‹ Traité de la carie dentaireChapitre 10 sur 36 · LÉSIONS ANATOMIQUES DE LA TROISIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

LÉSIONS ANATOMIQUES DE LA TROISIÈME PÉRIODE

D'autres altérations accessoires s'observent encore dans certaines caries; ainsi on constale parfois que la cavité est occupée ou remplie par des productions molles et saignantes. Ces productions reconnaissent plusieurs origines : tantôt elles proviennent de la gencive irritée par le voisinage de l'altération et devenue le siège de fongosités ; elles sont alors absolument étrangères à l'organe dentaire lui-même et présentent la composition ordinaire à ces sortes d'altérations; tantôt on observe des productions formées du périoste dans les cas de carie ayant envahi le collet ou développée à ce niveau. Ce sont alors de véritables polypes dont la masse occupe la cavité de la carie, et dont le pédicule s'attache au bord terminal du périoste ; tantôt enfin, ce sont de véritables tumeurs de la pulpe, constituées par l'hypertrophie directe de l'organe, qui fait ainsi hernie hors de sa cavité naturelle, pour former une production molle, arrondie, saignante, dans laquelle l'examen microscopique retrouve la constitution de la pulpe normale. Nous avons, dans un autre travail, signalé et décrit ces espèces d'altérations et nous n'avons pas à y insister ici

Cet état de la maladie avec complications diverses de la part de la pulpe ne se produit pas constamment, et, dans certaines caries qui pénètrent brusquement dans la cavité centrale, cet organe peut être frappé d'inflammation générale et violente qui amène sa gangrène et sa disparition totale. La cavité reste désormais entièrement libre et laisse pénétrer dans toutes ses parties le stylet explorateur ; le pertuis, agrandi peu à peu parles progrès de l'altération, permet aux deux cavités superposées de se réunir et de se confondre jusqu'à ce que la destruction continuant son cours fasse disparaître les parois de la carie proprement dite. Alors la cavité de la pulpe devient à son tour celle de la carie même, puis celle-ci s'affaissant également, l'organe dentaire se trouve réduit aux seules racines restées contenues dans les alvéoles. Ces racines observées alors ne se présentent plus que sous l'aspect de petites masses molles, spongieuses, dans lesquelles le stylet pénètre avec la plus grande facilité et qui, à un examen plus minutieux, sur une coupe, n'offrent plus que le tissu d'ivoire ramolli et désorganisé passivement.

* Voy. Mémoire sur les tumeurs du périoste dentaire, 18G0, pages 50 et 58, et planche, fig. G et 7.

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