptible d'exercer, sur les parties adjacentes d'une nature bien plus résistante, une pression suffisante pour en déterminer i'écartement* «Admettre une pareille idée, est tout aussi absurde « que de croire qu'il est possibte de fendre un bloc de bois avec un € coin dépite.»
La preuve que la fourebette ne vteni à l'appui que dans Tordre
qn^îl luia assigaé, Braey Clark la tire do Fobservatioa même du poser du pied dans Tétat de nature*
Si rou place sur une table unie le relief en plâtre d^un pied qui n'a Jamais été ferré, et qui a usé naturellementt eu le Ikisant poser par sa fiice plantaire, on voit que les branobes de la fourchette demeurent élevées d*environ trois huitièmes de pouce au-dessus du bord inférieur de la paroi, (jui seul porte sur la table. Au point où la lourchelle embrasse les angles d'inflexion , l'élévation est de i)lus d'un demi-pouce.
« Celte position retirée de la fourchette, dans la concavité de la c face plantaire, conduit forcément à cette conclusion qu'elle n^a « jamais ^é- destinée à supporter ee ^^fé considérable de pression « que quelques-uns ont admis
« Elle ne porte à terre qu'au moment où Taation du poids et de
reffopt est le plus éaergique, alors que les cétés du pied sont f épanouis transversalomeot, jusqu'^ la dernière limite quMls peu- « vent atteindre
« Il est donc clair que la foureheltc n'est pas un coin qui force le « pied, mais que son usage, dans le vide des inflexions, es! do pcr- « mettre au sabot de s'adapter aux différents degrés des pressions et f des efforts qu'il doit supporter
« Ce i)'e§t que dans l^s terres wolies qu'elle sert à Tappui, de con- « cert avec les autres parties, ou encore pendant les exercices vio-ï ^( lents où eM^ vient» p^f intervalle, spppmter une partie du poids. n
Suivant Bracy Clark, Tidée de Lafosse, sur Tusage de la four* ç^€|(tf^, esf un vieux non-seqs frapçaia (ol4 fr^nek imuense)^ et le çQli^ge vétérinairé est bien répréheQaible de Tayo^r adoplép et de ravoir prise pour base des abominables pratiques 49 ferrure qu'il a préconisées. (Allusion au fer patenté de Colcman.)
C'est ainsi que Bracy Clark parle du système de Lafosse, auquel on a prétendu qu'il avait emprunté ses idées sur l'élaslicilé.
Voyons maintenant l'usage qu'il attribue à la soie.
Elip représente une vaille interrompue dans son centre et dont le vide est repipli par la masse élastique de la fourchette, disposition qui lui ôle la force de résistappe d'une yoùte ordinaire, et lui perfppt de céder sflus la presi^îon, de eonpbfi ^v^ç lea ))arrea qui lui tement associées*
Lorsque cetta voûte, rendue flexible par ce méeanisme« s'affaisse sous le poids qu'elle supporte, elle tend à s'étaler par sa cbrconfé-'
FHTSI0L06IB
lence et à rqiouaser ainsi le bord de I9 paroi dans lequel elle est. inscrite. C*est ainsi que toutes les parties du sabot combinent leurs actions pour produire le mouvement général d*élasticité du pied.
Telle est essentiellement la conception de Bracy Clark , sur Té* laslicilt', L'onsidLTi'e comme le produil du mL-caiiisme de la boîte cornée. Nous avons voulu l'exposer avec détail, aliti de deuioulror que la plus grande partie des idées qui circulent aujourd'hui sur ce point de physiologie , remontent à Bracy Clark» comme à leur source, et lui appartiennent en propre.
C'est donc à tort que Ton s*est efforcé de revendiquer, pour Lafosse pére, en France et même en Angleterre, la première conception de l'élasticité du sabot. Quelle diflérence, cependant, entre la pensée de Lafosse et celle de Bracy Clark , comme on peut en juger parTexposé comparatif que nous venons de faire de leurs livres.
Lafosse n'admet l'élastieili;, ou pour prendre son expression, la flexibililé, que couinic une propriélé de la subsiance cornée, et il la fait résider essenliellcmcnt dans la fourelielte, substance matelassée, spongieuse, flexible, qui, par son ressort naturel, cède au poids du corps, daus l'instaiU que le cheval appuie le pied contre le pavé et se rmei pramptement,
Braey Clark, au contraire, loin de slnspirer de Lafosse, rejette complètement son idée, qu'il considère comme un non-sens et comme la source des plus abominables cruautés (abominahle erueltiee), dont lescbevaux sont victimes de la part desfrog-squeeztng. (Littéralement comprimeurs de fourchellc)
Dans le système de Bracy Clark, la fourchette ne doit pas subir la pression du sol au premier temps de l'appui. Plus élevée que le bord plantaire de la paroi, elle ne peut se mettre en contact avec le terrain, que lorsque le sabot s'est écarté sous la pression et que la sole et les barres, en s'affaissent, en ont produit l'abaissement. Ainsi, il existe une différence fondamentale entre les deux systèmes, h l'égard des usages de la fourcbette.
Où se trouvent leurs points de ressemblance? Nulle part. Lafosse n'avait même pas pressenti que le sabot fût susceptible d'éprouver des mouvements alternatifs de dilatation et de resserrement. C'est Bracy Clark, évidemment, qui le premier, a découvert en lui cette
* Allusion au fer paieuic^ de Coiriitan , doni le but est d'exerc»ir toujours sur la fourchf.Ue une lui le coiijprcâi>iuu.
propriété élastique, et en a donné Tadmirable démonstration dans son bel ouvrage. Il a donc raîàon de revendiquer pour lui, contre M. Girard, contre M. Goodwin « son compatriote, et contre Tauteur d'un énorme livre sur la maréchallerle S la découverte de'ce principe
de Vétaslicité du pied, dont le nom même était inconnu avanl lui, et qiii, dlL il avec enlhousiasmo, «doit être à la physiologie du pied, ce « qu'a été à ra>ii i>iiomie le pi iiiri|io dp la «riavilation , c'est-à-dire « qu elle doit donner rcxplicalioii de pteaquc lout ce qui, jusqu'à « présent, est resté obscur et inconnu. » (Page 68.)
SMl fallait d'autres preuves que celles qui ressorlent do cette dé' monstration, en faveur de la prioriié que Bracy Ciark réclaine avec justice, on les trouverait dans le silence attaoln sur cette questiou, des ouvrages antérieurs à la publication de la première édition du TrmUéb Bracy Clark , qui date de 4810, en Angleterre, et dont la traduction n'a paru en France qu'en 4 81 7.
Idée de Bourgeiai sur les pn^riétét élastiques du sahot. — Bourgelât est moins explicite encore que Lafosse, sur la fiexihUité de la boite cornée. Ce qu'il en dit se borne & quelques mots de son Essai théorise et pratique sur la ferrure : « Un volume justement propor-- « tionné, dil-il dans un premier passage, une forme régulière, une « consistance solide et néanmoins douée de souplesse, un tissu « lisse et uni, sont, en jj^cnéral, les qualités qu'on y recherche (dans « le snhot), et qu'il doit présenter. » Et plus loin, en parlant des iuconvéïiienis que présente un ongle trop peu volumineux, « il dit que, « par son inflexibilité, par sa dureté et surtout par son rapproche- « meot des parties molles auxquelles il devrait servir de défense» il € occasionne en elles, en les comprimant, une douleur plus ou moins « vive. » Il y a bien, dans ces passages, comme un pressentiment de rexistence dans l'ongle d'une propriété qui lui permette de s^adapter aux pressions, et des dangers qui résultent de son absence. Mais il n'y a que cela. La démonstration manque, etBourgelatmémes'attacbe si peu à cette idée, quMI n'en fait plus mention dans le restant de son ouvrage, bien que cepiiiii ml quelques pages en soiont consacrées à l'exposition des moyens (jue la nature a mis en usage pour préserver les parties sensibles, contenues dans la boile cornée, des effets d'une compression trop forte. Ces moyens, Bourgelat les énu-
' A buok. a very big book inâceâ. — On devioeque c'esl à la voluiuincusc compilation lie .lauze qu'il faii allusion.
flITBIOLCMMI
mère et les expose avec sa pi^oionde sagacité habiti^ile. il démoatre riafluence de l'obliquîté du pataroa» « qui doit diminuer nécessaire* c ment, et en grande partie» rénormité du ferdeau dont la pince « semblerait devoir dtre accablée. »
U fiiit voir comment une partie du poids, que supporte la troistëne phalange, doit être déversée sur le biseau par la sullie de Témineiice pyramidale; «comment la juxta-position des feuillets de chair et de « corne, réciproqueioent reçus dans les sillons résultant de leurs in- « lervalles, suffit pour suspendre, en quelque façon, l is du pied dans « la capacité du sabot, el pour résister à \m punis miniense comment, enfin, dans la région des talons, destinée à supporter une partie plus considérable du fardeau» «la substance qui les forme, ainsi que « la fourchette, constitue une espèce de matelas puissant, qui, d'un c tisau d'ailleurs moins susceptible de sensibilité^ sauve en cet en- « droit toute impression doulonrense, tandis que les cartilages laté- « raux se chargeant d'une partie de la masse, en diminuent néces- « sait'ement les effets. *
Mais c'est à cëla que se borne ce qtie l*on peut appeler le systêmé d'ulaslicilé deBourg^elai. Le rôle du sabot n'y est mêaïc pas indiqué. Et cependant, s'il éiuii vrai, comme on l'a avancé, au détriment de Braey Clark, que Lafosse i)ère eût déjà formulé, à cet égard, une pensée bien neltc, Bour^elat qui écrivait après lui, aurait bien certainement fixé sou attention sur ce point important de doctrine.
M. Girard, dans la préface de la troisième édition de son Traité du pied (4 836) , conteste à Bracy Clark sa prétention à la décduvèrte de l'élasticitédu sabot, et en attribue l'idée première, avec pluà de patrtotbme, pensons nous, qué de Justice, à Lafosse et à Bourgeiat. <La- <K fosse et Bourgeiat nignoraient pas, dit-il, qùe le pied du cheval « jouit d^une certaine souplesse et d^une élasticité particulfèré; il est « vrai qu'ils n'ont pas examine cette propriété sous ses différents rap- <t ports, mais ils en iont mention dans plusieurs passages de leurs « écrits, où ils les produisent à Tappui de certains faits. »
Nous avons déjà démontré combien est peu fondée cette revendication faite contre Bracy Clark, en faveur des premiers maîtres de l'art dans notre pays-, combien, au contraire, il y a de différence entre la doctrine de rauteur anglais, et les quelques idées éparses qùe renferment, sûr le môme sujet, les ouVrages des hippiatres français ses devanciers.
S*il nous fallait une nouvelle preuve à Tappui des droits de Braey
. DE LA LOCOMOTION. Wl
CMl à une découferte qui doit lui demeurer inconié6tée,.noii6 la trouferioB» dttss les oumges de M. Girard luiHBéaie* ^r te^^ramière (ditibn éu MdH iupU,\jfA% fiÈtwmi mBim mpmtwmWBwnt ^ntion de rélastlcilé^ d« IriMit; A f eat dH «Mb> ÉÊènU page 32; i^t ce aVM là qu'und raprëèMtott^ito'M -pëdaée de Lafosse, « que la foul'clietle est composée d'une corne phts ou moins « flexible; qu'elle concourt avec le bord inlVi icur de la paroi à l'apa pui, modère les effets des percussions violentes, empèclie ranimai « de glisser sur le pavé mouillé et ploQil)é» el sert spcciulemeut au « toucher. »
j Çael là, dans la description du sabot, on rencontre encore les expressions de souplesse et de flexibiliié peur qilaiâieriaajfopriétés do la foi|f«beliai eft MMinar las éilièimeM da donsiataii i;9Mli4ii9-n9nbm etaaUa dès «itêrMrai m^.nsUi
pak tfapparait l'idée de Télasticité comme propriété iabémle è la boite cornée et résattaot de a* eanatruetient ^ ' •
Pour rencontrer celle idée dans le Tmité dupied^ il faut In rechercher dans les édilioiis postérieures à la publication de Touvivige de Hracy Clark , et nolaninicnl dans la troisième. Là, elle se trouve très-exp^çi^uiicut lormuléc^ d'après la docUia^ 4^ Bracy Clark luimême.
. Il demeure donc évident que Bracy Clark a eu le premier i't^ (l'attribuer au sabot du cheval, une propriété d'élasticité camplémeii^ taire de l'admirable mécanisme des membres, dans lesquels la souplesse se trouve si parfaitement assodée à la solidité.
Ce qui a été cause» sans doate, qu'on a contesté au célèbre vété* rinaire anglais la priorité de sa conception, c'est que son système a, en soi, quelque chose do si simple et de si satisfaisant pour rintelligcnco, qu'il s'est bien vite généralisé el naturalisé partout -, c'est que les idées qui en font la base ont pris si rapidement un libre cours, qu'il a semblé à ceux qui les rencontraient toutes formulées dans leur esprit, qu'elles appartenaient de longue date au domaine eommun.
Aussi, voit-on le^ atiteUrs, (jul but écrit après Bracj Clark, sur là matière qu'il a s! ridwment éclairée, ne pës $e faire scrupule de reproduire, m extensoi tout son ajstêihe, sans môme citer son nom, comme a'H y avait eonlre lui ime sorte de droit de prescription qui permit de le dépouifler léi^lement;
Les compatriotes mêmes de bracy Clark n'ont pas été Justes en-
rarsioio^ii.
vers lui. M. W.-C. Spooiier, par exemple, auleur d'un ouvrage sur la Slruûiwre du sabot, lui a contesté, comme M. Girard, la priorité de ses idées sur rélaslicité. C'est à T.afossr aussi quM! en attribue la première coDceptioD. € Lafosse (écrit M. Spooner» page 67) a dit, il « y a bien longtemps déjà que le pied du cheval s^épanouit et se res* c serre« et Fa comparé à une soucoupe qui s'aplatirait au moment c du poser sur la terre. Si donc, ajoute M. Spooner, le sabot pos- « sède une propriété d'expansion, à coup sûr, ce n'est pas là une « découverte moderne. (// is, h]i no means, a modem (liscorerfj.)y> Les prêtent! MIS de Bracy Clark, à la découverte de rélaslicilé, ne sout donc pas fondées, suivant M. Sponner; son principal litre est d'en avoir soutenu le principe par des arguments irrésistibles, lesquels M. Spooner reproduit presque textuellement dans son exposé des propriétés élastiques du sabot, sans indiquer à quel auleur il les emprunte.
