‹ Traité de la chaleurChapitre 188 sur 301 · CHAPITRE V. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES ÉGLISES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES ÉGLISES

au maximum d'effet étaient de 12'' et de — i"" ; Tair qui pénétrait dans les canaux de circulation des tuyaux à eau chaude, y arrivait à — i"" et en sortait à 38"" ; il y éprouvait donc un accroissement de température de 42'' ; et comme la quantité de la chaleur absorbée par Tair représente la quantité de chaleur produite, en désignant par X le volume d'air appelé, on aura évidemment x. 1^3. 42. 0,24 = 154000 ; d'où Ton tire x = 11882 mètres cubes ; cet air s'éehappant par les fissures des vitres devait avoir la température du verre, qui, dans le cas que nous considérons, avait un excès de température de 8** sur Fair extérieur. La perte de chaleur par mètre cube était alors de 1,3. 8. 0,24 =2,5, et par suite la perte de chaleur par Tair sortant s'élevait à 1 1882. 2,5 = 29705. D'après cela, la perte de chaleur par les murailles était de 154000 — 34000 — 29705 s 90295. Le volume d'air écoulé par seconde se trouvant de 3"'%30 et la somme totale des orifices libres des bouches de chaleur de 1"S93, la vitesse d'écoulement était à peu près de 1 mètre.

2764. La quantité de chaleur émise par mètre carré et par heure, par les tuyaux pleins d'eau chaude placés dans les canaux parcourus par l'air qui s'échauffe, diffère complètement de ce qu'elle serait si les tuyaux étaient exposés à l'air libre. En effet, la chaleur émise par ces tuyaux, provient de la chaleur qu'ils communiquent directement à l'air, et de celle donnée à l'air par la surface du canal chauffée par leur rayonnement. Cette chaleur dépend certainement de la vitesse de Tair, et crolf avec cette vitesse^ suivant des lois inconnues ; mais elle diffère peu de celle qui serait dégagée par le tuyau exposé à l'air libre, et dont la température serait égale à la température moyenne de l'air à son entrée et à sa sortie du canal. Dans le cas dont il s'agit, la quantité de chaleur qui s'échappe par les bouches est de 154000 unités ; la surface des tuyaux étant de 168 mètres carrés, la chaleur transmise par mètre xarré est de 154000 : 168 = 933,3, pour une température moyenne de l'air égale à (4-f-38) : 2 = 21, et un excès moyen de IH — 21 =90. Or, il résulte des formules qui ont été données dans le livre VI, que la quantité de chaleur perdue par un cyHndre de fonte exposé à l'air, pour une différence de 90^, est égale à 466 pour la perte due au rayonnement, et à 340 pour celle qui provient du contact de l'air, en tout 806, nombre qui n'est pas trop en désaccord avec celui que nous venons de trouver.

Il est important de remarquer que le volume de l'église étant d'environ 32000 mètres cubes, et la ventilation étant d'à peu près 10000

mètres cubes par heure, Tair de l'église est totalement renouvelé huit fois par jour, et que Tair qu'elle contient suffirait à 3200 personnes, pendant une heure, à raison de 10 mètres cubes par personne.

Éiglîam Saint- Vincent de Pnnl.

2765. Les appareils de chauffage de cette église ont été construits^ par M. René Duvoir ; j'en donnerai une description succincte.

Ee sol de la nef centrale est garni, à son contour, d'un caniveau fermé par une grille de fonte à jour et renfermant des tuyaux dans, lesquels circule de l'eau chaude ; ce caniveau a C^yGO de largeur. J'ai visité cette église un jour de la semaine et un dimanche de grande fête, lorsque la température extérieure était seulement de 2 degrés au-dessous de zéro ; partout la température était convenable et à peu près de 13 degrés.

La disposition adoptée présente un inconvénient qui parait grave* au premier abord : les chaises ne peuvent pas être placées sur le& grilles du caniveau, du moins quand le chauffage est actif, parce que les grilles sont à une température trop élevée ; mais dans les joursde la semaine, il suffit de placer les chaises dans l'espace circonscrit par le caniveau, et pour les dimanches et les jours de fêtes, où l'affluence des fidèles est considérable, en suspendant le chauffage ces. jours-là, les chaises peuvent être placées partout, et cette suspension ne diminue pas sensiblement la température, comme il est facile dele voir à cause de l'immense quantité de chaleur renfermée dans les murailles ; je m'en suis d'ailleurs assuré par Texamen des thermomètres. Par cette méthode, il n'y a point de ventilation forcée ; mais j'ai reconnu qu'un jour de grande fête où l'église était remplie et pouvait contenir environ 2000 personnes, nulle part il n*y avait de* mauvaise odeur appréciable ;. ainsi il se faisait une ventilation naturelle par les joints des vitres et par les portes qui s'ouvrent si fré* quemment ; d'ailleurs la grande masse d'air renfermée dans l'église concourait à son assainissement pendant la durée de l'office. Ce mode de chauffage permettrait facilement d'effectuer une ventilation, si on la supposait nécessaire ; il suffirait, pour cela, d'établir sous le^ caniveau contenant les tuyaux à eau chaude, un canal communiquant avec l'extérieur et garni d'un grand nombre d'ouvertures s'ouvrant au-dessous des tuyaux ; il est évident que si la somme des fissurés des vitraux ne présentait pas une surface suffisante, il faudrait ouvrir des orifices à la partie supérieure ou à une certaine hauteur.

Page 1