CHAPITRE V. — CBAUPFAGB ET ASSAINISSEMENT DES PRISONS. 4lt
K, cabinet du directeur.
K',K',K', chemia de ronde.
L, salle centrale au milieu de laquelle se trouve le bureau du surveillant ; au-dessus du bureau du surveillant se trouve l'autel. De
Fig. 6S!.
celte salle centrale partent six corps de bâtiments M,M,M,.., séparés en deux parties égaies par un corridor qui s'élève jusqu'à la toiture, il est éclairé par la partie supérieure et par un immense vitrage
qui le termine. De chaque côté du corridor, le rez-de-chaussée, le premier et le deuxième étage des bâtiments sont divisés en cellules; celles du premier et du deuxième étage sont desservies par un balcon qui règne dans toute la longueur des bâtiments. Les balustrades en fer des balcons opposés servent de rails à un chariot contenant les rations des prisonniers, que les gardiens distribuent aux détenus. Les chariots sont chargés à la cuisine, un chemin de fer les conduit à la descente des caves P, où ils sont reçus sur un autre chemin de fer ; des treuils, disposés dans chaque aile en Q, enlèvent les chariots à la hauteur de l'étage où la distribution doit être faite. Ce service dure trois minutes. Pendant le service divin les portes des cellules sont entr' ouvertes à peu près de 0",06, de manière que les détenus puissent voir le prêtre à Tautel sans se voir ni communiquer entre eux.
0,0..., parloirs ; chaque détenu et chaque visiteur a son cabinet.
P, descente du passage des vivres.
Q, passage dans l'épaisseur des voûtes pour les chariots de vibres.
N..., préaux cellulaires des prisonniers; ils y descendent un à un par les escaliers R, et sont dirigés du centre S dans chaque petite cour; la partie centrale est occupée par une petite cour dans laquelle se tient le surveillant ; l'extrémité de chaque cour, la plus éloignée du centre, est couverte de manière à présenter un abri au prisonnier.
T, usine à gaz.
U, cheminée générale de ventilation.
V, cellules de bains.
L'infirmerie se trouve dans le premier bâtiment de droite au premier étage ; chaque malade a une cellule double.
2820. La figure 683 représente la coupe verticale d'un des bâtiments cellulaires. Chaque cellule a 3", 75 de longueur, 2 mètres de largeur et 3 mètres de hauteur ; chacune renferme un bec de gaz et une cuvette d'aisances C, dont le tuyau de descente sert à l'écoulement de l'air de ventilation dans une cave qui communique avec la grande cheminée d'appel ; Tair passe entre le couvercle et les bords de la cuvette.
A et B sont deux tuyaux de fonte horizontaux parcourus en sens contraire par de l'eau chaude ; ils sont placés dans un canal situé au-dessous du balcon et fermés par une cloison en plâtre ; ce canal est interrompu par des cloisons transversales placées dans les axes
CBAPITEIB V. — CdAUFFAOE ET ASSAINISSKHENT DES PRISONS. 413
des niurs de séparation des cellules; l'air du corridor s'introduit dans le canal par des orifices percés dans la cloison en pl&tre et pénètre dans chaque cellule par les orifices D fermés par des plaques de fonte à jour, E, fenêtres des cellules.
Pig. 683.
G, fenêtre grillée qui ferme l'extréniité du corridor. G, vases d'expansion des circulations d'eau. Le tuyau d'écoulement de l'air fixé latéralement à l'extrémité de chaque tuyau de descente est en zinc; il a 0°',45 de longueur et
0"'ylO de diamètre ; il est garni à son extrémité d'une étoile en cuivre, destinée à régler la ventilation; l'ajutage est garni d'un chapeau en zinc qui le recouvre et laisse autour du tuyau un espace annulaire libre de 0",025; le fond du chapeau est garni de foin ; les changements de direction que l'air éprouve pour sortir arrêtent le son, ou du moins le rendent tellement confus, qu'aucune communication n'est possible par la voix entre les détenus. Cette disposition a été imaginée par M. Bruzard, architecte de la préfecture de police.
Dans les caveaux renfermant les tonnes de vidange, il se forme une telle quantité de toiles d'araignées, surtout près des tuyaux intérieurs d'aérage, que, tous les six mois, il faut les brûler avec des torches ; un simple balayage ne serait pas suffisant.
Pour régler la ventilation des cellules, on règle d'abord la ventilation des ailes sur celle qui ofire le plus de résistance en abaissant progressivement les registres des autres, l'anémomètre à la main, puis celle des cellules d'une même aile sur celle qui est la plus éloignée de la cheminée et la plus élevée.
2821 . Résumé des rapports faits par diverses commissions. — Dans le mois de juin 1850, à la suite d'un article du journal le Siècle, qui renfermait des plaintes très-vives de certains détenus de la prison Mazas, le Préfet de police nomma, le 25 juin, une commission ayant pour objet d'examiner l'état sanitaire de cette prison. Cette commission était composée de MM. Thierry, Guérard, Paillard de Villeneuve, Besuchet de Saunois^ Béguin, Boutron, Bruzard, et Perrée, gérant du Siècle.
La commission nommée par M. le Préfet de police se divisa en deux sous-commissions, l'une ayant pour objet l'examen des conditions physiques, l'autre celui de la partie morale; M. Guérard fut désigné comme rapporteur de la première, et M. Paillard de Villeneuve de la seconde. Nous extrairons de ces deux rapports les passages qui nous paraissent les plus importants.
2822. Dans le premier rapport, on constate le mouvement régulier de l'air dans toutes les cellules, une ventilation variant de 10 à 30 mètres cubes par heure pour chacune, mais il se produit des influences perturbatrices dues à l'action du soleil ou des vents ; quelques changements de détail ont fait disparaître ces influences et la ventilation s'est trouvée régulière de façon à être comprise entre 1 3 et 22 mètres. On a pu constater qu'avec une ventilation de 10 mètres cubes les détenus avaient pu se trouver incommodés.
Enfin on a pu constater que l'ouverture des fenêtres avait, dans