11 en est de même de Youatt; dans les quelques pages de son ouvrage sur le cheval (on (he horie)^ consacrées à l'étude du sabot et
de son élasticité , le nom de Bracy Clark n'est pas écrit uue seule fois, niaîb ses idées sont souvent reproduites.
Quoiqu'il en soit de ces injustices et de ces négations, !c nom de Bracy Clark restera définitivement attadié à la découverte des propriétés élastiques de la boite cornée, et ses ouvrages, sur la piiysiologie du pied, marqués au cachet d!une si parfaite prigioalité, seront toujours considérés, par les hommes impartiaux, comme les premiers écrits qui aient jeté une véritable lumière sur un point de la science de l'organisation, demeuré, jusqu*à leur apparition, si obscur en* core, malgré les travaux déjà entrepris pour i'éclairer.
Théorie de if. Pirkr $ur l'élatticité d» eàboL — Les idées de Bracy Clark , sur l'élasticité de l'ongle du cheval , étaient généralement adoptées en France, sans contestation, et servaient de base aux pratiques de la ferrure et à leur interprétation, lorque M. Périer, vétérinaire en premier au 2* carabiniers, lit paraître, en 1835, son ouvrage sur les moyens d'avoir les meilleurs chevaux.
La conception sur l'élasticité que renferme cet ouvrage, est presque en tous points le contrepied de ceiie de Bracy Clark.
Préoccupé de l'idée, que si la propriété dévolue au sabot de se dilater, sous llafluence des pressions intérieures, n'était pas contreba* hineéeparune force opposée, l'écartement de l'ongle, pourrait être
excessif, et que son intimité, avec les parties vives, aurait été compromise, M. Périer admet que le sabot du cheval possède la double fa* culté de se dilater d'abord, puis de se resserrer ensuite, au moment de Tappui complet, et que oetle double fticullé est mise enjeu par la même force, U pùids transmis par les rayons osseus, lequel « devient c tour à tour force dUatante et force contentwe, » suivant les pobMi du sabot où il exerce sa pression. i
Voici, d'après M. Pôrier, dans quel ordre se simnèdent, ot sui- ^ 111 1 quel mécanisme se produisonl ces mouvemeuls» suiîcessiis de diiiUation et de ïtMtn nmenl do l'ongle.
Lorsque le pied pose à terre par la pince, «le poids principal « s'exerce sur les parties antérieures de l'ongle-, il abaisse la por* € don de la soie dont la voûte est pleine, d'où dérive au même ins^ < tant récartement de ses branches,...; »
Lorsque Vappui s^effectue par toute Tétendue de la face plantaire, le poids tombant à plomb sur le centre des quartiers , pèse sur le eeh* trè de la sole, et commande alors le plus :,Tand écarte m ont.
Mais à ce point là se borne raction Jii poids, agissant comme force. dîlaUinte. Dès que les pressions ont dépn?«é, en arrière, le centre des quartiers, et (piVlles viennent à s'exercer sur les parties postérieures de l'onj^le, par le lail même de Tinclinaison des rayons osseux , le poids, tout à Theure force dilatante, devient force eon-
Yoid comment M. Périer explique ce second effet.
La paroi, suivant lui, est naturellement oblique eu avant des talons, de haut en bas et de dehors en dedans, et inclinée, de liant en bas et d'arrière eu avant, au niveau du sommet de l'angle d'inUcxion.
Gela posé, lorsque le poids exerce ses pressions à la face interne de cette partie de Tongle, il doit avoir pour conséquence, d*une part, de repousser la paroi de dedans en dehors par sa partie supérieure, et» d'autre part et simultanément, de la concentrer de dehors en dedans par sa partie inférieure^ de même qu'en exerçant un effort dilatateur sur le bord supérieur d'un vase cylindrique, on tend à rétrécir son fond dans le même sens.
En se resserrant par en bas, la paroi refoule la sole vers la concavité de la face plantaire de l'os, applique plus exacteineut les talons des branches de la première en dedans des talons du second, et ainsi se trouve produite une sorte d'enclavement des branches de la sole
immotii
enlre les deux Liiiineuces réirossales, qui ajoiUd aûcore à la puis* sance de l'action cootentive.
Telle est esseDtiellement la coneeption de M. Périer, sur i'éiasti-* eité. Oo peut la résumer ainsi :
Le sabot jouit de la double propriété de se diiatar et de se resserrer. Le poids du corps est la force qui luet en jeu cette double propriété \ force dilatante depuis la pince Jusqu'au centre des quartiers, le poids devient forée eontentm depuis cette même partie centrale dçs quartiers, jusqu'à Texlrémilé des talons.
L'action contontive est pt uiluiic par le refoulement, de dedans en Ueliors cl on an iero, que produit la descente du poids dans la partie postérieure du sabot, et par le resserrement simultané que ceretoulement supérieur détermine vers les parties intérieures-, resserrement qui* en augmentant le cintre longitudinal de la sole, appliqua plusewtement les branches de la sole en dedans des talons de Tos, et donne ainsi une plus grande fixité à Faction contentive*
« Tel est, dit M* Périer, le mécanisme des mouvements de l'onf $le que le poids dirigé sur les mamelles et la pince prélude à sa « dilatation, qu'il raccomplit, lorsqu'il arrive sur les quartiers, et € qn^îl la restreint à mesure qu'il s'approche des talons -, prévoyance « admirable qui, si elle tend à faire jouir les parties coulenues dans
< le sabot des avanlai,^es qu'elles retirent de son écarlement, a fait « la plupart du temps débuter celui-ci dans les parties où l'ongle a « le plus de force, Ta borné là où il est comme bifurqué, et n'en a « permis le maximum qu'entre ces bornes et la résistance qu'offrent € les premières.
« Telle est, enfin, la dispensation du poids, qu'à mesure que la € pesanteur en est accrue, par U rapidité des allures, l'animal op- « pose successivement an choc du terrain les parties de ses pieds les
< plus capables d'en modérer Técartemenl. »
Ces dernières lignes (page 58j expriment complètement quelles étaient les préoccupations de M. Périer, lorsqu'il s'est ingénié à substituer à la théorie de Bracy Clark, si simple et si satisfaisante, la théorie nouvelle dont nous venons d'essayer de donner une idée, en la dépouiiianl de la multitude des détails dont son rniU'ur Ta ontourée dans son ouvrage, et qui en rendent à première ieciui'c la conception assez difficile.
il fallait, dans la pensée de M. Périer, que le sabot eût une limite à son écartement exoesaif, sans quoi les actions de la pesanteur» ang-
m entées en mtensité par le mouvement communiqué à la machine, auraieai pu avoir pour conséquences son désengreoement d'avec les parties vives. De là, nous ne dirons pas la décoiivarte, mais bien rin< vention» faite par M. Perler, de cette force contootive que le poids met si à propos en jeu, au moment juste où son action dilatante pourrait devenir nuisible.
Cette théorie de H. Périer est sans doute ingénieiuet nais est^eUe fondée? Nous ne le croyons pas.
D'aborti, i ku m justifie Tidée priacipale qui Iiu sci l de base, à savoir : que lo sabot pourrait éprouver un trop ^raud écarlemcnl sous l'influence des pressions intérioures, si le poids n'agissait sur lui à la manière d'une lorce conlenlive. La propriété conlentive du sabot est iahérente à lui-même-, elle résulte, tout à la fois, des qualités de sa substi^ce, de rintime union de ses différentes parties composantes et des CHmditions mêmes de sa structure, qui font qu'il tend d'autant plus à revenir siir lui-même, que reffort dilatateur intérieur est plus puimait» de même que Tare revient avec d'autant plus d'énergie 4 sa fS^^me primitive qu'il a été infléchi avec plus de force* Inversement, c'est ce qui se passe dans le sabot ; il revient avec d'autant plus de torce à sa foi nie noraiaie, (ju'il a été davantage écarté par l'action dilatante. La lorco contoniivc du sabot n'est donc pas autre chose que l'élasticité qui résulte de sa forme même.
En second lieu, le rôle assigné par M. Périer aux talons de l'os du pied, comme instruments de Taction contentive, est impossible. Les talons de Tos du pied, c'est à-dire les éminences rétrossales, ne s# prolongent pas jusque dans les angles d'inflexion > ainsi que IL férier semble l'admettre. Ce sont les cartilages latéraux au mite desquels les éminences rétrossales sont englobées, qui remplis» seat leurs bulbes l'intérieur des angles d'inflexion, et s'appuient sur le bout des branches de la sole. Il n'est donc pas possible que c^s parties flexibles et élastiques « pressent avec assez de force, de « baut en bas et de deiiors on dedans, la surface inclinée des bouts « de la sole pour en opérer la conceulration, » siuvant les propres expressions de M. Périer, extraites d'un supplément inédit de son iivre, page xiv.
Et puis, comment admettre, avec M. Périer, que les talons de la troisième phalange remplissent, pour ainsi dire, Tofflce de harpons distillés & fixer les deux: branches de la sole rapprochées l'une de riHtre*. pendait tout le tempe de Paction contentivet lonque Poii
242 PHYSIOLOGIE
eonsidère la surface non pas seulement unie, mais même renflée et saUIaDte» que présente la face iaférieure de la troisième phalange* dont la conea^té est comblée par rexpanslon du perforant et par ré« paisseur du coussinet plantaire.
Et puis encore, n'est-il pas contraire aux lois de la mécanique ani« maie, telles qu'elles peuvent être établies d'après Tétude comparée des êtres, de supposeï- que les bases des colonnes de support deviennent d'autant plus dures, résistantes et intlexlbles, que les actions qu'elles supportent nécessileraieiil en elles des conditions plus développés de souplesse et d'claslicilé? Celte conrentralion du sabot sous le poids «lu rorps, cet le- rigidité plus grande que, par ce seul fait, il doit fatalement acquérir, ne sont-elles pas contradictoires avec tout cet ensemble de dispositions si ingénieusement combinées dans la construction des colonnes des membres pour amortir les réactions du terrain t James Turner a dit, dans son B$saiiurla mahâie navi' mAamf que le redressement des barres sous le petit sésamoide, et la Toussure concomittante de la sole et de la fourchette, dans les pieds resserrés, représentaient une sorte de rocher contre lequel plus de chevaux venaient se détruire qu'Une se brise de vaisseaux contre les récifs de l'Océan. Est-ce que la forme que devrait prendre le sabot, sous i nilluence des pressions h chaque temps de l'appui, d'après la théoiie de M. Péricr, ne le constitue pas justement dans ces conditions de dureté et de résistance, si dangereuses pour les parties intérieures, que M. J. Turner signale, dans son style métaphorique, comme les causes principales de la maladie naviculaire ?
A priori donc, la théorie toute spéculative de H. Périer ne nous paraît pas résister à la discussion, mais elle a de plus contre elle tes résultats de rexpérimentation directe qui l'infirment en tous points et qui prouvent que, sous l'influence des pressions intérieures, le sabot subit un écartement dans toute sa circonférence inférieure, niais bien plus iaart|ué d.uis la région posli rieure que partout ailleurs. Les expériences que nous relaterons (oui à riicure démontreront, en toute évidence, pcnsons-nnus, la vérité de celte assertion.
En résumé, nous croyons que la théorie que M. Périer a développée sur l'élasticité du sabot du cheval, n'est pas l'expression lidéle des faits observés ou recherchés par Texpérimentation *, que ces faits, au contraire, l'infirment en tous points ou la contredisent. Cependant et malgré le défaut de fondement de cette doctrine, nous avons dû lui consacrer quelques développements, ft cause d'abord de l'au*
DE hA LOCOMOTION. 248
torité dtt Eom de son auteur» l'un des vétérinaires les plus reeommandables dont notre profession puisse slionorer ; et en second lieu, parce que, chose singulière, cette doctrine^ qui pèche par la hase» a cependant été pour M. Périer le point de départ des idées les plus justes et les mieux exposées sur les conditions de solidité et de résistance des colonnes de soutien que les membres représentent. Nous reviendrons» avec tous les dévcloppeinentii qu'il coiiipoile, sur ce point important, dans le chapitre que nous coosacrerons plus loin à rétude des aplombs.
Expériences de M. John Gloag sur ^élasticité. — La théorie sur ]'éla!>licité du s iliot, que Brncy Clark a exposée avec tant de lucidité dans sa podonomie, était restée jusqu'à présent à peu près inébranlée, nialgi é les efforts ingénieux qu'a tentés M. Pcrier pour y substituer une théorie nouvelle.
Cependant, dans ces derniers temps, un vétérinaire de Parméc anglaise, M. John Gloag» vient d'entreprendre contre le système de Bracy Claric une nouvelle attaque» qu'il nous parait important d'ex-> poser ici avec quelques détails, en raison des nombreuses expériences instituées par cet auteur pour arriver à sa démonstration K
La manière de M. Gloag est différente de celle de M. Périer. M. Périer n*a fait aucune expérience pour appuyer les assertions quMl émet. Sa méthorlc est une méthode de déduction ^ il expose comment il a conçu le mécanisme du sabot, conduit plutôt par ses rcllexions que par Tobservalion directe.
M. John Gloa,y , au contraire, ne s'est proposé de soutenir aucune opinion particulière. Procédant d'après les principes de Bacon, il a entrepris des expériences dans le seul but d'interroger la nature et d'obtenir d'elle des renseignements qui Téclairent. Voici le résumé de ces expériences :
Le premier point que BL i. Gloag voulait éclaircir était celui de savoir si la sole et la fourchette s'abaissent sous la pression» et si, en même temps, le sabot s'élargit par sa circonférence inférieure. A cet effet , il compara d'abord le contour du sabot levé avec celui qu'il présente lorsqu'il pose à terre et qu'il supporle toute la pression du corps, et il ne trouva aucune différence. Il appliqua sous le sabot un fer» dont les branches étaient réunies, au niveau de la pointe et du
* The y e tennarian, mi\i ld49, p. 257 j — juin 1849, p. 317;— juillet 1849, p. 377.
il 4 nnrsiOLOGiB.
corpB'dê la ftmrchette, par une lime métalll(jiie, sor la face supé* rieure de la(|ueHe étaf I étalée une conche de cire molle destinée à re. cevoir et à conserver toutes les empreintes -, et Texamen de cette cire, 'ftit après que le cheval eut été exercé au trot, lui fit voir, au point
corrcspoadaiii au centre du sabot, c'est-à-tlirc .ui aisoau do Tos naviculaire, une fente lonp:itiidinale, d(^ la lari^tMir du dos d'une lame de canif, produite par rim[in> ^ian du corps do la fourchette.
