CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX
2933. Chaque étage contient une grande salle de trente-deux lits, à rextrémilé de laquelle se trouve une pièce réservée où il y a deux lits^ comme le montrent les coupes horizontales des pavillons n"" 6 et n"" 4. Au milieu de chaque salle, et sous son parquet, se trouve donc le caniveau contenant Tair de venlilation. Sur ce caniveau, on a posé dans chaque salle, quatre poêles z, Zy z, z, vus dans la coupe horizontale du pavillon n*" 4 et dans les coupes longitudinale et transversale (fig. 688 et &89).
Ces poêles, traversés dans leur hauteur par douze tuyaux, servent d'orifices principaux d'entrée pour Tair de venlilation. Il y a trois autres bouches d'air. Dans chaque chambre à deux lits est également un poêle qui donne accès à Tair neuf.
Enfin, des branchements partant de Tartère générale donnent la ventilation aux quatre promenoirs, P, P, P^P, dans chacun desquels sont placés deux poêles r, r, par lesquels entre Tair neuf.
2934. L'air de ventilation débouche dans les salles avec une faible vitesse; on a observé qu'il s'y distribuait régulièrement, quand on prenait soin de régler les valves d'admission, et avec une uniformité incomparablement plus grande que dans la ventilation par appel, dont on avait la comparaison de l'autre côté de l'hôpital.
2935. L'air s'en va de chaque salle par dix-huit gaines et par une dix-neuvième dans la chambre réservée ; toutes sont pratiquées dans l'épaisseur des murs et chacune débouche par deux orifices au parement du mur de la salle de malades. L'un de ces orifices n, n, n (fig. 689) est en bas, près du parquet ; c'est la ventouse d'hiver : l'autre,/?,/), jD, qui se trouve à 2 mètres environ au-dessus, est la ventouse d'été (fig. 688 et 689). L'une et l'autre sont pourvues d'un registre que l'on lient ouvert ou fermé, suivant la saison. Les gaines de tous les étages aboutissent au grenier ; celles du mur de gauche, dans le caniveau 5, et celles du mur de droite, dans le caniveau t. Ces deux caniveaux établis au grenier, dans les bas côtés de la toiture, aboutissent chacun par un coffre posé en leur milieu sous le versant du toit à la cheminée d'évacuation V (fig. 688 et 689), qui est placée au centre du pa\illon. Les caves sont libres, ne contenant ni foyers, ni appareils à surveiller : c'est un avantage de ce système sur celui de l'eau chaude et de l'air bhaud dont l'emploi obstrue une grande partie du grenier et des caves.
2936. Postérieurement à l'installation première, il a été établi dans la cheminée d'évacuation de chique pavillon, un foyer de chaleur alimenté par la vapeur de fuite de la machine, afin d'aider à la
sortie de Tair vicié au moyen de Tappel limité (2921). On se trouvait en effet dans les conditions de pression que nous avons signalées alors. La surface de chauffe de ce foyer à température modérée est seulement de 24°"* environ, c'est-à-dire à peine un peu plus du quart de la surface de chauffe du foyer d'appel du côté de Teau chaude ; cette dernière surface de chauffe ne peut pas, cependant, donner en été, par les orifices des poêles, une ventilation comparable à celle qu'on obtient du côté de la pulsion.
2937. En tête de chaque pavillon est un avant- corps qui renferme la cage d'escalier, et, à chaque étage, diverses pièces pour le service, telles que la chambre des sœurs, un office et une salle de bains. La coupe des pavillons n"" 4 et n"" 6 montre ces salles au premier et au deuxième étage. Dans les offices se trouve un appareil chauffé à la vapeur pour les tisanes, le linge, etc., et le chauffage des bains ^ des salles, plus un foyer à feu nu pour les cataplasmes. En été, toutes les vapeurs de fuite sont, comme nous Tavons déjà dit, complètement utilisées. Il faut même recourir largement à la vapeur des générateurs pour suffire aux chauffages accessoires.
2938. J'ai montré comment Tair de ventilation était aussi pur que possible, dans ce système, par suite de sa prise au haut du clocher. Avec le système de l'appel, on prend l'air dans les cours, dans les caves au contact des murs ou du sol, et quelquefois à proximité de lieux infectés de miasmes.
2939. Il me reste à mentionner un autre avantage de l'idée de prendre l'air à une grande hauteur dans l'atmosphère et que MM. Thomas et Laurens avaient aussi en vue : c'était d'obtenir pendant les chaleurs, de l'air de ventilation à une température sensiblement inférieure à celle des cours, ou des locaux qui environnent les salles à assainir. Le rafraîchissement de l'air de ventilation pendant l'été fut bien souvent demandé ; pour les hôpitaux, il peut avoir des résultats précieux. Aussi nombre d'appareils ont-ils été proposés pour cet objet : ceux qui pouvaient produire l'effet annoncé étaient fondés sur l'emploi de la glace, procédé d'une exécution incommode, et souvent même impraticable, à raison de la dépense qu'il occasionnerait.
On a observé, à Lariboisière, que, pendant les chaleurs de l'été, la différence de température entre l'air pris au clocher et celle de l'air ambiant à l'ombre était d'au moins 4"* ; qu'à de certains moments, elle a même dépassé ce dernier chiffre. Ces résultats sont très-importants, et ils trouveront certainement leur application dans nombre d'autres circonstances.