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CHAPITRE 71. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX

ventilation régulière avec des poêles dont la température est réglée pour le chauffage; c'est là un principe général, indépendant de la disposition et du système des appareils, comme je vais le faire voir. C'est donc une erreur qu'il faut détruire dans l'intérêt de la question des chauffages.

2903. Considérons d'abord une cheminée d'appel recevant directement par le bas l'air extérieur ; Teffet produit par la même cheminée dépendant uniquement de l'excès de la température moyenne . de l'air chauffé dans la cheminée sur la température extérieure, il en résulte nécessairement que pour produire une ventilation constante dans toutes les saisons, il faudra fournir à l'air de la cheminée une quantité de chaleur également constante ; c'est d'ailleurs un fait parfaitement constaté par l'expérience.

2904. Supposons maintenant que l'air extérieur avant de pénétrer dans la cheminée traverse, dans différentes directions, des pièces chauffées par des poêles, de manière à maintenir la température intérieure à 15°, et admettons que l'air ne soit pas surchauffé en arrivant dans la cheminée. L'air extérieur en entrant s'échauffera au-dessus de la température constante' qui doit être maintenue de manière à fournir la chaleur qui passe à travers les murs et les murailles et il s'échappera par la cheminée à la température intérieure ; il se produira alors une ventilation variable avec la température exté- rieui'e ; elle sera nulle si l'air extérieur est à 15* et si on ne chauffe pas; mais à mesure que la température extérieure s'abaissera et qu'on chauffera davantage, la ventilation ira évidemment en croissant de manière à atteindre son maximum dans les jours les plus froids, et par la même raison elle ira en décroissant à mesure que la température extérieure se rapprochera de 15"*.

2905. Admettons maintenant que les poêles soient chauffés par un courant d'eau chaude et que le vase d'expansion soit placé de manière à échauffer l'air à son entrée dans la cheminée. Pour chaque température extérieure, cette circonstance augmentera la ventilation, mais elle ne changera pas le sens de ses variations, puisque la température du vase d'expansion variera comme celui des poêles ; ainsi encore dans ce cas la ventilation sera à son maximum dans les jours les plus froids et sera presque nulle au cortimencement et à la fin du chauffage.

2906. L'appareil de M. Du voir-Leblanc est disposé exactement comme nous venons de le supposer. L'air extérieur entre dans les pièces à travers les poêles ; il s'élève d'abord vers le plafond, descend

ensuite par couches plus ou moins isothermes, jusqu'aux orifices d'écoulement placés à la partie inférieure des salles, d'où il s'élève dans les combles pour gagner la cheminée qui renferme le vase d'expansion; ainsi la ventilation résulte de la force ascensionnelle de Taira travers les poêles, dans les cheminées partielles des salles et dans la grande cheminée des combles dont il faut retrancher la charge nécessaire pour faire descendre Pair chaud du plafond au plancher de chaque salle. En admettant que les charges correspondantes aux deux premiers mouvements de Tair se compensent, tout se passe comme si la ventilation résultait d'une grande cheminée formée de deux parties, la première ayant la hauteur d'une, de deux ou de trois salles ; la seconde, la hauteur de la cheminée des combles; la première partie étant à la température constante de IK"" et la seconde à une température variant comme celle de Teau dans le vase d'expansion, la cheminée communiquant librement par le bas avec Tair extérieur; or les poêles et le vase d'expansion, dont les températures sont solidaires, sont d'autant plus échauffés que la température extérieure est plus basse, et par conséquent la température moyenne de l'air dans cette cheminée, et par suite la ventilation, augmentera ou diminuera, dans le même sens que les quantités de combustible consommé pour maintenir la température intérieure. Il est, en outre, évident que si une ventilation constante était indépendante de la température extérieure, comme le prétend M. Duvoir-Leblanc, elle resterait la même au commencement et à la fin du chauffage, quelque petite que fût la différence de la température intérieure et de la température extérieure ; et par suite elle aurait encore lieu quand on ne chaufferait pas du tout. D'ailleurs, si le principe dont il est question était vrai, il le serait pour un appartement chauffé par un foyer découvert dans lequel l'air extérieur pourrait entrer Ubrement; et dans ce cas sa fausseté saute aux yeux.

2907. Le principe d'une ventilation régulière par le seul effet du chauffage est aussi absurde que la ventilation gratis par les cendriers des fourneaux de chaufiTage, qui a produit de si tristes résultats à la prison de Tours (2836 et suiv.) et à l'hôpital de Charenton (2847). Je suis vraiment honteux d'insister sur de pareilles choses ; mais les administrations publiques ne pouvant apprécier les procédés que par les avis et les recommandations qui les appuient, c'est un devoir que de leur signaler les erreurs sur lesquelles ils reposent.

2908. Cependant toutes les expériences faites par la Commission

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