‹ Traité de la chaleurChapitre 226 sur 301 · CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX

d'appel, ou s'ils se rapportent à Tair neuf qui entre par les poêles. Dans le deuxième cas les conditions imposées ne seraient pas à beaucoup près remplies. Il regrette également que le marché n'exige pas de ventilation de jour en été, parce que dans cette saison, réquilibre des températures extérieure et intérieure est beaucoup plus fréquent qu'en hiver. Cet équilibre s'oppose à la ventilation naturelle, alors même que les croisées sont ouvertes. Ce fait est à ne pas perdre de vue quand on compare à Lariboisière le prix coûtant de la ventilation par appel et de la ventilation par pulsion ; car l'entreprise de l'appel est déchargée de la ventilation la plus difficile et la plus coûteuse, qu'elle n'a pas à donner et qu'on n'a pas à lui payer.

2898. Les observations puisées à des sources très-différentes, que je viens de rapporter, sont d'accord sur deux points très-importants : sur la grande différence qui existe entre le volume d'air introduit dans les salles à travers l'appareil et celui qui s'écoule par la cheminée d'appel; sur la grande irrégidarité de l'appel opéré par les cheminées partielles, ou gaines d'évacuation de l'air vicié, laquelle correspond à des inégalités proportionnelles dans la ventilation des différentes parties de la salle auxquelles ces orifices correspondent.

2899. D'après le rapport, la ventilation moyenne par malade et par heure déduite du volume d'air écoulé par la grande cheminée d'appel, serait de 78 mètres cubes : d'après la thèse, elle serait de 82 mètres cubes : ces nombres sont aussi rapprochés qu'on pouvait l'espérer, attendu les grandes variations qu'éprouve l'appel d'une cheminée d'un jour à l'autre. Le volume appelé par les poêles^ toujours en moyenne, par lit et par heure, est d'après le rapport de 45 mètres cubes et d'après la thèse de iS^'^S seulement.

Diaprés la Commission de réception, le rapport moyen de la dépense par la cheminée d'appel à celle qui a lieu par les poêles serait égal à 78 : 43 = 1,73 ; d'après la thèse, <;e rapport serait 82,4 : 43,8 = 1,88. Mais dans l'un ou l'autre cas, M. Duvoir-Leblanc n'a rempli ou dépassé les conditions du marché qu'en adoptant la supposition que le débit par la cheminée d'appel représente la ventilation réelle.

2900. D'après le rapport, l'écoulement par chaque gaine de sortie des salles a varié de 40 mètres à 110 mètres, d'après la thèse dans la proportion de 73 à 248 et d'après MM. Trélat et H. Péligot de 76 à 233 mètres cubes : ces différences dans les observations d'un même appareil prouvent combien la ventilation par appel est va-

riable; elles montrent que celle de M. L. Duvoir à Lariboisière est très- irrégulière. Le cahier des charges ne dit pas d'une manière positive que la ventilation doit être régulière dans toutes les parties de la salle : admettrait-on cependant que leà salles sont ventilées, si la totalité de Tair en traversait une certaine partie et que Texcès d'air que recevraient certains malades compensât l'absence de ventilation pour les autres? D'ailleurs, la régularité de la ventilation était tellement voulue que toutes les gaines des salles devaient avoir deux orifices, un près du plancher pour l'hiver et l'autre près du plafond pour l'été ; tous ces orifices devaient être garnis de registres, mais ceux d'en bas n'en ont pas et ceux d'en haut sont condamnés. La régularisation ne pourrait s'établir qu'en abaissant tous les registres de manière à réduire toutes les vitesses au minimum ; alors, en effet, diaprés les expériences de la Commission, en supposant que la vitesse moyenne observée ait été la moyenne des vitesses extrêmes, la régularité de la ventilation aurait réduit la ventilation moyenne à 78,40 : 75 = 41",6. Aussi d'après le rapport lui-même, si la ventilation avait été rendue régulière, elle serait inférieure de beaucoup à celle qui était exigée, quoique estimée en moyenne.

2901. Quant à l'appareil en lui-même, il n'est pas établi selon les principes qui doivent présider à une bonne ventilation. Nous avons vu précédemment que pour les dimensions de cheminées qui sont précisément celles du pavillon de Lariboisière, pour produire le même appel par la cheminée des combles et par une cheminée recevant l'air à la surface du sol, les dépenses moyennes de combustible pour la ventilation d'hiver sont dans le rapport des nombres 1 et 2,5 et pour la ventilation d'été dans celui de 1 à 5 : les résistances pouvant être les mêmes dans les deux méthodes.

2902. Pour produire cet accroissement énorme dans la dépense de combustible on emploie 88 mètres carrés de surface de chauffe dans la cheminée d'appel. Ainsi M. Duvoir-Leblanc a doublé les dépenses d'établissement pour doubler la dépense moyenne de ventilation d'hiver et quintupler celle d'été. M. Duvoir-Leblanc prétend que dans ses appc'treils la ventilation régulière, au chiffre convenu dans ses marchés, est assurée, parce qu'elle dépend du chauffage; il le dit dans toutes ses publications et d'une manière positive ; d'ailleurs ce n'est que dans cette supposition que les expériences faites pour la réception de ses appareils signifieraient quelque chose, ses appareils ne renfermant pas d'instrument ni de moyen pour indiquer l'état de la ventilation. Il est absolument impossible 'de produire une

Page 1