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GHAP. II. — CALORIFÈRES PUCES LOIN DES LIEUX A CHAUFFER

la précédente. On a aussi remplacé les rangées de tuyaux par des caisses de tôle ou de fonte, rectangulaires, ouvertes par deux bouts opposés, placées de manière à être parcourues par Tair tantôt horizontalement, tantôt verticalement, Tair brûlé faisant le tour des caisses dans des directions perpendiculaires à celles de Tair pur.

1876. Calorifères dans lesquels fair brûlé parcourt les tuyaux de chauffage. — Tous ces appareils consistent en une chambre en maçonnerie renfermant un foyer recouvert par une cloche en fonte, d'où la fumée s'écoule par un tuyau diversement contourné ; la partie inférieure de la chambre communique avec Tair extérieur et la partie supérieure avec un canal destiné à Técoulement de l'air chaud. On a construit des appareils dans lesquels le tuyau à fumée en partant de la cloche s'élevait d'abord verticalement jusqu'au sommet de la chambre, descendait ensuite, puis remontait un certain nombre de fois autour du foyer; cette disposition ne peut être employée, pour les combustibles qui produisent de la fumée, qu^en se réservant des moyens de nettoyage.

1877. On a aussi construit des appareils composés de tuyaux horizontaux que la fumée parcourait successivement en commençant par le bas ; chacun de ces tuyaux traversait les murs opposés de la chambre , était fermé par des tampons , ce qui permettait de les nettoyer facilement, et, de plus, communiquait avec le précédent par un bout et avec le suivant par l'autre bout. Cette disposition avait l'inconvénient de rendre difficile la mise en feu du foyer, à cause du refroidissement rapide de l'air brûlé, et de faire marcher dans Je même sens l'air pur et l'air brûlé.

1878. On a aussi fait circuler l'air brûlé sortant de la cloche dans une série de tuyaux formant différents étages de rectangles que Tâir brûlé parcourait successivement. Pour cela, chaque rectangle était fermé par une cloison ; d'un côté se trouvait l'orifice d'accès de l'air brûlé du cadre inférieur, et de l'autre l'orifice de sortie. Chaque tuyau se prolongeait à travers la maçonnerie, comme dans Tappareil précédent, afin d'en permettre le nettoyage. Cet arrangement avait les mêmes inconvénients.

1879. On a modifié cette dernière méthode en faisant sortir l'air de la cloche par deux ou par quatre orifices, qui communiquaient chacun avec une série de tuyaux disposés comme dans l'appareil décrit (1877). Cette disposition, qui a été souvent employée et qui a été présentée à l'Exposition universelle de 1855 par plusieurs constructeurs, offre les inconvénients déjà signalés, et de plus celui

d'offrir à l'air brûlé plusieurs cbemins entre lesquels il ne se partage pas nécessairement, malgré la symétrie apparente, comme cela résulte de l'expérience; aussi une grande partie de la surface de chauffe peut-elle être perdue.

1880. Les figures 457 et 458 représentent une coupe verticale et une coupe horizontale d'une disposition qui n'a pas les inconvénients que nous venons d'indiquer. L'air brûlé, parvenu au sommet du tuyau placé au-dessus de la caisse du foyer, descend en parcourant successivement une série de tuyaux horizontaux. L'air brûté et l'air pur

Fig. *i7. Fig. \iS.

m*archent ainsi en sens contraire. Les joints peuvent facilement être rendus h peu près étanches : et le nettoyage des tuyaux n'offre aucune difficulté, si l'ona eu soin de ménager des tampons aux extrémités. Cet appareil permettrait de chauffer l'air à une température élevée. On pourrait faire descendre la fumée par plusieurs systèmes de tuyaux, elle se répartirait nécessairement dans chacun d'eux, si les sections étaient convenables.

