CHAPITRE V. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES PRISONS
certains cas, produit un appel en sens contraire, et que l'air remontait par le siège d'aisances avec une rapidité très-grande. Dans de certains malaises accusés par quelques prévenus soumis à une ventilation convenable , on a reconnu qu'ils étaient la* conséquence de dispositions maladives spéciales.
Le second rapport constatait que dans le cas de plaintes présentées par les détenus, on avait pu constater qu'ils avaient eux-mêmes bouché les ventilateurs.
La commission était enfin unanime pour déclarer que les conditions hygiéniques obtenues étaient satisfaisantes.
2823. On a pensé longtemps que, pour que le système de ventilation fonctionnât régulièrement, il fallait que toutes les fenêtres des cellules fussent hermétiquement closes. Mais les plaintes de quelques détenus, qui disaient manquer d'air pendant les chaleurs de Tété, appelèrent l'attention de la commission sanitaire. Il fut reconnu que dans les cellules d'où étaient sorties ces plaintes il y avait 25 et 30 mètres cubes de ventilation par heure, et que cependant des indispositions sérieuses avaient été réellement constatées.
On avait attribué ces faits à l'élévation de la température dans la cellule, mais il est facile de voir que, pour que cette cause fût la véritable, l'air aurait dû entrer beaucoup trop chaud. Il est probable que ces indispositions tiennent à des phénomènes qu'il est difficile d'expliquer scientifiquement, mais dont l'action sur l'organisme est telle que pour une longue détention rien ne peut remplacer l'influence de l'air chauffé directement par le soleil. Il faut en outre remarquer que certaines personnes douées d'organisations' délicates croient manquer d'air lorsqu'elles se trouvent dans une enceinte où il y a simultanément une température élevée et une aspiration d'air.
On essaya d'entr'ouvrir les fenêtres des détenus qui soufiraient, et à l'instant les plaintes et les indispositions cessèrent. Il fallut alors donner à tous les détenus la faculté d'ouvrir à volonté leur fenêtre sans troubler la ventilation. MM. Gilbert et Lecointe, architectes de la prison, firent préparer 1225 tampons mobiles ; on en donna un à chaque détenu avec ordre de le placer sur la lunette de son siège d'aisances quand il ouvrirait sa fenêtre. Ce système, essayé sur une aile, puis appliqué à toute la prison, a donné de bons résultats. Les fenêtres sont à la disposition entière des détenus.
2824. Les dispositions que nous avons décrites ont subsisté à Mazas jusqu'en ces dernières années, où il devint nécessaire de
songer à leur réfection. M. d'Hamelincourt, ancien élève de Técole centrale, fut chargé, après concours, de ce travail.
Les dispositions générales de l'ancien système ont subsisté en ce qui concerne .la canalisation nécessaire à la ventilation, mais deux modifications principales sont intervenues, à savoir : la substitution du chauffage à vapeur au chauffage à Teau chaude et l'emploi d'un appareil mécanique pour produire l'appel.
On a conservé, en les réparant, les cinq chaudières à vapeur existantes ; ces chaudières sont placées dans les caves, au-dessous de trois des parloirs marqués 0 {fig. 690) ; de chaque chaudière part un tuyau de prise de vapeur en fer de 0", 10 de diamètre avec robinet, aboutissante un tuyau annulaire de CylS reliant toutes les chaudières afin de parer à une interruption de service qui pourrait se produire dans l'une d'elles.
Ce tuyau annulaire, qui contourne l'espace placé dans les parloirs, est en fonte à joints de caoutchouc ; il est suspendu à la voûte par des chaises qui en permettent la libre dilatation.
De ce tuyau partent douze tuyaux rayonnants (deux pour chaque pavillon de cellule) ; ces tuyaux, munis de robinets, ont 0',08 de diamètre ; un de ces tuyaux est placé de chaque côté de la galerie du rez-de-chaussée M, et se trouve logé dans les canaux qui existaient déjà en contre-bas du sol ; ces tuyaux sont munis de joints à emboîtement et de joints en caoutchouc afin de permettre la dilatation ; à l'extrémité de la galçrie, ces tuyaux aboutissent à des récipients de vapeur destinés à chauffer Tair neuf introduit dans la galerie.
Les tuyaux de retour d'eau sont disposés dans les mêmes canaux que ceux qui reçoivent les tuyaux à vapeur; ils aboutissent auprès des chaudières à trois récipients d'où Teau est reprise pour l'alimen* tation.
Sur les tuyaux rayonnants dont nous avons parlé, se branche au droit dé chaque cellule, un tuyau de 0",010 à 0",015 de diamètre intérieur et de O'°,00o d'épaisseur; ils sont munis chacun d'un robinet; chacun de ces tuyaux passe dans un caniveau pratiqué sous le sol de la cellule et aboutit à l'angle opposé au siège d*aisances, là il se recourbe et vient pénétrer dans le tuyau vertical de chauffage où il s'enfonce de un mètre environ; un autre tuyau semblable part du bas du tuyau de chauffage et, placé parallèlement au premier, ramène l'eau de condensation dans le tuyau de retour des caniveaux des galeries. Ces deux tuyaux de vapeur et de retour placés dans le caniveau des cellules sont d'une seule longueur depuis