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CHAPITRE II, — APPAREILS DE DISTILLATION A EFFETS MULTIPLES

tous les vases, excepté dans le dernier, qui est ouvert et qui ne doit renfermer que de Teau. Il est évident que, pour qu'il en soit ainsi, les pressions doivent aller en diminuant du vase C au vase A", puisque les températures sont décroissantes dans le même sens. Les chaudières peuvent être alimentées pendant l'opération; mais, pour vider les chaudières, C, A, A', A", ainsi que les vases B, B', B", B'", il faut faire rentrer Tair dans chacun des appareils distillatoires, ou faire communiquer les vases qu'on veut vider avec d'autres dans lesquels on aurait fait le vide par la vapeur.

Dans ce qui précède, nous avons supposé qu'on faisait le vide par la vapeur; on pourrait le produire par une machine. Il semble qu'on pourrait également l'obtenir en remplissant tous les vases d'eau, fermant leur partie supérieure, et les faisant communiquer par un tube d'au moins 11 m. de hauteur avec des cuves dans lesquelles l'eau s'écoulerait jusqu'à ce que la colonne d'eau fût à peu près de 10"',33 ; mais ce moyen est pratiquement imparfait, à cause du dégagement de l'air en dissolution dans l'eau.

1523. Si on n'enlevait pas l'air des vases, les distillations successives auraient également lieu ; seulement les pressions dans les vases, au lieu de rester inférieures à la pression atmosphérique, seraient supérieures. Dans tous les cas, en faisant abstraction de la chaleur perdue par les surfaces des vases, la même quantité de chaleur devant passer à travers chaque appareil, si les surfaces des serpentins sont les mêmes, la même différence de température devra exister entre la vapeur qui s'écoule par un serpentin et le liquide environnant. En supposant une différence de température de 20% entre deux vases consécutifs, et le dernier vase plein d'eau à 20°, la température de la vapeur, dans le cas où l'on a fait préalablement le vide, serait successivement de 40*, 60*, 80* et 100* ; en supposant que le liquide soit de l'eau, les tensions seraient de 0",053, 0",144, 0"^,352, 0",76. Si l'on supposait que le vide n'ait pas été fait dans les vases, pendant toute la durée de l'opération, l'ébullition dans le dernier vase aurait lieu à 100*, puisque le dernier serpentin s'ouvre dans l'air, et pour que le même excès de température se trouvât dans tous les précédents, les températures de l'ébuUition seraient successivement de 120*, 140*, 160*, qui correspondent à des pressions de 2*'; 3*',S ; •6*\ La pression dans la chaudière serait considérable ; mais on pourrait la diminuer beaucoup en augmentant les surfaces des serpentins ; en supposant seulement une différence de température de 10°, les températures seraient, toujours pour l'eau, de 100*, 110*, i20*, 130*,

qui correspondent à peu près à des pressions de 1*' ; 1*',5 ; 2*' ; 2**,5. 1524. Les principes de la distillation faite en employant, à plusieurs reprises, la chaleur latente de la .vapeur, ont été établis pour la première fois, à ma connaissance du moins, par M. Pecqueur, dans un brevet d'invention pris pour dix années, en 1829 ; l'inventeur considère ses appareils comme également applicables à la concentration des jus de betterave, et en général des sirops dans les raffineries. Dans ces appareils, les serpentins où la vapeur se condense sont remplacés par des faisceaux de tubes ayant la forme de demi-cercles concentriques, aboutissant par une extrémité au tuyau d'arrivée des vapeurs, et par Tautre au tuyau d'écoulement des eaux de condensation. Cette disposition avait pour but d'éviter les tractions qui se produisent dans les tubes droits parcourus par la vapeur, quand les extrémités sont fixées. M. Pecqueur parle des distillations et des concentrations successives dans un vide partiel, ou par des excès de pressions dépassant la pression atmosphérique. En 1834, M. Pecqueur prit un nouveau brevet pour un appareil à distillations et à évaporations successives, dont je parlerai dans le livre suivant. Enfin, en 4849, le même ingénieur a pris un brevet pour une autre disposition des appareils de concentration, dont je parlerai également à propos de Tévaporation. Dans ce brevet, M. Pecqueur dit qu'il a fait l'apphcation du principe en question à la construction d'un appareil à distiller l'eau de mer, qui a été installé, en 1842, à bord de la îré" gdile la Cléopâtre, et que cet appareil, seulement à double effet, produisait 13^,5 d'eau distillée par kilogramme de houille.

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