CHAPITRE IV. — SOUPAPES DE SÛRETÉ ET PLAQUES FUSIBLES
gager la vapeur dans un tuyau, et qui est chargée par l'intermédiaire d'un levier. Cette disposition est employée, lorsque, la chambre des chaudières étant très-petite, on est obligé de conduire à l'extérieur la vapeur qui se dégage, quand il y a excès de pression. H41. Observations sur les dispositions des soupapes de sûreté. — Les soupapes de sûreté, d'après leur destination , doivent être disposées de manière à donner issue à toute la vapeur qui peut se former dans la chaudière. Pour qu'il en soit ainsi, il faut évidemment que la soupape puisse se soulever d'une quantité telle que la surface
extérieure du cylindre qu'elle a parcouru, en s'élevant, soit égale à la section de la tubulure déterminée par la formule donnée précédemment, c'est-à-dire, qu'elle doit pouvoir se soulever verticalement
d'une quantité ar, telle qu'on ait 7cR2 = 2ita:R, d'où x = -^ , R étant
le rayon de la tubulure. Comme les contacts des soupapes sont sujets à s'érailler, il faut les surmonter d'un carré, ou donner à leur parement extérieur une forme qui permette de les rôder sur place. Les soupapes devraient, en outre, satisfaire aune autre condition. • Il faudrait que, pendant leur soulèvement, la pression de la chaudière restant constante, la' résistance à leur mouvement restât aussi constante. Cette condition est satisfaite quand la soupape est chargée directement en dessus ou en dessous, et qu'elle estguidée verticalement ; mais elle n'est remplie dans aucune des dispositions employées, quand la charge a lieu par l'intermédiaire d'un levier : dans toutes, l'effet du poids diminue avec l'inclinaison du levier. En outre, la tige, dont l'extrémité presse la soupape, change de position ; si elle est fixée au levier et si elle est engagée dans l'orifice conique, il se produit des pressions latérales qui s'opposent au mouvement de la soupape, aussitôt qu'elle s'est élevée d'une certaine quantité ; si la tige est articulée sans levier, elle s'inchne de manière à agir toujours au même point; mais il se produit encore une pression latérale, qui tend à faire incliner la soupape et peut l'empêcher de se soulever. Si, au lieu d'une tige terminée par une pointe, le levier portait une plaque mince terminée par un arc de cercle qui s'appuierait sur
la soupape, on éviterait les pressions latérales directes ; mais elles se produiraient par suite du déplacement du point de pression. On a remédié, pour une grande partie, à l'inconvénient de la fixité de cette lige en employant un pointeau, tige terminée par deux pointes qui s'appuient sur le fond de deux alvéoles coniques pratiquées, l'une au centre de la soupape, l'autre dans le levier, on obtient ainsi une articulation très-mobile qui se prête aux deux mouvements, l'un rectiligne de la soupape, l'autre circulaire du levier.
H42. Pour satisfaire à la condition énoncée d'un effort constant, en pressant la soupape par un poids disposé à l'extrémité d'un levier, il faudrait évidemment que le levier portât deux arcs de cercle décrits du centre de rotatioij, le plus grand ayant le poids suspendu à une chaîne, et l'autre portant une chaîne articulée qui, par sa tension, tendrait à fermer la soupape. Cette disposition est représentée dans la figure 236. A est une boîte en fonte ou en bronze, fixée à une certaine hauteur au-dessus de la chaudière; elle communique avec celle-ci par un large tuyau B, et porte à sa partie inférieure la soupape C, soutenue par un fil qui traverse un guide D et une boîte à étoupes E ; ce fil se termine par une chaîne plate qui s'enroule sur un arc de cercle placé à l'extrémité d'un levier dont l'autre extrémité supporte le poids qui doit contre -balancer la tension maximum de la vapeur.
1143. Le chargement direct de la soupape ne présente réellement aucune difficulté, et pourrait facilement s'appliquer, même pour les plus grandes chaudières, en plaçant une partie du poids dans l'intérieur et le reste en dehors ; mais il faudrait employer un levier pour soulever la soupape, quand cela deviendrait nécessaire. Cette disposition est indiquée dans la figure 237.
Mais cette disposition aussi bien que la précédente a l'inconvénient de compliquer l'installation des soupapes et de la rendre moins solide et moins stable ; aussi n'ont-elles jamais été employées.
1144. Les soupapes de sûreté pressées directement par un poids ont un grand inconvénient pour les chaudières de bateaux, parce que, le plan de l'orifice ne restant pas horizontal, l'action du poids varie avec l'inclinaison de la soupape, quelquefois dans des limites trèsétendues. Les soupapes à ressorts auraient l'avantage de produire une pression indépendante de la position de la soupape ; mais, comme je l'ai déjà dit, la charge augmenterait avec le soulèvement, et on retomberait dans un inconvénient aussi grave que le premier. On pourrait l'atténuer en employant des ressorts en hélice d'une