‹ Traité de la chaleur (volume 2)Chapitre 133 sur 283 · CHAPITRE PREMIER. — DISTILLATION SIMPLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — DISTILLATION SIMPLE

Dans la distillation des vins, on peut en utiliser une quantité beaucoup plus considérable, parce que la quantité de vapeur condensée est toujours beaucoup plus petite que la charge de la chaudière. Par

exemple, les vins du Midi, qui contiennent ordinairement j de leur

poids d'eau-de-vie à 22*, doivent être réduits par la distillation à peu

près aux •— de leur volume primitif pour être épuisés d'alcool ; la

quantité de liquide vaporisé est donc égale aux — de leur volume ;

alors la chaleur émise par la condensation peut être en totalité employée à chauffer la charge de l'opération suivante. En effet, supposons que les opérations successives s'exécutent sur 100 kilogrammes ; la quantité de vapeur fournie par chaque opération sera de 22 kilogrammes. Or nous avons déjà vu que la quantité de chaleur produite par la condensation de chaque kilogramme de vapeur est de 426 unités de chaleur ; par conséquent, celle qui résultera de la condensation de 22 kilogrammes sera de 9372 ; en admettant, ce qui est une appro-. ximation bien suffisante, que la capacité calorifique du vin soit égale à celle de l'eau, cette quantité de chaleur pourra élever les 100 kilogrammes de vin de 0*" à 93* 72. Ainsi on voit que dans ce cas la chaleur dégagée par la condensation pourra être utilisée en totalité.

1510. Lorsqu'on emploie la chaleur dégagée parla condensation, on se sert toujours de deux serpentins ; l'un pour chauffer le liquide de l'opération suivante, l'autre pour refroidir le liquide qui sort du premier condensateur et pour liquéfier les dernières portions de vapeurs.

1511. Réfrigérantsàair, — Les réfrigérants à air doivent avoir une surface beaucoup plus grande que celle des réfrigérants à liquides, atteotdu que, pour la même différence de température, la quantité de chaleur qui traverse la surface du condensateur est beaucoup plus petite dans le premier cas que dans le second. La surface d'un réfrigérant à air devrait être à peu près 200 fois plus grande que celle d'un réfrigérant à eau.

On pourrait cependant diminuer beaucoup l'étendue de la surface des réfrigérants à air, en augmentant la vitesse de l'air qui l'environne ; et cet accroissement de vitesse pourrait être produit par la chaleur même de l'air échauffé ; il suffirait, pour cela, de plier le tuyau en hélice cylindrique ou conique, et de l'environner d'un cylindre d'une certaine hauteur, ouvert par les deux bouts; ce tuyau se comporterait comme une cheminée ordinaire ; l'air entrerait par

la partie inférieure, s'échaufTerait contre le tuyau en condensaot la vapeur qu'il renTerine, et se renouvellerait avec une vitesse qui dépendrait à la fois de la hauteur du cylindre enveloppant et de la température que prendrait l'air. Les figures 313 et 31i représentent la disposition dont il est question. Dans la première, il n'y a qu'un seul serpentin, avec un cylindre intérieur fermé à la partie supérieure ; ce cylindre serait avantageusement remplacé par un second serpentin que la vapeur parcourrait, en même temps que le premier, de haut en bas. Dans la figure 314, l'hélice du serpentin est conique; cette forme est plus avantageuse que la première, parce que l'air est plus divisé. Ou augmenterait la vitesse de l'air, en faisant communiquer le cylindre avec le cendrier d'un foyer consommant beaucoup d'air, ou avec une cheminée ayant un grand excès de tirage. L'air chaud pourrait âtre utilisé; mais, dans te cas où l'on aurai! un emploi de la chaleur pioiluite, il serait toujours plus commode de condenser par l'eau, dont on ntihserait ensuite la chaleur, à moins pourtant qu'il ne s'agit de chauffer et de ventiler des ateliers ou des séchoirs.

Fig. 313. Fiy. ai4. Fig. 315.

1512. Lorsqu'on ne peut pas employer utilement la chaleur de condensation absorbée par de l'air ou de l'eau, et qu'il est important de diminuer le volume tl'eau employée, il faut se servir de la disposition indiquée duns la ligure 31o. L'appareil se compose d'un serpentin ordiimire. environné d'un cyhndre ouvert par les deux bouts, comme dans la figure 313, mais le serpentin est surmonté d'une rigole annulaire, dont le fond est percé d'un grand nombre de petits trous par lesquels de l'eau s'écoule constamment ; cette eau tombe

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