La même expérience fut répétée, en plaçant la lame métallique destinée à recevoir les empreintes, en travers des branches de la fourdieUe, et la cire ne présenta aucune trace de pression.
Une couche de cire molle fut appliquée sur la garniture extérieure d*ttn fer bien ajusté ^ le cheval fut exercé au trot, et la cire n*éproava aucun déplacement de dedans en dehors.
Sur le pied d*un cheval boiteux à trois jambes, par suite d'une seime longitudinale en pince, un fer fut appliqué, muni sur chacune de ses branches d'une bride métallique, (jue Ton réunit et serra eft pince, à Taide d'un éerou, jusqu'à ce que les lèvres de la seinie fussent mises en conlact exact. Le clfeval parut immédiatement soulagé et il coniinua à porter des fers semblables pendant plusieurs mois sans inconvéïiienls.
Un saboi détaché à la couronne fut placé entre les deux mors d'un étau, la pression s'exerçant sur le sommet de Tos coronaire d'une part, et sur la face solaire de l'autre. Un lambeau de la paroi avait été enlevé sur un des quartiers pour mettre à nu le talon de Tos du pied. Le rapprochement des mors de Tétau ne fit éprouver à Tes aucua mouvement ; la base de la fourchetre aussi resta immobile.
La môme expérience, répétée sur un autre pied ferré à plat jusqu'aux talons, lit voir que la fourchette cédait peu à peu sous la pression au niveau de son corps. Sa deiceule, sous une pression de deux tonnes, tut d'environ un quart de pouce anjjlais. Quant à la sole et à la base de la fourcliette, M. Gloa^ ne put saisir aucun mouvement. Une lame de fer avait été placée en travers des éponges, pour bien mesurer la descente si elle s'effectuait ^ il ne s'en lit aucune.
Une expérience semblable fut faite sur un autre pied, dans le but de mesurer, à l'aide du compas, Télargissement du sabot. La pression de rétau fut portée jusqu'à la dernière limite de la résistance du pied, et l'élargissement ne fîit que de Tépaisseur d'une carte à jouer.
Pour savoir si l'os du pied descend dans le sabot sous l'effort d'une pression, s'exerçanl de haut eli bas, un lambeau de paroi lut enlevé
en pince, et le pied placé entre les mors de l'élau qui furent rapprochés de manière à produire une pression énorme. Malgré cela, Tos du pied resta immobile, et, chose remarquable, qui prouve bien que le tissu velouté n*éprouve aucune compression , il suflit d'appliquer le doigt sur la sole pour faire jaillir des vaisseaux du pied le sang que l'énormilé de la pression de l'étau était impuissante à exprimer.
Un pied dessolé, fût placé et comprimé entre les mors d'un étau, sans qu'il ait été possible de reconnaître le plus petit mouvement d'abaissement de la surface veloutée.
Il n'y eut qu'au point correspondant à l'os naviculaire, que le corps pyramidal fléchit sensiblement; son plus grand abaissement sous la plus forte pression fut d'environ un quart de pouce. i
La moitié de ce même pied scié dans le sens du diamètre antcroposlérieur, suivant la direction de la lacune médiane de la fourchette, fut placée dans l'élau, et dès que la pression des mors commença à se faire sentir, on vit l'os de la couronne presser sur l'os du pied, et à mesure que le premier s'abaissait en arrière et en bas, il pressait sur l'os naviculaire qui descendait, en affaissant sous lui la partie correspondante du coussinet plantaire, et repoussant, en dessous, le corps de la fourchette dans l'étendue d'environ un quart de pouce.
L'os du pied paraissait parfaitement fixe, de môme que la sole et la base de la fourchette. , , , ^
De cette première série d'expériences, M. Gloag conclut : que Tos du pied demeure immobile dans la boîte cornée, queconséquemment la sole ne supporte aucune pression el ne subit aucun abaissement dans l'appui; que la muraille n'éprouve, non plus, aucun élargissement par sa circonférence inférieure, et que le seul effort produit par la pression s'exerce, à l'aide du petit sésamoide, au niveau du corps de la fourchette, et a pour effet d'en déterminer l'abaissement dans une certaine limite.
Mais n'y a-t-il que ce point du sabot où un mouvement visible se produise sous l'influence du poids du corps? Cesl ce que M. Gloag recherche par de nouvelles expériences dont voici le résumé :
Un fer ordinaire bien ùiusiày prolongé en talons, est appliqué avec soin au pied antérieur gauche d'un cheval de carrosse. L'espace angulaire compris entre le prolongement des éponges du fer et les talons du pied jusqu'aux bulbes de ces talons, est rempli avec soin de cire préparée, tandis que le pied est maintenu levé ; la lame d'un canif huilé est alors passée entre les éponges du fer et la cire, aûa de
'MÙ l'IlYSIOLOGIE.
ménager un espace étroit entre deux. L'idée était que le sabot baisimt en arrière, cet espace serait immédiatement effacé par la pression. Le cbeval eut alors la liberté de poser son pied sur le sol, mais la fente de la cire ne disparut pas,
La même expérience ftit failersur un pied mort, p)acé entre les branches d'un étau, et la fente faite à la cire demeura aussi ouverte après la pression.
Pour savoir si ( r' ne serait pas la résistance opposée par les brandies du fer conduites au delà des talons, qui mettrait obstacle à l'abaissement des talons en arriére, M. Gloag entreprit alors Texpénence suivante:
Le sabot fat coupé, à Talde d'un trait de scie, à son bordlnférienr» au niveau d'un quartier et dans le sens de la direction des feuillets ; la pression de Téerou fit alors abaisser le talon, au point que la fente felte dans la cire disparut à Tinstant, preuve que si le sabot ne cède
pas en arrière lorsqu'il est ferré, cela lient à l'obstacle môme que le fer oppose à ce mouvement.
Pour (vinfirmcrce r(''Su]tat,M.Gloagfitappii(iuer, sous le pied <! un cheval de charrette, uu fer à éponges fortement rabattues en dessous. Ce fer portail à sa face inférieure une mince barre métallique soudée à chaque éponge et placée en travers.
Aussitôt que le cheval eut la liberté de se reposer sur son pied, on put reconnaître t'rés-visiblement la deteente du sabot enboiet enar*
rière elméme la sentir-, et, à chaque mouvement de l'animal, celte action particulière du pied était visiliîe et sensible.
Dans le but de mesurer rélcndue de ce mouvement, la face inférieure de la fourchette et des talons fut revêtue de cire préparée, la surface supérieure de la barre du fer ayant été au préalable huilée. Le cheval fut alors exercé, et l'on put reconnaître que les talons du sabot descendaient presque sur les éponges du fer, et que la fourchette venait en contact avec la barre transverse.
Sur le pied levé, les talons reprenaient leur position naturelle, et il y avait alors un espace entre la cire et la burre de presque un quart de pouce.
£n introduisant à frottement une sorte de coin de fer dans Tes* pace intercepté entre Péponge et le talon, on mettait obstacle à la descente du talon de ce cdté; le talon libre seul effectuait la sienne, mais dans une moms grande étendue.
De semMables expériences répétées dans Tétaa , sur des pieds morts, donnèrent les mêmes résultats.
M. doagen eonclut que l*aetion naturelle du sabot est de eéâer
légèrement en bas et en arrière, dans la direction de ses libres, sous riiillih ncc de la pression. Il cliorchoà soutenir colle nKuuùre de voir en i appuyant, d'abord, sur ce l'ail d'observation journalière, <iue la f,'«rf> supérieure des vieux ft^r-'lu clicval préscnle toujours, outre une surface brillante correspondante au bord iiiléritiur de la paroi, uno sorte d'impression ré^Iière en talons, ea^sée par une pression constante, «{fese pourrait-il pas, dit à ce sujet M. (.long, qu*au « lieu d'nne expansion latérale, au moment où le pipd du cheval pose « A. terre, 11 ^e produisit, au point correspondant à cette impression « du ftNr, un léger resserrement, conséquence du gonflement des c parties supérieures du sabot. » Ce qui vient, suivant lai, à. ï appui de celte opinion, « c'est que ce brillant du fer eu ta|pn procède toujour» du dehors vers le dedans. »
« î.es praticiens savent tous, dit encore M. Gloa^?, qu'on obtient « un grand soula;;ement des boileries, dans beaucoup de circon- € stances, en abattant simplement les lalons ^ témoin l'usage si réc jmidttdu fer àplanclie qui, ne pressant pas sur les talons, leur 4 permet un plus grand degré de liberté.
' € Beaucoup de maréchaux réussissent à soulager un cheval boid teUx par la ferrure, tandis que d'autres manquent toujours ce rér^siaiiat, qui, la plupart du temps, n'est obtenu qu'en abattant les « 'fiiléns èt en donnant au fer de la largeur et de l'aisance. Ces cas * se présentent journellement. Combien y a-t-il de chevaux qui, « sensibles sur leurs pieds, après une ferrure nouvelle, marchent t< [i am luMuoiiL iiU bout de quelques jours ! Cela n'est-il pas dù à ce « que le ier porte d'abord trop cxaclcnicnl bUi Ic5 lalons, ce qui met « obstacle au mouvement de ces derniers-, mais bientôt l'usure du « talon et de la partie posléricure du quartier, ron^équenc<' du frot- «•lettent,. restitue à l'aninKd son action naturelle et sa liberté de 4l»'ttott4'ements, et la boiterie disparaît.
'>vCêmbieB encore de chevaux sont soulagés par iinterposition «f'd^e plaque de cuir souple entre le fer et le pied, ou seulement «i' eitrè^ès éponges et les talons. Le drap et le feutre sont très-em- «^plOfAe par les propriétaires de chevaux pour cet usage, et tous « portent témoignage des avantages qu'ils en retirent, lesquels ne pcuYcut 5 cjLpliqucr que i^ar lus principes tiut viennent d'être es.-
niYsioLoeiK
c posés. Je crois que iea praticiens demeureront d'accord avec moi « sur ce point, qu'un fer qui porte fortement en talons, estpr^ilttdic ciable dans l'iiMg0 géiiér<il» blea qu'Us puiMeat différer sur Fex- « plication.
< Dans les cbevam légers, ce monTêment sii arrière et en bas du
« sabot n'est pas très-sensible, mais il serait convenable que rien a n'y mît jamais obstacle, quoiqu'il y uii de grandes difiicultés prati- « ques à ce qu'il soit conservé.
« D'autres preuves de Texistence de ce mouvement postédeur du « sabot sont fournies par les pratiques journalières de la marécha- « lerie ou de la chirurgie. Combien de fois n'arrive-t-on pas à soula> « ger les animaux au début de la maladie naviculaire» en appliquant € sous le pied un fer en croissant (/tyv) et autour de la couronne un « vésic^toire! Comment expliquer cette méthode de ferrure qui ex- € pose des parties déjà meurtries à de nouvelles meurtrissures, si ce « n'est par ce fait, qu'on restitue au sabot par l'usagre du croissant, « l;i ladillé dont il jouit de céder un peu eu arrière cL eu Jjas, et qu'on «t diuiiiiuc ainsi l'effet du choc du pied sur le sol.
« Quels surprenants changements s'établissent dans les sabots € des chevaux qui portent des fers en croissants! Au bout de quelc ques mois, les pieds qui, avant l'usage de. cette ferrure, étaient
< secs, durs, cassants, affectent, après, un aspect tout différent ^ ils c deviennent mous, élastiques et comme huileux lorsqu'on entame « la corne. L'échauffement de lafourchette disparait en même temps. « Cela ne peut s'expliquer que par ce fait, que les différentes parties « du pied ont été restituées à leurs actions normales.
« Couiiiu nt comprendre encore que le sabot devienne plus large, a à sa pu nie postérieure, par l'usage de certaines ferrures, si ce n'est « par la liberté d'action laissée aux parties qui étaient avant coa- € damnées à l'immobilité* De même que le bras d'un homme, main- « tenu immobile dans une éoharpc, s'atrophie, et ne reprend son c volume primitif que lorsque la liberté d'netion est rendue aux « muscles; de même le sabot peut augmenter de largeur par Tusage « du fèr en croissant, de hi ferrure unilatérale, par l'abattage des tac Ions, le 1er à planches et les matériaux élastiques interposés entrais « pied et le fer. Les fers en croissants «t la mise en liberté de ranî- 4 mal sur une terre humide, effectuent bientét, dans le volume des
< sabots, un changement qui ne tarde malheureusement pas à dis-
DE Là LOCOMOTION. . M 9
« iwraltre lorsque le eheval eit soumis de nouveau aui oondittons « babiuielles de la ferrure et de la 8tabulation« •
Après ces développements à l'appui de sa manière de voir sur le nouvement propre du sabot, lequel consistaraîl dans une sorte de renversement des talons en arrière et en bas, et non pas dans une di» iaiation latérale, M. Gloag cherche à appuyer sa démonstration sur de nouvelles expériences.
V lUn fer portant en pince sur sa rive externe, une tige pltUe verticale, fat appliqué sous îe sabot d'un cheval. L'espace angulaire qui existait M^leaabot et cette tige verticale, dont le sommet correspondait à la côilivnne, fut rempli de cire préparée, la face du sabot et celle de la fti^e âysnt été au préalable builées. Aucun mouvement ne s'effectua eaMte Uge métallique et la cire, tant que les talons du sabot furent e»ibé*(acl avec le fer. Hais dès que» par rabattage de ces telons, la Hberté de se mouvoir en arrière et en bas» leur eut été restituée, on ▼Iree produire un mouvement de flenon-du sabot jen arrière, et la cire se détacha do la iiçe métallique, dansTélendue d'un quart de pouce, au niveau de la couronne. Cet espace décroissait régulière* ment de haut en bas. Nouvelle preuve que lorsque le sabot a la li* berté do se renverser en arrière, c'est, en effet, ce mouvement qu'il exécute.
