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CHAPITRE IV. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION

Dans une autre partie des appartements, on chauffe au moyen de deux calorifères à eau dont la surface de chauffe est formée de plaques de fonte garnies de nervures verticales ; Teau est chauffée dans des bouilleurs. L'air neuf, après avoir été chauffé, traverse un espace ou tombe constamment de Teau en pluie fine, et se trouve ainsi débarrassé des poussières, et de plus prend le degré d'humidité convenable; cette précaution dont nous avons parlé déjà plusieurs fois est rendue surtout nécessaire en Russie par suite de la sécheresse extrême qu'acquiert l'air dans les grands froids ; l'air ehaud est amené par des gaines verticales à la partie supérieure des appartements et pénètre dans les salles par des orifices pratiqués dans des corniches ; l'air vicié est entraîné par des cheminées d'appel à travers des orifices placés en haut et en bas de la pièce ; les orifices inférieurs sont masqués par les meubles ; ceux d'en haut, par les ornements des murs et des plafonds.

Le salon de réception et les salles qui en dépendent peuvent contenir 300 personnes et sont éclairés par 4000 bougies, le renouvellement d'air y] est de 13000 mètres cubes; on y introduit l'air neuf à une température comprise entre 10 et IS"".

27 19. L'idée de faire passer l'air chaud entre l'espace laissé par de doubles fenêtres appartient à M. Flavitsky, de Saint-Pétersbourg, qui l'y a appliqué dès 1874, dans diff'érents édifices publics ou particuliers. On se propose ainsi d'empêcher les inconvénients qui résultent des rentrées d'air froid qui se font dans le système de l'appel par les fissures des fenêtres et par les joints des vitres, et aussi du refroidissement qui résulte de la présence même des fenêtres ; cellesci en effet laissent passer une quantité de chaleur beaucoup plus grande que celle que laissent passer les murs ; il en résulte un refroidissement considérable de l'air de la pièce qui est en contact avec elle et de là des remous très-désagréables et même dangereux pour les personnes qui sont placées près de ces fenêtres. M. Flavitsky complète son système en faisant arriver l'air pris directement sur la façade autour des tuyaux de chauffage à eau ou à vapeur ou à air chaud placés dans une chambre pratiquée dans l'épaisseur du mur et au-dessus de la fenêtre; des registres sont placés 1** à l'introduction de l'air dans la chambre de chauffage ; 2"* entre la chambre de chauffage et l'espace libre laissé entre les châssis de fenêtre ; 3* entre celui-ci et l'orifice d'entrée dans la salle. Cette disposition, employée pour le chauffage, a pour but de^parer à Tinconvénient qui résulte du dépôt des poussières dans les conduits de l'air

chaud dans les autres systèmes. Le parcours de Pair avant son introduction dans la pièce est très-court, et la portion traversée est d'un nettoyage facile.

Pour atteindre un but analogue dans les appartements de l'impératrice, on a garni les parois des murs et le plancher de la chambre du calorifère sûnsi que les conduits d'air au moyen de faïence vernissée.

Le système de M. Flavitsky supprime les inconvénients relatifs aux rentrées d'air et au refroidissement par les croisées. Mais il doit être rendu coûteux par suite de refroidissement considérable que subit l'air neuf à son passage entre les deux châssis de fenêtre. Il serait probablement plus avantageux, et on arriverait également au but proposé en faisant circuler entre les doubles fenêtres l'air expulsé des pièces, en produisant cette circulation de bas en haut; le refroidissement que subirait l'air dans son parcours descendant aiderait au tirage de l'appel, et la perte de chaleur se trouverait ainsi utilisé

ObserTations génèralem sur le ehauffai^e des iprandes salles de rénnlon» des palalSy des gprands amphithéâtres^ des théâtres» etc., etc.

2720. Les lieux de réunion ont des formes et des dispositions très-diverses, suivant leurs destinations. Mais ils peuvent, sous le rapport du chauffage et de la ventilation, se diviser ainsi :

l"" Les grandes salles, comme les salles des séances des Chambres, les grands amphithéâtres ; 2*" les galeries, comme les salles des pas perdus, les bibliothèques ; 3"* les théâtres.

2121. Amphithéâtres. — Dans les grands amphithéâtres, nous avons vu que souvent le- chauffage et la ventilation s'effectuent en faisant arriver de l'air chaud par des orifices situés dans la partie horizontale qui se trouve au bas des gradins, ou par des tuyaux qui débouchent dans cette partie de la salle à différentes hauteurs et dans différentes directions ; l'air vicié descend au-dessous des gradins par un grand nombre d'orifices percés dans les contre-marches, et passe ensuite dans des tuyaux aboutissant à une cheminée d'appel. Cette disposition, employée au Conservatoire des Arts et métiers, a de graves inconvénients. Supposons la salle vide ; l'air chaud^ en arrivant, tend à s'élever d'abord au plafond où il s'étale et descend progressivement par couches horizontales sensiblement isothermes jusqu'aux orifices d'écoulement, mais en se refroidissant de plus en

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