CHAPITRE PRBMIEK. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
ne suffit pas qu'un certain volume d'air y entre et en sorte dans un temps donné ; car des courants d'air qui traverseraient une pièce en suivant le plancher ou le plafond ^ sur une petite hauteur, seraient évidemment sans utilité. A la vérité, il pourrait se produire de doubles courants de haut en bas, ou de bas en haut, plus ou moins rapprochés, résultant de l'excès de température de l'air expiré sur l'air environnant ; mais ils concourraient peu à l'assainissement. On ne doit réellement considérer comme efficaces que les courants d'air qui passent à travers la partie de la pièce occupée, et surtout ceux qui sont dirigés verticalement.
2442. Le meilleur mode de ventilation consisterait à introduire Tair par un très-grand nombre de points de la surface du sol, et à le faire sortir par des orifices percés dans le plafond ; la ventilation se produirait ainsi uniformément de bas en haut ; cette disposition serait avantageuse, en ce que la respiration serait toujours alimentée par de l'air pur ; mais elle ne peut être employée que dans des circonstances particulières, par exemple dans les grands amphithéâtres, parce que les orifices d'accès peuvent être percés dans les contremarches, ou derrière les bancs. Ordinairement l'air chaud arrive dans la pièce par un petit nombre d'orifices percés dans le plancher, ou par les cylindres intérieurs des poêles ; alors les veines d'air se dirigent vers le plafond, par suite de la vitesse résultant de l'appel, et de l'excès de leur température sur celle de l'air environnant ; l'air descend ensuite par couches sensiblement isothermes jusqu'aux orifices d'écoulement qui se trouvent au niveau du sol. Pendant l'été, la température de l'air intérieur est ordinairement plus élevée que la température extérieure; alors les veines d'air froid qui pénètrent dans la pièce tendent d'un côté à s'élever verticalement, en vertu de leur vitesse acquise, et de l'autre à tomber, en vertu de l'excès de la température intérieure sur la température extérieure ; par conséquent l'air d'appel pourrait ne s'élever qu'à une hauteur insuffisante pour renouveler l'air dans la partie de la pièce habitée. Pour éviter cet inconvénient, il faudait diriger horizontalement les veines d*air froid ; l'air tomberait alors sur le sol ; et si les orifices de sortie se trouvaient à la hauteur du plafond, la pièce serait traversée de bas en haut par l'air de ventilation ; dans ce dernier cas, la ventilation serait beaucoup plus efficace pour la salubrité que pendant le chauffage, parce que l'air vicié par la respiration serait immédiatement entraîné par le courant. Dans le cas où les veines resteraient verticales et dirigées de bas enliaut, il faudrait toujours établir des orifices
(le sortie à la partie supérieure et à la partie inférieure ; ceux du bas resteraient constamment ouverts pendant la saison de chauffage, ceux d'en haut étant fermés ; et, pendant Tété^ on reconnaîtrait facilement, par expérience, quand il conviendrait de changer la position des orifices de sortie ; et, pour cela, Feffet produit sur nos organes serait une indication bien plus certaine que les expériences chimiques les plus délicates. Mais il vaudrait mieux disposer les orifices d'accès de Tair dans les pièces, de manière que les veines puissent à volonté être rendues verticales ou horizontales.
2443. La ventilation d'une pièce peut avoir lieu de deux manières différentes : par une diminution ou par une augmentation de la pression intérieure ; les cheminées d'appel produisent toujours le premier efiet; les machines peuvent produire l'un ou l'autre. Lorsqu'il y a diminution de pression, il y a toujours un volume plus ou moins considérable d'air extérieur qui pénètre dans les pièces par les fissures -des portes et des fenêtres, en formant des veines qui s'étendent à des distances plus ou moins considérables ; et quand les pièces sont nombreuses, comme il faut établir des tuyaux de communication de chacune avec la cheminée d'appel, cette condition complique beaucoup la disposition des appareils. Quand la ventilation est produite par un excès de pression, il n'y a point de veines par les orifices des portes et des fenêtres, les orifices d'entrée de l'air peuvent être disséminés ou disposés de manière à n'avoir aucun inconvénient, et la sortie de l'air par des orifices convenablement placés ne peut point produire de courants nuisibles, parce que les veines ne se manifestent qu'à l'extérieur. Indépendamment des effets dont je viens de parler, il y a dans ces deux modes de ventilation une différence que certaines personnes ont considérée comme pouvant exercer une certaine influence sur la santé, je veux parler de la diminution de pression qui existe dans le premier cas, et de l'accroissement de pression qui a lieu dans le second ; mais comme ces variations sont toujours trèspetites, qu'elles dépassent rarement quelques millimètres d'eau, qu'elles sont par conséquent bien inférieures aux variations ordinaires du baromètre, il est bien difficile d'admettre qu'elles puissent avoir une influence quelconque. Dans tous les cas, une condition importante à remplir consiste dans l'uniformité de la ventilation dans toutes les parties occupées des pièces ventilées.
ObterrailoBS ipéBérales sur les dlfréreaU atodes de ckaalTAipe.
2444. Pour maintenir une pièce à une' température constante, il