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CHAPITRE II. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HABITATIONS

autres foyers ouverts. Cette condition est d'ailleurs rendue nécessaire si Ton veut ventiler la pièce en même temps qu'on la chauffe.

Il se présente dans remploi de ces foyeris deux dangers spéciaux que ne présentent pas ordinairement les combustibles solides, à savoir : le danger d'asphyxie et celui d'explosion. Dans les conditions ordinaires, on cherche à parer à ces dangers en plaçant dans les salles où se trouvent des appareils de chauffage au gaz des ventilateurs qui ne sont que de faibles ouvertures^ garnies d'une hélice, et placées près du plafond de la pièce ; mais ce moyen est généralement insuffisant et les sinistres observés prouvent qu'il est malheureusement inefficace.

2572. Poêles à gaz. — Les poêles à gaz sont des enveloppes métalliques ou céramiques dans Tintérieur desquelles on fait brûler le gaz au moyen de champignons, de rampes ou de becs isolés, le gaz brûlant bleu ou blanc suivant les cas ; l'enveloppe est échauffée et rayonne dans la pièce; on dispose ce poêle, au point de vue de la surface de chauffe, de façon à ce que les gaz de la combustion soient évacués à une faible température, de façon à utiliser aussi complètement que possible la chaleur produite. Il en résulte une condensation delà vapeur d'eau produite par la combustion ; aussi les tuyaux d'évacuation doivent-ils être pourvus de siphons destinés à recueillir la vapeur condensée, ils doivent être galvanisés pour éviter la rouille. Les poêles à gaz ont, de plus que les foyers ouverts, l'inconvénient qu'ils ne peuvent fournir aucune ventilation de la pièce échauffée.

2573. Calorifères à gaz. — Les calorifères à gaz peuvent être métalliques ou céramiques ; dans tous les cas, ils se composent de deux capacités, formées d'un ou de plusieurs compartiments chacune, et séparées par des cloisons. Dans l'une de ces capacités on brûle du gaz, dans l'autre circule l'air dé ventilation. La première capacité est munie d'une ouverture qui prend l'air de la pièce nécessaire à la combustion, et d'une autre pourl'évacuation des gaz brûlés dans une cheminée ; la seconde est munie d'une ouverture qui amène l'air extérieur et d'une ou plusieurs ouvertures ou bouches de chaleur par lesquelles l'air échauffé s'introduit dans la chambre. On fait circuler l'air de ventilation en sens inverse des produits de la combustion, de façon à refroidir ceux-ci autant que possible. Les calorifères présentent sur les foyers ouverts l'avantage que les produits de la combustion ne peuvent guère rentrer dans l'intérieur de la pièce, et ils assurent la ventilation de cette pièce, à

la condition toutefois que l'ouverture d'accès de l'air froid soit suffisante et qu'on ait ménagé des Ouvertures suffisantes aussi pour la sortie de l'air vicié.

2S74. Le chauffage par le gaz n'est point un chauffage économique, nous avons vu qu'il est très-notablement plus cher que le chauffage à la houille ou au bois. Il est presque toujours moins salubre, et il présente le danger spécial de l'explosion et de l'asphyxie, aussi n'est-ce point un chauffage à recommander d'une façon générale. H est surtout nécessaire d'insister sur ce point qu'il serait absolument inexact de penser que le gaz peut être brûlé sans inconvénient en rejetant les produits de la combustion dans l'air même de la pièce parce que ces produits sont invisibles et sans odeur quand la combustion est complète. Aussi faut-il proscrire absolument cet usage que l'on tend à adopter de chauffer au moyen d'appareils à gaz des pièces sans cheminées, en rejetant les produits de la combustion dans la pièce elle-même. Il arrive toujours que les personnes qui séjournent dans les pièces ainsi chauffées éprouvent des malaises, et quelquefois des accidents.

Dans le cas de chauffages intermittents, la commodité du chauffage au gaz pourra le faire préférer, mais il sera toujours nécessaire d'assurer une ventilation très-active des pièces ainsi chauffées.

Le chauffage au gaz peut être encore employé avantageusement quand il s'agit d'entretenir une température constante dans une capacité fermée de faible étendue, comme une étuve, ou bien encore quand il s'agit de maintenir un bain liquide à une température déterminée ; on place alors dans le bain ou dans Tétuve un régulateur qui agit sur le robinet de distribution du gaz et augmente ou diminue la quantité de gaz brûlé suivant que la température tend k s'abaisser ou à s'accroître.

Examen des dlIfêreBte modee de chaninife employés.

2575. Dans ce qui précède, j'ai décrit les différents modes de chauffage et de ventilation employés dans nos habitations particulières; pour les comparer, il faut d'abord poser les conditions à remplir et examiner ce qui se passe dans les divers systèmes.

2576. Les conditions à remplir consistent à maintenir la température à un certain deg^é à peu près constant et à produire une ventilation efficace en rapport avec les circonstances, ventilation qui

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