CHAPITRE II. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HABITATIONS
diquer ; le tuyau à air brûlé est placé dans le tuyau d'appel de l'air extérieur, ce qui n'a pas lieu ordinairement, mais ce qui doit augmenter l'effet utile.
.2553. On emploie souvent, dans les hôpitaux, des poules (fig. 660) renfermant plusieurs bains de sable superposés, destinés à chauffer ou à tenir chauds les médicaments. Les bains de sable forment les parties supérieures de caisses en tôle qui sont parcourues successivement par Tair brûlé, sorti d'un foyer placé à la partie inférieure de l'appareil.
2554. Poêles américains à anthracite, — Ces appareils n'ont été connus en France que par la description qui en a été donnée par M. Chevalier, dans le Journal (F Architecture, Dans la seconde édition du Traité de la chaleur, j'ai rapporté cette description et les détails de construction qui l'accompagnent. Mais comme ces dispositions peuvent être modifiées de bien des manières différentes, je me bornerai à indiquer les conditions à remplir, et comment elles Font été dans les poêles le plus généralement employés.
Les conditions à remplir sont : 1° de maintenir le foyer à une température élevée en l'environnant de briques, au moins de trois côtés; 2* d'alimenter le foyer sans le refroidir, conditions qu'on remplit en introduisant les combustibles par la partie supérieure du poêle ; 3° de pouvoir facilement dégager les cendres, sans donner accès à une trop grande quantité d'air qui éteindrait le foyer.
D'après M. Chevalier, les poêles les plus répandus sont ceux de Nott, de Spoor et d'Olney. Dans tous ces poêles, le foyer est environné de briques, l'alimentation a lieu par la partie supérieure, et il y a un registre pour régler l'accès de l'air ; ils ne se distinguent réeUement que par la forme et la disposition de la grille.
Dans le poêle de Nott, la grille est formée de barreaux circulaires ayant pour longueur les deux tiers de la circonférence, fixés à un axe qui passe par le centre commun, et auquel on peut imprimer un mouvement de va-et-vient par une manivelle extérieure ; la partie inférieure du foyer est une caisse en fonte qui enveloppe la grille à la hauteur du diamètre du cylindre formé par les barreaux ; on peut nettoyer très-facilement la grille en lui imprimant un mouvement oscillatoire. La grille du poêle Spoor est plane, circulaire, mais elle peut tourner et basculer complètement. La grille du poêle d'Olney est beaucoup plus simple : elle se compose de barreaux plies à angle droit et placés de manière à former deux grilles : Tune horizontale, l'autre verticale ; la première supporte le combustible, la seconde
est ordinairement fermée par une porte qui ne s'ouvre que pour nettoyer la première au moyen d'une tige de fer qu'on fait passer à travers ses barreaux.
2555. Poêles à flamme renversée. — Un des premiers appareils se composait d'un tronc de cône vertical, avec une giûlle à sa partie inférieure ; il était fermé par un couvercle mobile à jour ; c'est par l'orifice supérieur qu'on introduisait le combustible, et c'est par les jours du couvercle que pénétrait l'air brûlé se rendant à la cheminée parles tuyaux de chauffage. Avec cette disposition, les grilles et le tuyau qui forment le foyer s'allèrent, et sont mis très-rapidement hors de service. On peut modifier heureusement ce système en s'approchant des dispositions (1843 à 1846).
2336. Poêles à eau chaude. — Pour éviter l'inconvénient qui résulte des surfaces métalhques trop fortement échauffées, on pourrait employer des appareils formés d'un vase plein d'eau, chauffé intérieurement par un foyer et des conduits à fumée d'une suffisante étendue. Il ne se formerait point de vapeur, si la surface extérieure et la section du tuyau à fumée avaient été calculées de manière que la perle de chaleur par l'enveloppe, lorsque la température de l'eau, serait de lOO"*, fût égale à la chaleur produite par la combustion du plus grand poids de combustible qu'on pourrait brûler dans le même temps. Il serait bon, d'ailleurs, de placer sur le poêle un petit tuyau qui porterait à l'extérieur ou dans le tuyau à fumée la vapeur qui viendrait à se produire. .On devrait aussi avoir un registre qui permit de fermer la cheminée quand l'eau serait arrivée à l'ébuUition. Ces appareils auraient l'avantage de conserver la chaleur pendant assez longtemps. Toutefois, ils ne devraient pas renfermer un trop grand volume d'eau, parce qu'ils seraient trop lents à se réchauffer ou à se refroidir, et trop incommodes quand l'air extérieur éproiiverait des variations brusques de température.