l£8i. M. René Duvoir construit des calorifères, fondés sur le même principe que le dernier dont nous venons de parler. Les figures 459 et 460 représentent une coupe verticale et une coupe horizontale d'un de ces appareils. Le foyer/ est placé dans un cylindre de fonte A, revêtu intérieurement de briques réfractaires a, a, jusqu'à une certaine hauteur; l'air brûlé descend simultanément par les deux rangées de tuyaux B, C, D, E, F, etB', C, D', E', F', s'élève ensuite dans le cylindre G, d'où il passe dans la cheminée. L'air qui

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doit être chauffé arrive par les canaux souterrains I, I', s'élève simultanément dans les intervalles MM et NN autour des cylindres A, G, et des deux rangées de tuyaux, et se réunit dans la capacité K, d'où il est conduit dans les lieux où il doit être utilisé. Tous les cylindres sont en fonte. Le foyer a deux portes : l'une, celle qui est

Fig. i&9. Fig. 480.

inférieure, est destinée au nettoyage de la grille g, l'autre, à l'introduction du combustible. L'anthracite brûle (rès-bien dans cet appareil, et on en peut charger le foyer pour 7 à 8 heures.

1882. Loi-squ'on allume le feu pour la première fois^ le tirage est très-faible, parce que la chaleur est absorbée, presque à mesure qu'elle se produit, par la masse de fonte qui environne le foyer, et la mise en train exige que l'on chauffe d'abord la cheminée. Pour cela il y a dans le cylindre G un petit foyer additionnel qu'on n'allume que lorsque l'appareil a été pendant plusieurs jours sans fonctionner et qu'il est complètement froid. On a remarqué que, dans ce calorifère, les houilles grasses se distillent en grande partie, à cause de ta haute température de l'enveloppe du foyer, et da faible tirage qui résulte du grand refroidissement qu'éprouve la fumée. Les houilles sèches et les anthracites sont les combustibles qui conviennent le mieux dans cet appareil, comme dansia plupart des aulres calorifères.

1883. Dezamod a imaginé, il y a bien longtemps, une disposition, qui avec certaines modifications es< employée par nn grand

nombre de constructeurs. Elle est représentée en coupe verticale dans la figure 461 . Tout l'appareil est en fonte, excepté les deux surfaces enveloppantes qui sont en tôle. A, foyer; B, lanterne dans laquelle se rend d'abord l'air brûlé; C, G, tuyaux par lesquels l'air brûlé descend simultanément dans une couronne annulaire située à la hauteur de la grille; D, D, tuyaux par lesquels la fumée s'élève dans la lanterne E, d'où elle se rend dans la cheminée ; G, tuyau de dégagement de l'air chaud ; H, H. double enveloppe dans laquelle circule de l'air qui s'empare de la chaleur absorbée par l'enveloppe iDtérieure, Cet appareil a l'avantage de renfermer une grande étendue de surface de chauffe bien disposée dans un petit espace, et de ne pas diminuer le tirage par des circulations trop longues. Mais il faut le démonter complètement pour le nettoyer ; et, par conséquent, il serait bien incommode d'y brûler d'autre combustible que du coke. En outre, il renferme bien des joints qui ne peuvent se fermer qu'avec de rargile,elqui,parconséquent, doivent laisser passer delà fumée dans l'air chaud, quand, p- ^(.j le tirage delà cheminée étant très-faible, celui

de la colonne d'air chaud est très-grand, comme nous l'avons déjà dit en parlant de plusieurs autres appareils. Enfin, la prise d'air du foyer n'étant pas distincte de celle du calorifère , il peut en résulter quelquefois des inconvénients . surtout quand on allume le feu.

1884. M. Chaussenot a présenté à l'Exposition universelle de 18S5 un calorifère dont les figures 462 et 463 représentent une coupe verticale et une coupe horizontale suivant X.Y. Cet appareil se compose d'un foyer A., et de deux caisses en fonte B et C, réunies par un très-grand nombre de tuyaux verticaux a, a,...; l'air brûlé passe du . foyer dans la caisse B, descend ensuite par les tuyaux a, a,.:, dans la caisse C, d'où il s'écoule dans la cheminée par le tuyau E. L'air extérieur entre dans l'enveloppe par des orifices nombreux i>, b... pratiqués dans la base de l'enceinte en briques, s'échaufi'e autour des caisses en fonte et des tuyaux et s'échappe par le tuyau D. Les conduits H et I servent à charger le foyer et à nettoyer le cendrier ; les ouvertures K et G sont destinées au nettoyage des caisses en fonle

