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CHAPITRE y. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES Ë6USES

Il résulte des expériences thermométriques faites dans cette église» un phénomène fort singulier : à partir d'une certaine hauteur, la température va en décroissant à mesure qu*on s'élève davantage ; ce phénomène résulte, sans aucun doute, de ce que la partie supérieure de réglise, n'étant pas séparée comme à l'ordinaire de la toiture par une voûte, l'air y éprouve un grand refroidissement et qu'il se manifeste des courants d'air froid descendants dans toute la surface de la grande nef.

L'eau chaude ne circule dans les tuyaux que dans un seul sens ; mais, pour obvier à Tinfluence du refroidissement qu'elle éprouve dans son trajet, le tuyau, vers la fin de la course, se divise en plusieurs autres qui présentent une plus grande surface ; il y aurait -certainement, de l'avantage à faire mouvoir l'eau en sens contraire, dans deux circuits placés dans le caniveau» car alors la somme des températures des tuyaux à chaque point du circuit serait sensiblement constante.

Le constructeur pense que ce mode de chauffage est plus économique que celui qui est employé dans les églises où le tuyau passe •dans les caves, parce qu'il y a moins de chaleur transmise à travers le sol ; mais comme, dans la nouvelle disposition, il y a beaucoup de Hïhaleur xayonnée contre les murailles, on ne pourrait résoudre la question qu'à l'aide d'expériences qui n'ont point été faites.

D'après des indications qui m'ont été données par le constructeur, (Pendant cinq jours du mois de mars 1853, la température moyenne •de l'église a été à très-peu près égale à 14% la température moyenne •extérieure des cinq jours de 7"", et la consommation moyenne de combustible de 280 kilogrammes par jour.

Église Salni-Sulplce.

2766. En 1852, M. le curé de Saint-Sulpice pria M. le baron Thenard de présider une commission pour juger les difTérents projets de chauffage de sou église qui avaient été présentés par plusieurs ingénieurs et constructeurs. La commission était composée de MM. Thenard, Regnault, Despretz, Seguier, membres de l'Institut, et moi. Trois concurrents présentaient des projets : M. Duvoir-Leblanc, M. René Duvoir et M. Grouvelle.

2767. Le projet de M. Duvoir-Leblanc consistait dans l'établissement de deux chaudières à eau chaude placées Tune près du centre de réglise, la seconde au-dessous de la chapelle de la Vierge. Le

chauffage devait avoir lieu par de l'air échauffé contre des tuyaux à eau chaude et versé dans l'église par dix-sept bouches de chaleur distribuées au niveau du sol. Un poêle à eau chaude devait être placé dans la sacristie, çt trois autres plus petits dans les salles qui en dépendent. Le devis s'élevait à 23000 francs (non compris les frais d'installation, la construction de la cheminée à fumée, etc.) ; et le constructeur s'engageait à maintenir une température de lO^'dans l'église, de IS"" dans la sacristie et les salles qui en dépendent, moyennant une somme de 1 1 francs par jour, quand un seul des deux appareils fonctionnerait, et de 25 francs quand les deux appareils se< raient en activité, y compris les frais d'entretien.

2768. La maison René Duvoir avait présenté deux projets. Le premier consistait à chauffer le sol, recouvert en grande partie par des plaques de fonte, au moyen de tuyaux à eau chaude. La dépense d'établissement s'élevait à 43368 francs, et le mémoire ne renfermait que des indications vagues sur la dépense de combustible. Le second projet consistait dans un chauffage à air chaud au moyeQ de calorifères à air. Le devis s'élevait à 28532 francs et en outre à 8777 francs si on voulait chauffer la nef à l'eau chaude. Ces projets étaient accompagnés de dessins représentant tous les détails de construction.

2769. M. Grouvelle avait présenté trois projets. Le premier consistait en deux calorifères à air, formés de tuyaux parcourus par la fumée, l'air chaud était conduit par des tuyaux en terre cuite, environnés de matières conduisant mal la chaleur, à dix-huit bouches de chaleur situées au niveau du sol et convenablement distribuées sur la surface de-Téglise ; l'air appelé par les calorifères, pouvait être pris à volonté dans Téglise «t en dehors. Le devis s'élevait à 29000 fr. ; et, pour maintenir une température constante de 15'', M. Grouvelle s'engageait à ne pas consommer plus de 600 kilogrammes de houille par jour. Le second projet ne différait du premier que par la forme des calorifères ; les tuyaux de fonte, au lieu d'être parcourus par la fumée, étaient parcourus par Tair, et le devis s'élevait seulement à 25000 francs. Enfin dans le troisième projet les dispositions étaient les mêmes que dans les deux premiers, seulement l'air était échauffé sur des tuyaux à eau chaude, et les frais d'établissement s'élevaient à 36000 francs. M. Grouvelle proposait d'ajouter à ce dernier projet une surface de fonte placée au milieu de la nef, à fleur du sol, de 28 mètres de longueur sur O'^^SS de largeur, recouvrant un canal occupé en partie par un tuyau plein d'eau chaude replié sur lui-même ;

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