{jH, même expérience lUt répétée avec un petit fer en croissant de tués ponoes environ, à la pince duquel fut écrouée une lame de fer jiàtliis'élevantè angle droit devant le front du sabot. Ce croissant imt^pDqué Sur la sole et enseveli & chaud dans la eorne^ on avait éÉiMi<de rogner un peu la paroi en pince afin que la dge verticale ^ednswvât SB position perpendieutairé. Dès que le obeval posa à terre son pied ainsi ferré, on vit, par le fait du renversement du sabot en arrière, lu cire appliquée sur sa face antérieure se détacher delà tige verticale, cl témoigner ainsi du mouvement éprouvé par le sabpt par suite de son renverscuieiiL en arrière.
Telles sont les expériences nouvelles que M. Gloag vient de publier dans le Veterinarian ( î 849).
B^iteieii suivant lui* le résumé sommaire de ce qu'elles tendent k
^ 4*Qtt*il n'y a pas d'expansion latérale appréciable des quartiers idllfiiiiàlauroireonfé^ne&iàfériettre, dans aueune ôiroonstanee dè-teiMTorévia seule «iponalon qui existe étant le résultat d'une
croissance graduelle^
220 PHYSIOLOGIE
2« Que lorsqu'un cheval est ferré avec un fer conduit également jusqu'aux talons» les actions qui se produisent dans le pied sont : a, une légère descente de la partie antérieure de la fonrcbetle et des parties adjacentes de la sole de corne, à l'opposé de l'os naviculaire ;
une tuméfaction des tissus élastiques autour de la couronne, c. et un gonflement de Tappareil élastique de la partie postérieure et supérieure des talons, gonflement que détermine le renversement en arrière de l'os de la couronne, et qui a pour résultai d'épanouir les cartilages latiTaiix*, .
3*» Que si lî fourchette est mise en contact avec le snl, pr -nd sa pari de fonction en raison do son élasticité, et concourt par elle à garantir le pied du choc^ et aussi que Tenveloppe périostlque, de nature élastique qui recouvre la troisième phalange, remplit un rôle im* portant d'amortissement, en permettant un léger mouvement de ressort de Tes du pied dans toutes les directions ^
io Qu^dans un cheval à l'état de nature ou ferré avec les talons abattus, un certain mouvement du pied vient s'ajouter aux précédents^ à savoir : une légère déclinaison du sabot en arrière dans la direction de ses fibres, qui permet ainsi aux talons et à la base de la fourclietle de descendre, ro qui, suivant M. Gloag, est Taclion naturelle du pied à laquelle la ferrure mot obstacle;
5» One la descente de la base de la fourchette est entièrement sous la dépendance de celle des talons, et que, dans les conditions ordinaires de la ferrure, la base de la fourchette est fixe, ce qui met cet important organe entièrement hors d'usage-, mais que la légère des* cente de la fourchette et des parties adjacentes de la sole, immédiatement au-dessous de l'os naviculaire, s'eflèctue dans toutes les cir* constances de la ferrure^
6o Qu'il n'y a pas de descente appréciable de la sole de corne dans dansim pied modérément concave, ferré suivant les méthodes ordinaires, si ce n'est, peut être, de cette partie adjacente à la région antérieure de la fourchette sous l'os naviculaire, laquelle cède légèrement sous la pression. Mais que, avec un fer rabattu en éponges, ou lorsque le cheval est à l'état de nature, il y a une flexion en arrière et en bas de la sole de corne« en même temps que de toute la boite cornée ;
> Qu'il n'y a pas de descente suffisante de la sole sensible sur la sole de corne, dans les circonstances ordinaires, pour empêcher ta circulation du sang dans le pied ;
go £t que les feuillets soDt presque, sinon complètement inélastiqties^ qu'ils sont mus facilement dans le sens de leur direction transversale» mais non longitudinalement, et que cette facilité de mou^ vements des feùiliets provient probablement de la construction particulière de la couverture élastique de la troisième phalange (le nUcuhmpramiigmm).
Telles sont les conclusions que M. John Gloaç a cru pouvoir formuler d'après ses expériences-, elles tendeiii, coiiiiiie on peut en ju^cr, à la négation complète tic la théorie de Bracy Clark sur rélastieité du sabot et à la restauration des idées simples de Lafosse sur cette jlexi' bilité du sabot (pii permet aux talons, dès (/ue le pied est à terre, d'aller chercher l'éponge du fer qui ne plie jamais.
Ces conclusions sont-elles irréfutables, et le système du célèbre Qaïà.d^t-ilétre déftaitivement rangé au nombre de ces conceptions ingénieuses, qui n'éclairent le champ de la physiologie que d'une Itifiur^tremp^ise, et qui» tdt ou tard,) finissent par s'évanouir devant la'Itimière véritable et pure qu'irradie le flambeau de l'exp^ience ?
Avant de foniiuler notre opinion sur ce point, nous voulons exposer quelles sont les objections qui ont été faites au système de M. Gloag par ses compati loles.
Celte question de l'élasticité ou de l'expansion du sabot pendant l'appui, est une de celles qui a soulevé le plus de discussions parmi tes vétérinaires anglais, depuis le coromeneement de ce siècle. Défendue avec une ardeur passionnée qui rappelle les luttes du moyen âge sur les questions de scholastique , par James Clark, Osmer, SSftt%l, Moorcroft, Coleman , Goodwin , et surtout par Bracy Qirk^ iéielte propriété d'expànsibilité Inhérente au sabot n'avait rencontré que de rares contradicteurs, dont les protestations étaient demeurées impuissantes ù ébranler la foi dans une doctrine si profondément ancrée dans les esprits et si vigoureusement soutenue.
Aussi, on peut penser que le nouveau système de M. Gloa,ij:, qui ne tènd à rien moins qu'à réduire au néant cette doctrine si clière, et à effacer d'un trait de plume ce principe fondamental de la physiologie dtt'piéd; à dû rencontrer des antagonistes redoutables.
Lei^eiiifer qui soit entré en lice pour rompre en visière avec H. Gloag, est M. Arthur Chmy, vétérinaire distingué de Londres ^ U'â^gunieiitation de H. Cherry a quelque chose de passionné et de
Veitrinafian, septembre IS49, p. 409<
persouMPl, qui icmoi^^nc de oeîte os]u'^ce d'irritation que Tbomme éprouve toujours eu présence des t;iiorls tentés pour ébranler en lui de vieilles croyances. Auiû iraite^t-ii «ou adversaire âveo un dédain aiiperbe, bien malséaiU dans une diBCuiaion sdenUfique» et que i'oa aurait peine à eomprendre, ai Ton ne savait toute TimportaneBiiaiic rattache en Angleterre à la physiologie du pied du dml» enwiniMt même des maladies si fk^quenles de cette région, da la dîflMIîte les prévenir, de rimpossihiUté, souvent insurmontable, d'y .pUm remède, et des pertes considérables que ces maladies entrainent^ri souveiil. Ajoutons que l'ari iia maréchal a été en Angleterre singu* lièrement systématisé et dominé bien plus qu'en France, par l'iafluence des doctrines de physiolo'rie, en sorte que jeter du discrédit sur ces doctrines , c'est iiilirmcr la bonté dos pratiques qui n'en étaient que rapplication. Delà, sans doute, celte sorte de colère dont la réfutation de M. Cherry porte Tempreinte. Cette réfutation ja portOt du reste, que sur les conclusions du travail da Ua&ÊfUt « Examiner les expériences qu'il a faiies sur les pieds noilibiaaiie^ M rait» dit-ii, perdre son temps et son papier» et insulter àfé|M|vî « ont quelque connaissance de la matière ou quelque 9f^igfi» à « réfléchir. 9 (Oh ingult io those who hao$ any knawkdge ofjlffifiik' ject or any reflecl ive powers .) ;
La manière de M. Cherry, on ie voit, est uu peu cavalière. Cepeudant, au milieu de ces ar^umeuts ahirato, il en est quelques-uiû que nous dev ins n pi Hiaire ici, parce (ju'ils ont une vaJ^.jélV'^ dans la question imporlauie que nous essayons d'éclaircir.
€ Si, dit M. Cherry, il n'y a pas d'expansion latérale des quartiers c du pied, comment se tait-U qu'un cheval ne puisse mar«Jier m% < un kic attaché par des clous, brochés de chaque côté, ^ quartiers? . c Pourquoi un fer qui ne repose pas sous le pied par wxmti^ « unie, mais par un plan incliné de dehors en dedanat.caoïMiiM^ « souvent des boiteries? r
« Si la base de la fourchette n'était pas susceptible de s^dMW^ « pendant Tappui, commcul expliquer les Loilcries qui sont si sou* «( vent la conséquence de la rigidité et de l'épaisseur anormale des a ^ i iiK , et qui disparaissent par 1 amincissement jusqu'à iAfi^^ « de ia corne de celte région. ^ ;
« Les fissures, des arcs-boutants ne sont-elles paa ia ^jf9ifj(i^M « mouvement d'écartement qu'ils subissent?
« La preuve que la sole descend sous rinâuence des preMons
Dl lA 14KS0HOTIO1I
c qu^elie subit, est donnée par la nécessité où Ton est dans la pra-
< tique de (a ferrure, d'éviter toute pression sur cette partie. Cette c descente peut n'être cpie iTun dnquantième ou d'un centième de
< pouce, mesure à peine appréciable pour nos sens, mais ti^sc douloureusement appréciable pour ranimai, ainsi que rezpérience
< journalière en témoigne. »
Quant è ce fait, que les expériences de M. Gloag tendent à mettre en relief, à savoir : que Faction principale du pied consiste dans un mouvement de flexion eii arrière el en bas, c'est, suivant M. Cherry, un poiàl de science si généralement connu et compris, qu'il ne pensait pas qu'il fut plus nécessaire de le démontrer, que de prouver que les mâchoires sont faites pour s'ouvrir et se fermer. « Si, dit-il, Té- « eole de Coleman et de Bracy Clark n'avait pas fait tant de bruit « avec t^xpansion du pied, — - pauvre bidet qu'on a poussé si à fond
< eai entièrement fourbu depuis des années, — la connaîssanoe c àmf^ et vraie des fonctions du pied n^aurait pas été si comptéie- « Hent obscurcie. »
Suivant M. Cherry, « le pied est élastique dans toutes les direc- « tiens, si ce n'est dans le sens delà direction des fibres de la paroi. « La propriété d'élasticité existe au plus haut dej^ré h la ronronne et « plus spécialement dans la région des talons. Elle est momdreà la « circonférence inférieure du sabot et nulle en pinces. »
Tel est i*arg:umentation de M. Cberry.
If.' .Gloag a rencontré, dans un autre do ses confrères, vétérinaire à Ib^ndres, M. Reeve, un contradicteur plus sérieux K
Bwpénences â» M, Mme tur ^iUutieité, — M. Reeve a cherché, en effet, h combattre M. Gloag, non plus par des raisonnements seulement, comme H. Cherry, mais par des expériences directes, très^
ingénieusement conduites et piemesd inléi ét, comme on va en ju^er par le résumé suivant :
Le but que voulait atteindre M. Rccvc était de reconnaître si îa sole éprouvait un mouvement de descente et le sabot un« expansion i atérale pendant l'appui.
Première expérience. — En conséquence, il fit choix d'un cheval ayant les pieds bons et modérément concaves ^ . Un fer fut préparé, percé de deux étampures sur la branche in-
! m r«ler<Miriaii, février taso, p. 61.
224 ratnoLoen.
terne, trois sur la branche externe el une en pince derrière le pinçon. L;j parlie de sa lace supérieure, destinée à être en rapport avec le bùvd inférieur de la paroi était parfaitement imie» de sorte que le fer portail uoiformémeot dans toute son étendue, sans qu'il y eût le plus petit jeu entre les extrémités de ses branches et les talons.
Une barre étroite de fer, d*Qae épaisseur égale à celle du fer luimême^ lût solidement soudée de la rive interne d'une branche à Taotre, transversalement» en avant de la pointe de la fourchette.
Deux autres barres de fer, de môme largeur et de même épaisseur, |)n)cédaieiU de la Ijanc li ansverse au niveau de sa jonction avec le fer, et allaient se souder, de chaque côté, aux éponges. Ces dernières banes recouvraient la surface des hranclios de la sole.
Trois trous taraudés furent percésà travers chacune do ces barres, et de fortes chevilles métalliques très-acérées, d'un huitième de pouce de diamètre, furent adaptées pour être vissées dans ces ouvertures.
Tout étant ainsi préparé, le pied enveloppé, au préalable, d'un cataplasme, fut disposé à recevoir le fer. La fece plantaire fut mise sur un niveau parfaitement droit, de la pince aux talons, la sole fet , seulement parée, de manière que sa surface se présentât très-unie, maïs sans grande diminution de son épaisseur, de peur d'infirmerie résultat h obtenir. Le fer fui alors fixé au pied avec des clous brochés haut.
Les choses ainsi disposées, chaque cheville, dont la pointe avait été trempée dans du goudron, lut vissée dans son trou, la poiûle tournée vers la sole el venant allleurer sa surface sans la toucher.
De celte manière on avait disposé sous le sabot du cheval une sorte de herse renversée, tixéc d'une manière si immunl>!e, que si la plus légère descente de la sole s'effectuait, les pointes devaient la perforer et démontrer ainsi» non-seulement que la sole s'abaissait, mais encore dans quelle limite.
Le cheval fut d'abord exercé au petit pas dans la forge, et rexamen du pied fait immédiatement ne laissa voir l'indice d'aucune deseenle de la sole. On le mil alors, pendant quelques instants, au trot, piusau galop. Examen lait du pied, ou reconnut que chaque cheville avait fait son trou. 11 y eu avait neuf très-visibles, et cependant chaque pointe était exacleuient à la môme distance delà corne qu'avant rexpériencc. La sole s'était donc abaissée et était revenue à sa position première.
Le fer lut retiré pour qu'on pût examiner avec soin l'exlrémilé des chevilles. Celles qui étaient situées de chaque cdté du corps et de
DS LA LOCOHOTION. ^125
la pointa de ia faurchelte iadiqaaieDt une desceate de presque un huitième de pouoe, tandis que les elievitles de la barre transverse» en arrière de la pince, et celles qui étaient plaeées près des angles des talons, n'indiquaient pas une pénétration de plusd*un seizième de pouee.
