TROISIÈME PÉRIODE
peuvent même se multiplier à un tel de^ré qu'ils constituent une véritable névralgie hémi-crànicnne.
Quoi qu'il en soit de ces douleurs fixes ou erratives, sur lesquelles nous aurons à revenir à propos du diagnostic, elles appartiennent toujours, suivant leur intensité, à Tétat inflammatoire plus ou moins étendu de la pulpe dentaire. Si cet état est borné simplement à une irritation superficielle, il pourra ne se produire que divers étals névralgiques voisins ou éloignés; si l'inflammation est générale, la douleur change de physionomie, et restant, alors locale avec ou sans irradiations nerveuses, elle devient continue, lancinante, avec exacerbations passagères et pouvant acquérir une intensité telle qu'elle est considérée comme une des plus vives qu il soit donné d'éprouver.
Ces crises, résultat de l'inflammation générale de la pulpe dentaire, doivent encore une acuité nouvelle à un phénomène particulier, son étrancjlement au sein de la cavité qui la renferme. Ce phénomène peut même s'observer par l'exploration directe. Si on introduit, en effet, au fond de la carie et pendant une crise un instrument explorateur, on rencontrera aisément au niveau du pertuis la pulpe gonflée qui se présente immédiatement à l'ouverture, et dont le contact est très-pénible ; puis si l'on répète la même manœuvre après la cessation de l'accès, l'instrument doit pénétrer plus ou moins profondément pour rencontrer l'organe qui a repris ainsi son volume normal.
Lorsque la troisième période de la carie est déjà avancée et que la paroi de la cavité de la pulpe a subi elle-même une destruction partielle, l'organe, après avoir éprouvé une série de crises inflammatoires qui ont entraîné la perte d'une portion de son volume, se trouve réduit à l'état de lambeaux qui peu à peu disparaissent à leur tour, et la cavité complètement libre est livrée dès lors passivement à la destruction. La couronne ainsi pénétrée jusqu'à son centre ne tarde pas à s'affaisser dans toute sa hauteur, laissant dans la mâchoire les racines seules maintenues par leurs alvéoles.
A la disparition de la couronne sous l'envahissement de la carie et à la mortification de la pulpe succède alors une série d'actes destructeurs purement passifs qui ont pour siège les racines ellesmêmes ; le ramollissement poursuivant son cours pénètre alors au