2557. Poêles à température constante. — Il y a à peu près quinze ans, un constructeur français imagina un poêle dont la température était rendue constante au moyen d'un registre qui réglait l'accès de l'air dans le foyer ; le mouvement du registre était produit par le mouvement du mercure dans le réservoir d'un thermomètre, mouvement qui se transmettait au moyen d'un flotteur et d'une petite chaîne à la partie supérieure du registre. L'invention n'a pas réussi et il est facile d'en voir la cause. Ce n'est pas le poêle qui doit être maintenu a une température constante, mais la pièce dans laquelle il est placé, et par conséquent la température du poêle doit varier
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en sens contraire de la température extérieure. Cependant, plusieurs poêles à température constante ont été présentés à Texposition universelle de 1855. On a prétendu alors qu'on pouvait, suivant le besoin, régler le régulateur ; mais, dans ce cas, il est plus simple de le supprimer et de régler la combustion à Taide du registre du tuyau à fumée. Un régulateur de combustion serait une chose trèsutile s'il était disposé de manière à maintenir constante la température de la pièce ; mais appliqué à un poêle, c'est un véritable contresens.
2558. Poêles métalliques à circulation d'air intérieure, — Ces poêles, qui sont généralement désignés sous le nom de poêles calorifères, se composent toujours d'une enveloppe cylindrique ; ils reçoivent l'air par la partie inférieure, et le versent par la partie supérieure dans la pièce, après qu'il a été échauffé ; ils renferment un foyer et des tuyaux diversement contournés que l'air brûlé parcourt avant de sortir de l'enveloppe pour se rendre dans la cheminée.
2559. Un des premiers appareils de ce genre a été construit par M. Chevalier, avec le but spécial de pouvoir être transporté d'une pièce dans une autre. La circulation de l'air brûlé dans l'appareil est réduite à la disposition la plus simple, et le tuyau à fumée se termine par un tuyau vertical de 0",60 de hauteur, qu'on introduit dans la cheminée de la pièce qu'on veut échauffer. La surface de chauffe se réduit à celle du foyer qui occupe une grande partie de la section de l'enveloppe et à celle d'une caisse cylindrique en fonte placée au-dessus, et dont l'air brûlé est obUgé de faire le tour. Un diaphragme force l'air de la pièce à s'élever librement entre Tenveloppe et le cylindre concentrique qui forme le foyer et la caisse qui le surmonte.
Il résulte des expériences faites par une commission de la Société d'encouragement que, cet appareil étant [transporté dans différentes pièces grandes et petites, le tirage s'est toujours bien établi ; lorsqu'on alimentait par du bois, le registre étant complètement ouvert, et le cylindre enveloppant allongé de 0,50, l'air brûlé se dégageait à 105\ Or, comme la température à laquelle se trouverait l'air brûlé par la combustion du bois, si elle était complète, serait à peu près de 900 degrés, si toute la chaleur développée était employée à le chauffer, il en résulte
que dans cet appareil la perte de chaleur excéderait peu ^. Mais comme
les conditions dans. lesquelles ces expériences ont été faites ne sont
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pas celles dans lesquelles ces appareils fonctionnent ordinairemenl, on se Iromperait beaucoup si on complail sur un résultat aussi avanlngcu\. Dans cet appareil, l'air chaud ne sortait que par quatre ouvertures latérales d'un petit diamètre, et, par conséquent, en petit volume et à une température très-élevée, circonstances peu favorables à l'efTet utile.
2560. On a construit depuis, sur le même principe, un grand nombre de poêles-calorifères, en modifiant, soit le foyer, soit la circulation de l'air brûlé. Ces appareils, quand ils sont portatifs, sont d'un usage Irès-comniode, et tendent à se répandre. Comme ils sont entourés d'une enveloppe en tôle, la température est moins élevée que dans les poêles ordinaires. Ils peuvent d'ailleurs servir à produire la ventilation ; il suffit pour cela de laisser ouvert le bas de la cheminée d'une quantité convenable.
Les poêles Joly, que nous avons décrits (1847), rentrent dans la même classe des calorifères portatifs. Ils présentent l'avantage de renfermer un grand réservoir de charbon, ce qui permet de ne s'occuper de l'alimentalion qu'à (les intervalles assez éloignés.
2561. Les figures G61, 662 représenlentun poêle calorifère construit par M.d'Hamelincourt, ancien élève de l'École centrale, successeur de M. René Duvoir. Le foyer Cest placé au centre. Il est formé d'une grille el de quatre plaque»
épaisses de fonle qu'on peut facilement remplacer quand elles sont usées. Les produits de la combustion s'élèvent verticalement jusque dans la chambre D où ils se divisent pour descendre par les six tuyaux elliptiques GU et EF ; ils arrivent ainsi à la chambre A. qui communique avec une cheminée.
Pour détruire le mauvais effet des dilatations inégales, on a employé des joints de sable. Toute cette partie de l'appareil est en fonte et entourée d'une enveloppe rec-
Fiff. 661 et 661.
