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CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX

en hiver ; à lui seul il exigerait la présence des chauffeurs et d*un puissant générateur, et le service alimentaire. Le service de l'appareil ventilant, proprement dit, n'est par comparaison avec le sien qu'un accessoire. Nous rappellerons que le moteur de cet appareil donne aussi le mouvement à la machine qui élève Teau pour Thôpital; s'il n'existait pas poqr la ventilation, et que celle-ci fût effectuée par appel, ce moteur n'en eût pas moins été installé ; seulement il eût été plus faible.

2968. La ventilation insufflée offre aux administrations un moyen de contrôle assuré ; en effet, il suffit d'appliquer un compteur à la machine, après avoir vérifié par des expériences anémométriques les volumes d'air qu'elle fournit par tour de volant. Le nombre de révolutions constaté leur garantit le volume d'air produit. Jusqu'ici, il n'y a pas pour une ventilation d'autre moyen de contrôle qui soit à l'abri de l'erreur.

A Lariboisière, il y a un compteur sur le ventilateur.

2969. On voit en H (fig. 687 et 688) la fosse d'aisances d'un pavillon qui est ventilée par le canal u u.... aboutissant à une gaine que parcourt la cheminée à feu nu de l'office du rez-de-chaussée. Cette ventilation avait réussi ailleurs à M. Grouvelle qui en était chargé à Lariboisière ainsi que des offices ; elle a laissé à désirer dans ce cas ; les lieux d'aisances ne présentent aucune disposition à recommander ; ils ont été construits dans le système le plus ancien ; il est difficile de les avoir en état ; ils ont, dans un certain temps, donné de l'odeur dans les salles.

2970. U me reste à expliquer le service d'hiver qui joint le chauffage h la ventilation.

Le fonctionnement de la ventilation est absolument le même qu'en été, à cette différence près que l'air est échauffé avant de pénétrer dans les salles. La vapeur sert à ce chauffage de l'air et aussi à celui des salles par rayonnement.

2971. Dans le projet du concours, le chauffage des salles se faisait par des poêles à eau chaude de M. Grouvelle, chauffés à la vapeur ; ils devaient fournir toute la surface rayonnante. A l'exécution, MM. Thomas et Laurens, qui craignaient les inconvénients de l'eau thaude et la difficulté qu'elle présente à faire varier promptement le chauffage comme cela est nécessaire dans notre climat, si l'on veut obtenir dans les salles une température constante, donnèrent une certaine part d'action directe à la vapeur. ,

Le caniveau qui parcourt Taxe de chaque salle, sous son parquet,

et contient Tair de ventilation, renferme aussi un tuyau de vapeur et son tuyau de retour d'eau ; ce caniveau fut recouvert sur toute sa longueur par des plaques de fonte, que ces tuyaux échauffent. A leur passage sous les poêles, les tuyaux de vapeur et de retour d'eau envoient un branchement à chaque poêle ; mais chaque poêle étant muni de deux robinets, il est facile de supprimer tout passage de la vapeur dans les poêles. L'air de ventilation se chauffe au contact des tuyaux placés dans le caniveau central ; il entre dans la salle en traversant les poêles. Cet air sort des poêles à la température de 30 à SS"". On peut régler le chauffage des poêles d'après la température extérieure et même en supprimer l'action ; dans les jours peu froids, il suffit de donner de la vapeur au premier poêle, c'està-dire à celui qui est à proximité de la porte d'entrée, sur le vestibule.

2972. La disposition des poêles de MM. Thomas et Laurens diffère de celle usitée auparavant dans les chauffages à l'eau chaude ; ces poêles sont bien moins encombrants pour la circulation et la vue, à cause de la formje méplate et peu élevée qui leur a été donnée. Ils sont en tôle et en fonte et traversés dans leur hauteur par douze tuyaux droits de 0",12 de diamètre intérieur que parcourt l'air de ventilation ; il n'y a aucun serpentin de vapeur ; celle-ci afflue simplement dans le soubassement en fonte.

2973. Chacun des quatre promenoirs P, P, P, P (flg. 687) contient deux poêles méplats semblables à ceux des salles et placés comme eux sur le canal de ventilation qui contient aussi les tuyaux de vapeur et de retour d'eau. L'air de ventilation des promenoirs sort par ces poêles en toute saison. Enfin la cage d'escalier et le vestibule de chaque pavillon sont chauffés par un poêle cylindrique à eau et à vapeur posé au rez-de-chaussée, en 0, 0, 0. Aucun accès d'air neuf ne s'opère par ces poêles.

2974. La vapeur qui sort de la machine ne suffit pas, en hiver, au chauffage des salles, puisque les autres chauffages que l'été exige aussi, subsistent toujours. Alors on y joint de la vapeur prise directement sur les générateurs. Cette addition s'opère dans l'artère générale de vapeur, au moyen d'une buse qui fait un jet dans la direction du courant établi. Un robinet règle la pression initiale de cette vapeur additionnelle, de façon à ne pas augmenter la contrepression derrière le piston.

