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LÉSIONS ANATOMIQUES DE LA DEUXIÈME PÉRIODE

triple de son étendue apparente. Il peut aussi résulter de cette circonstance que la carie une fois réduite à sa paroi d'ivoire résistante et normale, se rapproche sensiblement de la cavité de la pulpe de manière que cet organe, sans se trouver précisément à découvert, ne reste toutefois protégé que par une lame plus ou moins altérée, quoique susceptible de reprendre, par une thérapeutique appropriée, sinon son organisation première, du moins le retour à un certain degré de résistance et de densité.

A l'étude microscopique dans une coupe mince, passant par le milieu de l'orifice extérieur de la carie et le centre de la cavité de la pulpe, on observe les particularités suivantes :

Les bords de l'émail, au niveau de l'orifice extérieur, sont friables, crayeux et présentant les traces d'une désorganisation profonde, qui se prolonge dans une certaine étendue sur les côtés (pl. I, fig. 4, d). Ces bords d'émail peuvent conserver encore une certaine résistance, de manière à surplomber la cavité sous-jacente qui, par son accroissement, les isole et les détache de plus en plus. Audessous de ces bords s'observent les couches les plus ramollies de la paroi, jaunâtres, transparentes, et comme ambrées; on y distingue encore dans certains lambeaux les traces de l'organisation première et quelques faisceaux encore visibles de canalicules (pl. II, fig. 2, d). Au-dessous de ces couches, dont le ramollissement décroît en se rapprochant du centre de la dent, on rencontre des lames d'ivoire transparentes, homogènes, privées de leurs canalicules qui sont oblitérés et circonscrivant en quelque sorte les parties précédentes ; plus profondément encore s'observe la couche d'ivoire restée normale ou présentant les traces d*un certain degré de résistance organique par son passage à l'état compacte.

Arrivé sur ce point de la préparation, l'observateur rencontre, à la limite la plus profonde de cette couche, la cavité centrale, dont le contour et le contenu peuvent être restés réguliers et normaux, mais qui souvent présentent des troubles plus ou moins considérables. Lorsque la carie, par sa marche^ a provoqué de la part de la dent les phénomènes divers de résistance que nous avons déjà signalés, la cavité de la pulpe peut avoir perdu sa forme première

52 GHAP. I. ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

par la production d'une couche de denlirie secondaire plus ou moins épaisse sur le point qui répond à la carie. Cette production peut affecter les formes les plus variées. D'abord c'est un petit renflement saillant dans la cavité (pl. I, fig. 6, e). D'autres lois on constate une protubérance plus volumineuse comme un osselet renflé, adhérant par une sorte de pédicule au point de la cavité qui répond à l'altération (pl. î, fig. 7, e). Dans d'autres circonstances où les fonctions de la pulpe ont été plus brusquement troublées, on constate une espèce de cloisonnement irrégulier subdivisant l'organe en plusieurs lambeaux (pl. II, fig. 1 et 2, e). Tantôt enfin la pulpe tout enlière a disparu sous l'envahissement progressif de la dentine secondaire qui a oblitéré complètement la cavité centrale ainsi que ses prolongements radiculaires, et représente ainsi une masse de dentine occupant régulièrement la cavité de la dent, dont il prend et conserve la forme exacte (pl. II, fig. 3, et fig. 4, A et B)^

Ce phénomène de dentification complète de la cavité de la pulpe, qui se produit normalement chez le vieillard avant la chute spontanée des dents et qui est ici un phénomène curieux de physiologie pathologique de la carie, ne suit pas toujours cette marche progressive et régulière qui aboutit à la disparition complète de la pulpe, à laquelle se substitue une masse d'ivoire de même forme et de même volume. Dans un certain nombre de cas, le phénomène procède irrégulièrement, de sorte qu'au lieu d'un bloc régulier on trouve au miheu de la cavité centrale et parmi des débris de pulpe plus ou moins modifiée, des fragments durs adhérant tantôt à un point de la paroi et formant à la cavité comme des cloisons incom-

* Celte production de dcnline secondaire envahissant la cavité de la pulpe avait attiré déjà l'attention de plusieurs observateurs. Dès 1820, M. Emmanuel liousseau, dans une thèse inaugurale sur les Deux dentitions , avait remarqué, dans la cavité centrale de certaines dénis, des noyaux durs comme des espèces de calculs. Antoine Desmoulin avait aussi signalé quelques productions analogues et nonnales dans la pulpe des dents du morse {Dictionnaire d'histoire naturelle de Bory de Saint- Vincent, art. Dent). Enfin, Tomes, le premier, et après lui Salter et Albrecht, ont saisi la relation qui existe entre ces productions dentinaircs et la marche de la carie. (Voyez : Tomes, Lectures on dental Physiology and Surgery, 1848, p. 207; Salter, Transactions of the palhological Society of London, vol. III, p. 164; Albrecht, Die Krankheiten der Zahn-Pulpa, Berlin, 1858).

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