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GBAPITRE IV. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES ÉGLISES

produit toujours une ventilation naturelle par l'ouverture si fréquente des portes et les fissures des vitraux, et à cause du grand volume d*air renfermé dans Tenceinte, volume qui suffirait seul à l'assainissement pendant le petit nombre d'heures de la journée où l'église est remplie. Toutefois je pense qu'il est toujours utile de disposer l'appareil de manière à ce que Tair qui vient se chauffer dans le calorifère puisse à volonté être pris dans l'église ou en dehors. Cette disposition n'exige d'ailleurs qu'un faible accroissement de dépense.

2777. Quant à la nature du calorifère, il peut être à air brûlé, à eau chaude ou à vapeur ; mais ces derniers exigent une surveillance particuKèr^ delà part du chauffeur : aussi ils ne sont jamais employés. Restent alors les deux premières espèces, qui ont chacune des avantages et des inconvénients qui leur sont propres. Les calorifères à air brûlé coûtent moins que ceux à eau chaude, parce qu'il n'y a qu'un seul système de surfaces de transmission ; la conduite du foyer ne demande que peu de soins si on se sert de foyers à alimentation continue ; la chaleur peut être aussi bien utilisée que dans les appareils à eau chaude ; et la perte dans les conduits est faible, si l'air est chauffé seulement de 40 à 50"*, et si les tuyaux de conduite n'ont qu'une faible longueur, ce qui exige, du reste, que les calorifères soient assez nombreux. Les calorifères à eau chaude nécessitent plus de frais de premier établissement ; les foyers, même sans alimentation continue, exigent moins de soins et de surveillance, et en plaçant les tuyaux d'aller et de retour dans le même conduit, l'air peut être échauffé à peu près à la même température sur une grande longueur ; un seul foyer suffit pour les plus grandes églises, mais les pertes de chaleur par les surfaces des tuyaux de conduite de l'air peuvent être plus considérables que dans les calorifères à air brûlé, parce que les surfaces intérieures chauffées par le rayonnement des tuyaux sont à une température plus élevée. Ainsi les calorifères à eau chaude sont d'un usage un peu plus commode ; mais ils coûtent davantage et n'utilisent pas aussi bien la chaleur que ceux à air brûlé, du moins quand ces derniers sont convenablement disposés. Il faut ajouter que le chauffage à eau chaude nécessite souvent de fréquentes réparations dans les conduites et tenir compte des dangers d'explosion que nous avons signalés plus haut.

2778. Voici maintenant la disposition qui me parait la plus convenable à adopter. Je supposerai d'abord que le calorirère est à eau chaude. Un canal en briques serait placé au-dessous de l'axe de la net

centrale ; il renfermerait les petits tuyaux de circulation de Teau chaude ; à sa partie supérieure se trouverait un certain nombre d'espèces de puits cylindriques fermés à la partie supérieure et au niveau du sol par des grilles de fonte à jour ; chacun de ces puits renfermerait un poêle à eau chaude. Dans les axes des nefs latérales, se trouverait un même nombre de puits, fermés de la même manière, à fleur du sol, par des plaques de même section ; au-dessous existeraient des canaux horizontaux, venant aboutir au canal central et renfermant les tuyaux de circulation. Par cette disposition, Pair chaud s'élèverait par la partie centrale de l'église et descendrait par les faces latérales, pour s'échauffer de nouveau en passant autour des poêles. Les tuyaux horizontaux de retour d'air devraient être pourvus de registres, de manière à pouvoir amener à volonté dans le canal de l'air extérieur ou de l'air pris dans l'église. On pourrait remplacer les poêles par de gros tuyaux d'aller et de retour placés dans le canal central ; la dépense de premier établissement serait plus faible, et le chauffage plus régulier; enfin le danger d'explosion se trouverait ainsi diminué ; mais il y aurait probablement plus de perte de chaleur par les parois du canal, qui renfermerait de l'air à une plus haute température et dont la surface intérieure serait plus échauffée paç le rayonnement de ces gros tuyaux que par celui des petits tuyaux qui établissent la circulation dans les poêles.

Le chauffage sans ventilation aurait lieu la nuit, le matin et le soir, quand Téglis^e n'est pas occupée, et avec ventilation le reste du temps ; les orifices des vitraux, ceux qui existent toujours dans la voûte, sans compter les ouvertures si fréquentes des portes, seraient bien suffisants pour faire sortir l'air chaud lancé par le calorifère.

2779. Si les calorifères étaient à air brûlé, il faudrait en établir plusieurs au-dessous de l'axe de la nef centrale ; chacun enverrait l'air chaud dans des caniveaux suspendus à la voûte des caves, et le verserait par des ouvertures disposées de la même manière que quand le calorifère est à eau chaude ; les retours d'air des bas côtés se feraient comme dans le premier cas, ainsi que les appels directs d'air extérieur. Les tuyaux à fumée pourraient être placés dans les canaux destinés à conduire l'air brûlé à la cheminée. Les calorifères Gurney et surtout les calorifères français de MM. Geneste fils et Hercher frères sont d'un bon emploi pour le chauffage des églises. On peut les employer à niveau du sol et sans faire d'excavation, comme nous l'avons vu pour la cathédrale de Belley, on arrive ainsi à des dispositions très-économiques d'installation et d'entretien.

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