CHAP. VI. — SÉCHAGE PAR LA CHALEUR
les registres b', a, G, et fermant le registre C, et ainsi de suite. 11 est évident que, par cette disposition et ce mode de direction de l'opération, on ne laissera sortir que de l'air saturé.
1720. Une autre cause de perte de chaleur provient de celle que renferment les matières sèches ; mais elle est en général peu importante, du moins par rapport à celle qui est employée à la vaporisation. Les tissus, avant d'être placés dans le séchoir, passent par l'essoreuse, qui enlève une grande partie de l'eau qu'ils renferment, et n'en laisse qu'à peu près 0,5. Dans cet état, la quantité de chaleur absorbée par la vaporisation sera de 320 unités; celle que renfermera la matière échauffée sera seulement de 0,5 . 0,54 . 100 = 27. Mais si l'eau à vaporiser ne représentait que 0,1 du poids total, le
remier effet serait représenté par 64, le second par 0,9 . 0,54 . 100 = 48,6 ; et celui-ci approcherait du premier. Comme il faut toujours que les matières séchées soient refroidies, il convient d'examiner, dans chaque cas particulier, s'il y aurait de l'avantage à chauffer de l'air avec cette chaleur pour effectuer un commencement de séchage, ou pour l'employer à d'autres objets.
1721. Il y a aussi une perte notable de chaleur résultant de réchauffement de tout le volume d'air du séchoir à la température de la fin de la dessiccation ; car, à la suite de l'ouverture du séchoir pour enlever les matières sèches et les remplacer, la totalité de l'air chaud est presque toujours remplacée par de l'air extérieur. Cette perte est souvent considérable, car, la température de l'air dépassant ordinairement 100°, la perte s'élève à 1.3 . 0,24 . 100 = 31',2 par mètre cube. Cette perte ne peut pas être évitée, mais on peut la diminuer en laissant dans le séchoir le moins d'espace fibre possible, sans pourtant gêner les mouvements de l'air.
1722. Enfin, une dernière cause de perte est réchauffement des murailles et la transmission de la chaleur à travers leur épaisseur et à travers les vitres. En supposant une température moyenne extérieure de 7°, une température intérieure de 100° et une épaisseur de muraille de O^jSO, la quantité de chaleur transmise par mètre carré et par heure est de 131 calories, et pour les vitres elle est de 153'. Dans chaque cas particulier, les formules que nous avons données (981, 997) permettront de calculer la perte de chaleur avec toute la précision désirable. Cette perte de chaleur est considérable, mais forcée ; on peut seulement la diminuer en donnant aux murailles une grande épaisseur, et surtout par de bonnes dispositions intérieures qui permettent d'accélérer le travail et de le rendre continu.
1723. Séchoirs a courants d'air chaud et à chauffage intérieur. — Si le séchoir est chauffé intérieurement, tout se passera évidemment comme s'il était chauffé par l'air chaud seulement, mais à une plus haute température, et l'effet utile sera augmenté. Si, par exemple, l'air extérieur était à 15°, si les 0,9 de la chaleur étaient introduits directement, et si l'air chaud arrivait à 143°, les résultats seraient les mêmes que si le chauffage avait lieu par de l'air chaud à 1430° ; la limite de température de l'air saturé à sa sortie sera 80°, et l'effet utile, calculé d'après la formule (1705), sera 0,92 ; et comme, avant l'établissement de ce régime, l'effet utile était peu différent, on voit qu'il y aurait un grand avantage à produire un grand chauffage intérieur.
1724. Dans les séchoirs à air chaud et à chauffage intérieur, on place ordinairement les tuyaux de chauffage à la parlie inférieure, ainsi que les orifices d'écoulement de l'air chargé de vapeurs, et on fait arriver l'air extérieur par un canal qui ordinairement enveloppe une partie des surfaces de chauffe. Dans cette disposition, il se forme des courants ascendants autour des tuyaux de chauffage, des courants descendants dans les intervalles ; les courants ascendants se refroidissent en se chargeant de vapeur; les courants descendants, à leur point de départ, sont en général saturés ; mais, comme ils se réchauffent par la rencontre des courants ascendants, il peut se dégager de l'air non saturé pendant toute la durée de l'opération, même en supposant les surfaces de chauffe uniformément distribuées près de la surface du sol et les orifices de dégagement au-dessous ; en outre, il se dégage nécessairement de l'air de moins en moins saturé vers la fin de l'opération.
1725. Ces inconvénients, qui sont accompagnés d'une grande perte de chaleur, peuvent être évités par une disposition convenable de l'appareil. Considérons un séchoir [fig. 391) divisé en deuit chambres égales par une double cloison, garnie de registres «, «', Z>, h' , disposés de la même manière que dans la figure 390. Chacune de ces chambres peut recevoir, au moyen des tuyaux o et o', de l'air chauffé par un calorifère ; et chacune est divisée en deux parties égales, A, A', B,B', par une cloison double, renfermant des tuyaux de chauffage et garnie à la partie supérieure et à la partie inférieure de registres c, </, c' d\ e, f, e', /; enfin les parties inférieures des chambres partielles communiquent avec la cheminée d'appel par des orifices pourvus de registres m, m' n^ n' . Supposons les chambres A, A', B, B' remplies des matières à sécher, l'air chaud arrivant