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CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINJSSBMENT DES HOPITAUX

2894. M. Morin fit faire, par Tingénieur de la maison Duvoir, une expérience en août 1861, sur la ventilation d'été; elle a eu lieu la nuit seulement, comme celles de M. Grassi ; on s*est contenté de mesurer le débit à la cheminée d*appel des pavillons. On a trouvé par heure et par lit : au pavillon n* 1 : 78"%23 ; au pavillon n"* 3 : 67"%76 et au pavillon n' 5 : 89"%57 ; moyenne : 78'"%51 ; on ne sait pas ce qui se passe dans chaque salle, et on ne connaît rien sur rentrée de Tair neuf. Les fenêtres étaient fermées, mais les portes étaient ouvertes ; cette ouverture de portes de plusieurs mètres carrés de section devait faciliter singulièrement Taccès de Tair extérieur et augmenter le débit de la cheminée d^appel.

La température dans la cheminée d'appel était de 37**, celle de l'extérieur étant de 17*, 14"*, 13**, et elle s'est élevée à 42° pour des températures extérieures de 23 à 26'' ; on ne donne pas la température des salles qui, dans les expériences de M. Grassi, étaient de 5 à 8*" au-dessus de Textérieur. La différence pouvait être plus grande encore au mois d'août 1861, car on ne ventilait de jour que par l'ouverture des fenêtres, ce qui tend à équilibrer la température à l'intérieur et à l'extérieur. Les salles doivent donc être plus chaudes que quand il y a une ventilation de jour.

Il eût été très-intéressant de déterminer les entrées d'air par les poêles et la température des salles pendant le jour dans le cas des grandes chaleurs bien supérieures à celles de IS"" et de 23'' des expériences. On aurait déterminé ainsi l'influence sur la température des salles des prises d'air qui débouchent sur les façades exposées au soleil. On ne saurait donc conclure de ces expériences (comme le fait M. Morin, page 470) que le système de Tappel est capable d'extraire à Lariboisière, pendant la nuit, 80 mètres cubes d'air environ par heure et par lit d une manière régulière et pour chaque malade; il resterait à démontrer aussi que Tappel se fait aussi activement pendant le jour.

2895. Les résultats différents trouvés par les divers expérimentateurs montrent qu'il est difficile d'obtenir une répartition régulière de l'air neuf par l'appel. Son action, malgré les 88°''i de surface de chauffe des poêles placés dans la cheminée, n'a pas fourni en été, ni même la nuit, une ventilation normale et suffisante.

On ne ventile par appel à Lariboisière que pendant la saison où l'on chauffe. Il vaudrait beaucoup mieux que la ventilation fût absolument indépendante du chauffage. En février 1877, alors que la température n'exigeait pas un chauffage énergique, on pouvait

remarquer dans les salles de Fappel une mauvaise odeur prononcée quoiqu'on ventilât, alors que dans les salles ventilées par pulsion, rôdeur était absolument nulle.

Ajoutons que les générateurs à eau chaude qui fonctionnent à plus de deux atmosphères, sont établis dans les caves sous chaque pavillon de malades. Ces chaudières devraient être soumises aux mêmes exigences que les chaudières à vapeur, car elles présentent le même danger.

Le chauffage à Peau chaude n'a pu fournir Tégalité de la température; on constate toujours au second étage plusieurs degrés de plus qu'au rez-de-chaussée.

Depuis plusieurs années que le marché Duvoir est expiré, les appareils marchent en régie, la température des salles a été portée à iV et dans quelques-unes à IS"". Avec une ventilation normale et effective, ces températures seraient insuffisantes, il faudrait compter de 20 à 22""; les températures de 18 à 16*" sont trop faibles, même pour un hôpital non ventilé.

2896. Ces diverses expériences confirment celles qui avaient contribué à conduire MM. Thomas et Laurens à la ventilation par pulsion et les motifs dont ils ont toujours appuyé celle-ci : c'est que l'air qui entre accidentellement par les portes et les fenêtres, cm par les fissures des parois d'un édifice, quoi qu'on en ait dit, ne ventile pas utilement; entrant à proximité des ventouses de sortie, il leur arrive directement sans se mélanger à l'air de la salle. C*est ce qu'observe aussi M. Grassi, et il ajoute que cet air passe ainsi près de la tête des malades, qu'il entoure de courants d'air froid; que cet air pris indistinctement dans les cours et les corridors peut ne pas être pur. Enfin il cite un fait qu'il a observé avec plusieurs personnes de l'hôpital, et qui démontre un des inconvénients de la ventilation par appel signalé aussi dans les travaux déjà cités, à l'appui de la ventilation par pulsion. « La porte de la salle des bains de femmes avait c< été laissée ouverte par mégarde ; l'air qui en sortait accompagné « d'un nuage de vapeur aqueuse était attiré par le pavillon voisin <( (à M. Duvoir) et venait s'y rendre avec toute son humidité. » Il s'y serait rendu avec tous ses miasmes, si une salle de dissection ou un lieu malsain eût été ainsi soumis à l'appel d'un pavillon peu éloigné.

2897. L'expérimentateur regrette^ comme la Commission de réception, que le cahier des charges ne spécifie pas si les 60 mètres cubes d'air exigés par lit et par heure seront mesurés dans la cheminée

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