‹ Traité de la chaleurChapitre 116 sur 301 · TET · texte numérisé non relu

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lorsqu'on considère le travail produit dans la cheminée par Tentrainement de l'air chaud ; mais si on considérait le travail nécessaire pour produire la vitesse de l'air Troid, seule chose qui importe au point de vue de la ventilation, le rapport deviendrait :

i, représentant l'excès de température de l'air dans la cheminée sur la température extérieure, a le nombre 0,00365, et H la hauteur de Ja cheminée. Si on calcule la valeur de R, en supposant / égal suc-

cessivement à 10% 20% 30% 40% 50% 100% 200% 300% 400% et pour des hauteurs de cheminée égales à 5", 10"*, 15"", 20", 25", 30", on trouve les résultats suivants :

t = 10» 20» 30» 40» oO« I00<» 200o 300« 400»

2435. On voit, d'après ces nombres, que la valeur de R augmente très-rapidement, à mesure que t augmente, et que H diminue, comme il était d'ailleurs facile de le prévoir à Tinspection de la formule. La valeur de R serait double, si Ton employait une machine ne consommant que 2 klogrammes de houille par cheval et par heure. Mais pour toute espèce de machine, il y aurait une certaine perte de travail dans la transmission du mouvement et dans la machine ellemême. L'effet utile peut varier de 0,20 à 0,80 suivant le genre de machine employé,

2436. J'ajouterai que, dans un grand nombre de cas, on a l'emploi utile de la vapeur détendue ; en se servant alors d'une machine à haute pression, à détente, sans condensation, le travail de la machine ne coûte sensiblement rien. Ainsi, en prenant 4 atmosphères pour la pression de la vapeur sur le piston et rM/2 pour la pression à la sortie de la machine, on trouve, parla formule de M. Regnault^ que la perte de chaleur éprouvée par la vapeur est de 1 1 calories^ c'est-à-dire 1 3/4 p. 100 de la quantité de chaleur contenue dans la vapeur à 4 atmosphères.

2437. La ventilation mécanique présente donc un avantage immense, sous le rapport économique, sur la ventilation par une cheminée d'appel ; mais cette considération n'est pas la seule qu'il faut faire intervenir dans le choix du mode de ventilation. C'est par l'examen, dans chaque cas particulier, des avantages et des inconvénients résultant de l'emploi de ces deux systèmes que l'on doit se décider, et il est impossible de dire d'une manière absolue que tel système est toujours préférable, dans toutes les circonstances que l'on rencontre dans les applications.

La ventilation mécanique ne peut être employée que quand il s'agit d une puissante ventilation exigeant un travail assez considérable. Elle a l'avantage, en général, de consommer beaucoup moins

GUAPITRE PHEMIER. — CONSIDÉRATIONS GÉNËRAt.ES. 217

de combustible qu'une cheminée qui produirait le même effet, et même, comme nous venons de le voir, n'exige presque aucune dépense, quand on a l'emploi utile de la chaleur de la vapeur détendue; en outre, ce système permet de la régler d'une manière facile et certaine, de la mesurer à chaque instant, et de la faire varier dans^des limites très-étendues. Au premier aspect il semble que la ventilation mécanique doive coûter beaucoup plus cher d'installation que celle par cheminée d'appel ; mais dans les cas nombreux où l'on se trouve avoir déjà un moteur, elle revient à meilleur marché à cause de la diminution de section des conduits, et en général pour les ventilations des grands établissements elle ne doit pas coûter davantage.

2438. La ventilation par une cheminée d'appel peut être employée pour les grandes comme pour les petites ventilations. Les frais d'installation sont à peu près les mêmes que pour le système mécanique ; mais la ventilation coûte presque toujours plus cher, surtout en été, quand l'air n'a pas été chauffer. On ne peut la faire varier que dans des limites assez restreintes, et avec un accroissement considérable dans la consommation du combustible. Enfin, dans certaines circonstances, ce mode présente de grandes difficultés parla nécessité où il met de réunir l'air de ventilation de différentes pièces, pour le diriger vers la cheminée d'appel. Il y a des cas cependant où l'air que l'on doit évacuer est porté à une température suffisante pour qu'il puisse produire l'appel sans suréchauffement ; dans ce cas l'appel pourra être employé préférablement aux moyens mécaniques.

2439. Quand on considère le peu de travail qu'exigent des ventilations même d'une certaine importance, quand les vitesses sont trèspetites, on est conduit à un mode particulier de ventilation mécanique, qui serait d'une application facile, mais peu sûre, à cause de l'attention et de la surveillance qu'il exige. Ce mode consistée employer le travail d'un homme, pendant un certain temps, à élever un poids à une certaine hauteur, d'où on le laisserait ensuite tomber lentement à l'aide d'un mécanisme semblable à celui des tournebroches. Dans sa chute, il reproduirait en partie le travail dépensé. On trouve dans l'ouvrage de M. Morin sur la ventilation les données d'une expérience relative à un de ces appareils. Le contre-poids pesait 267 kilogrammes et descendait de 2", 08 en 6 heures 39' ; le volume d'air expulsé était de 33 mètres cubes à l'heure avec une vitesse de 0", 808. Cet appareil servait à la ventilation d'une fosse d'aisances.

2440. Ventilation par injection d'air comprimé. — Les différents appareils ventilateurs que nous avons décrits envoient directement

Tair dans les lieux à ventiler. M. Pianron de Mondésir a proposé remploi d'un jet d'air comprimé dans le conduit d'arrivée de l'air de ventilation de façon à déterminer le mouvement de ce dernier par entraînement; ce système, déjà proposé en 1801 par Boswel, a été appliqué dans différents cas par M. Piarron de Mondésir {Bulletin de la Société des ingénieurs civils, 1867). Si l'on représente par ;

m la masse d'air comprimé qui sort de l'ajutage,

V sa vitesse,

M la masse d'air en mouvement dans le tuyau de ventilation,

U sa vitesse, l'équation des quantités de mouvement donne :

mV = MU.

D'expériences faites par M. Tresca, il résulte que l'on a en moyenne :

m\ = 0,889MU

pour des pressions motrices comprises entre? et 68 millimètres d'eau, e rapport de la force vive de l'air moteur à celle de l'air de ventilation sera

mV v

MU« ■" u ■

11 résulte de là que ce rapport g sera d'autant plus grand et que par

suite l'utilisation sera d'autant plus faible que Y sera plus grand par rapport à U et que l'utilisation sera le plus grande possible quand V sera égal à U ; ce résultat montre l'infériorité de ce système par rapport à l'emploi d'un ventilateur pour chasser l'airj^directement dans le tuyau de ventilation, puisque ce dernier cas est précisément celui de l'égalité de^ deux vitesses.

Dans les expériences les plus favorables faites au Conservatoire (Morin, Manuel de chauffage et de ventilation) le rendement a été

de j^, tandis qu'un ventilateur eût facilement fourni un rendement

de 0,20.

Il faut donc conclure de là que la ventilation par un jet d'aii* comprimé ne devra être employée que dans les cas spéciaux où l'emploi d'un autre mode de ventilation serait impossible ou difficile.

Remarques sur le« monTeineBls de l'air dans les liens Tentllés.

2441 . Pour qu'un lieu quelconque soit assaini par la ventilation, il

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