‹ Traité de la chaleurChapitre 187 sur 301 · CHAPITRE V. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DBS ÉGLISES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DBS ÉGLISES

chaleur se trouve promptement disséminée par la masse, à cause de la grande faculté dispersive de l'air, d'autant plus que les mouvements produits dans cette masse, par différentes causes dont nous allons parler, tendent encore à en mêler les différentes parties.

2758. Mouvements de l'air dans l'édifice. — Contre toutes les surfaces intérieures des murailles, et à une assez grande distance, la température de J'air est constamment inférieure de 0'*,75 à 1*,S0 à celle de Tair dans la partie centrale ; par conséquent il existe un courant d'air froid qui descend le long des murailles : c*est une conséquence nécessaire de leur mode d'échauffement. Une autre circonstance, certainement très-influente, produit encore des mouvements très-variés dans la masse d'air : ce sont les courants par les fissures des fenêtres. La somme totale de ces fissures disséminées sur une très-grande étendue présente, comme nous l'avons dit, l'énorme surface de 14 mètres carrés ; mais comme les orifices sont très-petits, ils produisent incomparablement moins de ventilation qu'un orifice unique de même section ; en outre, comme ces orifices sont à des hauteurs très-inégales et distribués à droite et à gauche, non-seulement ils servent à l'écoulement de l'air introduit, mais un certain nombre doivent donner accès à Tair extérieur^ même quand celui-ci est calme ; il est évident que sous l'influence d'un vent qui serait perpendiculaire à une des faces, l'air extérieur entrera par les orifices de cette face et l'air intérieur sortira par la face opposée, parce que derrière cette face la pression atmosphérique sera diminuée.

2759. Prises d'air intérieures. — M. Grouvelle n'a disposé qu'un petit nombre de prises d'air intérieures, et elles ne produisent que peu d'effet. C'est une circonstance fâcheuse, car, au point de vue hygiénique, il n'y aurait eu aucun inconvénient à reprendre de l'air dans le vaisseau pour l'échauffer de nouveau, et il en serait résulté une notable économie.

2760. Facile propension de l'eau à circuler. — La moindre différence de niveau et de température suffit pour établir un mouvement prononcé même dans les tuyaux étroits. Sous la circulation principale du calvaire, qui a 0",12 de diamètre, est embranché à angle droit un tuyau de 0",08 de diamètre et de 23 mètres de longueur, replié sur lui-même et qui revient sur la conduite principale à 0'", 30 du point de départ ; Tinclinaison de ce tuyau est très-faible, et pourtant la circulation s'y effectue très-bien.

2761. Pour mettre en évidence les variations de température qui

ont eu lieu à IMntérieur et à Textérieur de l'église pendant la durée de ces expériences, qui offrent un véritable intérêt pour Tétude des grands chauffages, M. Pottier, d'après Tindication de M. Thomas, a représenté ces températures par des courbes.

Dans les figures 679, 680 et 681, les temps sont comptés sur la ligne AB. Les intervalles ab représentent une durée de vingt-quatre heures. Les températures correspondantes sont indiquées pardes lignes perpendiculaires; la ligne horizontale ponctuée CD corresponde 15 degrés. La courbe supérieure représente les températures moyennes intérieures, dans lesquelles les températures de l'air chaud à 2 mètres au-dessus des bouches entrent pour 1 : 1 1 . La courbe immédiatement au-dessous représente les températures moyennes indiquées par des thermomètres placés non loin des bouches de chaleur. La troisième courbe indique la température des faces intérieures des murailles. Enfin la quatrième, courbe , celle qui offre le plus de sinuosités , représente les températures extérieures. La teinte qui s'étend jusqu'à la courbe la plus élevée indique la durée du chauffage. La teinte noire foncée placée au-dessous du rectangle indiquant les jours représente la consommation de combustible ; elle est proportionnelle chaque jour à la surface du rectangle teinté ; lorsqu'il n'y a pas eu continuité dans la consommation, elle a été réduite à ce qu'elle aurait été si la consommation eût été uniforme pendant vingt-quatre heures. Les nombres placés dans les rectangles teintés représentent les consommations moyennes de combustible par heure.

