CHAPITRE Y. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES ÉGLISES
la dépense de cette addition s'élevait à 1600 francs. Tous ces projets étaient accompagnés de dessins très-détaillés^
2770. La commission a été d'avis que le projet de M. René Duvoir qui consistait à chauffer le sol est très-bon pour chauffer les pièces où Ton ne séjourne pas longtemps à la même place, comme la Bourse, les salles d'attente des chemins de fer ; mais pour une église, il parait peu convenable. Pour que l'on puisse rester longtemps sur des plaques de fonte, il faut nécessairement que l'eau qui est au-dessous soit à une température peu élevée, car le refroidissement des plaques étant très-affaibli par les personnes qui les recouvrent, leur paroi extérieure acquerrait bientôt une température voisine de celle de l'eau. D'ailleurs elles ne chaufferaient l'église que quand elles ne seraient pas couvertes, c'est-à-dire quand il n'y aurait personne ; elles chaufferaient surtout les murailles par rayonnement, et la moitié seulement de la chaleur émise serait employée à chauffer l'air. Enfin, ce système n'avait point encore été essayé et on ne savait sur quelle base calculer la dépense de combustible. La commission a ensuite examiné les avantages et les inconvénients des deux systèmes de calorifères, et elle a considéré les calorifères à eau chaude comme préférables. Il n'y avait plus à hésiter qu'entre le projet de H. Duvoir-Leblanc et le dernier de M. Grouvelle.
Voici les considérations qui ont motivé son choix.
2774 . Le projet de M. Duvoir-Leblanc ne renferme aucun des détails nécessaires pour se rendre compte de l'efficacité et du prix de revient des appareils ; de plus, les conditions du prix demandé pour le chauffage donnent trop de latitude à l'entrepreneur, car le chauffeur pourra quqnd il le voudra, en diminuant la consommation de combustible dans un des foyers, allumer l'autre; de jiareilles conditions ne sont pas acceptables. Au contraire, le devis de M. Grouvelle est complet ; ses engagements, sont nets et précis ; seulement il porte trop haut la température qui doit être maintenue dans l'église. D'après ces considérations, la commission a été d'avis d'admettre le projet de M. Grouvelle comme préférable aux autres, mais elle pense qu'un marché à forfait pour les appareils^ l'entretien et le chauffage ne doit être fait qu'après l'examen des détails du devis et des frais de chauffage pour une température de 13 à U"" bien suffisante dans une église.
2772. L*avis de la commission n'a point été suivi, et le conseil de fabrique, dans lequel se trouvaient deux membres de la commission, partisans très-zélés de M. Duvoir-Leblanc, a adopté le projet de cet
entrepreneur avec toutes ses conditions. Seulement, d'après un ex* trait des registres des délibérations du conseil de la fabrique de Saint-Sulpice, inséré dans une brochure de M. Boudin, médecin en <^hef de Thôpital militaire du Roule, la condition de maintenir une température de 10'' dans Téglise, n'existe qu'autant que la températture extérieure sera supérieure à &"*, le second appareil ne marchera que quand le chauffeur en recevra l'ordre, mais il devra marcher au moins 8 jours. Or, comme la température extérieure est au-des- :sous de G"" au moins 3 mois de l'année, décembre, janvier et février, soit 90 jours, et que le marché est fait pour 21 2 jours, il s'ensuit que le chauff^age coûtera au moins 90.25 -f 122. 11 = 3582, ou en moyenne 16 fr. 90 par jour. Je n'ai pu me procurer aucun renseignement sur les résultats obtenus.
. 2773. Nous avons ,déjà eu l'occasion de parler des dangers que présente l'emploi des poêles en fonte, soit pour le chauffage à l'eau soit pour le chauffage à la vapeur, quand cette dernière est employée à haute pression : un exemple terrible de ce danger s'est manifesté dans l'église Saint-Sulpice au mois de janvier 18o8.
Dans le Cosmos du 15 janvier de cette année, M. l'abbé Moigno donne le récit d'une explosion dont il fut témoin oculaire et des effets qui en furent la conséquence. <( A dix heures et demie^ dit l'auteur de la relation, nous sommes monté à l'autel de la Vierge pour célébrer la sainte messe ; plus de cinquante personnes y assistaient. Nous avions atteint l'offertoire, lorsque tout à coup une détonation forte et sèche s'est fait entendre à quelques pas de nous ; les chaises sont renversées ; la pieuse foule s'est précipitée vers le sanctuaire ; un nuage épais de vapeur d'eau barrait Centrée de la chapelle et empêchait de voir ce qui s' était passé; nous avons vu un instant après qu'un poêle plein d'eau bouillante avait fait explosion. L'intensité du froid avait forcé depuis près de 15 jours d'allumer le grand calorifère à circulation d'eau chaude ; deux poêles en fonte, placés, l'un à droite, l'autre à gauche de l'entrée de la chapelle, et qui servent de piédestaux à deux statues d'anges en bois, font partie de cette circulation ; leur hauteur est d'environ 1"',50 et ils doivent toujours être pleins d'eau ; le chauffeur, même en consumant de ^ix heures à neuf heures du matin loOO kilogrammes de charbon, n'atteignait pas la température fixée par le cahier des charges de l'entrepreneur. Ce seul fait bien interprété suffisait à indiquer que la circulation d'eau n'était pas bien étabUe et que le tuyau du retour d'eau était obstrué du moins en partie Quoique primitive