CHAPITRE IV. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES ÉGLISES
2780. Pour déterminer les dimensions des différentes parties de Tappareil, il faut connaître, au moins approximativement, la quantité de chaleur à fournir à l'église pour compenser les pertes par les vitres et les murailles : c'est un calcul qui ne présente aucune difficulté. Je prendrai pour exemple l'église de Saint-Sulpice, dont toutes les dimensions ont été mesurées par M. Grouvelle pour rétablissement de son projet, en prenant pour les pertes de chaleur par heure celles qui résultent des formules du livre YI, et en supposant la température intérieure de lO"" et la température extérieure de 6% moyenne de la saison d'hiver.
Pertes par les surfaces des vitres i 132" X 10 = il320j
Pertes par les murs de la façade, de 2"» d*épais-
seur 805"» X 2,14 = 1706
Pertes par les murs du pourtour des chapelles,
de 1»,20 d'épaisseur 2948» X 2,98 = 8785
Pertes par les murs de la nef, de 0™,80 d'épaisseur 3865» X 3,44 = 13295
Pertes par les toits des chapelles et de la galerie
de côté, de 0»,70 d'épajsseur 2805" X 3,62== 10154
2781. Dans les plus grands froids, lorsque Teau sera chauffée à la plus haute température, on ne peut pas compter sur un effet utile du combustible supérieur à celui qu'on obtient dans les générateurs qui produisent 7 kilogrammes de vapeur, c'est-à-dire sur plus de 4,000 calories ; mais, comme on peut toujours utiliser une partie de la chaleur perdue pour chauffer de l'air qui serait versé dans Téglise, et que, au commencement et à la fin de la saison du chauffage, Teau est beaucoup moins échauffée, on peut sans aucun doute obtenir de S à 6,000 calories. En comptant seulement sur 3,000, la consommation moyenne par heure serait de 9\05, et par jour moyen de 217 kilogrammes. A cette dépense il faut ajouter celle qui résiUte de la ventilation naturelle qui se produit par l'ouverture si fréquente des portes, les fissures des fenêtres et les ouvertures de la voûte à travers lesquelles passent les cordes de suspension des lustres. Quand les portes sont doubles et assez espacées pour que Tune d'elles soit constamment fermée, la ventilation naturelle se réduit à peu près à celle qui se produit par les fissures des vitres situées à différentes hauteurs et par les orifices de la voûte ; mais elle peut varier dans des limites très-étendues, suivant le nombre et les dimensions des joints
et des ouvertures, et à ce sujet on ne peut faire que des suppositions très-vagues. La ventilation par appel, qui a été observée à Saint-Roch pour une température extérieure de — 4* et une température intérieure de 12*", c'est-à-dire pour un excès de température de 16"^, était, comme nous l'avons vu, d'environ 11,000 mètres cubes d'air par heure, et cet air sortait par tous les orifices libres ; la ventilation naturelle aurait été beaucoup plus faible, parce que les orifices se seraient partagés en deux parties, les uns pour l'accès, les autres pour la sortie. Du reste, cette ventilation eût été d'autant plus grande que la température extérieure eût été plus basse. En la supposant moyennement de 10,000 mètres cubes d'air par heure, supposition très-exagérée, si les précautions convenables ont été prises, la quantité correspondante de chaleur perdue serait par heure de 3,120 centimètres, et par jour de 74,800 qui correspondent à peu près à 15 kilogrammes de houille. Ainsi, la dépense moyenne par jour s'élèverait à 217-1-15 =232 kilogrammes. Mais, comme l'appareil devrait suffire au maintien de la température pendant les grands froids, qui dans notre climat se font sentir rarement pendant plusieurs jours consécutifs, la surface de la chaudière et celle des tuyaux de chauffage devraient être calculées pour une consommation correspondant à un excès de température de 10 — (— 6) = 16, c'est-à-dire de 4,232 = 928 kilogrammes par jour, ou par heure de 38^,66 ; en comptant sur 40 kilogrammes, il faudrait donner à la chaudière 17 à 18 mètres carrés. Quant aux surfaces des tuyaux ou des poêles à eau chaude, comme la consommation de combustible est la même que celle qui a été observée à Saint-Roch pour le même excès ^e température, en supposant l'excès de pression de 2 atmosphères, la température moyenne dans le circuit serait également de 111'' ; mais la température moyenne de l'air serait de (10-|- 38) :2 =24 ; l'excès de la température de l'eau sur celle de l'air, de 111 — 24 = 87 ; chaque mètre carré transmettrait à peu près 933.87:90 = 902 centimètres ; et comme il y a environ 16,0000 unités de chaleur à transmettre, on devrait compter à peu près sur 180 mètres carrés de surface de transmission. Il faudrait, comme à Saint-Roch, 3 ou 4 mètres de différence de niveau. Quant aux orifices d'accès et de sortie, pour que l'air n'eût pas une trop grande vitesse il conviendrait de donner à la somme des orifices libres d'accès et de sortie et aux tuyaux de retour à peu près 3 mètres de section, ce qui correspond à peu près à une vitesse de 1 mètre.
2782. Si les calorifères étaient à air brûlé, on pourrait compter sur