DISPOSITIONS DES SÉCHOIRS A AIR CHAUD
frères dans difTérentes fabriques de colle de Givet, celles de MM. Albéric Parent, Charles Baux, etc.
On établit une grande chambre d'environ oO mètres de longueur sur 6 mètres de largeur et 2 mètres de hauteur, ce qui correspond à une production de 1000 kilogrammes de colle sèche par jour. Cette galerie est absolument ouverte à ses deux extrémités, comme on le voit dans la figure 403 qui montre le plan du séchoir. En OP est établie une cloison dans laquelle sont réservées deux ouvertures de 2 mètres de diamètre, destinées à recevoir deux hélices ventilatrices mues par une transmission ; les hélices déterminent le déplacement d'un grand volume d'air à faible vitesse suivant le sens indiqué par les flèches. Dans l'espace AOCP, qui a 6 mètres de longueur, se trouve établi un puissant calorifère à vapeur alimenté par l'échappement des machines ; ce calorifère peut être remplacé par des poêles ou calorifères à air chaud dans les cas où on n'a pas de vapeur d'échappement. A 6 mètres de distance de la cloison OP, en (iH, se trouve une cheminée en maçonnerie ayant 4 mètres dans le
Fig. 403.
sens de la largeur et laissant par conséquent un passage de 1 mètre libre de chaque côté, soit en tout une section de passage de 4 mètres à l'air qui vient de la chambre OPGH. Sur la face de cette cheminée opposée au calorifère sont pratiquées deux ouvertures de 2 mètres de diamètre munies également de deux hélices prenant l'air extérieur à la partie haute de la cheminée et le refoulant dans la salle où il se mélange avec celui qui vient de la salle précédente. A une distance de 12 mètres de cette première cheminée s'en trouve une autre toute semblable, de sorte que le séchoir se trouve divisé en quatre chambres, savoir : Une chambre de 24 mètres de long, recevant les colles fraîches des trois premiers jours, en communication directe par son extrémité BD avec l'air extérieur; une chambre de 12 mètres de long, à la suite de la première, recevant les colles .des 4% 5% 6* et T jours. Une chambre de 6 mètres recevant les BoUes des trois derniers jours ; enfin une chambre de 6 mètres qui contient le calorifère. Il en résulte que les colles introduites humi-
des à l'extrémité BD du séchoir sont extraites dix jours après par la porte K, le séchoir contient donc la totalité de la fabrication de dix jours, soit l'équivalent de iO,000 kilogrammes de colle sèche.
La température est réglée de telle façon qu'il y a 15 à 20" dans la chambre des trois premiers jours, 40° dans la chambre intermédiaire et 60° dans la chambre des trois derniers jours.
Les colies sont placées sur des filets à la façon ordinaire; elles se rétrécissent en séchant, ce qui fait qu'on peut placer dans la chambre intermédiaire beaucoup plus de colle que dans la chambre aux colles fraîches pour une même étendue superficielle; on doit remarquer que la lenteur du séchage, surtout dans les premiers jours, est une condition de la bonne qualité du produit; les colles de 0,01 d'épaisseur, qui contiennent de l'eau dans toute leur masse, ne doivent pas être soumises à un séchage trop prompt, autrement il se formerait à la surface une croûte dure et sèche qui emprisonnerait l'eau à l'intérieur et empêcherait le séchage complet.
Le séchage de lOOO kilogrammes de colle par 24 heures, c'est-àdire l'évaporation d'environ 3000 kilogrammes d'eau nécessite une dépense qui peut s'évaluer de la façon suivante : 3000 kilogrammes d'eau exigent, pour être évaporés, environ 3000 X 600 = 18,000,000 calories, et, en supposant que 1 kilogramme de charbon fournisse utilement 2000 calories, la consommation en charbon sera de 900 kilogrammes ; d'autre part, la force motrice nécessaire à la marche des^ hélices est d'environ 10 chevaux et la durée du travail journaher est de 15 heures, ce qui, en supposant une consommation de 3 kilogrammes de houille par cheval et par heure, donne une dépensa journalière de charbon égale à 10 X 3 -|- 15 X 450 kilogrammes. La dépense totale sera donc pour une journée de travail de 900 + 450 = 1850 kilogrammes de houille, et si le prix de. revient de la houille est de 40 francs la tonne , la dépense en argent sera de 1 ,350 X 40 = 54 francs soit 0 fr.,0l8 par kilogramme d'eau évaporée. Dans le cas où le chauffage pourrait être considéré comme gratuit, c'est-à-dire quand on emploie la vapeur d'échappement des machines, le prix de l'évaporation se réduirait à 0 fr.,006. Il faudrait cependant ajouter à cette dépense celle qui résulte de la main-d'œuvre nécessaire au mouvement de la substance dans l'étuve.
1754. Comme exemple d'un cas tout particulier de séchage à air chaud nous décrirons un appareil connu sous le nom de dégoudronneur, imaniné par M. Gallarid, de Nancy, et établi par MM. Geneste fils et Herséher frères. Cet appareil a pour but d'évaporer presque