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CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX

2940. Le général Morin a contesté ces résultats {Études sur la ventilation^ tome I, page 142) en s'appuyant sur ce que, d'après les expériences de M. Becquerel, les températures de Tair pris en pleine campagne vont en croissant à partir du sol jusqu'à une certaine hauteur. Nous ferons observer qu'il n'y a pas lieu de conclure de ce qui se passe en rase campagne à ce qui doit se passer dans une ville, au milieu d'habitations, où des surfaces étendues sont exposées au soleil dans un espace restreint. La plus gi*ande pureté de l'air est d'abord un fait incontestable quand on le prend à 25 ou 3S mètres au-dessus du sol et de plus à distance des habitations; il est tout aussi évident qu'il devra être plus frais que si on le recueille dans une cour échauffée par la réverbération des murs qui l'entourent ou au parement de façades que le soleil a frappées toute la journée, comme cela se fait pour l'appel à Lariboisière, auprès d'un sol exposé à la même influence. Pour atteindre le double but d'obtenir de l'air frais et pur, il convient donc de prendre l'air en contre-haut des toits et non à la surface de ceux-ci. Le sommet du clocher de Lariboisière se trouvait donc dans les conditions propices à produire l'effet signalé, puisqu'il est complètement dégagé de toutes les conslructions de l'hôpital et que de chaque côté les bâtiments de malades sont à 40 mètres de distance. On peut donc être un physicien instruit et ne pas admettre que la loi des variations des températures de l'atmosphère, dans une cour, dans une rue, dans un espace confiné, est le même qu'en rase campagne. Les expériences directes que nous avons indiquées plus haut viennent d'ailleurs clore la discussion et prouvent la vérité du fait.

2941. On peut se rendre compte de l'importance du résultat obtenu en abaissant par ce moyen la température de l'air de ventilation, si l'on calcule la quantité de glace qu'il faudrait employer pour obtenir un abaissement de température de 5*.

Prenons 300 malades à ventiler et le chiffre de 100 mètres cubes par malade et par heure ; la température de l'air à rafraîchir est de 30": on veut la ramener à 25°. La quantité de chaleur qu'il faudra absorber par la fusion de la glace, sera représentée par

30000 X i,3 X 0,2377 (30 — 2o) = 46500 calories.

Un kilogramme de glace absorbe 79 calories pour se fondre, l'eau restant à 0°: cette eau étant elle-même portée à 23% la quantité de chaleur absorbée par kilogramme de glace serait alors de 79 -|- 23 =

104 calories. Mais on ne pourrait compter pratiquement arriver à

échauffer autant la glace fondue avant de la perdre. Prenant donc comme maximum 100 calories par kilogramme de glace fondue, nous

trouverions encore qu'il en faudrait -jj^= 465 kilogrammes de glace

pour abaisser de 5 degrés Pair de ventilation de 3û0 malades. En admettant seulement douze heures de ce rafraîchissement de Tair par chaque jour de chaleur, on arrive à une consommation de 5,600 kilogrammes de glace.

Au prix de 0,05 le kil., la dépense pour ce mode de rafraîchissement s'élèverait à 280 francs par jour. Ce chiffre ne comprend pas les frais de manipulation, ni ceux d'entretien et d'établissement des appareils indispensables. Avec les procédés nouveaux, ce serait 0'',02 le kilogramme que coûterait la glace, la dépense serait encore de i 12 francs, et cette dépense fût-elle moitié moindre, deux ou trois jours seulement d'action réfrigérante, coûteraient autant que l'intérêt annuel du coût d'une cheminée pour l'air neuf.

2942. Les volumes d'air que MM. Thomas et Laurens, par expérience à Lariboisière, ont reconnus utiles pour obtenir une ventilation parfaitement salubre dans un hôpital, sont bien supérieurs à tout ce qui avait été proposé antérieurement. Ils vont à 80 mètres cubes, 100 mètres cubes et plus par malade et par heure, le minimum est de 60 mètres cubes : les salles de chirurgie sont celles qui exigent le plus grand volume d'air ; parfois même il convient d*y atteindre 120 mètres cubes.

2943. Le programme du concours dressé par l'Administration pour Lariboisière, demandait 20 mètres cubes d'air par malade et par heure, avec faculté de doubler momentanément cette quantité. Doubler avec les mêmes appareils un volume d'air un peu important n'est guère praticable qu'à l'aide de la ventilation insufQée, quand toutefois on a eu soin d'installer une machine d'une puissance qu'on peut faire varier.

2944. Si l'accroissement de la ventilation devenait nécessaire, par l'action mécanique il serait toujours possible, au moyen d'un accroissement de travail, facile à réaliser gratuitement dans un hospice par l'utilisation de la vapeur d'échappement de la machine. La prévision de doubler la ventilation n'a plus guère d'utilité avec les grands volumes d'air reconnus nécessaires aujourd'hui : il n'en était pas de même quand on ventilait avec des volumes trop réduits. Mais il est bon de voir à quel prix, dans les deux systèmes de venti-

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