CHAPITRE VI. — CHAUFFAGE ET ASSAINISSEMENT DES HOPITAUX
de la vapeur prise directement aux générateurs. On a donc réglé les robinets de vapeur de manière à pourvoir tant à ce service qu'aux divers chauffages, en faisant passer par la machine toute la vapeur dont on a besoin. La consommation apparente de celte dernière pourrait donc être supérieure aux consommations ordinaires et à de certains moments plus forte que dans d'autres, sans que pour cela on fût admis à poser comme un fait, que la ventilation dépense telle quantité de charbon observée et supérieure à la quantUé qu'exige une machine de 8 chevaux dans les conditions usuelles. Il ne faut pas perdre de vue que la vapeur même strictement nécessaire au fonctionnement économique de la machine, ou le charbon qui la produit, ne sont pas dépensés par la ventilation insulllée, puisque la vapeur de la machine est entièrement utilisée, aussi bien Tété que rhiver» à des chauffages de première nécessité dans un hôpital. Il n'y a de consommé par la ventilation que la perte de chaleur qui a lieu dans le passage de la vapeur dans une machine. Cette perte ne s'élèverait pas, d'après les expériences de M. Regnault, à 2 p. 100 ; •elle est en réalité notablement plus grande et très-variable d'ailleurs avec la pression initiale de la vapeur ; pratiquement tous les manufacturiers qui possèdent des machines sans condensation, •dont ils utilisent la vapeur, trouvent que l'utilisation de la vapeur Ses couvre presque de la dépense en combustible.
2978. La buanderie de Lariboisière, à elle seule, exige toujours Hine quantité de vapeur beaucoup plus grande que celle qui serait nécessaire pour la mise en mouvement de la plus mauvaise machine à vapeur ventilante, et si les autres services n'absorbaient pas la totalité, de la vapeur d'échappement de la machine qui conduit le ventilateur et les pompes, cette buanderie Tabsorberait bien et au delà.
2979. On serait également conduit à se livrer à des appréciations puisées dans la pratique industrielle, pour trouver la dépense en personnel et en entretien, à cause de la pluraUté des services réunis il la ventilation. Il est évident d'abord que le personnel serait le même si l'hôpital tout entier était monté d'après le système ; le fait du partage a donc doublé ces charges : puis ce personnel, presque au complet, serait déjà nécessaire pour une buanderie à vapeur aussi considérable que celle de Lariboisière. Les soins à donner à la machine sont loin d'être proportionnels à sa puissance ; du moment où l'installation d'une machine était nécessaire pour le service de l'eau «et de la buanderie, les frais généraux ne sont pas augmentés par son
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application au ventilaletir. L'ontretien des appareils de chauffage à la vapeur est peu coûteux et n'exige pas «me griaio ■Hwiliiwi. Les
appareils à circulation d'eau chaude demandent plus de soin, car leur rupture, si elle avait lieu, occasionnerait de très-graves accidents. Comme ils sont d'ailleurs sujets à des obstructions et à une usure assez grande que Ton n'a pu ni prévenir, ni bien expliquer, ils obligent à de la surveillance et à des réparations importantes assez fréquemment.
2980. Si en dressant le projet d'un hôpital, on pensait à son chauffage et à sa ventilation par pulsion, on diminuerait beaucoup les Trais d'installation de ces travaux si nécessaires à la salubrité qu'ils devraient être regardés par l'architecte comme la chose capitale de son projet. Il arriverait même à réduire la capacité que l'on donne à chaque malade dans une salle et par suite la dépense en bâtiments. Autrefois qu'on ne savait pas ventiler, la grandeur de cette capacité était, pour l'architecte, de la salubrité; mais avec un mode de ventilation sûr, cette capacité peut être considérablement réduite et ramenée à ce qui est nécessaire au service : c'est une considération qu'il est utile de faire valoir auprès de l'administration, car elle lui permettrait d'économiser sur les constructions et leur décoration architecturale, ce qu'elle aurait à dépenser en appareils, et plus même, si l'on se reportait à de certains exemples, tels que celui de Lariboisière.
Les hôpitaux ainsi établis seraient salubres^ tandis que, sans ventilation, les hôpitaux monumentaux ne le sont pas plus que les plus dépourvus d'aspect architectural.
2981. La nouveauté de la ventilation par pulsion m'a conduit à insister sur ce procédé, qu'il importe de faire connaître. Ce sera compléter cet exposé que de mentionner les principales objections qui retardèrent ou amoindrirent sa première application et qui se sont en partie renouvelées depuis.
2982. On avait prétendu que la vapeur ayant un long trajet à parcourir pour arriver à des salles si éloignées des machines, il se ferait des condensations considérables, qui gêneraient la circulation au point d'empêcher ou au moins de diminuer le chauffage. D'abord, des précautions ont été prises contre les condensations inutiles ; mais l'expérience a prouvé que cette objection était sans valeur. On le conçoit dès qu'on pense à la vitesse d'écoulement de la vapeur, même à de très-faibles pressions.
2983. On a dit aussi que, quand on met en train un chauffage à la