CHAPITRE X
Torréfttction du tabac à ftuner.
1797. Le tabac à fumer, en sortant des machines dans lesquelles il a été haché, doit éprouver une première dessiccation à une température voisine de \ 50* ; il est ensuite porté dans des séchoirs, où se complète sa dessiccation. On a employé en France deux espèces d'appareils de torréfaction : ceux qui sont chauffés par la vapeur, et ceux dans lesquels les plaques sont chauffées directement par un foyer. Nous décrirons ces appareils avec détail, parce ^qu'ils sont applicables à d'autres usages, et parce qu'ils renferment des dispositions qui peuvent être utiles dans un grand nombre de cas.
1798. Les premiers fours de torréfaction à feu nu, que l'Administration des tabacs de France a fait exécuter, se composaient de plaques de fonte ou de tôle, placées à la suite les unes des autres, reposant sur deux murs de briques ; le foyer était à une des extrémités; la fumée parcourait toute la longueur des plaques, et se rendait ensuite dans la cheminée. Mais, par cette disposition, la température des plaques était très-irrégulière, l'opération exigeait beaucoup de soin de la part des ouvriers, et on perdait beaucoup de chaleur.
1799. M. Rudler, ingénieur de la manufacture des tabacs de Paris, a fait construire des fours qui n'offrent aucun de ces inconvénients, et qui servent en même temps à brûler les côtes de tabac, dont on ne fait aucun usage et qu'on doit détruire, afin qu'elles ne deviennent pas un élément de fraude. Cette dernière condition était difficile à remplir, du moins en brûlant complètement la fumée, parce que les côtes de tabac, renfermant beaucoup d'eau et de sels,