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CHAPITRE PREMIER. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. 2iî

vapeur, à eau chaude, à air chaud, produira d'autant moins d'effet que le volume d'air appelé sera plus considérable. Il est évident que, si le calorifère était à air chaud ou à vapeur, et si, dans une première période du chauffage, la température de l'eau avait été portée au delà de lOO"", l'air d'appel dans une seconde période en abaisserait la température ; ainsi, ce mode de ventilation a pour effet de diminuer la quantité de chaleur qui passe à travers le calorifère, dans certaines circonstances de la supprimer et même d'échauffer l'air aux dépens de la chaleur qui aurait été accumulée, et en outre d'élever inutilement la température de l'air dans la cheminée d'appel au-dessus de la limite nécessaire.

2419. Un fait constaté dans les grands appareils de ventilation, c'est qu'il suffit de donner à l'air appelé un accroissement de température d'environ 20*. Ce serait donc cette température que devraient avoir les surfaces du calorifère, si l'air appelé ne devait pas absorber plus de chaleur que dans une cheminée spéciale ; mais alors le calorifère ne produirait évidemment point d'effet.

2420. En outre, par ce système de ventilation, le chauffage et la ventilation étant produits par le même foyer, on ne peut régler ni l'un ni l'autre, parce que chacun exige des quantités de chaleur qui varient suivant des lois différentes. En un mot, avec ce mo*de de ventilation, on ne sait jamais ce qu'on fait, ni pour le chauffage ni pour la ventilation.

2421. Au reste, il y a un principe évident par lui-même et dont il ne faut se départir que quand il y a nécessité absolue, c'est de ne jamais faire dépendre la ventilation du hauffage, parce que la ventilation doit être constante, et que le chauffage, dépendant de la température extérieure, doit pouvoir varier dans des limites trèsétendues.

2422. L'appel par un foyerde chauffage ne pourrait être avantageux qu'autant qu'il ne dépasserait pas 1 8 à 20 mètres cubes par kilogramme de houille; mais cette ventilation est, en général, très-petite relativement à celle qui doit être produite, et il n'en résulte qu'une économie insignifiante, car, dans les cheminées spéciales, rarement l'air est échauffé de plus de 20% et la chaleur employée pour échauffer20 mètres cubes d'air est égale à 1 ,3 . 20 . 20 . 0,24 = 124,8 unités de chaleur, qui [sont les 12i8 : 8000 =0,016 de la quantité totale de chaleur produite par le combustible; une pareille économie est illusoire, car les effets produits par le même poids du même combustible, brûlé sur la même grille, dans les m^mes circonstances

apparentes, varient dans des limites beaucoup plus étendues, suivant l'habileté du chauffeur. J'ajouterai enfin que l'air appelé dans le foyer du calorirère aurait à vaincre les résistances du canal de circulation et de l'appareil de chauffage, ce qui exigerait un accroissement de tirage dans la cheminée.

2423. Cheminées d'appel dans lesquelles Pair appelé ne doit pas alimenter la combustion. — Ordinairement il n'y a pas d'inconvénient à mêler Tair brùlé sortant du foyer avec l'air appelé ; mais, quand ce dernier renferme des mélanges explosifs, ou quand il serait dangereux que, par l'action des vents, de l'air chargé de fumée rentrât dans les pièces ventilées, il faut chauffer indirectement Tair d'appel.

2424. Une disposition consiste à employer un foyer latéral, et à faire écouler l'air brûlé par un tuyau placé au centre de la cheminée d'appel et dépassant le sommet ; le tuyau et la cheminée doivent être surmontés d'un chapeau disposé pour s'opposer autant que possible à l'influence des vents qui tendent à faire revenir Tair brùlé dans la pièce. Il est plus simple et presque toujours suffisant d'élever le tuyau à fumée seulement à quelques mètres de hauteur, et de faire déboucher l'air brûlé dans la cheminée d'aérage. La partie inférieure du tuyau à fumée peut rougir sans inconvénient, car les mélanges explosifs qui se rencontrent dans les gaz qui doivent être expulsés ne s'enflamment qu'au rouge-blanc. Pour augmenter la surface de chauffe, le tuyau pourrait s'élever en serpentant dans la cheminée ; mais dans ce cas il ne faudrait pas oublier de prendre les précautions nécessaires pour le nettoyage intérieur. Une autre disposition consiste à faire passer l'air appelé dans un tuyau métallique, placé dans une cheminée en briques, par laquelle s'écoule l'air brûlé du foyer.

