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CHAPITRE IV. — CHAUFFAGE ET VENT. DES SALLES DE RÉUNION

plus, la chaleur qu'il abandonne étant absorbée par les surfaces de transmission. Il résulte de là que Tair se trouve à une température croissante de bas en haut, et que si l'amphithéâtre a une pente trèsrapide, il pourra y avoir une différence notable de température sur les bancs. les plus bas et les plus élevés, comme cela a été vérifié sans exception dans toutes les salles échauffées garnies de ^adins. Supposons maintenant la salle occupée ; la chaleur produite par chaque individu et Tair vicié expiré, tendront évidemment à échauffer et à vicier les couches d'air supérieures, et, par conséquent, l'effet produit par les personnes occupant l'amphithéâtre consistera à augmenter la variation de température de haut en bas et à vicier les couches d'air, d'autant plus qu'elles seront plus élevées. Ainsi, ce mode de ventilation ne peut réellement être employé que quand l'amphithéâtre n'a qu'une légère inclinaison et qu'il ne renferme qu'un petit nombre de personnes.

2722. La meilleure disposition consiste à amener l'air au-dessous de l'amphithéâtre, à le distribuer uniformément par un très-grand nombre d^orifices, à le recueillir au sommet de la salle pour le conduire à une cheminée d'appel partant des combles, ou mieux pour le faire descendre au niveau du sol par un tuyau placé au dehors et qui le dirige dans une cheminée d'appel. Cette disposition, analogue à celle qui était employée dans l'ancienne Chambre des communes de Londres, et ensuite dans l'ancienne Chambre des Pairs, n'aurait aucun des inconvénients que nous venons de signaler pour l'autre système ; chaque personne respirerait de l'air pur et à la même température. J'examinerai successivement les différentes parties de ce système de chauffage et de ventilation.

2723. Le chauffage de l'air peut avoir lieu au moyen des calorifères dont j'ai parlé (1853 et suiv.). Chaque système a des avantages et des inconvénients qui lui sont propres, et, d'après ce que j'ai dit, il sera facile de reconnaître celui qui convient le mieux dans chaque circonstance. Si la salle ne devait être occupée qu'accidentellement, ou seulement un petit nombre d'heures chaque jour, les calorifères dans lesquels l'air est chauffé directement seraient les plus avantageux, d'autant plus qu'ils coûtent moins de frais d'établissement que les autres, dans lesquels il y a toujours deux systèmes de surfaces de chauffe. Mais comme l'air échauffé doit être porté audessous des gradins qui sont toujours en bois, il faudrait prendre les précautions nécessaires pour que la température de l'air ne pût jamais dépasser une certaine limite peu élevée; pour cela, il serait

possible de disposer un registre qui ouvrirait Taccès de l*air extérieur dans le canal recevant Tair sortant du calorifère quand cet air dépasserait la limite assignée.

2724. L'uniformité de la distribution de Tair au-dessous des gradins présenterait quelques difficultés. Il faudrait d'abord renoncer complètement au mode de distribution qui avait été employé dans Tancienne salle des Communes, et qui consistait à percer le sol d'un très-grand nombre de petits orifices. Le mélange des veines partielles sorties de ces orifices pourrait n'avoir lieu qu'à une trop grande hauteur; d'ailleurs, la boue et la poussière apportées par les pieds, pourraient obstruer les ouvertures, et l'air serait nécessairement chargé d'une poussière fine qui aurait de graves inconvénients sur la respiration ; un tapis en crin épais, à larges mailles, aurait l'avantage de mieux disséminer les veines d'air, mais les inconvénients de la boue et de la poussière seraient beaucoup augmentés. Le meilleur mode de distribution de l'air dans la salle consiste à introduire par des ouvertures pratiquées à la partie supérieure des contre-marches, ou à une certaine hauteur dans les faces de devant ou de derrière des bancs ; la somme des surfaces de ces orifices étant très-grande relativement à la section de la cheminée d'appel, la vitesse des veines serait très-petite, et comme elles sont dirigées horizontalement, elles changeraient de direction par la rencontre des surfaces qui se trouveraient sur leur passage, et leur mélange s'effectuerait facilement sans présenter les inconvénients que j'ai signalés; c'est ce que l'expérience a démontré dans l'ancienne Chambre des Pairs. Mais il faut, en outre, que l'air soit distribué à peu près uniformément au-dessous des gradins, et il suffira pour cela que l'air échauffé y arrive par un certain nombre de tuyaux recourbés verticalement, et terminés chacun par un chapeau qui dirige les veines d'air de haut en bas.

2725. Quant aux orifices de sortie de l'air, les dispositions seront différentes, suivant que le plafond sera cintré et garni d'une coupole vitrée, ou qu'il sera horizontal. Dans le premier cas, le cylindre sur lequel repose la coupole serait percé latéralement d'un large orifice communiquant avec un grand tuyau en tôle ou en zinc placé en dehors du bâtiment, autant que possible sur une face exposée au nord, et qui amènerait l'air au niveau du sol, dans un canal horizontal communiquant avec une cheminée d'appel. Si la surface supérieure de la pièce était horizontale, il faudrait construire un faux plafond percé d'un grand nombre d'orifices qui communiqueraient

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