CBAP. II. — CALORIPËRES PUCES LOIN DBS LIEUX A CHAUFFER. 303 et des tuyaux. Cette disposition laisse beaucoup à désirer. D'abord l'appareil doit être assez cher, car il renferme une masse énorme de fonle ; de plus la surface de chauffe est assez mal utilisée, puisque l'air chaud monte principalement autour de l'appareil et que l'on ne profite que d'une très-petite partie du rayonnement el du contact des tuyaux.

Le calorifère Chaussenot a été plus ou moins modifié depuis par différents constructeurs, et c'est sur le même principe que sont établis les calorifères de cave en fonte de MM. Gaillard- Haillot et Du Roselle, qui ne diffèrent d'ailleurs les uns des autres que par des détails de peu d'im- ^

portance. MM. Giraudeau ~

et Jaliberl, anciens élèves de l'École centrale, construisent aussi un calorifère du type Chaussenot dans lequel la cloche est garnie de nervures ; elle est surmontée d'une boule dite de coup de feu d'où la fumée passe dans un premier réservoir annulaire, puis dansun second d'oii elle redescend par des tuyaux verticaux placés latéralement dans un réservoir inférieur qui

le conduit à la cherai- '"'s. «j et m.

née.

Ce qui a été dit pour les calorifères Chaussenot subsiste pour ces appareils; de plus la masse considérable de fonte, arrangée suivant un système plus ou moins compliqué de tuyaux, de couronnes, est sujette à la dislocation et au fendillement ; les réparations doivent y

être plus fréquentes, plus coûteuses et moins faciles que dans les calorifères dont les tuyaux sont établis en tôle.

188s. MM. Geneste fits et Herscher frères construisent un calorifère qu'ils appellent calorifère français de cave avec appareil hémicycloldal : il est représenté fig. 464 et 46S. Il se compose d'un foyer en fonte garni à l'intérieur de briquesrérractaires;celte disposition a pour but d'assurer la conservation du foyer, tout en empêchant la fonte de rougir. Les briques peuvent être ici employées sans inconvénient à cause de la dimension assez gronde du foyer qui permet de donner à la brique une épaisseur suffisante ; ce foyer esl surmonté de couronnes cylindriques garnies de nervures et se termine par une coupole aussi nervée ; de chaque côté du cendrier se trouve un vase long G qu'on maintient plein d'eau. Les gaz s'échappent par un tuyau supérieur L qui les mène dans l'appareil hémicycloïdal ; cet appareil esten tôle, formé de deuxenveloppes concentriques entre lesquelles circule l'air chaud; il est muni à Fig. 4M et *C5. l'avant de tampons de nettoyage.

Les gaz F, après avoir traversé l'appareil hémicycloïdal, s'échappent en E pour se rendre à la cheminée. Tout l'appareil est renfermé dans une chambre en briques E ; D est la porte du foyer. A,A sont les arrivées d'air ; B,B les sorties de l'air chaud ; en D se trouvent la porte du foyer et celle du cendrier.

Avec des surfaces de grille variant de 0"'',07 a 0"',40 et une surface de chauffe comprise entre 3',50 el 62°" , ces appareils d'après les conslructeurs peuvent chauffer un cube d'air de t200 à 26000"' sans renouvellement d'air et un cube de 300"* à 6500"' avec prise d'air à l'extérieur el ventilation comme dans le cas des maisons particulières. Ce calorifère parait réunir toutes les conditions de la bonne

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Utilisation de la chaleur, et d'un boa service ; de plus, l'air y est chauffé dans des conditions hygiéniques.