Ainsi, c'est toujours de la vapeur à basse pression, et forcément à basse pression; qui pénètre dans les salles et dans les appareils

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qu'elles coDtiennent. Quand les poêles à eau chaude fonctionnent à Lariboisîère, ils se trouvent. dans deà conditions particulières^ favorables à la sécurité, puisqu*ils sont forcément à basse pression.

2975. La facilité que présente la vapeur, aussi bien à basse qu'à haute pression, d'augmenter ou de diminuer la température des salles, a permis de reconnaître celle qui convenait le mieux à un hôpital. Dans tous les programmes, on trouve indiquée la température de 15"^ en hiver, comme celle à fournir. Mais, en général, cette température est trop faible pour des salles de malades. A Lariboisière, on ne saurait évaluer à moins de 20"* la température moyenne de rhiver dans les salles de la ventilation insufflée, où le service médical a la faculté de chauffer autant qu'il le souhaite ; il y a même des moments où l'on veut davantage. Dans les salles chauffées à l'eau chaude par circulation, la température arrivait à peine à 1 5"" dans le principe, et encore* ne pouvait se maintenir en même temps à ce chiffre dans toutes les salles d'un même pavillon: la moyenne de l'hiver était au-dessous de IS*". Â cette température, on se plaint déjà du froid. Il est certain que, dès qu'on établit une ventilation dans une salle, il faut y élever la température plus haut que si l'on ne ventilait pas du tout.

L'augmentation à 19'' et 20'' de la température des salles, fixée à l^" par le programme, a une influence très-marquée sur la consommation de charbon. Ainsi, pour élever de S"" la température des salles, il faut augmenter la consommation de charbon dans le rapport de 3 à 4 environ, soit un tiers, la température moyenne de l'hiver étant supposée de + 6** à l'extérieur.

C'est là un fait très-important, qu'il ne faut pas oublier quand on parle des consommations, et surtout quand on compare celles d'un hôpital, ou d'un système, à celles d'un autre lieu ou d'un autre procédé. Il a échappé à tous ceux qui ont publié des appréciations des consommations. En particulier, on ne peut admettre le mode d'appréciation de M. Grassi pour déterminer la consommation relative du système de la pulsion à Lariboisière, parce qu'il est sujet à de trop grandes erreurs. J'ai indiqué, pour estimer la dépense du chauffage, des données incontestables, en dehors desquelles on ne peut rien établir d'exact. Pour le chauffage» de quelque manière qu'il soit exécuté, la dépense, pour obtenir une température voulue, sera toujours à très-peu près la même dans tous les systèmes, parce que la quantité de chaleur à fournir est exactement égale à celle qui passe à travers les vitres et les murailles : et si elle devait être

moindre, ce serait probablement avec la vapeur qui l'effectue à Taide d'un seul foyer plus facile à bien conduire que plusieurs foyers répartis dans les différentes parties d'un établissement.

En supposant que l'efi'et utile du combustible soit identique dans les deux cas, et en admettant les chiflhres de ii"" et de 18* observés par M. Grassi pour températures de salles chauffées à Teau et à la vapeur, on déduit d'une manière certaine que pour les salles chauffées à la vapeur la dépense en charbon doit nécessairement être plus élevée dans le rapport de 18^6 à 14 — 6; c'est-à-dire de 12 à 8.

2976. En présence de l'excès de dépense qui résulte du chauffage des salles à 19'' et SO"", dans le système de la ventilation insufflée, on est conduit à se demander pourquoi on ne chauffait souvent qu'à 1 4'' «t IS"" avec l'autre système; ces raisons sont que la température doit augmenter à mesure que la ventilation devient plus active, plus effective, que l'évaporation cutanée est plus forte ; de plus avec le premier système non livré à un entrepreneur, les médecins et les «œurs font chauffer au degré le plus convenable pour les malades, tandis qu'avec le deuxième, l'entrepreneur du chauffage et de la ventilation, dont le marché, à tant par jour, fixait la température à 15*" au maximum, se tenait toujours au-dessous de cette limite malgré les plaintes souvent réitérées de tous, malades et médecins. Si le •chauffage à l'eau était à la disposition du médecin, comme celui de la vapeur, il occasionnerait une plus grande dépense, et tout au (moins la même dépense, quoique accompagné d'une ventilation moins efficace.

2977. Si l'on voulait apprécier la dépense en charbon pour le •chauffage à la vapeur et la venlilation insufflée de Lariboisière, il faudrait remarquer que les générateurs fournissent de la vapeur en même temps pour ces usages et pour d'autres. On ne peut prendre sans examen les chiffres de la comptabilité, parce qu'ils englobent tous les services fort divers de l'hôpital, et pour avoir la consommation de chacun d'eux, des expériences spéciales seraient indisipensables.

On a bien reconnu au dynamomètre que la force utile pour pro* •duire la ventilation était de 7 à 8 chevaux ; cette force serait-elle de 10 et même de 12 chevaux, qu'elle n'occasionnerait encore •aucune dépense sensible de combustible, puisque, pour 12 chevaux, ipar exemple, il ne faudrait brûler que 25 à 30 kilogrammes de houille par heure et que cette quantité ne suffirait pas encore pour le service des offices et celui des bains de l'hôpital, s'il était effectué par

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