CHAPITRE PREMIER. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
plétement quand les pièces doivent être utilisées. Il faut alors, pendant quelques heures d'un chauffage très-vif, échauffer partiellement les murailles, et compenser leur faible température par un plus grand échauffement de Tair pendant l'occupation des pièces.
2453. Dans tous les cas, excepté dans les foyers domestiques, la chaleur développée par le foyer est employée à chauffer des surfaces qui transmettent ensuite la chaleur ; ces surfaces peuvent être chauffées directement, ou par l'intermédiaire de la vapeur ou de l'eau chaude. De là une grande diversité dans la nature et les dispositions des appareils. Chaque mode de chauffage a des avantages et des inconvénients ; en outre, dans chaque édifice à chauffer, il y a des circonstances particulières et des conditions à remplir souvent fort différentes. Ainsi, il n'existe aucun mode de chauffage qui, dans tous les cas possibles, soit toujours supérieur à tous les autres.
2454. Je me bornerai ici à examiner les avantages et les inconvénients des principaux modes de chauffage employés dans les étabUssements publics. Ces modes peuvent se réduire à cinq.
Le premier, le plus ancien, consiste en cheminées ordinaires et poêles, ayant chacun un foyer spécial.
Le second consiste dans des calorifères placés en dehors des pièces à chauffer, et qui y versent de l'air chaud.
Le troisième consiste dans des appareils à vapeur, placés dans les pièces à chauffer.
Le quatrième, dans des poêles à eau chaude chauffés par une chaudière placée dans la cave.
Enfin, le cinquième consiste dans des poêles à eau chaude, formant des circuits partiels dont les réservoirs sont chauffés par la vapeur.
2455. Le premier mode de chauffage, celui où chaque pièce est chauffée par un appareil spécial, a le grand inconvénient d'exiger trop de soins, trop de surveillance et trop de dépense de combus-* tible, par les excès de température qu'on y produit souvent. Ce mode de chauffage tend à être maintenant abandonné dans les grands étabUssements où l'on préfère installer un système général de chauffage qui offre bien plus d'économie et de régularité dans les effets produits.
2456. Le second mode, qui consiste dans le chauffage des pièces au moyen de l'air échauffé en dehors par des calorifères, ne peut être employé qu'autant que l'air chaud n'a pas un long trajet à par-
courir, à cause du refroidissement qu'il éprouve dans les tuyaux par suite de sa faible capacité calorifique. Ce mode de chauffage ne saurait être appliqué avec avantage que dans le cas de pièces assez rapprochées, Tair chaud circulant dans l'épaisseur des murs intérieurs. Dans ce cas, les calorifères les plus simples et les plus économiques sont ceux dans lesquels la chaleur passe directement de Tair brûlé à Tair froid, à travers des surfaces métalliques ou céramiques. Les calorifères à vapeur ou à eau chaude ont l'avantage de limiter la température de l'air chaud, et ces derniers de prolonger le chauffage même après Textinction du foyer; mais les calorifères à foyer direct peuvent être disposés de manière à éviter le suréchauffement de l'air ; et, en employant des foyers à alimentation continue, ces appareils peuvent marcher seuls, sans exiger trop de surveillance .
2457. Dans ce système, la ventilation s'effectue en même temps que le chauffage ; car il faut évidemment que l'air de la pièce sorte d'une manière quelconque pour faire place à Tair chaud venant du calorifère. Mais la ventilation par le seul effet de l'appareil de chauffage est très-irrégulière. Pour qu'elle soit constante, il faut un système régulier d'appel, ou une injection régulière d'air. Il est bon aussi de remarquer que, si la ventilation était très-faible, l'air chaud devrait arriver à une température très-élevée, ce qui présenterait de graves inconvénients.
2458. Le troisième mode de chauffage, celui qui a lieu par des calorifères à vapeur, exige une surveillance et des soins spéciaux tant pour la conduite du feu que pour le règlement des robinets. II est surtout très-avantageux quand les foyers ne peuvent être placés qu'à une grande distance des pièces à chauffer, à cause du petit diamètre qu'on peut donner aux tuyaux de conduite de vapeur, et par suite de la faible condensation que la vapeur peut y éprouver, si les tuyaux sont convenablement enveloppés de matières conduisant mal la chaleur ; on peut ainsi n'avoir qu'un seul foyer, même pour les plus vastes étabUssements. Le chauffage à vapeur est aussi trèsutile pour le chauffage des pièces dont les murailles n'ont qu'une faible épaisseur, et les vitres une grande surface, parce qu'il permet d'y maintenir très-facilement une température constante, malgré les grandes variations que peut éprouver la température exté^ térieure, permanence de température qu'on n'obtiendrait pas. par les autres systèmes.
2459. Le quatrième mode de chauffage est celui qui a lieu par la