Dans la 1'^ semaine, du 17 au 24 nov., la consommation a été de 5560 kil.

— 2« — du 24 novembre au \ " déc, elle a été de . . . 5560

— 3« — du 1" au 8 décembre, de 2080

— 4« — du 8 au 15 décembre, de 1200

— 5« — du 15 au 22 décembre, de 1885

— 6« — du 22 au 29 décembre, de 4735

— ?• — du 29 décembre au 5 Janvier, de 5680

— 8« — du 5 au 12 janvier, de 3770

Enfin, dans la %^ semaine, du 12 au 18 janvier, de 1700

Ainsi la consommation totale a été de 32170 kilogrammes en 63 jours, ou, en moyenne, de 510 kilogrammes par jour, du 17 novembre au 5 janvier.

Les températures ont été, en moyenne, de 12'' 2 à l'intérieur, de 4* 5 à l'extérieur, et par conséquent l'excès moyen s'est trouvé environ de 9" ; pour une température intérieure constante de 10", et une température moyenne extérieure de 6% et par conséquent un

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excès moyen de 4"*, la consommation de combustible par jour deviendrait deux fois plus petite, c'est-à-dire de 255 kilogrammes.

2762. Calcul des effets produits par les différentes causes qui disséminent la chaleur. — En partant de ce fait bien constaté que quand l'appareil produit son maximum d'elTet la consommation de houille est de 40 kilogrammes par heure pour une différence de température de \&*^ on peut comparer les quantités de chaleur produites à celles qui sont dissipées par les causes connues. Dans le cas dont il s'agit, la chaleur est dissipée : 1 "^ par le tuyau à fumée ; 2^ par la paroi du fourneau ; 3"" par les canaux dans lesquels l'air est échauffé ; 4"" par les murs et les vitraux ; 5"" par l'écoulement de l'air chaud à travers les nombreux orifices des vitraux.

En assimilant la chaudière aux chaudières à vapeur, chaque kilogramme de houille produirait la quantité de chaleur correspondante à la vaporisation de 7 kilogrammes d'eau déjà à lOO"", c'est-à-dire 7.550 = 3850 calories ; la différence entre la puissance calorifique de la houille et ce chiffre représente la quantité de chaleur perdue par la cheminée et par les parois du fourneau. Ainsi, dans le cas dont il s'agit, la quantité de chaleur développée est 3850.40 = 4S4000.

La chaleur transmise par les vitres, d'après les nouvelles formules (livre VI), pour une hauteur de 4 mètres, et une différence de température de 16*, est de 40 unités, et, par conséquent, pour les 860 mètres de vitraux, la quantité totale de la chaleur transmise sur 40.860 = 34400.

On peut négliger la chaleur perdue dans les canaux de circulation des tuyaux à eau chaude et de l'air, parce que cette perte diminue rapidement avec la durée, du chauffage, et qu'une partie de la chaleur qui pénètre la paroi des canaux rentre dans l'église par le sol.

2763. La chaleur transmise par les murailles pourrait se calculer facilement si on connaissait exactement leur surface et leur épaisseur ; mais les nombres qui se trouvent au commencement du mémoire de M. Pottier ne peuvent être qu'approximatifs. L^a surface totale des murailles exposées à l'air me semble devoir excéder le nombre indiqué, Tépaisseur moyenne doit dépasser 0"',5, et d'ailleurs on ne peut pas prendre une moyenne pour ces épaisseurs, parce que les quantités de chaleur qui traversent les murailles ne varient pas en raison inverse des épaisseurs (987). Mais on peut trouver une valeur approchée de la quantité de chaleur transmise par les murailles, après avoir déterminé le volume d'air de ventilation. D'après le mé-

. moire, les températures intérieures et extérieures qui correspondaient

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