2425. Les dispositions à tuyau intérieur jusqu'au sommet de la cheminée sont peu avantageuses sous le rapport de l'économie du combustible, parce que l'air appelé ne s'échauffe que progressivement, et que la température moyenne de Tair dans la cheminée doit être, pour produire le même effet, beaucoup plus élevée que si l'air était échauffé à son entrée ; si Tair s'échauffe progressivement de f", en s'élevant jusqu'au sommet, la température moyenne de l'air, celle qui produit l'appel, est égale à t : 2; tandis qu'elle serait égale à r, si l'air avait cette température au bas de la cheminée. 11 est donc plus avantageux de chauffer l'air appelé, en totalité ou en partie, au moyen d'un calorifère.

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2426. La figure 614 représente un appareil consiruit il y a longtemps par M. Cockerill, pour chauffer t'air d'une cheminée il'appel : l'appareil, placé à côté de la cheminée,

consiste en un gros tuyau de tôle disposé au-dessus du foyer et logé dans une enveloppe en maçonnerie qui communique par le haut et par le bas avec la cheminée d'appel. IT ne doit produire que trèspeu d'effet utile, à cause de la mauvaise disposition de la surface de chauffe.

2427. Une meilleure disposition, sous le rapport de l'elUcacité des surfaces de ' chauffe et de la facilité du nettoyage , consiste à faire circuler l'air brûlé dans des tuyaux horizontaux. L'appareil peut être disposé comme l'indique la figure 61 5 ;

il se compose de deux calorifères à tubes borizonlaux; un registre tournant oblige l'air d'appel à circuler autour des tubes ; l'air brûlé parcourt successivement les diftérentes rangées horizontales, de haut ^. ^^^

en bas, avant de se rendre dans la cheminée d'écoulement de l'air brûlé, laquelle est placée dans la cheminée d'appel.

Pig. eiS. fig. 616.

2428. Il peut convenirdans quelques cas exceptionnels de chauffer

Tair dans la cheminée d'appel au moyen d'un calorifère à eau chaude ou à vapeur, comme l'indique la figure 616.

2429. Il semble, au premier abord, qu'il y aurait toujours de l'avantage, sous le rapport de la régularité de la ventilation, même quand l'air appelé pourrait sans inconvénient passer à travers le foyer, à chauffer cet air par un calorifère à eau chaude avant son entrée dans la cheminée : les petites variations d'intensité du foyer seraient atténuées par la masse d'eau en circulation ; mais, comme le démontrent très-bien les expériences faites dans les prisons cellulaires de Mazas et de Provins que nous rapporterons plus loin, la chaleur renfermée dans la cheminée produit cet effet. Cette disposition n'aurait alors que des inconvénients ; la dépense de combustible et les frais de premier établissement seraient beaucoup plus considérables.

2430. II se présente cependant des circonstances dans lesquelles il devient nécessaire de l'employer; c'est quand les cheminées d'appel sont éloignées des foyers, quand elles partent, par exemple, des combles des édifices, et qu'il y a de sérieux inconvénients à y établir des foyers par la difficulté de les surveiller, ou par la crainte d'un incendie. Mais ce sont des dispositions qu'il faut éviter, parce que les cheminées, n'ayant que peu d'élévation, n'ont qu'un faible tirage. C'est^ du reste, un point sur lequel je reviendrai encore en parlant du chauffage et de la ventilation des édifices publics.

2431. Dans quelques appareils, on a chauffé l'air de ventilation par un tuyau à circulation d'eau chaude, d'une grande longueur, placé dans la cheminée d'appel. C'est la disposition la plus vicieuse qu'on puisse employer, car une grande partie de la chaleur dépensée est sans influence sur le tirage. De même que dans le cas du n"" 2425, l'air qui s'élève dans la cheminée en contact avec le tuyau d'eau chaude, s'échauffe progressivement ; et, comme le tirage d'une cheminée résulte de la température moyenne de l'air qui s'y trouve, et que la consommation de chaleur dépend de la température de l'air à la sortie, il s'ensuit évidemment que ce mode de chauffage occasionne une grande perte de chaleur. Si, par exemple, l'air entrait dans la cheminée à IS"" et y était échauffé successivement jusqu'à 35'', le tirage serait sensiblement le même que si l'air était de bas en haut à 20% et l'on aurait dépensé la chaleur nécessaire pour l'échauffer à 35"". Cette disposition ne saurait être justifiée que par l'impossibilité de placer

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