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CHAPITRE II. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HABITATIONS

foyer, par des veines qui peuvent. se prolonger à une grande distance, doit être très-incommode.

2S84. Les appareils dans lesquels on chauffe de Pair pris dans la pièce, en le faisant passer dans des tuyaux disposés autour du foyer, produisent évidemment plus d'effet utile que les cheminées dont nous venons de parler, puisqu'ils emploient une partie de la chaleur perdue. En outre, ils diminuent la ventilation par le rétrécissement des orifices d'accès de l'air dans la cheminée; et enfin, quand ils sont disposés convenablement, ils établissent dans l'air de la pièce un mouvement qui dissémine l'air d'appel, et doit le rendre plus efficace pour l'assainissement. Ces appareils ne réaliseraient toutefois qu'une faible utilisation du combustible, si l'ouverture de la cheminée était trop grande, parce que l'air brûlé, étant mêlé avec l'air appelé au-dessus du foyer, n'est plus à une température assez élevée pour échauffer convenablement les tuyaux parcourus par l'air. Cette utilisation peut devenir assez grande dans les foyers à coquille et en particulier dans le foyer Joly quand il est muni de son coffre supérieur (2526).

2583. Poêles. — Tous les poêles métalliques, quelles que soient leurs formes et leurs dispositions, peuvent utiliser complètement la chaleur développée dans le foyer, pourvu que l'air brûlé s'élève d'abord à une hauteur suffisante pour produire le tirage, et que les surfaces de refroidissement de la fumée soient assez étendues. Bien qu'ordinairement l'air brûlé soit abandonné à une température assez élevée, ils utilisent cependant presque tous une grande partie de la chaleur. Mais avec ces appareils, la ventilation est à peu près nulle, car ils n'appellent que le volume d'air nécessaire à la combustion. Ainsi ces poêles sont d'excellents appareils de chauffage, mais ils sont insalubres. Les poêles en terre cuite ont les mêmes avantages, et, de plus, ils n'ont pas l'odeur spéciale que prend le métal soumis à une température trop élevée ; mais ils sont aussi insalubres que les poêles métaUiques. Les poêles à alimentation continue sont évidemment dans le même cas. Quant aux poêles à température constante, leur but est contraire à celui qu'on doit chercher à atteindre, puisque, pour maintenir une pièce à une température constante, il faut y introduire une quantité de chaleur qui varie proportionnellement à l'excès de la température intérieure sur la température extérieure, et que cette dernière varie constamment.

2586. Les poêles à double enveloppe sont exactement dans le cas

des poêles ordinaires, quand rintervalle des enveloppes n^est par* couru que par Tair de la pièce. Mais quand Tenveloppe communique avec Tair extérieur, que le tuyau à fumée se rend dans une cheminée ouverte par le bas, Teffet utile du combustible s'élève beaucoup, et la ventilation est obtenue dans d'assez bonnes conditions. En effet, Tair extérieur tend à pénétrer dans la pièce, par suite de son échauffement dans Tenveloppe, et par Texcès de la température de Tair dans la cheminée sur la température extérieure ; toutefois la ventilation varie nécessairement avec le chauffage, ce qui est mauvais.

Pour ces appareils, comme pour tous ceux dans lesquels Tair est échauffé dans des tuyaux, les orifices de dégagement de Tair chaud, ou bouches de chaleur^ ont^ en général, de trop petites sections, parce que, pour la plupart des constructeurs, et souvent pour le public, les appareils sont d'autant meilleurs qu'ils produisent des courants d'air plus chauds et plus rapides ; et c'est précisément le contraire qu'on doit chercher. Il faut chauffer un grand volume d'air à une température peu élevée, afin d'obtenir plus d'effet des surfaces de chauffe, et de ne pas altérer l'air.

M. Darcet a publié, dans les Annales dhygiène^ un article fort intéressant sur cette manie des constructeurs, de donner aux bouches de chaleur des dimensions insuffisantes. Je citerai un passage de cet article.

« Le vice de construction que je signale ici est tellement commun qu'on le remarque presque partout, et principalement dans les établissements publics, où la grandeur des poêles fait encore mieux ressortir l'extrême petitesse de leurs bouches de chaleur. Je pourrais donner mille exemples de ce fait, mais je me contenterai d'en citer quelques-uns des plus remarquables.

« En 1841 , le conseil général des manufactures fut assemblé, au ministère du commerce, dans une salle nouvellement bâtie, sans système régulier de ventilation, beaucoup plus longue que large, et très-mal chauffée par un grand poêle placé à l'une de ses extrémités. Le bureau était établi sur une estrade, à l'extrémité opposée, et le grand poêle n'était garni que de très-petites bouches de chaleur, n'ayant peut-être pas, à elles toutes, un décimètre carré d'ouverture libre.

« Pour échauffer la salle, le jour de l'ouverture de la session du conseil, le garçon de bureau avait été obligé de pousser le feu au point de chauffer au rouge jusqu'aux garnitures en cuivre des bou-

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