CHAPITRE III. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION
Cette cheminée a été construite à une distance de 20 pieds anglais (G'^^OO) de la face du' bâtiment la plus voisine ; sa hauteur est de 110 pieds anglais (33", 44) ; son diamètre est de 12 pieds (3™, 64) au bas de la cheminée et de 5 pieds (2'',43) au sommet ; la grille du foyer d'appel est placée dans l'intérieur, à 8 pieds anglais (2",4) au-dessus des sommets des orifices d'accès. Les registres placés dans- le canal de descente permettent de faire varier à volonté la ventilation.
Cet appareil a fonctionné régulièrement pendant plusieurs années, la ventilation s'effectuait d'une manière très-régulière, mais il avait un inconvénient très-grave : l'air, en traversant le tapis de crin qui recouvrait le plancher, entraînait avec lui la poussière déposée sur le tapis. Il est fâcheux qu'on n'ait aucun renseignement sur le volume d'air appelé, sur la dépense de combustible, et réchauffement de Tair par les calorifères.
PalaU du linxemboarif.
2616. Ce palais était chauffé autrefois par des calorifères à air, construits par MM. Rohaut et Musard, d'après les plans de M. Talabot. En 1840, une commission nommée par le ministre de l'Intérieur, sous la présidence de M. Thenard, composée de MM. Gay- Lussac, Pouillet, Séguier, et dont je faisais partie, fut chargée d'examiner les appareils et de donner son avis sur leur efficacité. C'est du rapport de cette commission que j'ai tiré les détails qui suivent.
La partie du palais qui devait être chauffée à cette époque se composait de la salle des séances, en forme de demi-cercle, environnée d'un couloir dont le diamètre se trouve du côté de la cour, de la bibliothèque, longue galerie tangente au couloir et qui se termine aux deux pavillons en saillie sur le jardin, enfin de l'orangerie qui se trouvait au-dessous de la bibliothèque. Le chauffage avait lieu par huit calorifères placés au-dessous de la grande salle, quatre de chaque côté d'un couloir dont l'axe coïncidait avec celui des bâtiments. Chaque calorifère renfermait 30 tuyaux de fonte horizontaux, traversés simultanément par l'air, de 1",50 de longueur sur O^ylO de diamètre, ayant ensemble une surface de 21'"'i,60; la grille avait 1 mètre de longueur sur 0'",30de largeur. La galerie prenait Tair dans le jardin par une ouverture fermée par une grille de fer à l'ouverture du sol ; au delà se trouvait une ouverture également fermée par une
grille d'une plus grande surface, destinée à conduire Tair aux calorifères. Pour le chauffage de la grande salle, l'air chaud des calorifères se rendait dans une pièce basse située au-dessous de la salle, de là sous les gradins ; il pénétrait dans la salle par des orifices de 0'',01 à 0",02 de hauteur qui régnent dans toute la longueur des contre-marches et forment ensemble une surface de près de 4 mètres carrés. Près des orifices de sortie de Tair, les marches étaient garnies de plaques de fonte chauffées par l'air. L'air de la salle pouvait sortir par l'orifice du lustre, ou par des orifices percés à la partie supérieure des tribunes, d'où il se réunissait à l'air des couloirs, pour se rendre ensuite^ par les cages des escaliers de service, sous le comble qui surmonte l'orifice du lustre, et se dégager dans l'atmosphère.
Quatre ventilateurs à force centrifuge, placés au-dessous de la chambre, étaient destinés à la ventilation d'été; ces ventilateurs, mus chacun par un homme, avaient 2 mètres de diamètre, l*,50de largeur, et communiquaient par leur centre avec la prise d'air extérieure, et par leur circonférence avec les gradins de la salle. Des caniveaux convenablement disposés conduisaient de l'air chaud à des bouches placées dans la bibliothèque, l'orangerie, le couloir et les pavillons.
2617. Des expériences nombreuses ont constaté qu'avec la ventilation par l'orifice du lustre et par les tribunes, et par une température extérieure de plusieurs degrés au-dessous de zéro, la température de la salle a été maintenue à iS"" ; que la ventilation d'hiver s'est élevée à plus de 20 mètres cubes par personne et par heure, et celle d'été à 12 mètres cubes. Mais le chauffage de la bibliothèque, du couloir et de l'orangerie était insuffisant, à cause du refroidissement que l'air chaud éprouvait en parcourant les canaux qui le conduisaient aux bouches de dégagement.
Les conclusions de la commission ont été, l*" que le chauffage et la ventilation de la salle des séances étaient satisfaisants ; 2"" que le chauffage des autres parties du bâtiment était insuffisant.
2618. Dans le système de chauffage et de ventilation adopté par M. Talabot, le mode de renouvellement de l'air de la salle était trèsbien entendu, et certainement le meilleur qu'on puisse employer, car chaque personne assise dans la salle recevait un courant d'air particulier qui s'élevait autour d'elle pour ne plus revenir, et par conséquent l'air qu'elle respirait était toujours parfaitement pur. La ventilation d'hiver s'effectuait d'elle-même par la force ascension-