CHAPITRE PREMIER. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
tous les inconvénients du chauffage à eau chaude par circulation^ moins toutefois celui de la pression. Ce système, employé pour la première fois par M. Grouvelle dans la prison Mazas, ne saurait convenir que lorsque les espaces è chauffer sont éloignés du lieu où les foyers peuvent être établis et qu'on ne tient pas à une grande régularité dans la température.
2464. Dans chaque cas particulier, Texamen des conditions à remplir et leur importance relative, permettront facilement de reconnaître quel est le procédé de chauffage le plus avantageux.
2465. Dans tous les systèmes, il est indispensable de donner à Tair chaud de ventilation un état hygrométrique convenable, en y introduisant une certaine quantité de vapeur d'eau, parce que Tair se dessèche par le seul fait de son élévation de température, et qu'alors il provoque un accroissement de transpiration qui exerce une influence ràcheuse sur la sanlé.
2466. Chauffage direct par la combustion. — Dans tout ce qui précède, j'ai supposé que la chaleur produite par la combustion était transmise indirectement aux espaces à chauffer et à l'air de ventilalion par l'intermédiaire de poêles et de calorifères de diverse nature; en brûlant directement les combustibles dans les pièces, on pourrait produire le chauffage et la ventilation à très- peu de frais, car toute la chaleur serait utilisée, et on supprimerait tous les appareils com^ pliqués destinés à la transmission du calorique. Il est par conséquent important d'examiner en détail cette question, d'autant plus que ce mode de chauffage a lieu naturellement par le fait même de la respi*ration, et par tous les appareils d'éclairage.
2467. Il est d'abord évident qu'on ne saurait employer que les combustibles qui ne produisent pas de fumée, ou du moins ceux dont on peut effectuer une combustion complète. Ces combustibles sont : le charbon de bois, le coke, le gaz d'éclairage, les huiles de lampe.
2468. Pour le charbon de bois et le coke, il faudrait d'abord que Tappareil fût disposé de manière à éviter complètement la production de l'oxyde de carbone. Il paraît qu'on y parvient complètement, pour le charbon de bois en poudre, en le brûlant en couches minces dans des vases métalliques très-larges, et en renouvelant le combustible par-dessoUs. La combustion s'effectue à la suite d'un double mouvement de l'air, de haut en bas, et de bas en haut; elle est trèslente, parce que l'air ne pénètre jamais dans la masse de charbon et à cause dès cendres qui se déposent. La quantité de chaleur nécessaire pour échauffer un mètre cube d'air de 0° à 1*, et sous la
pression ordinaire, étant égale à 1,3 . 0,24 = 0** 312, la température obtenue par la combustion de 1 kilogramme de charbon dans 1000 mètres cubes d'air s'élèverait à 8000 : 312 = 2S,64 ; la quantité d'acide carbonique produit serait de 3'',65, ou de 3,63 : 1,98 = l'"%84, et la proportion dans Tair de 0,00184.
Ainsi, s'il ne se formait point d'oxyde de carbone, et s'il ne se perdait point de chaleur à travers les vitres et les murailles, en réglant la ventilation d'après l'accroissement de température, on obtiendrait un chauffage à la fois très-économique et très-salubre. Mais il faudrait beaucoup de soins dans la conduite du foyer, pour qu'on fût bien assuré qu'il ne se forme point d'oxyde de carbone, et comme en général il y a toujours une assez grande quantité de chaleur absorbée par les vitres et les murailles, l'accroissement de température ne pourrait pas servir d'indication de la ventilation ; il risquerait alors d'arriver que l'air devînt insalubre par une trop grande proportion d'acide carbonique. Les inconvénients que peut avoir ce mode de chauffage sont tellement graves, que, malgré les avantages économiques qu'il présente dans certains cas, il ne faut pas hésiter à le proscrire pour les pièces habitées. Il peut être employé sans danger pour les antichambres et les pièces de circulation, où l'ouverture fréquente des portes produit une abondante ventilation et où d'ailleurs on ne séjourne pas. Dans le midi de la France, en Espagne et dans une partie de l'Amérique, où les appartements sont en général mal clos et d'une grande hauteur, son extrême simplicité et la facilité avec laquelle on transporte le foyer d'une chambre à une autre le rendent d'un usage très-fréquent.
2469. Le chauffage par le gaz d'éclairage ne présente pas au même degré les dangers résultant de la combustion des charbons, à savoir, la production de Toxyde de carbone ; avec les becs d'éclairage ordinaires et certains appareils de chauffage, la combustion est complète, et les gaz qui se produisent sont en très-grande partie composés de vapeur d'eau et d'acide carbonique. Nous avons vu (30? bis) qu'un kilogramme de gaz d'éclairage fournit en brûlant, lorsque la vapeur d'eau n'est pas condensée, une quantité de chaleur égale à 10269 calories ; d'après la composition moyenne du gaz que nous avons donnée (249), le gaz contient 5,8 p. 100 d'acide carbonique, et les éléments combustibles renferment en carbone 54,5 p. 100 du poids total du gaz; la quantité d'acide carbonique fournie parla combustion
de 1 kilogramme de gaz sera donc 0,545 X y 4- 0,058 = 2S057 ;