CHAPITRE VI. — DISPOSITIONS DES SÉGHOIBS A AIR CHAUD
défectueuse, non-sealement sous le rapport de la ventilation et de réconomie du combustible^ mais encore sous celui des chances d'incendie. Ces étuves sont ordinairement des pièces carrées d'une grande hauteur, garnies d'étagères rapprochées, à claire-voie, sur lesquelles les pains de sucre sont rangés en sortant des formes. A la partie inférieure, on plaçait un foyer surmonté d'un dôme en fonte ; Touverture du foyer était en dehors, ainsi que la cheminée; le dôme en fonte, qui n'avait jamais qu'une petite étendue, rougissait, et échauffait l'air du séchoir. On conçoit, d'après cette disposition, qu'il y avait une énorme quantité de chaleur perdue, parce que la surface de chauffe était souvent dix fois plus petite que celle qui aurait été nécessaire ; aussi l'air qui se dégageait du foyer était à une température très-élevée. De plus, on ne prenait pas la précaution de ménager à l'entrée de l'air de séchage des ouvertures suffisantes. Cette disposition était en outre très-dangereuse, parce que la chute 'dun pain sur la pièce de fonte incandescente risquait d'occasionner l'incendie de rétabHssement : c'est ce qui est arrivé plusieurs fois. A la vérité, dans quelques raffineries, on couvrait par une voûte en briques la chaudière de fonte renversée qui répandait la chaleur dans l'étuve ; mais alors on empêchait l'air de circuler Ubrement sur la surface de chauffe, dont le rayonnement se trouvait considérablement diminué. Maintenant on évite complètement ces accidents et on économise beaucoup de temps et de combustible, soit en échauffant l'air extérieurement par des calorifères à air ou à vapeur, soit en le chauffant intérieurement par la vapeur. Un registre, placé dans la prise d'air, extérieur ou au sommet du séchoir, permet de régler l'activité de la ventilation. Cette disposition, quoique bien préférable aux anciennes, occasionne certainement beaucoup de perte de chaleur, parce que Tair, s'élevant, suit nécessairement les chemins de moindre résistance et de moindre refroidissement, et à sa sortie n'est certainement pas saturé, surtout à la fin de l'évaporation.
1746. Les séchoirs employés dans les fabriques de toiles peintes consistent en une tour carrée assez élevée, et terminée supérieurement par une galerie en saillie ; lorsque le temps est favorable, les étoffes sont suspendues à l'air libre au moyen de la galerie, et, dans les temps pluvieux et humides, elles sont séchées intérieurement par des courants d'air chaud dirigés de bas en haut. Cette disposition est peu convenable, du moins pour le séchage intérieur; car, comme nous Tavons déjà dit, une grande partie de l'air chaud doit se dégager à la partie supérieure sans être saturé. Ces séchoirs ont été très-
répandus en Alsace. Voici les résultats de plusieurs expériences faites à Mulhouse en 1839; elles feront voir le peu d'effet utile qu'on obtient dans ces appareils.
D'après deux expériences faites par M. Penot sur deux séchoirs différents, on a obtenu dans l'un i^y36 de vapeur d'eau par kilogramme de houille, et dans l'autre seulement 1^,02. Dans ce dernier, les murs étaient minces et percés d'un grand nombre de fenêtres, et la température n'a pas pu être portée au delà de 30*.
D'autres expériences faites par le même physicien, en fermant les soupiraux qui se trouvent à la partie supérieure du séchoir, ont donné les résultats suivants : Le premier séchoir avait 2983"' de capacité et 9°*,6 de hauteur; il était garni de trois soupiraux ayant cha cun 1 ""^yG de surface. A 1 heure, on introduisit dans le séchoir des toiles
qui renfermaient 1050 kilogrammes d'eau ; de 1 heure à 5 heures j'
la température intérieure augmenta progressivement de 23"* à 60% et l'hygromètre diminua constamment de 73** à 30^ Pour obtenir une dessiccation complète des toiles, on brûla 625 kilogrammes de houille; ainsi 1 kilogramme de houille a évaporé 1^,68 d'eau. Le séchoir n'était pas complètement fermé. Une autre expérience, faite dans des conditions plus favorables, a donné 2^,86.
Dans toutes ces expériences, les opérations n'ont cessé que quand les toiles ont toutes été parfaitement sèches. Mais, en opérant d'une manière continue, c'est-à-dire en enlevant successivement les toiles sèches pour les remplacer par des toiles humides, on obtient de meilleurs résultats.
D'après M. Royer, dans un étendage ayant 9" ,68 de longueur, 8",2 de largeur, 19"', 28 de hauteur, pour lequel la surface de chauffe du calorifère était de TO'^^S, avec une consommation moyenne de 25 kilogrammes de houille à l'heure, trois expériences, qui ont duré chacune quinze jours, et durant lesquelles la température moyenne de l'air a toujours été comprise entre 30 et S0% ont donné pour effet utile moyen 2^,37, 2^53, et 2^18 d'eau évaporée par kilogramme de houille.
Ces dispositions de séchoirs sont très-mauvaises , et par la trop grande étendue des surfaces extérieures, et surtout par le mode d'évacuation de l'air. On obtiendrait de bien meilleurs résultats dans des séchoirs peu élevés, à courants d'air continus et à sortie d'air par le bas, et disposés comme nous l'avons indiqué.
1747. Les figures 397 et 398 représentent une disposition très-