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tangulaire en Uile. L'air froid arrive par la partie inrérieure, s'échauffe, sans rencontrer d'obstacle, au contact de toutes les parois métalliques, et sort dans la pièce par une lai^e bouche de' chaleur. Ce calorifère me parait bien entendu, surtout sous le rapport de la disposition des surfaces de chauffe qui sont bien utilisées.
2562. Nombre de fumistes français ont imaginé des calorifères plus ou moins bien disposés ; mais dans presque tous, les bouches de chaleur ont de trop petites dimensions. La plupart estiment l'effet utile d'un appareil, par la haute température de l'air échauffé, tandis que ce qu'on doit rechercher, c'est au contraire de chauffer un grand volume d'air à une température. peu élevée. Cette fâcheuse idée est tellement enracinée chez les poêliers-fumistes, que l'un d'cui, qui dirigeait des ateliers importants, a présenté à l'exposition, en 1855, un appareil dont il a remis les dessins au jury, et dont les bouches de chaleur versaient l'air k 400°. Cet appareil était en cuivre poli ; il ne laissait sortir l'air chaud que par des bouches d'une matière peu conductrice, et sa surface extérieure était composée d'un poêle en fonte, entouré d'une double enveloppe de très-petite section. Il faut dire que le public se laisse facilement séduire par ces résultats, et, en accordant sa faveur aux appareils de cette espèce, justifie jusqu'à un certain point cet état de choses.
2363. La disposition la plus convenable pour la circulation de l'air bridé, consiste à le faire monter immédiatement au-dessus du foyer jusqu'au point le plus haut de l'appareil, et à le faire descendre ensuite dans une double enveloppe communiquant par le bas avec la cheminée ; le tuyau central et le canal annulaire sont séparés par un cylindre de tôle mince qui s'échauffe par rayonnement ; l'air brûlé, en descendant dans le canal annulaire, s'y distribue uniformément. La figure 663 représente un^ poêle-ca- p^ gg,j lorifère remplissant l'ensemble' des
dispositions qui me semblent les plus convenables. Le foyer est environné d'une épaisseur de briques, parce que j'ai supposé qu'on brûlait de la houille sèche. Le nettoyage de cet appareil s'effectue facilement en enlevant les tampons qui ferment le canal central et le ptiMi .m. 18
canal annulaire. Si l'enveloppe devait avoir pour section un rectangle allongé, on ferait descendre Tair brûlé par deux tuyaux rectangulaires placés de chaque côté du canal qui surmonte le foyer. S'il y avait un grand intérêt à donner à Tappareil une surface de chauffe considérable, on pourrait supprimer le revêtenient intérieur en briques du foyer, et faire venir de fonte, au tuyau d'ascension de Tair brûlé, des appendices qui se prolongeraient en dedans et en dehors, en ne changeant rien du reste à la disposition générale de l'appareil.
CheaUMéefl-poéles.
2564. Je désigne ainsi les appareils de chauffage qui ont de l'analogie avec les cheminées, en ce qu'ils laissent voir le feu, et avec les poêles, parce qu'ils échauffent l'air par les parois du foyer. Ils sont vulgairement connus sous le nom de cheminées prussiennes.
L'appareil le plus simple est formé d'une caisse rectangulaire dont la face antérieure est semblable au foyer d'une cheminée à la Lhomond ; la caisse est quelquefois en fonte, mais plus ordinairement en tôle ; la partie antérieure peut se fermer et s'ouvrir à volonté au moyen d'un tablier vertical, composé de trois lames de métal que l'on fait monter ou descendre à l'aide de deux chaînes qui s'enroulent sur un cylindre de fer, et que l'on met en mouvement au moyen d'une manivelle placée latéralement. Ces appareils se placent ordinairement devant une cheminée que Ton a préalablement bouchée, et la fumée y est conduite intérieurement par un tuyau court horizontal, ou par un tuyau qui s'élève jusqu'au plafond. Dans ce dernier cas, l'effet produit est évidemment plus considérable, la surface de chauffe étant augmentée. Les parois intérieures sont ordinairement en briques. Les tuyaux de dégagement de l'air brûlé ont, comme les tuyaux des foyers découverts ordinaires, des diamètres qui varient de 0",20 à 0",30. Ces appareils ont les avantages et les inconvénients des foyers découverts ; mais ils transmettent de plus une certaine quantité de chaleur par les parois extérieures.
2565. On construit maintenant beaucoup de cheminées-poêles en fonte, d'une seule pièce, alimentés par la houille ; la grille est en berceau, et l'intervalle qui sépare les bords de la grille de l'encadrement du foyer, peut être fermé par une plaque mobile en fonte ou en tôle.
2566. On a cherché, comme pour les foyers découverts, à utiliser