CHAPITRE PREMIER. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
circulation de Teau chaude dans des poêles en fonte ou en tôle. (]es appareils, ainsi que je Tai déjà dit (2000), se composent ordinairement d'une chaudière en tôle placée dans une cave, surmontée d'un tuyau qui s'élève dans les combles, où il se termine par un vase d'expansion ouvert ou fermé ; du fond du vase d'expansion partent des tubes qui amènent l'eau successivement dans un certain nombre de poêles d'un même étage, et retournent à la partie inrérieure de la chaudière.
2460. On a modifié cette disposition, de manière à faire disparaître plusieurs inconvénients de la précédente. La chaudière est toujours placée dans une cave ; mais le tuyau qui la surmonte et qui s'élève dans les combles, au bas du vase d'expansion, ne fait pas partie du circuit parcouru par l'eau chaude. Du sommet de la chaudière part un tuyau horizontal, qui se prolonge dans toute la longueur du bâtiment ; ce tuyau est porté sur rouleau de manière qu'il puisse obéir aux effets provenant des variations de température. Sur ce tuyau sont fixés des tuyaux verticaux d'un plus petit diamètre, qui s'élèvent aux différents étages, où ils alimentent un ou plusieurs poêles, et les tuyaux de retour sont logés à côté des tuyaux d'ascension, dans des caniveaux verticaux pratiqués dans des murs de refend, où ils peuvent facilement être visités. Je reviendrai plus loin sur cette disposition.
Les appareils de chauffage à l'eau chaude, tout aussi et peut-être plus compliqués que ceux à vapeur, ont l'avantage de ne pas exiger des soins aussi continus. Des variations, même assez grandes, dans l'activité du foyer, n'ont presque point d'influence sur la température moyenne de l'eau chaude, à cause de son grand volume, et, par cette circonstance, le chauffage peut se continuer pendant la nuit, malgré l'extinction totale du foyer, avec un faible refroidissement. Ces appareils sont d'un prix élevé. Les pressions exercées par l'eau, surtout dans les parties inférieures, même quand le vase d'expansion est ouvert, sont très-considérables, car elles correspondent à une atmosphère pour chaque 10"", 33 de hauteur, et ces pressions sont beaucoup augmentées quand le vase d'expansion est fermé; elles risquent d'occasionner des fuites d'eau très-chaude de nature à produire de graves accidents. Comme nous venons de le dire, par suite de la grande masse d'eau chaude en circulation, la température de l'eau ne peut éprouver que des variations très- lentes, même pour des variations très-grandes dans l'activité du foyer; or, si les murailles
n'avaient qu une faible épaisseur, et si les surfaces des vitres avaient PitcLCT. m. 15
une grande étendue, un accroissement ou une diminution rapide dans la température extérieure exigerait nécessairement, pour que la température intérieure ne changeât pas, une diminution ou un accroissement dans la température moyenne de Teau chaude en circulation, changement qui ne peut être produit que dans un temps assez long, pendant lequel la température intérieure serait trop basse ou trop élevée.
2461 . L'inconvénient que je viens de signaler s'affaiblit à mesure que les murailles ont une plus grande épaisseur, et les vitres une plus petite surface, parce qu'alors les murailles absorbent ou émettent de la chaleur, de manière à affaiblir les variations de température intérieure qui résulteraient de celles de Tair extérieur et de la permanence de la température de Teau chaude. Mais comme Tabsorption ou rémission de chaleur par les murailles n'a pas lieu instantanément, que la chaleur émise par les surfaces de chauffe, et par le rayonnement et par Tair, traverse la pièce avant de se rendre aux murailles, Tinfluence des variations de température extérieure sur le chauffage se manifeste encore, quoique à un moindre degré. Dans tous les cas, le chauffage à Teau chaude a le même inconvénient qu'une machine dont la vitesse devrait varier accidentellement à chaque instant, et qui serait pourvue d'un énorme volant qui régulariserait le mouvement. Ainsi cette permanence d'effet des calorifères à eau chaude, que nombre de personnes ont regardée comme un avantage, n'est réellement qu'un inconvénient qui existe dans tous les cas; seulement cet inconvénient nuit moins à la régularité du chauffage lorsque les nnirs sont très-épais et que les vitres ont relativement une faible surface. Tous ces faits, qui résultent de considérations théoriques, s'accordent parfaitement avec rexpérience, comme nous le verrons plus loin.
2462. Il semble, au premier abord, que les inconvénients que je viens de signaler dans le chauffage à eau chaude par circulation, pourraient être atténués en diminuant le volume d*eau renfermé dans la chaudière et dans les poêles, tout en conservant leurs surfaces libres; mais les variations de l'activité du foyer auraient alors plus d'influence, et les poêles, traversés successivement par le même courant d'eau chaude, pourraient se trouver à des températures trèsdifférentes ; on retombe alors sur les inconvénients des autres modes de chauffage, relativement à la direction du foyer.
2463. Enfin, le dernier système de chauffage a lieu par l'eau chaude, formant des circuits partiels chauffés par la vapeur. Il offre