‹ Traité de la carie dentaireChapitre 23 sur 36 · III. TROISIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

III. TROISIÈME PÉRIODE

La troisième période de la carie commence avec le moment même où a été pénétrée la cavité de la pulpe. Cette phase de la maladie appartient aussi bien à la forme lente qu'à la forme rapide, avec des différences toutefois dans l'époque tardive ou précoce de la pénétration. Le moment de l'envahissement par la carie du centre de la dent varie encore suivant l'âge des sujets, car l'on sait que le volume de la pulpe, considérable chez l'enfant, diminue progressivement pendant le cours de la vie et que cet organe finit chez le vieillard par disparaître. Il résulte de ces circonstances que, toutes conditions égales d'ailleurs, une carie découvrira le centre d'une dent bien plus prématurément chez les sujets jeunes que chez les autres. Aussi les caries profondes et douloureuses sont-elles relativement plus rares à la vieillesse.

Quoi qu'il en soit, cette période ultime de l'altération diffère comme les précédentes dans sa physionomie particulière, suivant

CUAP m. MARCHE, SYMPTOMATOLOGIE.

qu'elle répond à l'un ou l'autre des deux types que nous avons suivis dans cette étude. Nous devons donc envisager successivement la forme lente et la forme rapide.

Lorsqu'une carie à marche lente franchit à sa troisième période la limite de la cavité pulpaire, elle peut rencontrer l'organe avec son volume et sa constitution ordinaires; mais ce fait est rare et le plus souvent en raison même des lenteurs de la progression, l'organe a diminué notablement de volume; il est divisé en lambeaux ou en partie transformé en dentine et la cavité qui le contenait, proportionnellement réduite d'étendue, devenue anfractueuse, inégale, cloisonnée par les dépôts irréguliers dont elle est encombrée. L'altération arrivée ainsi au contact des débris de pulpe anéantit aussitôt de leur part tout phénomène de dentification ultérieure, les frappe de gangrène et se faisant jour ensuite dans les vacuoles qu'ils laissent libres, occupe ainsi le centre même de la dent et étend ses ravages sur les côtés, détruisant les cloisons ou productions quelconques de dentine secondaire et jusqu'aux couches régulières d'ivoire sousjacentes. En général cependant, ce phénomène de cloisonnement et de production de masse d'ivoire peut être assez prononcé pour que la carie, à ce moment de la pénétration, rencontre une barrière susceptible de retarder notablement sa marche jusqu'à ce que, par son énergie croissante, elle détruise enhn ce nouvel obstacle et poursuive les derniers fragments de la pulpe jusqu'à leur entière disparition.

Si la carie rencontre au centre de la dent un osselet complet de dentine consécutif à l'atrophie totale de la pulpe, elle doit, pour avancer au delà, être douée d'une certaine activité nécessairement supérieure à la résistance et à la densité du tissu de nouvelle formation, car sans cette condition elle reste frappée d'inertie et s'arrête pour passer à l'état de carie sèche. Dans certains cas enfm, la cnrie perforant la paroi pulpaire, trouve la cavité complètement libre dans toutes ses parties, sans présenter aucune trace ni de l'organe ni de productions secondaires de dentine quelconques. Cette particularité est due à ce que la pulpe a été frappée de mortification ou de résorption pendant le cours de la seconde période, sans avoir pu entreprendre aucun effort de résistance. La maladie locahsée alors

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