Deuxième expérience. — Un fer ordinaire (à ajusturc anglaise) fut forgé avec sa branche externe sufiisauiinent couverte pour projeter en dehors de la muraille, depuis la pince jusqu'au talon, une ganiilure (\\\\\ doirii-pouce de largeur. On souda sur le bord de celte garniture une plaque métallique inflexible, occupant toute ia longueur de la branche du fer, épaisse d*un quart de pouce environ et haute d'un pouce. Cette plaque, parallèle à la paroi, limitait entre deux une sorte de rigole d'un demi-pouce de largeur.
Le fer portait six étampures, deux en pince et quatre h la branche interne. La branche externe, à laquelle la plaque était attachée» n'en avait pas.
La surface d'assise du fer sous le pied, était parfaitement plane de
la pince aux talons.
Six trous taraudés furent forés, à travers la plaque, sur une ligne horizontale, au nivoau du bord inférieur de la paroi. Ces trous avaient unedireclion convergente vers le centre du pied.
Au-dessus de cette première rangée, trois autres trous, en ligue horizontale, furent percés au niveau des talons.
Dans chacune de ces ouvertures furent adaptées des chevilles semblables à celles qui ont été décrites dans la première expérience.
Le fer ayant été solidement fixé sous le pied, chaque cheville fut vissée dans sa place, Jusqu'à ce que sa pointe vint affleurer la surface de la muraille. L'animal fut alors mis en action avec cette sorte de herse latérale attachée à son pied.
(M. Rceve aurait bien voulu faire rcxpérience inverse avec la herse appliquée sur W quartier en dedans, mais cela no lui fut pas possible, la grande saillie de l'appareil exposant trop ranimai à s'atteindre pendant les mouvements.)
Le résultat de cette expérience fut que chaque cheville avait fait sa piqûre, celksdes quartiers et des talons plus profondément que celles des partm antérieures. L'étendue de la pénétration des premières était d'environ un seizième de pouce. La cheville supérieure des ta-. Ions ne paraissait pas être entrée aussi profondément que celle qui lui correspondait plus inférieurement.
tt6 PHYSIOLOGIE.
M. Reeve Dût obflervar que ]e pied sur lequel 0 expérinenta» nr*^ tait pas dans des oonditions favorables, attendu que la corne en était dore et peu élastique.
< Ces expériences, dit M* Reeve, démontrent qu'il y a une des* < cente mesurable de la sole de corne» et conséquemment une près* « sionsur la sole sensible lavorable à sa circulation, et, en second « lieu, que le sabot éprouve, pendant les mouvements de l'animal, « une certaine expansion latérale daus les régions des quariiers et « des talons, au niveau de la circonférence inférieure de la paroi. »
Quant à cette flexion particulière des talons en arrière et en bas, que M« Gloag considère, d'après ses expériences, comme le seul mouTement naturel et possible du sabot, M. Reere pense qu'il ne résulte que des drconatances exceptionnelles et anormales, dans lesquelles M. Gloag plaçait les pieds sur lesquels 11 expérimentait.
Sens doute, lorsque le talon du sabot ne rencontre pas sous loi un point d'appui qui le soutienne, comme lorsque la branche du fer eàt fortement rabattue en bas, l'action du poids du corps est suffisante poui' [dire fléchir les fibres de la p.iroi i, iiimis, (lan^ les cnndiEions ordinaires de l'appui, ce résultat ne se produit pas. l'^aiies marcher un cheval au ^Tandtrot, sur une terre ar^^ileuse -, prenez le moule de l'empreinte que son sabot nu a laissée sur cette terre, comparez-le à la forme du pied levé, et vous ne Terrez aucune différence; preuYC, suivant M. Reeve, que les talons ne se sont pas renversés en arriére pendant l'appui, comme M* Gloag d'admet.
H* Gloag répéta les expériences de Reeve, mais en les modifiant un peu dans Pspplicatiott ^
Ayant remarqué que le fer à herse renversée, conseillé par M. Hecve, pour les expériences sur la face plantaire, ne permettait que difficilement d'apercevoir rextrémilê des chevilles ^ craignant, d'autre part, que la trop grande portée de la barre transversale ne lui laissât du jeu au moment de l'appui, il fit confectionner un premier fer plein, très-large en couverture (4 pouce Vs)» présentant une surface d'assise de niveau depuis la pince jusqu'aux talons ; légère* ment ajusté pour éviter toute pression sur la sole, et afin ausâ de permettre de voir plus facilement la pointe des cbevilles.
Six chevilles acérées, d'un peu plus d'un huiiième de pouce de diamètre, furent vissées à travers la couverture du fer tout près de
* The VfUrkuurimt mars 1850^ p. i;^0.
DB U LOCOMOTION. 'Ml
sa rive liMerne. Ce fer était muni de liait étampuree, disposées à la ^ manière lialiitueUe, ce qui permettait de le fixer du cdté quel^on dé* sirait. Il avait 5 ponces Vs de large.
Un deuxième fer, de forme ordinaire, parfaitement plat a sa lace supérieure, préseniaiil un pouce de couverture, traversé de sept étamparc?, quatre sur la branche externe et trois sur 1 interne, fut muni d'une lorte barre transversale soudée à ses deux brandies, au niveau de la partie antérieure de la tourciielte. line cheviiie métallique fut écrouée à travers cette barre de cliaque oété de la pointe de la fourcliette.
Ce fer avait 5 pouces V4 de large.
Quant au fer ft herse iatérdê, M. Gloag le fit conibetionner exaetemenl d'après la description que M. Reeve en a donnée.
Dans TappUcation de ces fers sous les pieds, .M. Gloag observa les précautions suivantes : la sole fut conservée aussi épaisse que possible ; on se contenta de la polir. La inui aiiie fut parée do niveau avec la sole. On eut soin d'appliquer le fer à chaud pour le mettre en coaptation exorto do surface avoc la corne. Les clous furent i)rocbés et rivés solidement. On eut la précaution de disposer à l'avance, dans leur longueur voulue, les cbeviiies qui devaient être vissées dans le fer. Le sabot ne subit aucune préparaiion préalable.
Pour rappiication du fer à berse latérale, M. Gloag eut la précaution dé foire râpera poUr et bliiler le quartier opposé à la herse» afia que la plus légère empreinte y fût plus visible. Les cbevfiles fa» relit disposées très^réguliérement dans leurs trous» et afin d^éviler le moindre contact avec la corne, au moment où on les vissait, une mince lame d'étaiu fut interposée entre leurs points et la surface de la cui ne.
Ces précautions prises, les animaux soumis à rexpérimentalion furent exercés sur la IciTO sèobe, au trot et au galop» pejadaut quel* ques minutes.
Les expériences que rapporte M. Gloag, sont au nombre de onze, en voici le résumé:
Première expérience. <— Forte jument à large poitrine, un peu cagneuse. Pieds forts et modérément concaves. Le for à hene kH4* raie tai appliqué sur son pied droit, avec quatre doua en dedans et deux en dehors vers la pince.
Les ciievilles supérieures avaient loutes touché la corne, les postérieures, opposées aux laiuus» plus que le;^ autéfieuic:}. Lu pruluu*
9918 PHTSiOLoan.
deur de pénétration des premières était peut-être de 740 de pouce, tandis que la marque des dernières n^étaît qu^un éraillement. A bien considérer ces marques, on ne voyait pas de piqûres, à proprement parler, mais bien des espèces d'egmlignures, dirigées de haut en bas. Les clicvilles de derrière aviiieiit laisse pour empreintes une place comme triturée, plus large que leurs pointes, ce que M. Gloag attribue au léger mouvement de flexion, en arrière et eu bas, que le talon avait éprouvé pendant raction*
Deuxième expérience. — La même jument. Le fer à berse renversée (n« I) est appliqué sur son pied gauche» et fixé par quatre clous en dehors et trois en dedans. L'examen le plus minutieux de la sole ne put faire voir aucune marque à sa surface.
Troisième expérience. — La même jument. La première expérience fut répétée sur le pied droit. Il n'y eut pas de différence notable dans les résultats, si ce n'est que les empreintes furent confinées aux deux chevilles su[)érienres et postérieures. Elles occupaient la même ririKliii' (]iiela première luis.
Quatrième expérience. — Forte jument à pieds plats. Le fer à herse (o<> 2) fut appliqué sous son pied gauche et fixé avec quatre clous en dehors et deux en dedans.
Résultat. — Avant d*enlever le fer, on dévissa chaque cbeviUe pour examhier avec sAn la sole, qui ne portait aucune empreinte. Le fer fût alors détaché sans qu'on pùt reconnattre aucune marque. Mais le maréchal ayant mouillé la corne avec son doigt, fit apercevoir une piqûre dont la profondeur parut égale à Tépaisseur d*une feuille de papier. «Je fus surpris, dit M. Gloag, de ne pas voir un « abaissement plus considérable de la sole dans la région centrale « (lu pit d, le seul point où je m'attendais à le rencontrer d'après « mes expériences j et je dois avouer que quelque profondes que « fussent mes convictions sur la nullité de tout mouvement d'abais- « sèment de la sole, cependant je n'étais pas sans inquiétude sur les < résultats, en voyant un cheval si lourd» pesant de tout son poids « sur une herse de piquants aigus. »
Onquième expérience. — Lourde jument aux pieds plats. Le for à herse laUrak fiit appliqué sous son pied droîL
Résultat. — En arriére, au niveau de la cheville la plus supérieure, il existait une empreinte avec les apparences indiquées plus haut. Les autres marques n'étaient que des éraillements a peiiie visibles, correspondant tous à la rangée supérieure.
M. Gloag attribue la marque laissée sur les talons, à ce que le fer, qui n'était fixe que par sa branche interne, laissait un peu de jeu au talon, lequel, en s'abaissant en arrière, était venu se contondre contre la cheville correspondante.
Sixième expérience. — La même jument* Le fer à herse (n<» I) flit appliqué sur son pied gauche et fixé avec six clous, quatre en dehors et deux en pince en dedans. Aucune chevUle ne marqua son empreinte.
Septième expérience. — La nicmc jument. Sur le même pied, le fer à herse (n* 2) fut lixé avec le même nombre de clous, brochés dans les mêmes étampures. Aucune e!)ii)ri iuîc.
Huitième expérience. — Gros clieval de charr.cttc avec de bons pieds modérément concaves, à corne épaisse. Le fer à herse (n^ I), construit dans de plus grandes proportions avec une couverture relativement plus large, fut appliqué au pied droit et ûxé par deux clous en dehors et quatre en dedans» Aucune pointe ne pénétra dans la sole.
Neuvième expérience. — - Le même cheval. Le fer à herse latérale
fut appliqué h son pied gauche.
Résultat. — Les deux chevilles supérieures et postérieures avaient produit un érailicaicat de haut en bas, d'une profondeur à peiue mesurable.
M. Gloag pense que cet ôraillement est dû à ce que le fer, n'étant ûxé que d'un côté, avait un peu de jeu ^ en le faisant mouvoir avecla main, on voyait que réraillement correspondait à Textrémité des pointes.
Dixième expérience. — La même jument que dans Texpérience première. Le fer fut appliqué sur le pied droit. Même résultat.
Onzième expérience. — Beau cheval de charrette avec de bons pieds un peu plats, à corne épaisse. Application du fer à herse latérale. Aucune marque.
On voit (|uc les résultats des expériences de M. Gioa^ ne sont pas idcnli^iuesà ceux. q\w M. Uceve a obtenus.
D'où vient celte dillercnce? M. Reeveen trouve la raison dans les modiûca lions que M. Gloag a apportées aux procédés d'expérimentation. M. Uceve se servait d'un fer à ajusture anglaise, qui ne porte à plat que sur le bord inférieur de la paroi et laisse à la sole toute liberté de mouvement. M. Gloag a fait usage d'un fer plat ou seulement un peu ajusté^ prenant son appui non-seulement sur la paroi.
SdO PHTsiorxieiK.
mais encore sur la circnufri oiirv (](> la soK^ e! m^inlnnu par l'applica- Uon ô cliaud, en eonplaiion pailailc avec mie larfçe ôlcndue la surface solaire. De lù l'obstacle opposé à la desconio de la sole. « Pour npprécier la valeur d'une expérience , dit M. Reeve, il faut « la répéter à la lettre, ci c*est ce que H. Gloag n'a pas fait. » D'où H. Reeve eouelut que les résultats obtenus n'infirment en rien ceux qui lai sont propres;
Ouant aux expériences de M. Gloa^% sur l'expansion latérale, M. Roeve trouve que la mauici e dont elles ont été exécutées prouve que leur auteur s'est fait une idée tout h fait exagérée du degré de dilatation que le sabot éprouve dans ce que l'on appelle son expansion latérale.
Pour faire apprécier dans quelle limitOt infiniment petite» cette dilatation s'effectue» H. Reeve a recours à une démonstration géométrique fort élégante * .
« Soit, dit-il, un sabot de 5 pouces de lar^j^e avaiit une solo, dont « la eoncitvité mesure un '/s pouce» et qui s'abaisse de '/lo de pouce « au momeui de i" appui.
c Si l'on représente une coupe transverse d'un sabot de cette di-
< mension» en laisant un espaee vide pour la place occupée par la « fourchette, laquelle est supposée € avoir 4 pouce de largeur, on voit, « par cette figure, que la coupe de « la sole représente Thypothénuse « d'un triangle rectangle, dont la « base serait de 2 pouces et la hau- « teur d'un 7: poucc.
« Ceci étant posé, Taugmenlation d'étendue qu'éprouve chaque « base, sous l'intluence de la descente de la sole, doit donner une « approximation très-exacte du degré de l'expansion.
c Admettons que la descente de la sole soit de */» pouoe, la « hauteur du triangle sera réduite, par ce fait, de '/wà Vio de pouce. « La question est à présent de savoir de combien chaque base a € augmenté?
€ D'après le 17"* problème du 1" livre (rr.uclide, la somme di?s
< carrés de la base et de la hauteur d'un triangle rectangle, est égale
' The VfteHMfion, (avril ISSO^ p. 19S.) *
^ kj i^od by Googl
Ds u um:okotxon. W
« au carré de Phypothéause. Donc, 2^-1-0,52 = 4^25 représea- « tenl le carré de la lit; ne indiquée par la coupe de la sole.