1886. Je terminerai ce qui regarde l'espèce de calorirères dont il est question par la description d'un appareil très-simple, qui me parait satisraire mieux que tous les autres aux conditions exigées. La figure 466 en représente une coupe verticale. 11 est composé d'une cloche placée au-dessus du foyer et

surmontée d'un tuyau qui communique, par sa partie supérieure et au moyen de quatre tuyaux horizontaux, avec une double enveloppe cylindrique, au bas de laquelle se trouve un autre tuyau communiquant avec la cheminée ; entre cette double enveloppe et le tuyau d'ascension de l'air brûlé, se trouve un cylindre de tôle ouvert par les deux bouts. L'air brûlé s'élève d'abord dans le tuyau central et descend ensuite dans la double enveloppe annulaire, en se répandant par couches isothermes dans l'intervalle des deux cylindres. L'air chaud p. ^^ s'élève simultanément autour du tuyau

et de l'enveloppe annulaire; il est échauffé par son contact aver le» surfaces rencontrées par l'air brûlé , par le cylindre de tôle inténenr et par la surface de la maçonnerie échauffés par rayonnement. Le tuyau central el la double enveloppe peuvent être facilement nettoyés, en enlevant le cône qui reçoit l'air chaud à la partie supérieure de l'appareil et ensuite les couvercles des deux tuyaux.

1887. En Angleterre on a employé, il y a plus de trente ans, des calorifères disposés d'une manière particulière qu'il peut être utile de connaître.

Le calorifère du vaste hôpital du Derbyshire est composé {fig. i67) d'une grande cloche en tôle de 5 millimètres d'épaisseur, ayant la forme d'un prisme quadrangulaire surmonté d'une calotte formée de deux cyhndres qui se pénètrent à angle droit, comme une voûte en arc de cloitre. Cette cloche est posée sur le foyer, qui est en forme de trémie. Sur deux votés opposés de la partie inférieure de la cloche se trouve une ouverture lai^e de 0*,OI2 qui se prolonge sur tout le côlé ; ces ouvertures sont destinées à évacuer la fumée et à la cou-

duire dans un canal horizoDtat qui aboutit àla cheminée. Comnie elles sont sujettes à s'obstruer parla suie, en avant de l'appareil se trouvent deux tringles dont les extrémités sont garnies de petites plaques, qiii par le mouvement des tringles parcourent les ouvertures dont nous venons de parler et les dégorgent de la snie qui aurait pu s'y amasser. Autour de la cloche existe une enveloppe en maçonnerie de même forme, et qui en estdistaate de O'.SO. Cette enveloppe est percée dans toute son étendue d'un grand nombre d'ouvertures égales et circulaires, dans lesquelles sont scellés des tuyaux de même diamètre, ouverts par les deux bouts, et qui pénètrent dans l'espace vide situé entre la cloche et son enveloppe, jusqu'à 2 centimètres de la cloche. Elle est environnée de murailles terminées par une voAte, à la partie supérieure de laquelle se trouve un canal qui conduit l'air chaud dans le lieu que l'on veut échauffer. L'espace compris entre la première et la seconde enveloppe est séparé en deux parties par une cloison horizontale ; la partie inpi ^^■J férieure est en communication

avec l'air froid qui doit être échauffé, l'autre reçoit l'air chaud. D'après cette description, on voit que l'air froid arrive sur la surface extérieure de la cloche par les tubes qui sont placés au-dessous du diaphragme, qu'il s'élève ensuite en cheminant entre les tubes placés au-dessus, et qu'il se dégage dans le réservoir d'air chaud par les tubes supérieurs qui sont de plus en plus inclinés. DD, muraille extérieure formant la seconde enveloppe ; L, foyer; b, châssis contenant une plaque à coulisse pour laisser tomber les cendres ; F, tuyau en fonte pour l'introduction du combustible; P, embrasure voîltée de la porte du foyer; /, canal par lequel la fumée se rend à la cheminée ; A, cloche en tôle ; BB, première enveloppe de la cloche garnie de tuyaux ; x, diaphragme en brique qui force l'air froid à entrer dans l'enveloppe B, en passant par les tuyaux inférieurs.

1888. Il paraît, d'après une expérience faite sur ce calorifère,

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