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CHAPITRE PREMIER. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. ââl

faut évidemment y introduire, dans un certain temps, une quantité de chaleur égale à celle qui passe dans le même temps à travers les vitres et les murailles ; car, en mettant à part la ventilation, il n'y a pas d'autre perte de chaleur. Ainsi, la quantité de chaleur à fournir ne dépend que des surfaces, et le volume de la pièce n'y entre que d'une manière indirecte. Cependant, la plupart des constructeurs d'appareils de chauffage, pour faire apprécier la puissance de leurs appareils, désignent les capacités des pièces qu'ils peuvent chauffer. C'est une erreur qu'on a de la peine à concevoir ; car il est évident que des pièces de même capacité, formées par des murs de nature et d'épaisseurs différentes, n'ayant pas des surfaces vitrées égales, exigent des quantités de chaleur très-différentes pour être maintenues à une température constante, celle de l'air extérieur étant la même.

2445. Si les murailles se mettaient instantanément au régime qui convient à la température extérieure, la quantité de chaleur à fournir varierait à chaque instant ; mais, comme elles renferment beaucoup de chaleur, quand elles ont été échauffées, la quantité de chaleur fournie et la température extérieure peuvent varier dans des Umites assez étendues et pendant un temps assez long, suivant la nature et l'épaisseur des murailles, sans que la température intérieure éprouve des variations sensibles. Ainsi, pourvu que les appareils qui transmettent la chaleur aient une étendue suffisante, le foyer pourra toujours être dirigé de manière à produire une température sensiblement constante.

2446. La chaleur nécessaire au maintien du régime peut être produite par le rayonnement, ou par l'air chaud, ou par ces deux modes réunis. Dans nos foyers domestiques, elle provient du rayonnement. Elle résulte principalement du contact de l'air, quand les surfaces chauffées, ou directement, ou par l'eau chaude, ou par la vapeur, sont formées d'un métal poli, et qu'elles sont placées dans l'intérieur des pièces. Cette chaleur ne provient que de Tair chaud, quand les surfaces de chauffe sont entièrement en dehors des pièces. Enfin, elle résulte à peu près également du rayonnement et du contact de l'air, lorsque les surfaces de chauffe, placées dans l'intérieur des pièces, sont formées de fonte ou de tôle non polie.

2447. La chaleur rayonnante, jouissant de la propriété de traverser l'air sans éprouver des pertes sensibles, si une pièce était uniquement chauffée par rayonnement, les rayons iraient se perdre presque totalement contre les vitres et contre les murailles ; la cha-

leur reçue par les murailles échaufferait Tair, il s'établirait des courants ascendants contre leurs surfaces et des courants opposés dans l'intérieur. Par ce mode de chauffage, qui est celui de nos habitations particulières, Tair n'atteint jamais une température élevée, d'autant plus qu'il se produit toujours une grande ventilation, et rarement avec de l'air préalablement chauffé par une partie de la chaleur de la fumée du foyer.

2448. Lorsqu'une pièce est chauffée par un courant d'air chaud^ cet air gagne la partie supérieure en se refroidissant rapidement ; il s'établit le long des murailles des courants descendants, qui les échauffent et conservent leur régime ; et l'air intérieur peut être maintenu à une température constante.

D'après ce que je viens de dire, il est possible de se rendre compte de ce qui arriverait, si le chauffage avait lieu à la fois par le rayonnement et par le contact de l'air.

2449. Dans ce qui précède, j'ai supposé que la température de la pièce devait être maintenue constamment à un certain degré. Je ne connais que les hôpitaux dans lesquels il soit nécessaire d'avoir jour et nuit la même température dans les salles. Cette permanence peut être obtenue par une combustion continue dans les foyers, ou, malgré une interruption de chauffage de nuit, par des réservoirs d'eau chaude qui se refroidissent lentement ou bien encore par l'emploi de calorifères céramiques. Mais, à moins que les murailles n'aient qu'une bien faible épaisseur, la chaleur qu'elles renferment est presque toujours suffisante pour maintenir la température, pendant la nuit, sans diminution notable.

2450. En général, quand les bfttiments ont des murailles d'une suffisante épaisseur, les chauffages de nuit sont inutiles, et on peut presque toujours, le matin, par un chauffage actif et dans un petit nombre d'heures, réparer en grande partie la perte du* régime qui a eu heu pendant la nuit.

2451. Quand les murailles n'ont qu'une faible épaisseur, comme dans certaines usines, elles se refroidissent beaucoup pendant la nuit ; mais on parvient encore facilement à les échauffer, en commençant le chauffage un certain nombre d'heures avant l'arrivée des ouvriers : nombre variable avec la température extérieure.

2452. Lorsque les édifices ont d'épaisses murailles, et que les pièces ne sont employées que certains jours, à certaines heures, ce serait une grande dépense que d'y maintenir un régime constant dans la température des murailles, ou du moins de le rétablir com-

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