« De là suit que lorsque la sole est descendue au point que la hauteur € du triangle est réduite de 0%5 à la Jorn)ule V 4%Si5-^ 0%4 6* « doit donner la largeur de la base. Soit, somme qui, dou*
Idée» car il y a un triangle de chaque eôihf donne 4S044, ou use « augmentation de 0,044 de pouce, qui est la mesure de Pexpansion c causée par la descente de la sole, c'est-à-dire un peu plus que la « vingt-cinquième partie d'un pouce.
« Lu voyant, dit M. Reeve, combien est petit le degré de l'expan* <t sion latérale du sabot, M. Gloag coai,>i c:ai; a les motifs qui m'ont a porté à laeiue imniédialement en rapport re^trcinilé des chevilles « avec la corne, au lieu délaisser entre deux un intervalle ( Miuiae « dans SCS expériences. Et cependant, malgré la mince lame d élaia « qu'il a interpose entre la corne et rextrémité des chevilles niétal- « ligues» il a encore obtenu des empreintes de Vio <le pouce de pro- < fondeur avec des ératllemonts de la corne !»
Voilà donc à quoi se réduirait cette propriété d*expanaibilité du sabot» sur laquelle nos voisins ont tant discuté depuis cinquante ans. lfoin8d*ane demi-ligne pour le diamètre transversal à la partie pos* térieure ! Un quart de ligne pour chaque côté ! On pouvait^duieestef» pressentir, en rélléchissant à la construction du pied, que le mouvement il^-xpaaiion de l'ongle ne devait se produire que dans ces liiiiiii'- iiiiiiiiment restreintes qu indiqur '.c caicul, puisque, s'i'i cxi^le, ii doit être nécessairement borné au jeu que permet ré!ri>iiriUj des lames podophy lieuses dans leur sens trau^versaiet celle duréticuium qui leur est sous-jacent.
Mais cette expansibilité du sabot existe-t-cUe réellement, même dai$ ces limites si étroites oili rexpérimentatioQ directe et rinducUon physiologique veulent qu^elle soit renfermée? Nous devons à cet égîyrd formuler notre opinion. La question a plus qu'une impor* tance théorique. N'est-ce pas sur le piuicipe deladilatation du sabot *que se trouvent basées quelques-unes des pratiques les plus essentielles de la ferrure? ' ■
Bnxtian vam». — »e !• ptopiiélé d'AtoiIkité «wuidétée le sabot.
Cette propriété d'élasticité est-elle, comme l'a admis Uracy Claik, une conséquence de l'arrangement mécanique des dilfcrentes parties constituantes du sabot ou bien ne serait-elle, comme le peusait La-
PHYSIOLOGIE
fosae, qu'une qnidité de la substaiioe cornée, inhérente à elle et non dépendante de la conatraeCion spéciale de l'ongle?
Abordons cette question difficile et obscure encore, malgré les in* vestigatîons si multipliées poursuivies dans le but de la résoudre.
n nous fint recberdier d*abord si la disposition même des différentes parties constituantes du sabot nMndique pas, à elle seule, le but de leur assembla (];uis rordre où on les rencontre. La iiaiure est toujours si admlrattlcnit nt prévoyante dans ses plans et dans leur exénitioii, qu'il suffit souveui du simple aspect objectil dos instruments de la vie pour deviner leurs fonctions : et réciproquement, telle evSt l'étroitesse des rapports qui existent entre les conditions de ta structure et le but à remplir, que la connaissance de la ronclion conduit souvent l'observateur à rinterprétation de la disposition organique.
Or, ne semble-t-il pas ressortir, à première vue, de la construction même de la boite cornée, qu'elle n'est pas destinée à demeurer immutable dans sa forme. Si telles eussent été, en effet, les vues de fa
nature, si le sabot avait dù offrir une résistance insurmontable à Cous les efforts intérieurs, n'ciit-i! pas rte préférable que la nifiraille, celle de toutes les parties conslituanles de ron;;!c qui présente le plus de solidité, eût formé un cylindre parfaitement coulinu a lui-même dans toute sa circonférence.
il n'en est rien, cependant. Au contraire, par le mécanisme de la brisure postérieure de ce cylindre de la muraille et de l'inflexion centripète des barres, ie sabot se trouve divisé, pour ainsi dire, dans sa partie postérieure, en deux moitiés, réunies l'une & rauire par une substance plus souple, celle de la fourchette, qui remplit le vide laissé entre les extrémites rentrantes de la paroi : première et forte présomption pour admettre que la partie posterieure de l'ongle est susceptible d'une certaine mobilité.
En outre, dans ses eondiiioi]î> normales de forme et de structure, le sabot ne pose sur le sol, au premier temps de l'appui, que par le bord inférieur de la paroi jusqu'aux ares-houîanis inclusivement, et par la marge périphérique de la sole. La lourclieite, les barres et le centre de la soie restent élevés au-dessus du terrain, de près de 1 centimètre dans la partie centrale de Tongle, et d*un i 1% centimètre environ en arrière.
Ces rapporte de contact de la surface plantaire avec le sot, n'autorisent-ils pas à conjecturer» que le vide, laissé sousla région cen-
traie dtt pidd* a pour but d'en permettre rabaissement lorsque Telfort de ta pression augmente dans Tintérieur du sabot?
Ce ne sont là, sans doute» que des conjectures qui naissent dans resprit de l'observateur, à la vue de la disposition matérielle de Ton*
gle -, mais ce» conjectores doivent, ce nous semble, se transformer en cerliludes, lorsque Von considère les phénomènes qui se produisent dans un sabot fendii ion^'itudinalemcat aux régions de la pince ou dos quartiers. Au moment de Papnoi de l'ongle sur lesparlics postérieures, on voit les lèvres de la fenic qu'il porte se rapprocher trèsexactement dans toute leur longueur, et s'écarter, au contraire, lorsque le pied quille le sol. Quelle meilleure preuve veut-.oa de la peesîbtUté de i'écartement des deux moitiés du sabot dans sa région postAieure? N'est-ce pas là un phénomène identique à celui que présenterait un arc dont les Ûbres superficielles, brisées au centre de leur conmité, s'écarteraient dans le temps de Inflexion, et se rapprocheraient exactement lorsque l'are se redresserait?
Celle preuve de Texpansion possible de l'ongle, que Cournit Pobservalion journalière, trouve, du reste, sa coniii aiaiion dans les résultats des ingénieuses recherches de M. Reeve. Malgré les dénégations de M. TtIor^. il demeure démontré, ce nous semble, par les expériences du premier, ((ue le sabot éprouve, au moment de l'appui, un mouvement de dilatation, bien peu sensible sans doute, mais auffiaant,. cependant, pour qu'il prenne et conserve l'empreinte des painlee de fer qui ne (iaisaient qu'afOeurer sa surface avant le poser.
'MutOkf nous donnerons comme dernière preuve de la dilatabilité de l^Dfigie du cbeval, les phénomènes que l'on détermine à volonté, en flottsettant des pieds fraîchement détachés du cadavre à des efforts de pression, transmis à l'intérieur de l'ongle par la même voie et suivant la même direction que dans l'état physiologique. '
Si , par exemple , on détache Tcxtrémité d'un membre par un «■(iiip de scie donné sur la diaphysc de la première [i^v, l i bi un pince ce pied coupé entre les m^r^ d'un élan de grandes dimensÎDûS, l'un des mors s'appuyant sur ia troncature de la première phalange, et l'autre sur la face plantaire du sabot au niveau environ de la iDQitiô des quartiers, on verra, à mesure que les mors de féiau aéHmt rapprochés, d'abord le biseau se gonfler sur toute la périphé* rie de l'ongle, mais surtout au niveau des gldmes -, puis la lacune médiane eilea deux lacunes latérales s'élargir d'une manière sensible à l'œil éli«u toucher \ puis, enfin, le sabot revenir sur lui-même, en
i34 PHYSIOLOGIE.
veita de sa propre élastieité» lorsque Teffort de U preasioa aura
cessé.
Il est feeile de mesurer, dans œs eipérieaees, le degré de la dîlataiiOD que le sabot a éprouf ée, en marquant avee on instrument, de cbaque odié, dans la corne des talons, un point de repère, et mesurant avec un compas la distance qui sépare ces points l'un de Tautre, avant, pendant et après rexpérienee.
On voit, d'une manière certaine, ù Taide de ces mensurations, que le sabot se dilate en même temps par son bord supérieur et par son bord inférieur; que la dilalalion supérieure est plus considérable que rinférieure, lorsque, sous l'inllucncede la pression, les phalanges se renversent en arrière, et eompninent la masse des bulbes du cou^mnet plantaire; mais que la dilatation inférieure l'emporte sur la supérieure, lorsque la deuxième plialaoge reste en position perpendicu* iaire sur la troisième.
Du reste, comme bien on le pense, oette dilatation s'effectue dans des limites variables, suivant la forme des pieds, la force, la cousis* tance, Tépaisseur et la longueur de la corne; suivant aussi, eek va de soi, l'énergie des pressions. Nous Tavons vue varier entre 4 millimétré et I et 8 centimètres \ mais nous nous bâtons de dire que cette dilatation extrême ne peut s*obtenir qu*è l'aide de pressions énormes qui broient les os, déchirent et meurtrissent les tissus, et dépassent conséquemment de beaucoup les phénomènes de l'état physiologique, quelles que soient la masse du cheval et la quaaULé de mouvement dont on la suppose animée. Sous une pression modérée, égale approximativement h celle que supportent les pie 1^. (ians les conditions normales de l'appui, la dilatation que subit le sabolcst très-peu sensible, et ne se mesure que par des millimètres. Ces expériences nous semblent concluantes à démontrer que le sabot du cbeval est susceptible d*une expansion très^restreinte mais réelle.
Il ne fout pas objecter eontre leurs résultats, qu'on ne doit par établir de parité entre les phénomènes de la vie et ceux qui peuvent se produire après la mort. Le sabot étant un corps inerte, un appareil mécanique, doit se comporter de la même manière, sous l'influence des pressions dirigées en dedans de sa eavité, que ces pressions soient transmises par la masse du corps vivant ou par un tout autre
poids.
Nous n'invoquerons pas, comme témoignage à i appui de la propriété d'expausion de Tongle, cette empreinte poUe et brillante que
porte toujours, sur sa face supérieure, le vieux fer, au moment où on le détache du pied. A première vue» cette surfeee brillante ppurmit être attribuée au mouvement du aabot sur son fsr, et être considérée comme la preuve de rétaaiîcité plus grande dans les parties postérieures de Tongle» car la partie polie dn fer va toujours en s*élargissant depuis la pince jusqu'aux peints correspondant aux arcs* boutants.
Mais cette inki prélation n*est pas la bonne.
La marque brillante que présente le vieux fer sur sa face supérieure, Hiilique exactement par quels points il se trouve en i i pinu t avec la rorne, et n'est autre chose que la conséquence de la collisioa qui s'effectue touji»urs entre deux, malgré la solidité des moyens d'attache, à chaque pression du pied sur le sol. La preuve, c'est que» si on applique sous le sabot un fer plat sans ajusture, sa surface supérieure sera polie dans une bien plus grande étendue, partout où s'établira le contact ^ et si» dans les conditions ordinaires de la ferrure, c'est surtout à l'extrémité des brancbes du fer que la marque de firottement est le plus large« cela tient, d'une part, à ce que, au niveau des arcs-boutants, le sabot appuie sur le fer par une plus grande surface, et, d'autre part, au plus grand jeu de ressort que permet aux branches de ce fer la dissémination des étampures dans la région antérieure de l'ongle.
Celle empreinte brillante du sabot sur son fer n'est donc pas une preuve de la faculté de l'expansion do ron;;lo ; au contraire, elle peut être invoquée comme une tlénumslralion de la liinile excessivement restreinte dans laquelle ceiic expansion peut s'effccluer. En effet, si l'on compare, par la mensuration, les diamètres transverses du sabot à ceux delà figure ovalaire que son empreinte a laissée sur le vieux fer, on voit qu'il y a entre eux la plus parfaite égalité dans tous les points correspondants, et que le bord externe de cette em- • preinte est exactement coïncident avec la marge extérieure delà paroi. Ce qui prouve que le Jeu d'élasticité du pied, si imperceptible dans l'état naturel, est à peu près annulé dans les conditions ordi- naires de la ferrure.
Cependant, pour limité que ce soit le champ dans lequel peut se produire le mouvemeal tlV'xpansion de l oiiole, ce mouvement n'en est pas moins réel, ainsi que cela nous semble ressortir de la démonstration que nous venons de donner.
La force qui met enjeu cette expansibUité du sabot est la pres-
236 PHTSiOLoeiE.
sion qu'exerce dans sa cavité intérieure la troisième phalange chargée de tout le poids que lui ont transmis les rayons supérieurs.
Lorsque U troisième phalange sabit, au moment de Tappui du membre sur le sol, la pr^on de la deuxième, elle tend, avonmous dit, à exécuter un double meuvement dans l'intérieur du sabot : l*un de descente en ligne oblique en avant, suivant la direction desfeuil* lets ; Tautre de bascule en arrière en ligne oblique, parallèle è la direction de son plan articulaire.
Le prcinior de ces mouvements, borné par la résistance élastique dos feuillets de cliair, cn«rréfiés avec les feuillets de corne, et par Tobslncle que lui oppose le tampon rulidural, n*exprce qu'un effort cUiatateur à peine sensible, limité à la région du biseau, dont la corne molle et flexible est susceptible de céder un peu à la pression intérieure du bourrelet. De là ce gonflement de la couronne qu*on observe dans les expériences avec Tétau.
Mais le second mouvement qui s'effectue dans un ebamp plus vaste que le premier, en raison de la souplesse du coussinet plantaire dont les couches s'affaissent sous la pression, est surtout celui qui peut mettre en jeu cette élasticité dont Ton^^lo est doué.
