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CHAPITRE IV. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES ÉGLISES

ment essayé à sept atmosphères, Fun des poêles, celui de gauche n'a pas résisté, sa partie antérieure a cédé, eile s'est brisée en trois gros éclats qui ont été projetés en ligne droite contre le poêle de droite et l'angle qui le surmontait. A un mètre en avant du poêle de gauche se trouvait une chaire portative que les éclats de fonte ont brisée en morceaux quoiqu'elle fût de chêne très-dense. Atteintes parles débris de fonte et de bois, les personnes placées entre les deux poêles ont été horriblement blessées et mutilées ; l'une a été tuée sur le coup ; deux antres sont mortes quelques instants après. En même temps, le flot d'eau bouillante sorti des flancs entr'ouverts du poêle est venu ajouter ses ravages à ceux des éclats de bois et de fonte. Deux pauvres dames ont été presque littéralement cuites... le nombre des morts est déjà de cinq, celui des blessés dépasse dix. »

2774. Il résulte de cet exemple même, ainsi qu'on pouvait le pré^ voir, que les poêles en fonte à eau chaude peuvent subir une explosion véritable par l'excès de pression qui peut s'y produire, soit par la négligence de l'ouvrier qui conduit le feu, soit par une obstruction dans les tuyaux de circulation, ou bien par un vice de quahté de la matière. Aux dangers provenant de l'explosion proprement dite, c'est-à-dire des éclats du poêle agissant comme projectiles, viennent s'ajouter ceux qui résultent de la vapeur brûlante qui s'en dégage et qui, comme nous l'avons déjà dit, peut acquérir un volume égal à 140 fois celui de l'eau chaude contenue non-seulement dans le poêle, mais dans tout le système de circulation. Cette vapeur peut produire non-seulement des brûlures extérieures, mais, ce qui est souvent plus grave, amener des brûlures internes dans les poumons. L'explosion d'une chaudière à eau chaude est aussi dangereuse que celle d'une chaudière à vapeur, car elle supporte souvent une pression qui peut aller jusqu'à quatre ou cinq atmosphères. On devrait donc en prohiber le placement dans les lieux habités comme on le fait pour les chaudières à vapeur dont la capacité dépasse un certain volume.

Cathédrale de Belle j (Ain).

2775. La grandeur du vaisseau des églises dispense dans la plu* part des cas de l'appel d'air extérieur ; on peut chaufi'er très-facilement ces édifices, et souvent très-économiquement au moyen de calorifères à air chaud. MM. Geneste et Hercher ont fait un grand

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nombre de ces installations, nous donnerons comme exemple celle qu'ils ont établie à la cathédrale de Belley et qu'ils viennent d'appliquer à la cathédrale de Saint-Denis sous la direction de M. Yiolletle-Duc.

La cathédrale de Belley présente un cube de 30,000 mètres, elle a 78 mètres de longueur. On a placé, pour chauffer cette église, deux calorifères à niveau du sol dans une petite chambre construite extérieurement entre deux contreforts du chœur. Ces calorifères sont métalliques, à surfaces nervées, le foyer est garni de briques réfractaires, chacun d'eux est complété par un appareil hémicycloîdal afin d'obtenir une utilisation complète de la chaleur (1894). L'air froid est pris sur le sol même de la cathédrale, dans un des bas côtés et vers le milieu de la longueur de l'église, à environ 25 mètres de la chambre de chaleur ; l'ouverture de la prise d'air sur le sol est munie d'une grille, un caniveau souten*ain amène l'air au contact des appareils et retourne dans l'église par une large ouverture placée à environ 3 mètres du sol. On produit ainsi une circulation continue de l'air de l'église ; on obtient de bons résultats de ce système à condition que l'église soit aussi bien close que possible et que des bouches d'appel et de sortie de l'air aient des dimensions sufGsantes.

A Belley, par ces dispositions la température extérieure, étant descendue à — 6*, il a été possible d'obtenir une température intérieure de 10 à 12% après quelques heures de chauffage seulement, soit une différence de 16 à 18° sur la température extérieure. L'avantage de ce système, dans lequel le renouvellement de l'air est rapide, est surtout d'obtenir un chauffage prompt, et qui sera surtout économique, si le chauffage doit être intermittent.

OtaerrattoBs générales «ur le cbaiiini|^ des éylliea.

2776. Il résulte des faits que j'ai rapportés, et de tous les renseignements que j'ai pu recueillir que le chauffage des églises s'effectue toujours par l'air chaud et dans aucun cas, par la chaleur, rayonnante. Ainsi c*est le modede chauffage à l'air chaud qu'il faut admet tre. De toutes les églises chauffées, je n'en connais qu*une seule, celle de Saint-Roch, dans laquelle il y ait une ventilation artificielle, et comme dans toutes les autres il ne parait pas que cette absence d'une ventilation artificielle ait des inconvénients, on doit en conclure qu'elle n'est pas nécessaire, sans aucun doute, parce qu'il se

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