‹ Traité de la carie dentaireChapitre 30 sur 36 · TRAITEMENT PRÉVENTIF · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PRÉVENTIF

collutoire alcalin. La petite opération doit être faite avec un bout de bois taillé de manière à gratter la surface dentaire sans risquer de l'entamer. Quant à l'application consécutive, nous proposons l'emploi soit d'une petite bouillie aqueuse de magnésie étendue en badigeonnage, avec un pinceau, sur toute la surface des dents et du bord alvéolaire, soit mieux encore d'un collutoire au bicarbonate de soude. Nous rejetons complètement de la composition de ce dernier la présence du miel, excipient ordinaire de ces sortes de préparations et dont l'influence est délétère pour les dents; nous proposons de le remplacer par une autre substance assez molle et visqueuse pour retenir, sur les parties recouvertes, l'agent alcalin. La formule à laquelle nous nous sommes arrêté est la suivante :

Bicarbonate de soude 8 grammes.

Mucilage de gomme adragautc 20 —

Mêlez avec soin.

Une application matin et soir.

Si un état local de la bouche ou une affection générale de l'économie ont pour effet de changer la réaction de la salive en provoquant, au sein de cehe-ci, des fermentations rapides, les moyens préventifs devront consister dans la pratique de soins très -minutieux de propreté, afin d'enlever du contact des dents les substances fermentescibles ou les ferments eux-mêmes, et l'emploi des dentifrices alcalins destinés à neutraliser sur place les produits de fermentation. C'est surtout dans les troubles digestifs, dyspepsies, gastralgie, etc., avec salive visqueuse, mucosités blanchâtres abondantes, que ces précautions sont indiquées.

En ce qui regarde les dentifrices eux-mêmes nous exposerons , dans une autre publication et en traitant spécialement de l'hygiène de la bouche, notre manière de voir à cet égard, mais nous pouvons dire ici qu'en ce qui concerne la prévention de la carie dentaire, le dentifrice doit toujours être alcalin, pulvérulent, et que sa confection ne doit être confiée ni aux parfumeurs ni aux autres débitants de cosmétiques, mais formulée par le médecin lui-même, qui variera, suivant le cas, la dose et la nature des substances actives qu'il doit renfermer.

ClIAP. V. TRAITEMENT.

Un dentrifice dirigé dans le but spécial qui nous occupe, doit se composer : 1° d'un excipient inerte, poudre de charbon, carbonate de chaux, pierre ponce, etc., réduits par la porphyrisation à une ténuité extrême ; 2*^ de la substance alcaline, bicarbonate de soude ou magnésie ; 3° d'un aromate, huile essentielle odorante.

Voici une formule que nous avons l'habitude d'apphquer aux cas de ce genre :

Charbon véofétal porphvrisé et lavé. )

^1 .11 ) . , . aa 20 fframmes.

Carbonate de chaux ) °

Quinquina rouge pulvérisé 12 —

Magnésie calcinée 8 —

Essence de menthe 5 gouttes.

Mêlez.

On peut encore, pour les mêmes cas, joindre à l'emploi de ce dentifrice l'usage de lotions alcalines fréquentes dans la bouche, et nous conseillons d'ordinaire des lavages avec de l'eau de Vichy naturelle ou de l'eau artificielle à 8 ou 10 grammes de bicarbonate de soude par litre.

Quelques praticiens ont aussi consulté les lavages à Feau de chaux ou à l'eau de craie; nous les avons employés, mais leur saveur trèsdésagréable causait une grande répugnance ; on pourra cependant y avoir recours en ayant soin d'aromatiser fortement le liquide.

Ces moyens ont un effet incontestable, et dans un grand nombre de circonstances, nous avons pu constater que des caries imminentes, pendant le cours de certaines maladies, ont pu être évitées ou que diverses altérations multiples, développées à la convalescence, ont été suspendues dans leur marche et sont passées à l'état de caries sèches.

La préservation de la carie, lorsqu'elle est causée par diverses substances alimentaires ou médicamenteuses, est, en suivant la même méthode, également possible.

Parmi les substances alimentaires, celle qui doit être signalée en premier lieu est le sucre, sous toutes ses formes : sucre cristaUisé, sucre fondu ou sucre d'orge, bonbons, miel, etc. Nous avons vu combien est puissant, dans la bouche, cet agent d'altération, et nous restons convaincu qu'on doit le rendre bien souvent responsable des caries

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