Eu effet, lorsque la phalan;,'e .s'enfonce, pDur ainsi dire, sous le poids qu'elle supporte dans la cavité intérieure du sabot, elle tend à en opérer la dilatation, dans une limite excessivement restreinte, d'abord par Teffort qu'exercent, sur son bord supérieur en arrière, les deux projections fibro-cartilagineuses qui la surmontent , lesquelles cèdent un peu sous reffort et se resserrent en vertu de leur flexibilité propre, mais sont douées cependant d'une suffisante fermeté à un certain degré de pression, pour forcer le bord flexible du biseau à céder à son tour sous leur action propre : double mouvement de ressort qui est un des éléments principaux de l'élasticité dans la partie postérieure du pied.
Kn second lieu, le coussinet plantaire, eu s'affaissanL sous le poids . des phalanges, tend à récupérer, par son expansion latérale, l'espace qu'il perd en hauteur, comme fait une cire qui s'étale en s'écrasaut, et à opérer ainsi, en dedans des plaques cartilagineuses qui l'encadrent, un effort dilatateur qu'elles transmettent aux parties posté* rieures de l'ongle, deuxième cause de l'expansion du sabot.
Enfin, lorsque ce même coussinet plantaire est réduit, parla pression qu'il subît, à sa plus petite épaisseur, il devient susceptible de
transmettre lui-même la charge qu'il Supporte aux parties qui lui sont sooftjacentes.
C'est alors que la sole, les barres et la fotirdiette entrent en jeu, eomme appareils d'élasticité.
La sole et les barres fonctionnent, dans ce mécanisme, comme des ressorts très-tendus, dans lesquels la solidité prédomine sur TélasUcitéetdont les mouvements sont parconséquent Irès-llmilès.
Ainsi, par exemple, lorsque les pressions supérieures aboutissent sur la voûte de la sole, à laquelle elles sont transmises par le petit sésamoide qui marque sur elle prolondémont son empreinte, celle voûte qui, dans les conditions normales de conformation du sabot, ne porte jamais sur le terrain par sa face inférieure, s'affaisse, sous leur effort, à un degré toujours très-limité, mais variable toutefois suivant l'énergie de l'impulsion communiquée à la machine ; simultanément, ses deux branches s'écartent, sa circonférence s'élargit proportlonnetiement à son abaissement central et le bord inférieur de la paroi qui la chrconscrit et lui fait continuité, éprouve un mouve* ment de repoussement de dedans en dehors, exactement correspondant au degré d'afbissement que la sole a subi dans sa partie centrale.
Le mécanisme du mouvement des barres est analogue à celui de la sole, (jui leur est intimement soudé et avec laquelle elles font corps.
Convergentes Tune vers l'autre par leur bord supérieur et par leur extrémité antérieure, les barres sont disposées de telle façon, par le fait de cette double obliquité, que lorsqu'une pression s'exerce sur elles de haut en bas, elles tendent, en s'atfaissant, à devenir de plus en plus horizontales par leur face inférieure, c'est à-dire à se rapprocher Tune de l'autre par leur bord supérieur, et à s'en écarter par leur bord inférieur.
Or, de ces deux nfeuvements en sens inverse, le premier, celui de concentration, est limité et arrêté par la résistance élastique que lut oppose la fourchette, interposée entre les bords supérieurs des barres auxquelles elle fait continuité; tandis que le second, le mouvement excentrique ou d'écartement de leur bord inférieur, se communique aux angles d'inflexion et tend à en produire Texpansion latérale, de concert avec les branches de la sole, dont l'effort dilatateur, correspondant à l'affaissement de sa voûte, s'exerce au même moment en dedans de la partie postérieure des quartiers.
C'est ainsi que la sole et les barres, en s'affaissaut daas une très^
338 FRTSIOtMtB.
peiite limite sous la pression qui leur cftt transmise» tendant à produire une légère expansion de Tongie.
La fourchette eoDtnl>ue aussi pour sa part à ce rtouUat Lorsque le corps pyramidal^ qu'elle logo dans la cavité longUudi* nale do sa fooe $ui»ériettro» est fortement compriinét comme cela arrive, au moment où la maaae entiâra du oofps n*a d'appui que sur un seul membre, il tend alors, en vertu do sa propre expansibilUé, à élargir l'espace qui le reniermo. La fourchette, expansible ^eméme, se prête à ce mouvement qu'elle communique au bord supérieur des barres, lesquelles le transmettent, par la conliuuilé de leurs fibres, à K'iii buid ialèritur cl aux urcs-boutanls^ et, ainsi s'ajoute, dans la pa[ lie postérieure du pied, un nouvel elTort dilatateur à ceux qui résuiieut des actions simultanées de la soie cl des barres.
Ce mouvement d'expansion de la iourchetle est porté à son plus baut degré, alors que la pression s'exerce en plein sur le sommet de son arête, comme cela a lieu dans les allures rapides. Refoulée, pour ainsi dire, de baut en bas, Tarète de la fourchette tend à s'effacer ainsi que la lacune médiane dont elle est le relief intérieur $ les gldmea re« poussés latéralement par cette sorte d'épanouissement de Téminence qui les sépare, exercent sur les arcs-boulants, auxquels ils sont attenants, une pression do dedans en debors, qui porte rexpanaion latérale du sabot à la lunite la plus extrême qu'elle soit susceptible d'atteindre.
Tel n'est pas le seul rôle de la lourchetlc dans rélaslicilé. Les pressions qu elle supporte tendent à la rapprocher du sol dont elle est séparée par un vide dans les coud itiuns ordinaires de l'appui, et loi squ die Ta atteint, elle foncUoune encore eoiame appareil d'amortissement, en vertu de la cousistanee élastique de la corne qui la forme. Sa projection saillante, dans la concavité de la sole, lait alors l'office, au dessous du pîed, d'une sorte de tampon inerte qui, interposé entre les parties vives et la terre, contribue à atténuer les efforts des chocs, de concert avec le coussinet pUmtairedont la lourcbette n'ost, pour ainsi dire, que le complément extérieur.
Quant au jeu spécial des talons dans rébutidlé do Tongle, nous croyons que H. Gloag l'a un peu exagéré.
Sans dottio, cette région du pied jouit d'une plus grande souplesse que toutes les autres. Ayant exclusivement pour base les bulbes du cartilage et du coussinet plantaire que revct supcrieuicment la corne Ûexiblo des ^lùam et des pia((ues arciformes du périopie, les talons
peuvent se prêter avec tidlité aux pressioas transmises à l'intérieur deTougleet se renverser un peu en arrière lorsque ces pressions sont eioenîTes, eomme dans les allures les plus précipitées. G^est ee '^^nflrmeDt les résultats des expérieneee fiïites avec l'étata. BbiB si la renversemeiit des talons en arrière est rendu MU» par le peede résislanoe qu'oppose à Texpansion des bulbes la- eorae des glômes du pâ lupie, il n'en est plus de même de la flexion en bas» i ffDOiiBiet ôbetaole la résistance considérable des angles d*infletion dans l'intérieur desquels repose la base des bulbes. Celle résistance est telle, que nous n'avons jamfii> vu. dans VHmi. le talon du sabot s*abai««erîîii-(1i'->(ni< du niveau du plaii i iiit'-ni/iir dii pa'-l. l'îrii «fue cepeiidata ïa pression des mors de l'éiau ne s'exerçât que dans un point circonscril.
A ce dernier égard, l'idée de M. Gloag ne nous paraît donc pas eonpiélément juste, ^ns doute, lorsque Ton a diminué par rauiiuctaiomit la r^islance des arcs-bontants, et ménagé un vide eatre ]eB<ttm et la .ftioe supérieure des éponges du fiir, il peut se pro^ diiis«ft:légisr mouvement d'abaissement de ces parties ; mais-ee sont là daseirconstanoes exceptionnelles. Dans Pélat normal de loroa et d^pput^de^l*x»Qgle, ce fait ne nous parait pas se produire. ^■Mësiiite des développements dans lesquels nous venons d*enlrer : ♦«♦•a^tw le sabot, considéré dans son ensemble, n'est pas tompléiê* ment mimmUe dans sa (orme-, qu'il peut, dans une cerlaine limite très-rcslreinte, il est vrai, mais réelle, se prêter à l'effort des pressions intérieures ei reveiur, quand elles ro-îsont. à sa forme piimilivc, ce qui eon??itue ce que l'on a appelle boii eUniicité;
t** i^^ue celle élasticité est surtout manifeste dans la partie iiu>lérieure de l'ongle, là où l'eiiveloppe résistante de la paroi eslinterrom- IMte^ans sa continuité et remplacée par la corne plus Hexible des gid» lÉës de la fourobetle et des plaques ardformes du périople \ • 'i^IllMie est mise en Jeu, au moment de l'appui, par la somdw iHfpiNMllIoB» qve les phalanges transmettent î rintérieur de la bolié
' lèMQÎMfla dUètation qui résulte de ces pressioss nccumulta sé manifeste :
n. Tout autour du bord supérieur deTongle, dont le biseau fléchit un peu snus l'effort du bourrelet ^
h. D'une iiiaiiière plus sensible, au niveau des bulbes des caiiilages et du coussinet plantaire, qui exercent un eCfori dilatateur sur les
140 ramoMu.
gioincs de la fanrchctte ot !es replis arqués du périopie, et eu dèler* Bûnent le renverâemeut en arrière*,
c. Et, en dernier lieu, vers la circonférence inférieure delà parois i la légion postérieure des quirliers et au nivetu des talons, où Té* canement est le résuitat des actions combinées de la sole, des barres et de la fourchette, qui tendent à produire un moaTement excentri* que, en s'alfoissant sous le poids qui les comprime*
Ce mouvement excentrique ou de dilatation est d'autant plos mar* que, que l*effort de» pressions B*exerce davantage sur les parties postérieures de l*ongIe. Ainsi, par exemple, il est porté à la dernière limite qu'il peut alteindre, dans les allures les plus rapides de ranimai, au moment où ses phalanges couchées en arrière, en position presqiK' horizontale par le l'ail de l'extrême fermeture eu tivaiit de Tarliculaliou du boulet, rerouleut les bulbes renflés du rnu>,sinet plantaire entre les deux plaques cartilagineuses, et pèsent, de tout le poids dentelles sont chargées, sur le sommet de l'arèle de ia fourchette, en sorte que, par cette heureuse disposition mécanique, ia puissance de ressort du sabot se proportionne d'elie-méme, pour ainsi dire, à l*énergie des efforts qu'il doit supporler.
En exposant cette théorie de Télasticité du sabot , nous nous sommes inspiré, on a pu le voir, des idées principales que Bracy Qark a formulées sur ce point si important de la physiologie du pied du cheval, mais nous nous sommes efforcé de les dépouiller de tout ce qu'elles présentent d'exagéré dans Texposé qu'en a fait ce célèbre vétérinaire.
Dans la conception de Hracy Clark, en effet, Télasticité du sabot est une propriété si évidentt; et qui frappe si immédiaternent les sens, qu'elle ne saurait, suivant lui, être mieux comparée qu'à la .souplesse des branches flexibles de rosier; idée fausse par son exagération même, et contre laquelle on ne saurait trop prémunir, parce quelle est une de celles qui ont exercé Tinfluence la plus Ûcheuse sur ia pratique de la ferrure. N'est-ce pas en vue de la conservation de ce qu'il oroyail être dans l'ongle une véritable &culté d'expansion, que Bracy Qark lui-même a dépensé tant d'efforts d'argent et d'intelligence, pour rendre usuellement applicable aux pieds du cheval le 1er à charnière simple ou multiple. Les différents fers à patente de Coleman,4nvention malheureuse s'il en fut, ne sont-iispas le produit de la même préoccupation excessive, et tant d'autres conceptions du même ordre, dont 1 biniou e âera mieux placée ailleurs. Mais c^est
st tk Locowmoif .
surtout dans les manœuvres pratiquées sur Tongle lui-même qu'on lecoDuaii la pernicieuse influence de ces doctrines exagérées. N'est* ce pas elleSt en effet, qui ont conduit à la pratique déplorable de diininuer, jusqu'à mince pellicule, l'épaisseur des barres, ces sortes d'éiais disposés par la nature pour mettre obstacle au retrait de Toa* gle sur lui-même? N'est-ce pas d'elles que déri?ent, en Ugne directe, ropération d'amincir jusqu'à la rosée Textrémité des brancbes de la sole, daos rintérieur des angles d'inflexion ; celle d^abattre les talons pour diminuer d'autant la résistance qu'ils opposeraient, d'à-» prùs la lliôorie, à la dilatabilité de l'ongle^ et cette pratique insènsée, si souv. iiL mise en usage, cependant, d'ouvrir les talons, c'est-à-dire de roinjire avec rextrémité du drawing huife ia coiUiniiité dos arcs-!)()iii;iiits, poui- lioMner à la partie p^siérieure de rongie plus de souplesse et d élasticité? Autant d opérations déplorables dans leurs résultats qui vont contre le but qu'elles se proposent d*atteindre, car, en diminuant la résistance du cylindre du sabot, dans sa partie postérieure, elles ne tendent à rien moins qu'à en déterminer le resserrement.
Combien était mieux inspiré notre Lafosse, lorsqu'U conseillait de laisser aux talons leur hauteur et toute leur force de résistance pour conserver au pied toutes ses propriétés.
Cest que, en effet, ces réglons de l'ongle que Tancienne maré* ehalerie a si heureusement désignées sous le nom d'ares-boutants (arcns pulsans, arc qui pousse), ne sauraient avoir trop de solidité pour s'oppoiicr au mouvcaiciU tic r»Mr,ili «luc la boîte cornée, en vertu de sn forme (»t dos qualités de sa sulistance, tend incessamment à éprouver siir elle-mi-iih^ : îi'-iiioiii ee resst'i'reiiieni iiiévilable qu'elle subit lorsqu'elle est séparée des parties (|u'ellê nMilerme, et dépouillée par révaporation des liquides qui l'imprègueiit, resserrenii ut si puissant, que même, en remplissant le sabot de plâtre et Tétayant en dedans avec des poutres de fer, on ne peut arriver à y mettre cornbêtement obstacle.
L'art du maréchal doit se proposer pour but à atteindre, de con-
miw an sabot l'intégrité de sa forme si essentiellement liée à celle
dcaa fanction. Ce résultat, on l'obtiendra en laissant toute leur fiirofr
de résistance aux barres et aux arcs-boutants, et non pas, en lédoi*
sauf leur épaisseur par des amincissements Inconsidérés, pour tâcher
d'augmenter, dans ia boîte cornée, les conditions de sa iingitleste et
de sa JUjiJiùiUié; propiiéleà qui m lui soat uiliéi entes à des degrés
te
extrêmes de ticveloppement, que dans les rêves des physiologistes, mais qui, ea réalité, n'eustoot que dans une tràs-pelite mesure.
