CHAPITRE PREMIER. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
qui n'onl pas une grande profondeur, la différence de température peut changer de signe dans les saisons intermédiaires, et même le jour et la nuit.
Il est facile de voir d'après cela que, si le canal dont il s'agit est situé à une grande profondeur, la température de ses parois se trouvant plus élevée que celle de Tair pendant Thiver, et plus froide pendant Tété, Tair atmosphérique pénétrera, en été, dans le canal par Torifice le plus élevé, pour s'écouler par Torifice le plus bas, et que le contraire aura lieu en hiver.
Lorsque les deux oriGces seront au même niveau, l'équilibre existera, mais il ne sera stable que dans le cas où l'air du canal sera plus froid que l'air atmosphérique ; dans le cas contraire, lorsque l'équi- Ubre aura été rompu, le mouvement continuera dans le même sens. En effet, supposons d'abord que l'air du canal soit à une température plus élevée que l'air extérieur ; aussitôt que le mouvement aura commencé, la partie du canal dans laquelle l'air atmosphérique aura pénétré possédera une moindre force ascensionnelle que l'autre, et le mouvement se prolongera, quoique l'air, en cheminant, prenne progressivement la température de l'enveloppe. Mais, si l'air du canal souterrain est à une plus basse température, il est évident que, si l'air extérieur pénétrait dans une des branches du canal, l'état primitif tendrait à se rétablir, et se rétablirait effectivement après plusieurs mouvements oscillatoires.
2372. Si le canal souterrain, au lieu d'avoir la forme d'un siphon renversé, était disposé en sens contraire, c'est-à-dire si le canal horizontal qui réunit les deux branches verticales était plus élevé que les deux extrémités qui communiquent avec l'air par deux courts canaux horizontaux, disposition qu'on ne pourrait réaUser que dans une montagne, il est évident que, dans tous les cas, il arriverait le contraire de ce que nous avons dit pour un canal ayant la forme d'un siphon. Ainsi, quand l'air du canal sera plus froid que l'air extérieur, il s'écoulera par l'orifice le plus bas; quand il sera plus chaud, l'écoulement aura lieu par l'orifice le plus élevé ; et, quand les deux orifices seront à la même hauteur, l'équilibre ne sera stable que quand l'air du canal sera plus chaud que Tair atmosphérique.
2373. Dans les deux formes différentes du canal, et quand les deux 'orifices ne sont pas à la même hauteur, on pourrait déterminer par
le calcul la vitesse d'écoulement, si l'on connaissait la température de Tair dans les différentes parties du circuit. Mais ces températures ne peuvent pas se déduire de celle de l'air atmosphérique et de celles
(les différents points de la paroi, parce que Tair qui traverse le canal n'en prend point instantanément la température, et que la différence varie avec la section et la nature plus ou moins conductrice du terrain.
A plus forte raison, il serait impossible de calculer les dimensions d'un canal qui, pour un état donné de Tairet pour des températures également données des différentes couches du terrain, produisit un effet déterminé.
ITentUatlon pai> la ehalenr.
2374. La ventilation par la chaleur peut être produite de deux manières : !•* en échauffant Tair qui doit sortir; 2** en échauffant Tair avant son entrée. Le premier mode est employé quand Tair appelé ne doit pas servir au chauffage ; le second, quand l'air vicié doit être remplacé par de Tair échauffé : dans ce dernier cas, il se présente des circonstances dans lesquelles Tair vicié doit, en outre, recevoir à sa sortie un certain accroissement de température pour s'échapper avec une vitesse suffisante.
2375. Lorsque Tair expulsé doit être échauffé dans la cheminée d'appel et que la ventilation doit être très-faible, on peut se contenter de placer dans la cheminée une lampe à double courant d'air ou un bec de gâz. Mais, quand la ventilation doit être puissante, on emploie généralement des foyers alimentés par des combustibles, d'un prix moins élevé, et presque toujours des combustibles solides. L'air d'appel ne devant jamais être chauffé que d'un petit nombre de degrés, de 20** à 40**, la grille ne doit occuper qu'une petite partie de la section de la cheminée, comme on le voit dans la figure 615. B est la cheminée ; D, la porte du foyer, qui peut être alimenté ou par l'air de ventilation, ou par l'air extérieur, en ouvrant la porte du cendrier E. Cette disposition a l'inconvénient de rétrécir la cheminée ; mais on peut l'éviter en plaçant le foyer en dehors de la cheminée^ comme l'indique la figure 616. Mais dans l'un et dans l'autre système il se produit un effet qui pourrait devenir f&cheux si la cheminée n'avait pas une très-grande hauteur; le courant d'air chaud s'élevant contre une des parois, la température ne devient uniforme dans la section qu'à une certaine hauteur ; si la cheminée n'était pas trèsélevée, il pourrait s'établir sur la face opposée un courant descendant qui anéantirait le tirage. On peut obvier à cet inconvénient en plaçant la grille au milieu de la cheminée, ou mieux en faisant dé-