ÂM, et Dou» îMlstei» sur oe poiot, pam qu'il est eapiM, ce que Ton ippella la dilatalilUtè sabot, son ex|»aii8fiillité, son élaatkUè, don se réduire à ee fUt, qu'a ii^est pas absohment inamlable dans sas dinensioiisi que sa rigidité n'est pas teile quH ne puissese prêter à Toxpanaion des parties intérieures , mais, dans dea limites si restreintes, que le monvwnent qu'il anbit est à peine pereeptil^le à nos moyens d'exploration.
Ce n'est donc pas dans le sabot, considéré comme appareil mécanique, f[U(^ léside la plus grande puissance (^îastîqu * de l oxtrémité du membre, mais bien dans les parties (4ue le sabot renferme : dans la cutidure, dans les membranes d'enveloppes de la phalange, et surtout et principalement dans ses prolongements cartilagineux et dans son couasinet plantaire.
Ce sont ces parties qui, en vertu des propriétés dont elles jouis^ sent de s'étendre , de se resserrer et de s*épanouir, cliangent de forme sous rinfluence des pressions, et laissent s^amortir et s'éteindre, dans la souplesse de leur substance, les derniers effets des
chocs.
î.a ( ompressibilité dont elles sont douées, qui leur permet de se réduire si facilement h un plus petit volume, ne rendait pas nécessaire que le sabot se prêtât daus une grc^ide étendue à Iciur actioa expansive.
La construction toute partieutière du pied de i'&ne et du mulet donne bien la démonstration de la lanctipn principale que rempUa» sent, dans r^asUoilé, les parties llexibl^ contenues dana la bmte cornée.
Chez ces animaux, le sabot est complètement ineûi^ansible, l\ est si étroit, si haut et si fort eu talons, si profond daus sa sole, si r( tant dans ses harros et ses arcs-boutants, si épais, si rigide, qu'il n'est pas admissible qu'il puisse se prêter au plus petit mouvement de dilatation intérieure, et cependant celte conformation de l'enfo* leppe eomte du pied ne met aucune gènoà la liberté des mouvements. C'est que son inflexibilité est contrebalancée par le grand déveioppement relatif du coussinet planlaiie et dos cartilages latéraiix qui sa projettent» en arriére dn la tioîsièiie plialangn» dans une étendnetlraiMHip ptaia conaidétaUe quadan^ le cbeivnt eitngnen-
lent MMi do beiiloolip la partie élastique de la première assise (te-
langienne.
Ën résumé, les phteoinônes essentiels de PèlasIiM de la légion digitsto se panent dans la earitèmèDe delà boite oornéOé
«Cette boite ne eoneonrt à leur produetMn i|tte dans une trèe-petîte nMawe* pvisqiie le mouTemenl d'expansion latérale dont eBe est le siéfe ne peut se produire <|iie dans les limites eieessi veinent restreintes que lui impose fatalement Tclasticité si Ijofnte des lames poUopli) lieuses et de leur réiiGuhim sous-jacent.
Au delà de ces limites, rexpaiision de Tongle Qe pourrait s'eilecluer sans en déterminer îe désengrènement.
Certaines tormes do bleiraes nsvenduntes, le long des lames kéraphyiieoses, ne reconnaissent peut-être pas d'autres causes qu*un effarilpôs-puissant de dilatation extrême i|oe le sabot a subi dans un temps donné?
* ClBB|ee.qae nous apprécieron» an diapiive de la pathologie
DES APLOMBS COPfSIDÊBÉS DAPiS LA BÉGIOIY DU PIED.
Après avoir étudié, dans les paragraphes précédents, les oondW tions générales de la structure du pied, et oberché à faire apprécier le mervelUeux mode de fouctionnemeitt des diflérentes parties qui le composent, comme appareils producteurs, tout à la fois, de la forée
et de i^élasticilé, il nous faut maintenant consacrer quelques développements à la considération des rapports de longueur et de direction des rayons phalangiens, avec ceux des réglons molacarpiennes ou métalarsiniiies -, rapports de l'harmonie et de ta régularité, desquels dépend la production de la plus grande somme des effets utiles de la part du mécanisme du pied, avec le moiu& de déperdition poa-
* Le tirage de la feuille qoi précède cellc^eî éiatl dit» lorsque notis avons es-
lendtt M. Reyoal donner communication à la Société nationale et < cnlrale do médecine véterinaiie, dans sa séance du 9iit;fi i h5I, d'une série d'expériences qu'il avait faites, pendant (lu il servail coinine vcliirinaire mililaire, dans k but de reconnaître suivaiil quel mudti «.l dans quelle éleudu^ t»e produi^aille mmnrement d'élasticité du sabot» admis par Rracy ClArk. GBSUipérieBeesoM quelque analogie avec celles de M. Rcev( j u nous avons relabias plus lumi, et leur sont antérieures , puisqu'elles daieni de ïS i5 ; niais comme elles sont restées jusqu'à ce jour Jiiediles, nous u'avons pu en faire lucnliou ailleurs que dans cette note. KUes tendraient^ d après M. Régnai, à démontrer que la di* iMatilm da salrat à m dreoiféreiiee i^ta^ est eoiiiplét«neat ailla.
244 vtnmuom.
sible des forces. C'est là une quesUoa d'uae importance supérieure dans l'applicatiOD.
Il n'entre pas dans le plan de ce travail d*étttdier toutes les lignes d'aplomb des colonnes locomotrices. Nous rappellerons seulement quMI faut entendre, sous ce nom, des lignes perpendiculaires, coaduites de certains points d^élection des régions supérieures yen le sol, lignes imaginaires auxquelles l'observateur compare la dûection des membres d'un animal, et qui lui permettent d'apprécier si cette direction est telle, que le poids du corps soit réparti sur les rayoas arlicLiIaires, dans les conditions les plus favorables pour la solidité du soulieii el ia libre exécution des mouvcmenls.
Dans la ré(5âon du pied ilu cheval, Taplomb ne peut être considéré comme régulier, qu'aulaiil (jue les rayons du liit lacarpc ou du métatarse, dans la station immobile, suivent une direction parfaitement perpendiculaire au sol et se rùunisscnl à la première phalange, en formant avec eUe un angle obtus de 135 à 140 degrés environ, ce qui suppose que le sabot rencontre la terre sous un angle variable entre 45 et 40 degrés K
C'est dans ces conditions de perpendicuiarité absolue du rayon du canon et d'inclinaison des pbalanges sur ce rayon et sur le sol, que la répartition du poids du corps w trouve le plus régulièrement faite sur les os et sur les soupentes élastiques qui leur sont annexées ) c'est dans ces conditions aussi que l'action musculaire
* La figure ci-joinle fait comprendre que telle doit être, en effet, la mesnre relative des angles du boulet et du pied sar le soL
Soit AB le canon perpendiculaire et BC le levier phalaogien.
Il est évident qne, si l'on admet que l'angle bgd, formé par la rencontre du yml avec le sol , est égal à 45 degrés, l'angle abc doit égaler 135, cet angle étant la somme d'un angle droii abc' et d'un antre angle c'bc - bcd,
comm»:" !;< construcfinn ririilirfue.
Mais il doit éire bien entendu ! - --^t
que celle dcmonstraliou géoiué- T trique ne peut pas être prise à sa lettre rigoureuse. En fait d'angles formés par les rayons OS- — d — seux, il y a tant (îo vitrîations
individuelles, qu'on ue doit admettre qu«î des mesures approximatives de leur OQTefftnie.
nE LA LOCOMOTION.
s'effectue aveo le plus d'avantage pour la production du aiouvement, et que les ressorts arttoulaires fonctionnent avec le plus de sûreté*
n est facile de comprendre, en effet, à première vue et sans autre démoostration que l'aspect simplement objectif des parties, que si les rayons phalangiens affectent sous le canon une direction qui se rapprocbe de la perpendiculaire, le bénéfice de Tangularité du boulet^ comme instrument d^èlasticité, se trouvera proportionnellement annulé, puisque, dans de telles conditions, la plus grande somme du poids du corps sera supportée par les assises osseuses, et que les soupentes élastiques, représentées par le ligament suspenseur et les tendons fléchisseurs, n agiront plus que comme moyens de contentioii ou comme cordes de transmission ilu laouvement.
Si, d'autre part, les phnlnnijp^ Uop oblioms sm li^ I i'! "iis le canon, un effet inverso se produira. Pnr Ir nirdK- Ui trop grande obliquité de la surface de rapport de la pi emière phalange avec le rayon métacarpien ou métatarsien, une plus grande masse da poids du corps tendra, en effet, à être déversée sur les grands sésamoides et sur les appareils funiculaires qui les suspendent et les soutijennent : répartition nuisible, qui diminue les conditions de la résistance; des ressorts, en exagérant celles de leur souplesse, et aboutit infailliblement à en causer la destruction.
On^peut donner une démonstration géométrique de cette propositiony;en empruntant à Bourgelat, Fune des ingénieuses idées qu*il a exposées dans son Traité àe ferrure.
«Soit à présent, dit Bourgelat, lo sabot de Tanimal envisagé « comme l'extrémité d'un levier résultant de l'os du paturon et de la « couronne : le point d'appui sera sous lu laimn, d lus la direction a de Taxe de cette partie -, lo bras accordé à la i r^istiince se trouvera « dons In portion du paturon, dépassant en anièie cette ligne de di- « rection, ainsi que dans les os sésamoides; celui de la puissance, « enfin, aura toute la longueur restante du paturon et toute celle de « ]a couronne et du pied jusqu'à la pince. Ce que nous entendons « par la puissance, ne peut être autre cbose que la réaction du sol « contre le poids de ranimai, et nous supposons ici les articulations f du pied avec la couronne, et de la couronne avec le paturon, dans c le moment d'inflexibilité que produirait la tension du tendon.
« Dans cet état, et hors de la station du obeval, il est évident que « le poids de la machine sollicitera sans cesse la diminution de Tan- « gle, qui a lieu au boulet entre l'avant du canon et le dessus du
PHYSIOLOGIE
< [Mturon, et que là seate forae qui pourra ft*opposer à ee que cet « an^le soit de plus en plus resserré, n'agira que par le teadon aidé « du bras lermfné par les os sésamotdes K »
Représentons par une figure cette ingénieuse pensée» pour li rendre plus flhippante et en eompléter la démonstration.
Soit, dans la figure I"» ci-jointe, le profil de la région du pied depuis le milieu du inélacarpo.
La ligne brisée abc, représente le levier fictif qu'admet Bourgelat-, B est le point d'appui de ce levier, sous le rayon du cannn, au ceulre de l'articulation raétacarpo-phalangîennc ; ab est le bras de levier de la r»^sistance , représenté? par les tendons qui <(Mit sur la surface postérieure des sésamoides, et bc est le bras de levier delà puissance représentée par la réaction du sol contre le poids du corps, ou, en d'autres termes, la réaction étant égale à Taction^ bg peut être considéré comme le bras de levier du poids du corps luimême faisant antagonisme aux tendons.
Or, dans un levier brisé, la mesure de ta longueur des bras est donnée par la perpendiculaire abaissée d*un point de la direction de la force sur le point d*appui. Dans la Figure I<«, an est donc la longueur réelle du bras de levier bc, et comme le poids du corps est tenu e& équilibre en b par la résistance des tendons et par eellc du sol , H y a conséqueramcnt équilibre entre la lorce ta (celle des tendons) agissant en A sur ab, et la force p'c (celle du sol) agissant en c sur cb. Ce que l'on peut formuler géométriquement, en disant que ta X
* Bourgelai, ettai ihiori^ê Hpral^pu iur la fmwt ; Paris^ an XII, p. Vi^
DE LA LOOOMTTOll
= r'c XDB. (DB étant égal à cb comme nous venons do l'établir.)
Ceci posé> il deTieiit évident, par le seul examen de la Figure H, que lorscjtie « k poids de la machinâ eollioiti la diminution de l'angle
< <|Ui ê lieu au Imulet, enim Vmni du etiCoD et le dessus du palu*-
< fm^% la ibrœ ti a A luttereentreim «iitaf oniaae depliia«Dplii| pufSBàiH) poiâque« à mesura que Taugle vnc se ferme» la longueur du braft de levier db augmente proportionueneiuent, oettune laeeu* structîon de la Figure 11 le démontre évidemment. H faut déBjC» pbur quel» poids du corpereeleen «qulMlMreeii quel'lnttMflèd'aelloiide t Ji iOll augmentée aussi proportionnellement même à l'au^Mneniation de foreo que donne à i'"c' rallongement de son bras de levier; d*où il n^sullc, en d'autres termes, que les tendons ont d'autant plus à sup^ i*ui ter et à faire résistance comme appareils de suspcnsiou, que l'angle mêla rfirpo n:i mélatarso-phalangieu Icnd plus à se fermer.
Celte première démonstration conduit à bien comprendre que « si « le bras de levier de la puissance (cb ou c'b' dans les Fi}^ures I « et II) est exagéré conlre nature, connu dans les chevaux lou^f- «Jotnide».par eiLemplOt ces mêmes tendons seront dislendiia par € une farce bien plus considérable, puisque Texcès de ce bras sur mttmûb la rèiistauce sera ptui grand, et evoa etffd» dans les dbetf mt oourmoiniéft «. *
Mi^M lusaortir la vérité deuette propontlou pur un» Ûg unk.
• «lltttiFiguralII,dauftlà- t ?
^0àè>éè lreav«ttt misée en i i
>4BBt» par la seule inspection ^ eette figure, que le bras de levier rde la force r'c (la réaction du sol) opposée à celle dea tendons t a, s'est consi»
' itou^ela^ loeo àtato, p. làg.
pftrfiilèle pour frapper, par k c u m p maison, les dispositions les directions les plus diùéronio'i des régions phalan^'i( liiu s, à savoir : d'une part, la brièveté et la rectitude de leurs rayons, et, d'autre part, leur longueur et leur iottttoilMHi. li demeure m-